Temps d’écran = temps perdu ?


temps d'écran = temps perdu ? Miss Blemish humeur

Durant le confinement, j’ai plongé à pieds joints dans le contenu proposé par Elizabeth Gilbert sur son compte IGTV. Elle y parle de créativité, de moments difficiles, du processus d’écriture à l’œuvre dans son dernier roman et répond aux questions de ses lecteurs. L’une de ses réflexions m’a interpellée. Elle rapporte avoir demandé à son lectorat désireux d’écrire ce qui les retenaient de se lancer et nombreux sont ceux qui ont répondu : « le temps ». Parce que la discussion se déroulait sur une page Facebook, elle s’exclamait : « Ce n’est pas recevable ! Et les 15 minutes que vous venez de passer ici à scroller sans but ! Vous auriez pu les prendre pour écrire ! ». 

Elle dit vrai et pourtant cet argument me chagrine. Et j’avais envie de vous en parler. 

Les compteurs de temps d’écran sont les champions pour nous culpabiliser devant ces montagnes de » temps perdu ». Le modèle capitaliste dans lequel nous vivons nous offre une grille de lecture de la rentabilité où « le temps, c’est de l’argent » : il doit ainsi être savamment dépensé. Quand la notification annonçant notre nombre d’heures d’écran hebdomadaire apparaît, normal que nous ayons quelques sueurs froides. Et je vais vous dire, je trouve ça injuste. 

1- Parce que ceux qui comptabilisent toutes ces heures perdues sont les mêmes qui créent les médias sur lesquels nous dépensons tout ce temps avec comme objectif justement que nous y passions le plus de temps possible. 

2 – Parce que si nous avons plus de temps disponible dans une vie qu’aucune autre génération avant nous (je vous invite à écouter cet épisode du podcast Travail (en cours) si le sujet vous intéresse), nos sollicitations ont été multipliées de telle sorte que chaque choix est renoncement et le FOMO (fear of missing out) la règle. Nous vivons donc déjà avec à nos trousses tout ce que nous n’aurons jamais le temps de faire, de vivre ou d’expérimenter. Les possibilités excédent le temps dont on dispose et cela ne fait qu’ajouter à ce sentiment d’urgence qui étreint nos sociétés où tout doit aller plus vite. 

3 – Parce qu’il s’agit d’une réponse très partielle et partiale. S’il est possible de se laisser prendre dans le tourbillon de youtube pour n’en sortir que 2 heures plus tard, nombre de ces temps d’écran ne sont pas le reflet d’une mauvaise gestion de ce dernier. 

Il y a d’abord les contraintes matérielles, professionnelles et sociales : si nous sommes sur les écrans, c’est aussi parce qu’une partie de nos obligations en font un passage obligé. 

Surtout, il s’agit d’un temps pour une large part morcelé. Ce ne sont pas de longues plages de temps sacrifiées mais bien une foule de minutes grapillées déci delà au fil des temps morts de nos journées. Ce sont des temps d’ennui. Des temps de pause. Des temps de pause qui ne reposent pas et alimentent un brouhaha constant mais rien d’autre. Et pendant que nous nous flagellons sur tout ce que nous aurions pu faire en lieu et place de ces heures de navigation nous oublions une chose : nous ne pouvons pas être productif à chaque minute de chaque journée. Ces temps de respiration nous sont nécessaires et le vrai drame est qu’ils perdent en qualité lorsqu’ils sont pris sur Instagram. Mais supprimer Instagram ne les fera pas disparaître, ils prendront juste une forme différente. Si celle-ci nous est plus bénéfique peut-être qu’alors effectivement nous y gagnerons en concentration, en énergie ou en inspiration pour le reste de nos journées mais nous garderons ce même besoin de respiration entre deux plages d’activité. 

 La prochaine fois que vous soupirerez : « Ah lala, tout ce que je pourrais faire avec des 4, 5, 10 heures si je ne les passais pas sur mon téléphone ! » – je vous invite à vous poser la question suivante : pourquoi vouloir toujours « faire » et surtout, en avons-nous – individuellement, collectivement – besoin ? 

