Et soudain prendre le risque

Quelques réflexions politiques


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Énormément d’interventions politiques prennent à mon sens le mauvais point de départ. Elles se donnent pour but d’influencer au lieu de celui d’exposer des idées et des arguments refusant à demi-mot à chacun son droit de penser par lui-même, pour lui-même et d’avoir sa propre opinion. Beaucoup d’interventions politiques fournissent ainsi du prêt à penser en lieu et place d’outils pour réfléchir. 

Dans cet article je ne veux donc pas vous influencer mais partager des points de réflexion sur des points sensibles qui jouent un rôle immense dans notre conception de la société et de la politique qui doit être menée. Pour réfléchir ensemble et faire mentir des croyances trop peu souvent questionnées. Je compte sur vous, en cas de désaccord et même si c’est difficile, pour ouvrir une conversation constructive et respectueuse de chacun. 

« Mal voter »

C’est un argument qui revient souvent, surtout dans les tribunes de personnes ayant bénéficié d’études réputées brillantes. S’ils ont raison de dénoncer la faiblesse du traitement de certains sujets pourtant cruciaux par les médias, se laisser fourvoyer n’est pas l’apanage de ceux qui n’auraient pas bénéficié de la même éducation. Tous, quelque soit notre niveau d’études, nos diplômes, notre métier, notre origine, notre religion ou notre âge sommes susceptibles de nous laisser tromper ou aveugler par des discours politiques mensongers, un média donné, un papier convaincant, notre peur, nos difficultés ou des pans douloureux de notre histoire personnelle. Ces discours sont dénonçables car ils soutiennent l’idée que les décisions sociétales et politiques doivent être laissées à une petite proportion de gens « sachant » et nient de ce fait le fondement même de la démocratie voulant que chaque voix qui la constitue est légitime et digne d’être exprimée et entendue. Ce sont les personnes qui se rendent coupables de désinformation, de raccourcis et d’approximations qui sont à blâmer, pas les personnes qui sont par elles abusées. 

Appeler à voter pour

Je crois que la mobilisation des artistes qui ont massivement appelé à soutenir Hillary Clinton n’est pas étrangère à la victoire de Donald Trump. Elle n’est pas coupable mais elle n’est pas étrangère. Comment recevriez-vous un tel conseil si vous étiez dans une situation difficile voire intenable de la part de quelqu’un qui vit une vie confortable et ne connaît rien de vos difficultés ? Choisir de prescrire un vote c’est refuser aux autres la liberté de choisir par eux-mêmes pour eux-mêmes. C’est insinuer à demi-mot leur incapacité à prendre la meilleure décision pour eux-mêmes et pour l’ensemble de la société. À mon sens il est infiniment plus riche et respectueux d’autrui de partager la réflexion qui nous mène à soutenir un candidat plutôt qu’un simple « votez pour X » ou « ne votez surtout pour pas pour Y ». 

Parfois même en voulant très fort, on ne peut pas

De nombreux discours reposent sur la croyance que si l’on se donne les moyens de faire quelque chose alors on y arrivera. Le problème de cette croyance c’est son corollaire, le sous-texte en tout petit qui murmure qu’alors ceux qui n’ont pas ce qu’ils veulent ne s’en sont tout simplement pas donné les moyens. Ce corollaire est malicieux car il suresponsabilise les désavantagés autant qu’il déresponsabilise les privilégiés

