Voyages

The Perfect Pancakes


Perfect pancakes

De mes voyages j’essaie toujours de rapporter un livre compilant les recettes incontournables du pays qui m’accueille. Cela adoucit mes retours de savoir qu’au creux des bagages je rapporte un peu d’ailleurs, ce peu qui me permettra les jours où l’envie viendra frapper au carreau, de ramener ce petit rien de vacances jusque chez moi. Quelques épices, une poêle bien chaude, souvent il n’en faut pas bien plus.

Je suis partie à New York avec mes parents et mon frère lorsque j’étais encore au lycée. Tous les matins, nous descendions sur Manhattan avenue, coupions à travers les gratte-ciel et rejoignons le petit café-restaurant, Penelope. Murs blancs recouverts de lambris peint, touches bleu ciel, bois d’un brun chaud, ciré et luisant, ventilateurs couleur chocolat et tout au fond un court bar où il semblait toujours y avoir des verres à essuyer ou à remplir de jus d’orange. Assis aux tables, des habitués, les gens du quartier. Dans cette ambiance conviviale et joyeuse où les travailleurs solitaires côtoyaient les amies déjeunant avant de commencer leur journée ou les familles aux petits enfants pépiant, j’ai goûté aux meilleurs petits déjeuners dont il m’ait été donné de me régaler. Des gaufres épaisses à la purée de courge que nous avons plusieurs matins hésité à goûter avant de nous lancer (et combien avons-nous eu raison de le faire !) : loin d’avoir le goût de la courge tel que nous la connaissons – salée et en gratin – elle donne à ces gaufres leur couleur et leur moelleux. Saupoudrées de noix de pécan et de cranberries séchées avant d’être copieusement arrosées de sirop d’érable, l’accord des différentes saveurs touchait à la perfection. Des pancakes parfaitement ronds, justes dorés à la mie moelleuse avec un soupçon de sucre glace et quelques fruits frais – fraises, blueberries et melon d’eau. De gros muffins débordant de leur corset de papier, des toasts fourrés de Nutella et revenus à la poêle, dégoulinant de chocolat au moindre assaut du couteau…

Depuis, trouver la parfaite combinaison pour des pancakes « comme chez Penelope » est devenue la quête de nombreux dimanches matins. Et c’est finalement ma toute dernière tentative « sans gluten » qui m’a permis de trouver le parfait équilibre pour retrouver les pancakes à l’arrondi parfait qui dorent juste ce qu’il faut et reproduisent dans la poêle lors de leur cuisson, exactement ce qui est écrit dans mon livre de recettes – Breakfast par Williams-Sonoma.

Le secret ? La farine de riz.

Perfect pancakes 2

Recette des Perfect Pancakes (just like in USA)

313 g de farine de riz

1 pincée de sel

2 c.à.s de sucre en poudre

1 sachet de levure chimique

430 ml de lait

20 g de beurre fondu

2 œufs légèrement battus 

Perfect pancakes 3

Mélanger tous les ingrédients secs dans un saladier. Creuser une fontaine.

Dans un bol, verser le lait et le beurre coupé en dés. Passer au microonde pour faire fondre le beurre dans le lait. Verser le mélange au creux de la fontaine.

Ajouter les deux œufs légèrement battus (deux coups de fourchette).

A l’aide d’un fouet, mélanger jusqu’à ce que toute la farine soit incorporée et arrêter de mélanger immédiatement. La pâte doit rester grumeleuse.

Faire chauffer une poêle sur feu doux, verser une petite louche de pâte. La laisser s’étaler, elle formera naturellement un cercle.

Des bulles se forment à la surface du pancake, lorsqu’elles commencent à éclore c’est qu’il est temps de retourner le pancake.

Saupoudrer de sucre glace et déguster avec du sirop d’érable, des noix, de la confiture, un yaourt, du chocolat…

Ma combinaison préférée : juste du sirop d’érable. La simplicité a parfois du bon.

Perfect pancakes 4

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Un doux week-end quelque part dans l’ouest…


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Cela faisait longtemps que je ne m’étais pas allongée pour regarder les nuages dans leur lent et paisible parcours ; que je n’avais pas ressenti la chaleur d’une dalle qui a lézardé au soleil toute la journée durant sur ma peau et laissé s’emplir mes narines de l’odeur devenue douce avec les souvenirs du chlore ; que je n’avais pas plongé dans l’eau d’une piscine et comploté pour éjecter un bel endormi de son matelas pneumatique. Cela faisait longtemps que je n’avais pas eu temps si paisible pour lire et plus longtemps encore que je n’avais pas connu fin de week-end si douce. Engourdis dans cette fatigue des journées bien remplies, c’est le coeur léger que nous avons laissé sur le quai de la gare nos deux jours de vacances. Nos bagages remplis d’images, de joyeux souvenirs et d’assez de sourires pour entamer la semaine le pas allant.