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FAQ Batch cooking mode d’emploi


Continuer à bien manger quand nous ne serons plus confinés - Batch cooking mode d'emploi Miss Blemish

Au mois de février, Sophie du blog Ma conscience Ecolo m’a posé quelques questions sur Batch cooking mode d’emploi à l’occasion d’un article qu’elle a dédié au livre :) Voilà donc une petite FAQ bonus qui, je l’espère, vous plaira autant que j’ai pris plaisir à y répondre !

Vous pouvez commander votre exemplaire (si ce n’est pas déjà fait) juste là !

FAQ BATCH COOKING MODE D’EMPLOI

Comment as-tu eu l’idée de ce livre ? Quel était ton projet / objectif ?

Cela faisait plusieurs années que je pensais vaguement à écrire un livre sur le Batch cooking. Mon premier article sur la technique publié en 2016 a reçu un accueil incroyable et reste encore aujourd’hui l’un de mes articles les plus lus. Surtout aucun des livres publiés n’abordait ce sujet sous l’angle que j’envisageais, j’avais donc bon espoir qu’il puisse trouver son public et se faire complémentaire des livres existants. Mais tout ceci était resté au stade d’idée. C’est un mail d’une éditrice des éditions Larousse me proposant d’écrire l’ouvrage qu’ils voulaient dédier à la technique qui m’a permis de me lancer. J’en n’en aurais jamais eu le cran autrement ! Finalement le projet ne s’est pas fait avec cette maison d’édition (ils ne voulaient pas que l’ouvrage en question soit végétarien) mais j’étais lancée. J’ai envoyé une proposition à la directrice éditoriale des éditions La Plage, maison d’édition connue pour son positionnement engagé, c’est comme ça que le projet est né pour de vrai.

Mon idée pour ce livre était de donner toutes les clés pratiques sur la technique du Batch cooking pour que chacun puisse se l’approprier et l’adapter à ses besoins. C’est le cœur du livre : expliquer comment on batch cook et aider chacun à se lancer. J’y partage également mes recettes végétariennes du quotidien, des semaines types par saison, beaucoup d’inspiration et de conseils autour d’un mode de vie respectueux de l’environnement. 

Pourquoi avoir inclus une partie sur le ménage et le soin du linge écolo ?

L’hygiène est une partie fondamentale de la pratique du batch cooking : les préparations étant appelées à être conservées plusieurs jours, il est impératif de prendre soin qu’elles ne soient pas souillées durant la préparation comme pendant leur conservation. Puisqu’à travers ce prisme j’introduisais les ingrédients utilisés pour le lavage des éléments qui allaient être en contact avec les préparations, j’en ai profité pour glisser que ces mêmes produits d’entretien de base pouvaient être utilisés dans toute la maison. Cela s’inscrivait dans mon envie d’un livre autant lifestyle que cuisine et qui parle d’écologie.

Comment as-tu vécu cette expérience d’écriture ? (je suis moi-même auteure, je sais que c’est éprouvant !)

J’ai adoré tout le processus d’écriture ! Le fait de travailler sur un projet si conséquent en terme de volume à produire a été grisant. C’est la réalisation des photographies d’illustration qui m’a donné le plus de fil à retordre : j’avais très peur de ne pas être à la hauteur du challenge. J’ai finalement procédé en faisant « comme si », une photo à la fois, sans trop penser à la finalité et c’est ce qui m’a permis d’avancer malgré mes doutes. 

Quelle est ta recette préférée dans le livre ?

Parmi les recettes sucrées, c’est celle du carrot cake, sans hésiter car elle est associée aux jours de fêtes (je réalise souvent cette recette à Noël). Parmi les recettes salées, je pencherai pour ma tartiflette version végétarienne, régressive et délicieuse :)

Si tu avais un seul conseil à nous donner en batchcooking, quel serait-il ?

Se lancer ! Prendre le temps un dimanche de s’essayer à la préparation de quelques recettes, ne serait-ce que pour les repas du soir de la semaine à venir. Rentrer chez soi et ne plus avoir qu’à mettre les pieds sous la table est une expérience suffisamment agréable pour vous donner envie de recommencer la semaine suivante. Vous affinerez votre méthode et trouverez les combinaisons qui fonctionnent pour vous au fil des séances.