Pour avoir eu cette conversation un nombre incalculable de fois avec des personnes ayant fait de grandes études, longues, difficiles et pleines de sacrifices, je sais combien cette idée est difficile à entendre. Pourtant il n’est pas question de nier la difficulté et le travail nécessaire fournit par les personnes qui ont bâti des carrières imposantes mais de leur ouvrir les yeux sur tout ce qui leur a permis d’accéder à la possibilité de fournir tout ce travail. C’est avoir eu la chance de naître dans une famille aimante, de n’avoir pas connu de handicap sévère, de s’être vu transmis le goût de la lecture et une certaine curiosité, c’est de s’être vu transmis le goût d’apprendre et l’importance de l’école, c’est de s’être vu donné l’occasion de s’exprimer à égalité avec ses frères et soeurs mais aussi avec des adultes, c’est avoir été encouragé, félicité, supporté dans ses choix, c’est avoir pu se consacrer pleinement à ses études sans avoir à travailler/emprunter, c’est avoir pu étudier dans de bonnes conditions, c’est avoir pu bénéficier de soutiens extérieurs en cas de difficultés. Ces éléments comptent dans la construction d’un individu et s’il est difficile d’imaginer pour quelqu’un qui a tout reçu ces difficultés, je prends toujours cet exemple : si tu n’avais pas eu tes parents pour exiger que tu fasses bien tes devoirs en primaire, en tant qu’enfant qu’aurais-tu choisi ? Tu serais resté de toi-même dans ta chambre ou tu serais sorti jouer avec tes copains ? Il est des âges où si l’on ne nous donne pas de cadre on n’a aucun moyen de prendre le recul qui serait nécessaire à le trouver par soi-même. Et il est des difficultés de vie qui changent complètement certains destins. Nous n’avons pas tous les mêmes chances et s’en rendre compte, regarder bien en face ses chances et ses privilèges est un premier pas vers un climat social moins tendu, moins de culpabilisation, moins de mesures injustes. Plus de partage du haut vers le bas. 

Prescrire des sacrifices que l’on ne voudrait pas pour soi-même 

Il est facile de prescrire à autrui un sacrifice ou un effort lorsque celui-ci ne nous sera pas imposé. « Les autres n’ont qu’à », rien de plus facile ! Pour chaque proposition j’essaie donc de me mettre à la place de ceux qu’elle concerne. Si j’étais à leur place, est-ce que cette perspective serait tolérable, acceptable, envisageable ? 

De la même manière il est plus facile (d’ un point de vue rhétorique) de demander aux moins avantagés de consentir à encore plus d’efforts (là où moralement c’est beaucoup plus discutable n’est-ce pas ?) car ces personnes ont moins de force de réponse. C’est d’ailleurs parce qu’ils étaient plus vulnérables que le choix a été fait par les gouvernements précédents de voter des mesures visant à essayer de les protéger. Vous verrez beaucoup moins de personnalités se risquer à demander des comptes aux plus puissants. Pourquoi ? Parce que c’est difficile. C’est difficile de s’attaquer à des personnes qui ont un pouvoir de réponse égal ou supérieur au sien et ont les moyens de nous barrer la route : cela représente un risque tangible (et donc un vrai courage). Et sans parler de duplicité, n’auriez vous pas du mal à promouvoir des idées qui pourraient avoir des répercussions négatives sur des personnes qui vous ont épaulées ou desquelles vous vous sentez redevables ? Nous sommes d’accord qu’un élu doit se placer au dessus de ces questions là mais comme dans tout problème éthique nier une difficulté au prétexte que dans un monde parfait elle ne devrait pas exister n’est pas la solution. 

La fainéantise 

Dans l’argumentaire visant à la baisse des fonctionnaires revient souvent l’idée qu’ils font un nombre d’heures réduit et peu productif. Si c’est une aberration au vu du travail de bien des fonctionnaires, quand bien même cela serait-il vrai pour une poignée d’entre eux où est le problème ? Si vous regardez les grilles de salaires, la fonction publique dans son extrême majorité ne propose pas de salaires très alléchants (hormis dans les hautes sphères administratives). Quel mal y aurait-il pour quelqu’un de faire le choix d’un travail moins doté en heures et en salaire pour avoir plus de temps libre ? C’est un choix de mode de vie. Mais plus encore que d’accepter que nous n’ayons pas tous les mêmes aspirations, il est intéressant d’observer le biais cognitif qui veut que tous – quelque soit notre métier, notre quotidien – nous ayons toujours l’impression de travailler plus que notre voisin et l’impression d’avoir un quotidien plus compliqué. C’est normal, là où nous sommes aux premières loges de nos difficultés, nous n’avons qu’une vision extérieure de celles du voisin qui semblent ainsi bien moins embêtantes. Cela ne veut pas pour autant dire que ces difficultés, quelles qu’elles soient, ne font pas souffrir ledit voisin, sont dérisoires ou ne méritent pas d’être entendues. 

