AU QUOTIDIEN

Mes lectures du moment #1


Mes lectures du moment #1 - slow lifestyle - miss blemish

Dans ma pile à lire de printemps-été je n’ai glissé (quasi) que des livres pour apprendre. Parmi eux certains traitent de sujets que je veux explorer depuis longtemps, d’autres de sociologie et d’autres encore de thématiques dont ma faible maîtrise m’a souvent bloquée et empêchée de poursuivre comme je l’aurai voulu une discussion ou une réflexion plus personnelle. Tous très bien écrits et accessibles (sauf un qui est plus ardu, mais je le signale dans son descriptif), je les lis en parallèle depuis plusieurs semaines et beaucoup s’enrichissent mutuellement en apportant un éclairage complémentaire et souvent différent d’un thème qui leur est commun. 

La dernière campagne présidentielle n’est pas du tout étrangère à cette orientation (pourtant aucun de ces livres ne parle directement de politique, promis). Elle a remis tout au coeur de mes lectures l’urgence d’apprendre et la nécessité d’affûter ma capacité à critiquer ce qui m’est présenté pour me faire une opinion éclairée. Et parce que nous n’avons pas toujours la chance d’avoir du temps à consacrer à ce qui n’est pas notre domaine d’expertise, je profite de mes vacances pour me l’octroyer et ça me fait un bien fou d’ainsi élargir mon horizon ! 

L’un des moteurs de cette quête de connaissance était l’envie de pouvoir argumenter, répondre et donner des faits inattaquables et vérifiables. Construire une culture pour étayer et préciser des convictions. Mais voilà, nul ne peut avoir réponse à tout et toujours trouver le bon argument au bon moment en toutes circonstances. Il y aura toujours des faits dont on n’a pas étudié toute l’ampleur ni les répercussions, des chiffres et des statistiques qui n’arrivent pas jusqu’à nos conversations du dimanche après-midi en famille. Mais ce n’est pas grave. Cela n’enlève rien au merveilleux d’être curieux et intéressé, de lire sur milles et uns sujets même sans une maîtrise ni une compréhension parfaite. Cela n’enlève rien à la nécessité des discussions qui permettent à chacun de bâtir sa réflexion et sa relation au monde comme à la société. Le fait que chaque réponse soit ainsi si nuancée, que chaque domaine n’accepte aucune généralité ni aucune banalité pour être décrit dans son entier, c’est ce qui fait toute la richesse et la nécessité d’animer ces débats comme d’apprendre. C’est ce qui résiste en silence à la culture du buzz et des contre-vérités qui font vendre du papier mais appauvrissent la réflexion en occultant des pans entiers des domaines discutés.

J’espère que ces lectures vous inspireront et vous donneront l’envie à vous aussi de creuser un domaine d’intérêt qui vous attire depuis longtemps sans que vous ayez eu le temps de vous y plonger. Belle lecture ! 

mes lectures du moment #1

Homo Deus, a brief history of tomorrow | Yuval Noah Harari

L’été dernier à Maastricht, j’ai dévoré en quelques matinées la première moitié de Sapiens. Depuis terminé, il s’est hissé sans mal tout en haut du classement de mes livres préférés. Si Sapiens retrace l’histoire de l’univers jusqu’à notre espèce, puis de notre espèce jusqu’à aujourd’hui, Homo Deus parle d’aujourd’hui et des défis qui se présentent face à nous. Il parle de nos croyances, de la formation de l’éthique et des connaissances avec toutes les mutations que ces trois domaines ont connus ces derniers siècles et la conséquence de ces changements sur la marche de nos sociétés comme sur ses individus. Tout aussi passionnant que le premier et même s’il m’en reste encore une bonne moitié à lire, c’est jusqu’ici un coup de coeur que je vous conseille sans hésiter. 

