S’aimer à distance

{ 2 ans et 9 mois }


Le week-end prochain, vendredi soir ou peut être samedi matin, tu seras là. Tu descendras du camion loué pour l’occasion et tu m’embrasseras sur le trottoir au numéro 29. Il y aura une, peut-être deux valises, le canapé gris que l’on a choisi ensemble il y a deux étés de ça pour l’appartement où tu resterais plus d’un an, quelques sacs et plus que quelques marches d’escalier pour que chez moi devienne chez nous.

En un instant nous refermerons la porte sur deux ans et neuf mois de halls de gare et d’au-revoir du dimanche soir. Et quelle expérience après tant d’attente de toucher à ce moment du bout des doigts, désormais seulement séparée d’une poignée de jours du dénouement tant espéré.

Je savoure cette dernière semaine comme un trait d’union. Il reste quelques meubles dont il faut me séparer, quelques ajustements à trouver et des rideaux à suspendre. J’accueille l’impatience, mes mains tremblantes et l’inconnu. Puis l’anticipation des retrouvailles avec les joies simples du quotidien partagé me prends par la main et j’oublie les défis qui vont avec lui. Je savoure cette parenthèse de liberté comme aucune autre auparavant, toute à la douceur de savoir que je te retrouverais une fois celle-ci terminée. 

Pour 7 jours encore je prends toute la place pour nous en dessiner une demain. 

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11 mois


11 mois - s'aimer à distance - slow lifestyle - Miss BlemishY., 

C’est l’avant-avant-dernier dimanche soir de tous ceux que nous n’avons pas partagés ensemble depuis 11 mois. Depuis tes bras sur le quai des au-revoir il y a eu comme à chaque fois le chemin à l’envers – coeur lourd dans le métro – l’appartement solitaire et les tâches rituelles du dimanche soir. La vaisselle, les draps mouillés, la machine à laver vrombissant pour quarante minutes encore et les muffins de mes petits-déjeuners enfournés. Une série en fond sonore (avec une histoire d’amour dedans dont on s’éprend), du thé peu infusé, un pyjama dans lequel il fait doux se lover, il y a eu – rendez-vous de nos dimanches soirs – le récit en pointillés de ton voyage retour émaillé par celui des meilleurs moments de ce week-end partagé. Et au milieu des notes, des cours, des fiches de fiches complétées-récitées : du temps en suspens.

Au décompte patient des jours restant jusqu’à nos vendredis s’ajoute timidement celui qui mènera à ton retour, iminent. Dans trois semaines tu seras à nouveau là et je reprends la liste de tous les bonheurs aussi doux qu’anodins qui rythmaient notre quotidien et qu’il me tarde de retrouver avec toi. L’habitude de glisser dans les courses ton jus d’orange préféré, nous réveiller tous les matins ensemble (et ton sourire doux-moqueurs à mes milles-et-unes heures-réveils programmées), petit déjeuner des derniers pancakes du week-end lundi matin, travailler côte à côte l’après-midi en se tenant parfois la main, te demander de me réveiller « dans 30 minutes pas plus » même si l’on sait tous les deux que cela relèverait de l’exploit,  rapporter de la boulangerie ton gâteau préféré, s’endormir l’un contre l’autre, nous raconter nos journées sitôt rentrés, les sms-listes-de-courses/rendez-vous/adresses (et tout ce qui est important laissé au temps partagé-en-vrai), les séances tardives du cinéma tout à côté, pousser les meubles pour danser – la journée terminée – et mon thé du matin préparé par tes soins. Un peu d’avant, un peu de ces 11 mois si différents et un peu de nouveauté à assembler, notre vie à deux à (ré)inventer. 

Pour ces trois semaines qu’il me reste à parcourir sans toi tout à côté, j’ai noté les tiroirs et les étagères à vider de mes affaires qui s’y sont peu à peu invitées ; une jolie corbeille à trouver pour que les vêtements du jour ne deviennent pas désordre ; mes repas à nouveau partagés sur une vraie table avec toi – l’ordinateur oublié – et de prendre soin des gestes quotidiens qui ont guidé et assuré l’équilibre de ces 11 mois. Nos petits mots du matin et nos longues conversations du soir, les cours de yoga avec G.- lundi, mardi ou vendredi -, les soirées avec F., les dimanches soirs qui préparent et soulagent mes semaines des soucis logistiques, les 10 minutes de méditation du soir ou l’habitude d’amener dans la salle de bain une grande théière à siroter pendant cette demie-heure hebdomadaire rien qu’à moi où je prends soin de moi – cheveux mouillés, masque doux et magazine préféré en ingrédients extras. 