Les impôts 

L’impôt sur le revenu présente des inégalités. Pourquoi ? Parce qu’une grande partie de l’argent dû à l’Etat n’arrive jamais dans ses caisses. Le nombre de participants étant réduit, l’équité au moment du partage de l’addition n’est plus assuré. Cet argent qui n’arrive jamais dans les caisses, c’est dans son écrasante majorité l’argent de l’évasion fiscale et de l’optimisation financière de personnes qui comme vous pensent qu’elles paient trop d’impôts sauf qu’à la différence de vous possèdent les moyens de les contourner (à l’aide de savants montages financiers et de conseillers richement payés). Si tous les candidats ne s’attaquent pas à cette question j’ai envie de vous parler de la croyance voulant que c’est en facilitant la vie des plus grandes entreprises (et je dis bien des plus grandes soit les multinationales) que celles-ci seront moins tentées de fuir l’impôt. C’est faux. Et ces entreprises ne sont pas à blâmer, elles sont justes dans une logique identique à l’enfant qui veut aller jouer avec ses copains plutôt que de faire ses devoirs, elles ont besoin de bons parents. Je développe :

Une multinationale a pour but de produire et d’extraire chaque année plus de richesse. Les objectifs de l’année à venir sont calculés sur ceux atteints l’année précédente et ce toujours à la hausse. Les employés sont évalués sur la base de cet objectif et ce jusqu’au PDG (ou CEO si vous préférez)(qui n’est pas une position très stable). Si vous allégez un poste de charge d’une entreprise, cette économie va être avalée, acquise et de nouveaux objectifs calculés sur sa base. Tout ce qui peut accroître le bénéfice sera toujours l’option choisie parce que le but des conseils d’administration est de faire le retour sur investissement maximum. C’est le jeu et là n’est pas le propos de les blâmer juste de souligner que les seules personnes à même d’obtenir des entreprises ce qu’elles doivent à notre système (qui lui fournit des consommateurs et donc une partie de son chiffre d’affaire) sont les représentants de l’Etat et les lois qu’ils votent. Et ceux qui prétendent que ce serait dangereux ne parlent que pour leur propre position car aucune entreprise ne sacrifierait un marché de 66 millions de consommateurs potentiels à la légère. 

L’enjeu clé d’aller demander aux entreprises internationales de respecter nos règles du jeu, c’est d’alléger la note pour nous tous et de rééquilibrer les forces. Et il ne s’agit pas de les diaboliser. Juste de demander de la transparence et un jeu équitable. Le problème n’est pas de gagner ou vouloir gagner beaucoup d’argent mais de ne pas participer à la société à hauteur de l’argent gagné. 

Attribuer nos difficultés économiques aux plus désavantagés

Autre croyance répandue : croire que les personnes les plus désavantagées de notre société sont à la source de nos problèmes économiques et entretenir l’idée « d’assistés » au détriment des milliers de gens pour qui les aides apportées sont un filet de sécurité sans lequel leur vie serait plus dure encore. J’ai du mal à croire que l’on vive une vie enviable en France avec pour seuls revenus un RSA ou comme immigré clandestin. Pire encore toutes ces aides pourtant indispensables à beaucoup de ceux qui les touchent coûtent moins à la société que l’évasion fiscale de ceux qui refusent d’y participer à la hauteur de ce qu’ils pourraient donner. As-t-on vraiment envie de prendre sur l’indispensable des uns au profit du superflu des autres ?

Je crois que je ne pouvais pas boucler mon article sur une meilleure question. Avec peut-être celle-ci : dans quel genre de société voulons-nous vivre et participons nous à la construire à l’image de ce que l’on se souhaite ? J’ai hâte de vous lire si le coeur vous en dit sur ces différents sujets et ceux qui vous tiennent à coeur que je n’aurais pas abordés, cet article n’étant bien sûr pas exhaustif. 