J’ai souvent entendu dire que, finalement, nous parcourions tous le globe alors que pourtant peu d’entre nous connaissaient vraiment leur pays (pour moi donc, la France). Ce n’est pourtant que très récemment qu’est apparue l’envie de partir sur ses routes. Des amis éparpillés aux quatre vents au gré de nos études dans de si multiples domaines, des stages qui jouent les filles de l’air, des rencontres qui vous emmènent vous promener vers des régions encore inconnues… il n’en fallait guère plus pour faire naître l’envie de partir à la découverte de toutes ces villes que je ne connaissais que de nom et plaçais de façon brouillonne sur la carte. Toulouse, Strasbourg, Bordeaux, Montpellier, Nantes, Lille, Caen… la liste de mes envies d’ailleurs s’allonge et s’étire. Je rêve pour chacune de quelques jours, pas plus, pour les apprivoiser, me perdre dans les ruelles, découvrir les odeurs et les saveurs de ce que les grands-mères ont laissé à chaque région de plats gourmands à savourer en de grandes tablées souriantes et enjouées. Partir deux ou trois jours, remplir un sac de deux tee-shirts, un pull, une veste et trois culottes, glisser juste avant le départ nos trousses de toilette, un carnet et de quoi prendre au passage quelques clichés pour aider la mémoire demain lorsque les souvenirs se feront plus lointains. Vérifier trois fois, quatre fois, mille fois que les billets sont bien là, glissés entre deux pages et demander encore : « tu crois que le train partira dans ce sens-ci ou dans ce sens-là ? ». Acheter du coca comme un talisman contre le mal de mer qui me gagne souvent lorsque le voyage se fait sur rails. Quitter son quotidien le temps d’une respiration suffit souvent à vous faire croire que des semaines se sont écoulées entre l’avant et l’après alors que pourtant il n’y avait là qu’un week-end, envolé à Paris, vécu pleinement ailleurs.

Je vous laisse avec ces clichés pris à La Rochelle où j’ai aimé me balader, me perdre à moitié, me cacher du soleil et tenir mon chapeau contre le vent farceur. On m’a soufflé que les meilleures glaces se mangeaient chez Ernest (vers le port) et je vous conseille les gaufres maison croustillantes de la petite baraque en bois donnant sur le port (celle qui est proche du café Leffe).

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Trois jours comme une parenthèse à la campagne


campagne bourgignone - Miss Blemish

Il était temps de faire une pause. La fatigue se muait en épuisement, un léger ennui en une ferme lassitude un rien désespérée. C’est ainsi que nous sommes partis vendredi midi vers un ailleurs pas si lointain qui pourtant avait tout du plus grand dépaysement. A dire vrai, à peine étions-nous sortis du RER dans cette petite ville de banlieue résidentielle que nous étions déjà dans l’ailleurs. Immeubles à taille humaine, façades claires encore préservée des traces noirâtres du bain pollué, rues larges, fleuries, voitures plus rares, boutiques discrètes (absentes ?), panneaux publicitaires au chômage et calme alentour. Ce n’était pas là l’étape finale mais déjà la presse de la grande ville avait été laissée derrière nous.

Puis nous avons pris la route. Vieille voiture d’avant la climatisation, toutes fenêtres ouvertes sur un vendredi après midi caniculaire, bouteilles d’eau déjà chaude, biscuits au chocolat fondu dans leurs étuits, itinéraire en main, le périphérique a bien vite laissé la place à l’autoroute avec de part et d’autre de vastes champs ponctués parfois de quelques habitations discrètes, posées là comme par hasard, presque comme par erreur. Le vent faisait claquer nos ceintures et n’était que peu rafraîchissant et pourtant c’était l’une des clés de cette épopée, ce manque de climatisation un peu comme avaient pu le connaître nos parents lors de leurs premières échappées. Nous n’avions pas la climatisation, nous étions jeunes et sans le sou et c’en était presque romantique. 

La lumière de juin naissant sur le trajet avait tout du doré de la lumière de plein été. Le vert qui partout nous entourait en devenait vibrant, les brins détachés de la masse ondulant au vent, translucides. Fatigués mais heureux, nous arrivâmes en fin d’après midi dans la cour crissante de graviers couleur crème à l’étroit portail qui n’épargnerait pas l’équipage suivant de sa tenaille. Retrouvailles devant la porte, sacs abandonnés dans l’entrée, chaussures posées et déjà des scandales à nos pieds.

campagne bourguignone - Miss Blemish

Nous avions débarqué dans une énorme bâtisse logée au creux d’un petit village de Bourgogne. Cette ancienne grange accolée à sa maison mère et entièrement rénovée offrait maintenant un dédalle de chambres, de salons, de cuisines et de salles de bain à nécessiter un plan pour s’y retrouver. On aurait pu se croire dans un gite d’étape tant l’atmosphère s’y prêtait et le cadre était charmant. Chaque chambre arborait des murs aux couleurs douces et différentes, des lits dont on savait rien qu’à les voir que nous ne nous ferions pas prier pour nous y lover cachés sous les couettes épaisses. Depuis ma fenêtre, je voyais l’entrée principale, vaste cour donnant sur une rue tranquille et les autres maisons du village. Un escalier menait à une mezzanine cachée dans la pénombre, une armoire ressemblant à celle de Narnia dans le coin plus au fond, accolée contre le mur. Dans l’air les effluves alléchants de la bolognaise qui depuis trois heures mijotait. Il faudrait attendre 20h et deux kilos de pâtes cuits par les soins de l’équipe cuisine pour goûter à ce petit délice prépare avec amour par S. notre amie et notre hôte. Il y avait un petit quelque chose de colonies de vacances dans ces équipes qui naturellement se formaient pour les tâches ménagères. Équipe cuisine, équipe dressage de table, équipe vaisselle, personne ne se faisait prier pour aider.