Planète végane | Ophélie Véron

Ma volonté de diminuer ma consommation de produits animaux est née de lectures variées et a été nourrie par des médias divers qui m’ont sensibilisée à cette cause, informée et donné envie de modifier mes habitudes comme d’en apprendre d’avantage. C’est dans cette optique que je me suis procuré ce livre pour parfaire ma compréhension et trouver en un seul lieu un concentré de tout ce que j’avais pu aborder de manière éparse dans mes lectures. Divisé en chapitres qui parcourent les enjeux du veganisme jusqu’à sa mise en pratique concrète au quotidien, Planète végane est un véritable guide qui pas à pas nous donne toutes les clés pour faire des choix éclairés en terme d’alimentation, de consommation et de loisirs liés aux animaux. Loin d’être dogmatique, c’est avec beaucoup de bienveillance que son auteure aborde les difficultés qu’une telle transition peut poser et sans les nier propose des astuces et solutions pour les contourner ou les traverser le plus facilement possible. Je me retrouve dans beaucoup d’entre elles et si certaines me semblent encore trop ambitieuses pour moi, d’autres ont été complètement démystifiées et me semblent aujourd’hui accessibles. En procédant ainsi, chacun peut piocher dans ce livre ce qui lui convient et se lancer des défis progressifs comme dans des changements très rapides pour avancer à son rythme. 

La guérison du monde | Frédéric Lenoir

Je n’en ai encore lu que les premières pages contrairement aux autres livres de mon mois d’août qui sont eux bien entamés pour la plupart mais lui aussi parle du monde d’aujourd’hui et de ses défis sous un prisme un peu différent de celui utilisé dans Homo Deus ce qui me fait penser qu’il lui sera sans doute complémentaire. Son résumé se termine par « une autre manière de penser et de vivre est possible » et cela me semble plein de promesses et d’interrogations intéressantes à suivre. 

Les animaux ne sont pas comestibles | Martin Page

Dans ce livre, Martin Page raconte son cheminement d’un régime omnivore à végane. Parce que ce récit est personnel et ne passe pas sur les compromis que l’on peut concéder lorsqu’on transitionne vers une autre alimentation, je trouve qu’il apporte un complément intéressant à Planète Végane. J’en ai dévoré le premier tier comme on dévore un roman ! 

Le capital au XXI siècle | Thomas Piketty

De tous les livres de ma pile à lire de printemps, celui-ci est sans doute celui que je suis la moins certaine de finir et pourtant j’ai tout de même envie d’essayer. Parmi les domaines dans lesquels je me sens le plus limitée par mon manque de connaissance il y a l’économie et souvent pendant la campagne présidentielle je me suis retrouvée désarmée pour comprendre certains articles ou aller plus loin dans certaines discussions. Par ailleurs tous les interlocuteurs n’étant pas également pédagogues et patients il m’est arrivé d’être confrontée à un refus de discussion au prétexte que je n’avais pas les connaissances pour discuter avec la personne en face de moi. Parce que ce livre fait office de référence et que je me suis sentie proche de certaines prises de positions en interview de son auteur j’ai donc décidé d’aller creuser la question de l’économie par ce biais. Ce sera sans doute fastidieux mais cela vaut la peine d’essayer n’est-ce pas ? 

Petit traité de vie intérieure | Frédéric Lenoir

C’est une relecture d’un livre que j’avais aimé découvrir il y a quelques années. L’auteur y croise les enseignements de nombreuses philosophies et en fait un petit guide qui se lit facilement pour une vie intérieure apaisée, sereine et plus heureuse. 

Et vous quelles seront vos lectures en août ?

Laisser un commentaire - 13

Douces retrouvailles


Douces retrouvailles - slow living - Miss Blemish

J’ai envie de vous écrire ce matin la douceur de revenir ici comme on franchit la porte d’un endroit familier où tout est exactement resté à la place où on l’avait laissé, apparente immobilité où pourtant tellement de choses ont eu l’espace d’exister. Dans ces retrouvailles il y a le goût particulier de l’absence qui s’achève, qui mêle la redécouverte à la familiarité des lieux auxquels on appartient. Il y a l’ivresse dans laquelle autant est à raconter qu’à écouter, tendre brouhaha qui ne dit rien et tout à la fois. Il y a la presse qui nous pousse à vouloir rattraper le temps perdu, le plus vite possible et sans dormir. Alors plutôt que de laisser un silence comme une ellipse entre deux paragraphes je vais essayer de vous raconter – cet article comme un entracte – les semaines qui viennent de s’écouler avant, c’est l’article suivant, de vous écrire ma pile à lire de printemps (qui connaîtra sa part d’été).