Qu’est-ce qui te plait dans la cuisine ?

J’aime beaucoup le côté hors du temps que permet cette activité. Les gestes sont simples, répétitifs, mon esprit est accaparé, pleinement à ce qui est en train d’être préparé. Cela me laisse de la place pour réfléchir, écouter un podcast. J’aime prendre ce temps pour mon moi pressé de semaine, j’ai l’impression de me faire un chouette cadeau.

Comment et quand est né ton blog ?

J’ai commencé à écrire en ligne au collège et je n’ai jamais arrêté depuis ! Mon blog actuel missblemish.fr est officiellement né en octobre 2012 même si j’y ai exporté bon nombre des articles que j’avais écrit sur celui qui l’a précédé. Dès le début, j’ai donné pour fonction à mon blog de créer une place dans mon quotidien pour l’écriture et ça a marché ! Cela m’a permis d’avoir un rythme, d’écrire régulièrement, de tester plein de choses, de m’améliorer et surtout d’avoir des retours sur ce que j’écrivais. Le fait d’avoir un public m’a permis de rester motivée et de persévérer. Je pensais qu’il me serait plus facile d’être publiée avec un public déjà constitué et ça a été le cas… même s’il m’a fallu 10 ans pour ça !

De quoi aimes-tu parler sur ton blog ?

Du quotidien ! J’aime le fait que l’insignifiant puisse y prendre toute la place. Par l’écriture notamment des « Sourires de la semaine » une rubrique que j’ai longtemps alimentée, j’ai changé mon rapport au quotidien et à ce qui peut le rendre plus joyeux pour peu qu’on y prête attention. J’essaie de toujours garder cette ligne directrice, quels soient les sujets abordés qui aujourd’hui sont centrés sur le mieux vivre et l’écologie essentiellement.

Des questions ? Sur le livre, l’écriture, le blog, l’inspiration… Envoyez-les moi en commentaires pour une nouvelle session FAQ !

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Continuer à bien manger quand nous ne serons plus confinés


Continuer à bien manger quand nous ne serons plus confinés - Batch cooking mode d'emploi Miss Blemish

 

Partout dans le monde, le confinement a rebattu les cartes de notre rapport à l’alimentation. Les restaurants fermés, le temps désormais disponible et la crainte de la pénurie qui a été au cœur de ses premières semaines nous a obligés à prendre en charge ce que nous négligions parfois et sous-traitions bien souvent. La farine est devenue denrée d’exception et la confection de pain maison un must. 

Le déconfinement qui va s’ouvrir ne va pas rimer immédiatement avec le retour à nos habitudes d’avant : le télétravail est annoncé comme nouvelle norme pour encore un temps et sur place les restaurants d’entreprise sont nombreux à rester fermés. Surtout je ne suis pas sûre qu’après avoir pu profiter de plats faits maison nous soyons enchantés de revenir aux plats insipides de cantine. Seulement le temps va à nouveau se raréfier. C’est là que le batch cooking peut vous aider. 

Le batch cooking, quesako ?

Le batch cooking est une méthode d’organisation qui consiste à préparer plusieurs repas lors d’une même session cuisine afin d’ensuite ne plus avoir à cuisiner pendant plusieurs jours. Selon le nombre de personnes qui composent votre foyer et selon vos besoins (1, 2 ou 3 repas quotidiens à préparer) vous pouvez répartir ces sessions différemment en choisissant de tout préparer en une seule ou en plusieurs sessions.

On me pose souvent la question : « comment fais-tu pour réussir à concilier toutes tes activités ? » et je crois bien que le batch cooking est mon principal allié. Ne plus avoir à cuisiner chaque soir c’est beaucoup de temps libéré au quotidien pour faire tout autre chose. 

Alors comment vous lancer ?