Le réseau était denrée rare, un petit R s’affichait fièrement au dessus des barres qui refusaient de s’allumer. Nous finimes par trouver le hameau du réseau, là-haut dans le jardin, près des herbes hautes dans un coin. Malgré le wifi qui nous rattachait encore à nos boites mail, la coupure était pourtant belle et bien là. Les premiers éternuements se faisaient déjà entendre. Comme un cliché savoureux, les parisiens fraichement débarqués à la saison des foins en pleine campagne avaient les yeux qui grattent et le nez qui coule. Encore plus savoureux, toute cette tribu d’étudiants médecins dont aucun de ses représentants allergiques n’avait eu la présence d’esprit de glisser son antihistaminique dans son sac de voyage. Ce furent trois jours d’explosion en bourse des titres de lotus. Je regrettais amèrement cette enfance passée plus à la ville qu’à la campagne dans mon concerto pour trompettes en majeur.

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La campagne alentour avait tout d’un roman de Jane Austen. Le soir du deuxième jour, nous partions sitôt la derrière assiette essuyée, le soleil déjà bas sur l’horizon nous ballader dans la douceur du soir sur les chemins tranquilles bordant champs, maisons, et s’égarant parfois dans les sous-bois. L’air était doux comme à l’été dans la nuit qui tombait et pourtant frileuse et en robe blanche et légère, mon pull resta en stand-by sur mes épaules. Il faisait doux, c’était agréable, nos conversations enjouées agitaient le calme de la campagne, nos appareils immortalisaient les couleurs changeantes du ciel dans la lumière ocre de la fin du jour. Clic ! Un cheval ! C’est bon parfois de rentrer dans certains clichés.

Dans l’entrée sous l’escalier, une table de ping-pong, en haut dans le grenier, une table de billard. Moi qui n’avait guère joué plus d’une fois chez des amis quatre ou cinq ans auparavant, je me laissais coacher par les plus habiles, laissant chacun se régaler de mon piètre niveau. Progrès substantiels, continuer dans cette voie.

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Dimanche matin nous mettions les réveils aux aurores, une randonnée nous attendait. Sur les 14 personnes que comptait notre équipage, 12 se joignirent à l’aventure. Trois voitures, quatre paquets de biscuits, 7 litres d’eau pour 14 km de randonnée joignant dans une grande boucle le village de Flavigny à celui d’Alise-Sainte-Reine. Pour les plus frileux je vous rassure tout de suite : cette balade ne présente aucune difficulté technique (à savoir qu’à aucun moment je n’ai eu besoin de mes mains pour m’aider à progresser ce qui est un bon indice de facilité en randonnée). Le chemin monte, descend mais il n’est jamais traître, le sentier est toujours bien dessiné et il n’y a pas de pierres traitresses, de rochers, ou d’autres obstacles sur votre chemin. Chaleur, portions au soleil et longueur de la randonnée sont les principales difficultés. De l’eau, un chapeau, des tennis et un éventail et vous êtes parés.
Sur le bord du chemin nous cueillîmes quelques cerises nous tendant les mains. Le pied sûr c’est en trois heures que nous achevâmes la boucle arrivant ainsi dix minutes avant la fermeture de la petite boutique des anis de Flavigny pour acheter quelques uns de ces célèbres bonbons : pari gagné !

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Ces trois jours ce fut aussi : la pâte de henné naturel que l’on prépare, les brouillons de dessins sur des feuilles blanches et les tatouages éphémères naissant sur les peaux rosies par le soleil de juin, les massages des mains en se racontant nos vies juste avant de s’endormir, les tests de psychologie sur l’oreiller, les repas qui se préparent à cinq, six, sept, les salles de bain volées, les pieds qui courent sur le parquet, les Rois du Monde en boucle dans la voiture avec quelques autres petits rates savoureux de la chanson française, Daniel Balavoine chanté en coeur dans le salon, des paquets de mouchoirs pleins les poches, des jeux de mots licencieux à la table de billard, beaucoup de « fais l’amour à la table », les salves de petits déjeuners, du rock, beaucoup de fous rire aussi, quelques siestes réparatrices, quelques pages lues volées au stress des examens approchants à nouveau, des bibliothèques remplies de livres sur les tranches desquelles perdre ses doigts.

Ces trois jours étaient un avant goût de vacances et d’été, un avant goût de la vraie vie, celle qui se joue derrière les polys loin de l’agitation exigeante et intransigeante à ses heures de Paris. Ces trois jours étaient une vraie respiration. 

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