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L’esprit du débutant


l'esprit du débutant 1

Dans l’amphitéâtre aux sièges rouges et aux murs gris viennent se poser depuis l’été fané deux de mes soirées chaque semaine. C’est devenu une petite routine à pieds trainés et chaussures abîmées de reprendre – 20 heures presqu’arrivées – sac, manteau et courage fatigué pour retourner braver froid et rames encombrées. Dans l’amphithéâtre à la place où j’ai pris l’habitude de m’asseoir, on entend distinctement l’une des baffles qui grésille ce qui lui a valu bien des « qu’est-ce qu’elle peut être agaçante ! » complices et souriants. Pourtant ce soir où il n’est encore personne pour s’en plaindre avec moi, le grésillement familier se fait doux rappel à mâchoires serrées-desserrées – sourire retrouvé – de ces mots pleins de sagesse et de bons sens lus dans Flow. « Dévêtis chaque chose du souvenir, des attentes et des peurs de tes expériences passées pour te présenter à elle comme si tu venais à sa rencontre pour la première fois. » l’article définissant chemin faisant ce en quoi consiste « l’esprit du débutant ». Et pour illustrer cette idée enchaînait sur le récit d’une expérience montrant que méditant dans une pièce où résonne le bruit régulier du balancier d’une horloge, les moines boudhistes sont les seules personnes parmi celles participant à l’expérience et non entraînées qui ne finissent pas par l’occulter. Leur esprit du débutant aguerri leur permettant d’accueillir chaque cliquetis comme s’ils n’avaient jamais entendu le précédent.

Durant la semaine qui a suivi la lecture de cet article cette idée a trouvé à infuser et moi à m’y frotter consciemment chaque jour par petites touches. Et de découvrir étonnée-soulagée-chamboulée combien ce changement de presque-rien-du-tout pouvait tout rendre plus léger. Cette semaine, avec l’application concentrée des bons élèves, j’ai accueilli bras croisés et sourcils froncés toutes les tentatives d’anticipation pessimistes et autres « je ne veux pas y aller » pesant sur mes obligations détestées, préférant leur laisser la chance de m’étonner. Et si je n’avais pas plus besoin d’être convaincue que persuadée de la nécessité d’ainsi cheminer défait de jugements et préjugés, je découvrais au fil des jours combien de pas éloignaient ce « je sais » de sa mise en pratique. Car si je m’étais beaucoup entraînée à débusquer, cueillir et savourer à sa juste valeur chaque petite note positive déposée à ma portée, j’avais ommis de regarder du côté de tout ce qui au quotidien me pèse sans que je puisse cependant espérer m’y soustraire. Et que je ne me privais pas jusque là de redouter, repousser, anticiper, les laissant ainsi ternir et abîmer bien d’avantage de moments que ceux qui leur étaient déjà dédiés.

Cette expérience s’est donc fait rappel à cette vérité dont nous devrions tous nous faire un doux mantra : quoi que nous traversions nous restons toujours le premier et le dernier maillon de la chaîne. Et si nous ne choisissons pas toujours ce qui croise notre route nous sommes les seuls à décider la place que l’on laisse à chaque chose pour nous affecter et notre manière de les accueillir pour les vivre.

Se trouve donc face à moi un tout nouveau chantier : apprendre à cheminer légère – détachée de préjugés, ouverte à une toute nouvelle expérience et moins encline à procrastiner – vers ce qui me pèse aussi bien que vers ce que j’espère.

Et vous, cultivez-vous attentivement votre esprit du débutant ?

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« Demain »


"Demain" - Ecologie - Miss Blemish

Depuis quelques jours ça trotte ainsi, ça définit l’amour tantôt inné, tantôt naturel, tantôt compliqué. Mes pensées s’entortillent autour de l’idée – difficile à avaler – qu’il est difficile de réfléchir l’Amour. De réfléchir l’élan qui nous pousse, nous bouleverse, nous bouscule et éclabousse de larmes et de sourires le quotidien. L’élan qui nous laisse démunis de mots suffisants devant son caractère brut et entier. Réel. Peut-être parce que ça nous touche de si près, tout au creux, tout au coeur, qu’on ne peut qu’égratigner – s’égratigner – à vouloir trop en dire, trop en penser, trop en décortiquer.