Depuis la dernière fois, il y a eu les dernières semaines avant le concours et les jours J baignés dans un mélange étrange d’une sérénité imperturbable et concentrée comme n’en connaissent que les jours importants et d’une tension pourtant sans pareille en arrière plan. Il y a eu le soulagement d’avoir fini – enfin ! – et le goût incroyable de liberté de la première balade dans la douceur des soirs d’été – la fraîcheur le temps d’une soirée retrouvée. Il y a eu les jours pressés où l’on redécouvre la sensation d’avoir du temps et l’urgence de faire tout ce qui a été mis de côté trop longtemps mais aussi les jours hagards qui ont oublié que faire de toute cette liberté, jours errants où l’on papillonne sans trouver quoi faire vraiment.

17h30, contrôle+F et coeur battant, il y a eu sur l’écran mon chiffre parmi 8000 autres – précieux sésame à nos futurs – et les appels passés en hâte, les petits mots envoyés « à tous ceux qui » et le soir, des chips au paprika et du champagne pour fêter ça (déjà) une première fois. Il y a eu le premier week-end à nouveau entièrement partagé avec l’amoureux, Beaubourg, une glace au yaourt à la main. Il y a eu Lille en famille, rues pavées, façades colorées toutes en reliefs et retour à Paris soleil couchant, toutes fenêtres ouvertes. Il y a eu l’appartement en chantier, les douces habitudes retrouvées-réinventées, les soldes d’été entre amies et une robe en lin couleur terre trouvée pour le mariage que nous attendons cet été. 

Depuis cette poignée de jours comme une douce parenthèse, je suis de retour au travail pour une, deux, trois semaines, juste le temps de me frotter (un peu) à quelques tâches encore méconnues qui me seront quotidiennes dès « la rentrée ». De ces horaires retrouvés je fais le doux cadre pour juguler ce trop plein trop soudain de liberté qui m’éparpille entre mes envies. Progressivement je rééduque ma concentration fatiguée et retrouve le plaisir de lire, d’écrire et de ne choisir pour chaque instant qu’une seule chose parmi la liste des possibles à l’heure d’été. 

Et vous, juin, que s’est-il passé ?

Laisser un commentaire - 45

Les doux week-ends


Les doux week-ends, sourires de mai - Slow living - Miss Blemish

Lire petit matin dans le filet de lumière des rideaux à peine entr’ouverts, l’amoureux endormi à côté. Se réveiller tôt n’a finalement pour secret que de laisser la voie libre à la lumière par des volets ouverts. 

Travailler fenêtre ouverte sur le jardin, mon bout de trottoir parisien troqué le temps d’un week-end pour le bruit du vent dans les feuilles, des oiseaux et des insectes butinant les plantes aromatiques en contre-bas. 

La délicieuse odeur des oignons qui dorent dans l’huile d’olive presque-midi. 

Marcher pieds nus sur le parquet chauffé de soleil. Cueillir dans le jardin les fraises du dessert. 

Manger sous la tonnelle tous ensemble. Se battre gentiment pour la part de parmigiana avec le plus de mozzarella. 

Écouter sous la douche l’inspirant podcast Hashtag Creative, ouvrir les fenêtres sur la buée et penser tout bas que c’est drôlement chouette les salles de bains à fenêtres éclairées par la lumière chaude des fins de journées. 

Marcher à la fin du jour sur les chemins alentours plein de terre, graviers, goudron et herbes folles. 

Courir après avoir passé la journée assise.

Choisir dans les allées de la pépinière des lys pour la fête des mères. 

Me reposer sur les contours de mes heures frontières décidées pour le week-end entre travail et douceur. 

Observer la vie des bourdons qui butinent les fleurs de ciboulette. 

Profiter de milles odeurs : la menthe qui pousse contre le mur sous la fenêtre, la terre et l’herbe mouillées, les briques chauffées au soleil, le bois rangé, le vent iodé, le barbucue voisin, les fleurs au bord des allées. 

Faire la sieste, dimanche, dans les bras de l’amoureux, le bureau délaissé. 

Trouver enfin après 3 librairies fouillées, mon nouveau livre de chevet Planète Végane. En glisser quelques pages à chaque pause, me régaler d’apprendre de nouvelles choses. 

Refaire le monde dans la salle de bain. 

Ramener avec moi dimanche ce qu’il faut de fraises pour un festin de roi. 

Écrire les sourires du week-end dans le train.

Les doux week-ends, sourires de mai - Slow living - Miss Blemish

Et vous, quels sont les meilleurs ingrédients de vos doux week-ends ?

Laisser un commentaire - 26