Pour la mise en place des changements il y a le plus souvent deux écoles : tout d’un coup ou étape par étape. Je sais pour ma part que c’est la seconde approche qui me convient et c’est de cette manière que j’ai adopté le batch cooking : progressivement. J’ai commencé par préparer à l’avance mes repas du midi, fatiguée de l’offre restreinte des boulangeries/supermarchés/sandwicheries qui entouraient l’université. Après quelques mois d’essais/erreurs, de semaines où je préparais à l’avance et d’autres non, l’habitude s’est installée et forte de ses avantages, elle a rapidement concerné tous les repas de ma semaine de travail.

Si comme moi vous faites partie de ceux qui adoptent les changements une étape à la fois, vous pouvez aider la transition en vous concentrant d’abord sur 1 seul des 3 repas de la journée et préparer pour celui-ci une recette très simple le dimanche soir en même temps que vous préparez le repas habituel. Une soupe, plusieurs tartes salées, la cuisson d’une grande quantité de céréales/légumineuses à laquelle vous ajouterez quelques crudités au moment de servir, choisissez quelque chose de simple et de peu contraignant pour vous. À l’inverse, choisissez pour commencer le repas dont la préparation vous pèse le plus au quotidien afin de profiter tout de suite des bénéfices de la technique.

J’ai écrit beaucoup d’articles ces dernières années pour guider vos premiers pas en batch cooking dans lesquels vous trouverez tout le nécessaire pour vous lancer sereinement dans votre première session : 

Les bases : Mieux manger au quotidien le batch cooking

La préparation d’une semaine de menus expliquée étape par étape : 1 semaine dans mon assiette

Des recettes alliées : les currysbols d’été à l’avocat 

Continuer à bien manger quand nous ne serons plus confinés - Batch cooking mode d'emploi Miss Blemish

Pour aller plus loin, mon livre Batch cooking mode d’emploi

Maintenant que vous en connaissez l’histoire, il était temps que je vous présente ce que vous pourrez trouver dans les 216 pages de mon livre, Batch Cooking mode d’emploi. 

Dans ce livre j’ai voulu aborder la technique sous un angle différent et complémentaire de celui adopté dans les ouvrages déjà publiés. Plutôt qu’un livre centré sur des semaines types et des séances guidées pas à pas, je voulais écrire un livre qui permette à ses lecteurs.rices de s’approprier la technique et d’être ainsi complètement indépendants. 

Il est construit en 3 parties : la 1ère – la plus importante à mes yeux – est dédiée à la technique en elle-même. J’y explique tout ce qu’il est nécessaire de savoir pour adopter cette pratique et se lancer sereinement. L’idée de cette partie est de vous donner toutes les clés pour que vous puissiez adapter la technique à vos besoins et ainsi créer les séances hebdomadaires qui vous correspondent avec les recettes de votre choix. En un mot, cette partie est placée sous le signe de l’autonomie. 

La seconde rassemble mes recettes sucrées et salées du quotidien. Il s’agit d’un répertoire de recettes végétariennes de base pour que ce livre puisse également être celui que l’on offre à ses proches désemparés par notre régime alimentaire particulier.

La troisième et dernière partie suit les 4 saisons en proposant pour chaque : une semaine type, des recettes ainsi que des inspirations de saison. Vous pourrez ainsi y retrouver un repas de Noël végétarien prêt en 2 heures top chrono, des idées pour un pique nique d’été végétarien ou encore un brunch entre amis au printemps. 

Enfin j’ai voulu ce livre inclusif, engagé et féministe : si ces valeurs ne sont pas le sujet du livre, elles en sont un fil rouge, présentes tout au long en filigrane. 

Vous pourrez à nouveau vous le procurer dès la réouverture de vos librairies indépendantes préférées. Nombreuses sont celles qui s’organisent pour mettre en place des sortes de « drive des livres ». Vous pouvez également le retrouver sur le site internet de ma maison d’édition. Il est vendu au prix de 19,95 €. 

Continuer à bien manger quand nous ne serons plus confinés - Batch cooking mode d'emploi Miss Blemish

Vous avez déjà tenté une séance de batch cooking ? Comment s’est-elle passée ? A quels obstacles vous êtes vous confrontés ? 

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