Avec l’Amoureux, je nous sens à la toute fin de cette zone de basculement dans laquelle nous avançons à petits pas depuis des mois. Cette zone de basculement où l’Adoration laisse place aux débuts de l’amour vrai, celui qui aime la personne toute entière et pas juste le brillant. L’amour qui se détache de ses fards pour s’attarder et s’attendrir sur les coins sombres, les petites manies. L’amour d’un(e) Autre après l’amour d’une idée – romantique, jouée, aseptisée, idéalisée – de l’Autre. C’est doux, c’est bouleversant, c’est des rires, des larmes, des questionnements. Il y a apprendre l’Autre et la question, m’apprendra-t-il, moi ? C’est prendre le temps d’écouter les petites voix qui murmurent tout bas, c’est prendre son courage et respirer trois fois pour parler de toutes ces choses qui ne se disent pas, ces peurs si grandes, tout ce que l’on nous a appris qui pouvait fragiliser et détruire là où il les faut pourtant au moment de Construire. C’est dire « je ne sais pas », est-ce que tu crois ?, c’est grandir ensemble, se bousculer, s’enlacer, se rapprocher encore, et encore, et encore. C’est découvrir que l’on n’a pas tout découvert encore de la proximité – mais nous étions si proches déjà, encore plus, c’est possible ça ? – c’est entrer à petits pas et yeux étonnés dans une nouvelle salle encore inexplorée de l’intimité partagée. 

Cette difficulté à dire, penser, écrire l’élan je crois, ne se limite pas à nos seules relations. Cela s’étend à tout ce qui nous construit, ce qui nous fait trembler ou nous lever. Ce qui est devient tellement important que la légèreté nécessaire à en parler pour persuader n’est plus innée. C’est tellement là, c’est aggloméré à soi. Hors parler, partager, prend un pas en arrière de nous-mêmes vers Toi. Ce pas cruellement difficile qui ne se braque ni des difficultés ni des critiques placées face à soi mais argumente, apprend, avance. Et ce pas-là, cette justesse engagée je l’ai trouvée hier à l’écran avec ce film qui me demande lui aussi de trouver ce pas pour Toi, ce film qui me laissait sortir légère, pleine d’espoir et prête à retrousser mes manches hier du cinéma : Demain.

L’idée

Après la publication d’une étude dans le très célèbre journal scientifique Nature qui tire le signal d’alarme face à l’incroyable rapidité des changements que la Terre connaît et le terrible impact qu’ils pourraient avoir sur nos civilisations, Cyril Dion, Mélanie Laurent et trois amis amoureux de cinéma se retrouvent autour de la question : que faire maintenant pour Demain ? C’est là que naît l’idée de ce film non pas centré sur les catastrophes qui se préparent et assaillent déjà certaines parties du monde mais le parcourir à la rencontre de ceux qui le changent déjà de solutions locales et globales appliquées aux domaines de l’alimentation, de l’énergie, de l’économie, de la politique et de l’éducation.

des solutions à notre echelle

C’est tout ce qui fait la force du film je crois, revenir à notre échelle de spectateur et nous montrer que, tous, nous avons les moyens de devenir Acteurs du changement de tas de façons différentes et réalistes. Applicables dès aujourd’hui et durables, Demain expose des initiatives et des projets qui déconstruisent par l’exemple les schémas de pensées et croyances qui nous ont été inculqués et sont infusés dans les médias : l’impression que tout se passe à si grande échelle, si loin de nous qui sommes si petits faces à ces si grandes machines, firmes, administrations, systèmes que nous ne pouvons – individuellement – rien faire. Ces schémas d’où naissent un découragement lourd que j’ai souvent éprouvé : ne pas savoir quoi faire ni par où commencer et finalement baisser les bras parce que « qu’est-ce que je peux, moi, face à tout ça ? ». Le film démontre dans chaque domaine et grâce à des témoignages de scientifiques et experts combien les « nous n’avons pas d’autres solutions que de fonctionner comme nous le faisons aujourd’hui » sont infondés et nourris par ceux-là mêmes dont l’intérêt économique est que rien ne change. A notre portée, pédagogique, drôle, foisonnant de témoignages, d’explications utiles et didactiques, de chiffres d’intérêt et surtout d’initiatives locales nées de personnes comme vous et moiDemain montre par l’exemple qu’il est possible de faire autrement, dès notre petite échelle. Et le résultat n’est pas un mode de vie bouleversé, changé du tout au tout mais adapté et diversifié qui a appris à respecter le monde autour de lui et où chacun retrouve sa place, son importance et ses responsabilités au sein d’une communauté dont il fait partie intégrante et ce sans jamais nier la lenteur que prennent certains changements pour trouver leur apogée. Des projets qui ont mis 1, 5, 10, 20 ans à s’ancrer dans le quotidien et résoudre les défis qui se présentaient à eux pour inventer les solutions de Demain. Loin de brutes volte-face, Demain est une ôde à la diversité et à une progression consciente, ouverte, dynamique et vivante. 