Lentement je laisse grandir l’impatience, j’ai hâte que tu sois là. 

Et toi, ces derniers mois ? 

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20 petites attentions pour une relation à distance souriante


20 petites attentions pour une relation à distance souriante - slow lifestyle - Miss Blemish

J’aime voir dans la fête des gens qui s’aiment un doux prétexte à instants partagés. L’occasion de passer du temps ensemble qui ne contienne « rien de plus, rien de moins » que le reste du temps mais qui rappelle – parfois un peu plus qu’à l’accoutumée par sa formalité – combien il est doux de s’aimer comme on le fait. Alors chaque année avec l’amoureux nous nous donnons pour seul projet le 14 février de passer du temps ensemble.

Il y a trois ans, j’avais partagé avec vous une liste de 24 petites attentions à glisser (à volonté) dans le quotidien comme le jour de la Saint-Valentin. Parce que le 14 février approche aussi sûrement que la fin de cette première période vécue à distance pour nous deux, j’ai eu envie de partager avec vous 20 nouvelles petites attentions transposées à ce contexte particulier. Elles sont gratuites et simples pour la plupart, souvent destinées à des durées plus étendues que la seule journée du 14 février et peuvent pour certaines très facilement être utilisées même sans la distance en prétexte. J’espère qu’elles vous inspireront et (peut-être) vous aideront à trouver des pistes pour recréer une façon bien à vous de partager le quotidien, d’évoluer et de grandir ensemble malgré la distance. 

20 petites attentions pour une relation à distance souriante

Créer de temps en temps des mini-calendriers de l’avent pour patienter avant les prochaines retrouvailles : en chocolat ou en bonbons, en petits mots comptant les dodos, en lettres à ouvrir bien dans l’ordre, en douces activités planifiées… 

Lui faire la surprise d’aller le/la chercher à la gare, à l’aéroport, au coin de la rue… Attendre sur la pointe des pieds, sourires bataillant avec la crainte en pointe de le/la manquer dans la foule. 

Sonner sans prévenir à la porte de « chez nous » pour quelques jours partagés-volés

L’attendre pour tester ensemble cette nouvelle adresse que l’on est presque sûr qu’il/elle aimera

Changer son fond d’écran pour une photo clin d’oeil racontant un petit bout d’une histoire rien qu’à nous

Lire le même livre en même temps (ou juste avant et trépigner d’impatience qu’il/elle avance dans sa lecture et découvre ce qui nous a fait rire/sourire/pleurer/sursauter/nous interroger) 

Ponctuer la journée de doux rendez-vous et rendre ainsi leur place aux petits privilèges de la vie partagée. Essayer de ne jamais les manquer. 

Organiser une soirée télé en décidant de regarder le même film ou le même épisode de série en même temps (et le commenter par écrans interposés) 

S’envoyer du courrier 

Cacher à chaque visite des petits mots dans milles endroits du quotidien et/ou de sa valise. Espérer qu’ils rempliront un peu l’absence de demain. 

Prendre le temps de s’envoyer drôles anecdotes, découvertes,  vidéos, articles et photos qui ont marqué notre journée. 

Continuer à écouter les mêmes chansons en créant une playlist partagée. 

S’appeler pendant une activité de tous les jours et recréer un petit bout de l’intimité du quotidien partagé qui se parle d’une pièce à l’autre, d’une tâche à l’autre, tout une cuisinant, rangeant, lavant, lisant… 

S’offrir chacun un petit rien que l’on peut toujours garder sur soi et qui nous fera sourire chaque fois qu’on le verra. 

Planifier le prochain week-end ou les prochaines vacances à deux… Faire milles et uns projets et s’autoriser à ce qu’ils soient (un peu) ambitieux

Écrire un petit mode d’emploi pour toutes les tâches qui étaient les nôtres lorsque l’on vivait ensemble et qu’il/elle devra (ré)apprendre. 

Sourire de voir cette immense part d’extraordinaire gagnée par chaque instant partagé. 

Profiter de tous ces temps seul à seul pour créer un, deux ou trois rendez-vous de soi à soi. Créer un nouvel équilibre à tâtons. 

Faire découvrir à l’autre cette ville dans laquelle désormais l’on vit. 

Changer ses billets, au dernier moment, pour rester un peu plus longtemps… 

Et vous, quelles sont les petites attentions – amicales, familiales comme amoureuses – que vous préférez recevoir/donner ?

J’ai créé une nouvelle catégorie S’aimer à distance que vous pouvez retrouver dans l’onglet Au quotidien du blog pour regrouper tous les articles dans lesquels j’aborde cette thématique

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