"Demain" - Ecologie - Miss Blemish

Dans ma bucket-list que je partageais avec vous en Janvier, il y avait notamment cette envie « Me documenter et petit à petit faire des ajustements pour me tourner vers un quotidien plus green ». Je profite donc de l’occasion de ce film pour faire le point sur ce que je fais déjà aujourd’hui dans l’optique d’un quotidien plus en adéquation avec l’environnement et les pistes qu’il m’a fait découvrir qui me semble réalisables par moi. Si ce sujet vous intéresse je serai ravie de vous faire part de mes avancées, des essais, des ratés et des gestes malins adoptés.

après le film dans ma vie d’aujourd’hui : ECOLOGIE ET CHOIX DURABLES

  • Pas de sacs plastiques : il y a toujours dans mon sac des tote-bags en coton pour mes courses et affaires de sport
  • Je ne me déplace au quotidien qu’en transports en commun mais j’utilise encore la voiture lorsque je rentre en Haute-Savoie pour les déplacements hors de ma ville
  • Je ne prends plus l’avion pour les déplacements proches (France et pays limitrophes) mais le train
  • J’achète certains produits dans des magasins bio qui favorisent l’économie locale en se fournissant chez des producteurs locaux
  • J’éteins l’eau lorsque je me brosse les dents, me savonne corps, cheveux ou visage
  • J’ai diminué ma consommation de produits laitiers
  • Je donne et recycle les vêtements que je ne porte plus à raison de deux tris par an
  • J’ai opté pour des ampoules basse consommation chez moi
  • J’essaie au maximum de toujours éteindre les lumières quand je quitte une pièce
  • Cet hiver j’ai laissé mon chauffage éteint : j’ai mis un pull, des chaussons fourrés, pris une double couette et utilisé le plaid tout doux offert par l’amoureux lorsque je travaillais immobile à mon bureau
  • De la même manière je n’utilise pas de climatisation chez moi 

Des pistes a explorer : ce qui reste à améliorer

J’ai choisi pour celles-ci uniquement celles qui me semblaient accessibles aujourd’hui pour moi puisque changer prend du temps si l’on ne veut pas finir découragé avant même d’avoir commencé. Des objectifs précis, réalistes, réalisables et bien définis :

  • Eteindre les appareils en veille
  • Acheter mes fruits et légumes de saison et à des producteurs locaux. Je me suis inscrite à La Ruche qui dit Oui
  • Limiter le temps passé sous la douche en mettant par exemple une chanson et essayer de ne pas dépasser sa durée
  • Lire L’Enquête Campbell et diminuer encore (arrêter ?) ma consommation de viande et de poisson
  • Réorienter mes achats vers des entreprises locales ou qui favorisent et soutiennent développement durable et initiatives proches de mes valeurs
  • Favoriser les entreprises qui limitent les intermédiaires et se font acteur d’un commerce plus juste
  • Ne plus laisser de papiers, magazines, enveloppes partir dans la poubelle non recyclable
  • Me renseigner sur la possibilité de composter mes déchets organiques dans un composteur collectif
  • Changer de fournisseur d’énergie pour une entreprise utilisant des énergies renouvelables
  • Soutenir financièrement des initiatives en faveur du développement de l’énergie renouvelable

Ressources relatives au film

  • Le site très complet qui compile de nombreuses ressources pour nous aider à mettre en place ou participer localement aux solutions proposées dans le film.
  • Le dossier pédagogique en format PDF qui reprend les grands messages du film

et vous, vous l’avez vu ? Qu’en avez-vous pensé ?

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