Quelques réflexions politiques


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Énormément d’interventions politiques prennent à mon sens le mauvais point de départ. Elles se donnent pour but d’influencer au lieu de celui d’exposer des idées et des arguments refusant à demi-mot à chacun son droit de penser par lui-même, pour lui-même et d’avoir sa propre opinion. Beaucoup d’interventions politiques fournissent ainsi du prêt à penser en lieu et place d’outils pour réfléchir. 

Dans cet article je ne veux donc pas vous influencer mais partager des points de réflexion sur des points sensibles qui jouent un rôle immense dans notre conception de la société et de la politique qui doit être menée. Pour réfléchir ensemble et faire mentir des croyances trop peu souvent questionnées. Je compte sur vous, en cas de désaccord et même si c’est difficile, pour ouvrir une conversation constructive et respectueuse de chacun. 

« Mal voter »

C’est un argument qui revient souvent, surtout dans les tribunes de personnes ayant bénéficié d’études réputées brillantes. S’ils ont raison de dénoncer la faiblesse du traitement de certains sujets pourtant cruciaux par les médias, se laisser fourvoyer n’est pas l’apanage de ceux qui n’auraient pas bénéficié de la même éducation. Tous, quelque soit notre niveau d’études, nos diplômes, notre métier, notre origine, notre religion ou notre âge sommes susceptibles de nous laisser tromper ou aveugler par des discours politiques mensongers, un média donné, un papier convaincant, notre peur, nos difficultés ou des pans douloureux de notre histoire personnelle. Ces discours sont dénonçables car ils soutiennent l’idée que les décisions sociétales et politiques doivent être laissées à une petite proportion de gens « sachant » et nient de ce fait le fondement même de la démocratie voulant que chaque voix qui la constitue est légitime et digne d’être exprimée et entendue. Ce sont les personnes qui se rendent coupables de désinformation, de raccourcis et d’approximations qui sont à blâmer, pas les personnes qui sont par elles abusées. 

Appeler à voter pour

Je crois que la mobilisation des artistes qui ont massivement appelé à soutenir Hillary Clinton n’est pas étrangère à la victoire de Donald Trump. Elle n’est pas coupable mais elle n’est pas étrangère. Comment recevriez-vous un tel conseil si vous étiez dans une situation difficile voire intenable de la part de quelqu’un qui vit une vie confortable et ne connaît rien de vos difficultés ? Choisir de prescrire un vote c’est refuser aux autres la liberté de choisir par eux-mêmes pour eux-mêmes. C’est insinuer à demi-mot leur incapacité à prendre la meilleure décision pour eux-mêmes et pour l’ensemble de la société. À mon sens il est infiniment plus riche et respectueux d’autrui de partager la réflexion qui nous mène à soutenir un candidat plutôt qu’un simple « votez pour X » ou « ne votez surtout pour pas pour Y ». 

Parfois même en voulant très fort, on ne peut pas

De nombreux discours reposent sur la croyance que si l’on se donne les moyens de faire quelque chose alors on y arrivera. Le problème de cette croyance c’est son corollaire, le sous-texte en tout petit qui murmure qu’alors ceux qui n’ont pas ce qu’ils veulent ne s’en sont tout simplement pas donné les moyens. Ce corollaire est malicieux car il suresponsabilise les désavantagés autant qu’il déresponsabilise les privilégiés

Pour avoir eu cette conversation un nombre incalculable de fois avec des personnes ayant fait de grandes études, longues, difficiles et pleines de sacrifices, je sais combien cette idée est difficile à entendre. Pourtant il n’est pas question de nier la difficulté et le travail nécessaire fournit par les personnes qui ont bâti des carrières imposantes mais de leur ouvrir les yeux sur tout ce qui leur a permis d’accéder à la possibilité de fournir tout ce travail. C’est avoir eu la chance de naître dans une famille aimante, de n’avoir pas connu de handicap sévère, de s’être vu transmis le goût de la lecture et une certaine curiosité, c’est de s’être vu transmis le goût d’apprendre et l’importance de l’école, c’est de s’être vu donné l’occasion de s’exprimer à égalité avec ses frères et soeurs mais aussi avec des adultes, c’est avoir été encouragé, félicité, supporté dans ses choix, c’est avoir pu se consacrer pleinement à ses études sans avoir à travailler/emprunter, c’est avoir pu étudier dans de bonnes conditions, c’est avoir pu bénéficier de soutiens extérieurs en cas de difficultés. Ces éléments comptent dans la construction d’un individu et s’il est difficile d’imaginer pour quelqu’un qui a tout reçu ces difficultés, je prends toujours cet exemple : si tu n’avais pas eu tes parents pour exiger que tu fasses bien tes devoirs en primaire, en tant qu’enfant qu’aurais-tu choisi ? Tu serais resté de toi-même dans ta chambre ou tu serais sorti jouer avec tes copains ? Il est des âges où si l’on ne nous donne pas de cadre on n’a aucun moyen de prendre le recul qui serait nécessaire à le trouver par soi-même. Et il est des difficultés de vie qui changent complètement certains destins. Nous n’avons pas tous les mêmes chances et s’en rendre compte, regarder bien en face ses chances et ses privilèges est un premier pas vers un climat social moins tendu, moins de culpabilisation, moins de mesures injustes. Plus de partage du haut vers le bas. 

Prescrire des sacrifices que l’on ne voudrait pas pour soi-même 

Il est facile de prescrire à autrui un sacrifice ou un effort lorsque celui-ci ne nous sera pas imposé. « Les autres n’ont qu’à », rien de plus facile ! Pour chaque proposition j’essaie donc de me mettre à la place de ceux qu’elle concerne. Si j’étais à leur place, est-ce que cette perspective serait tolérable, acceptable, envisageable ? 

De la même manière il est plus facile (d’ un point de vue rhétorique) de demander aux moins avantagés de consentir à encore plus d’efforts (là où moralement c’est beaucoup plus discutable n’est-ce pas ?) car ces personnes ont moins de force de réponse. C’est d’ailleurs parce qu’ils étaient plus vulnérables que le choix a été fait par les gouvernements précédents de voter des mesures visant à essayer de les protéger. Vous verrez beaucoup moins de personnalités se risquer à demander des comptes aux plus puissants. Pourquoi ? Parce que c’est difficile. C’est difficile de s’attaquer à des personnes qui ont un pouvoir de réponse égal ou supérieur au sien et ont les moyens de nous barrer la route : cela représente un risque tangible (et donc un vrai courage). Et sans parler de duplicité, n’auriez vous pas du mal à promouvoir des idées qui pourraient avoir des répercussions négatives sur des personnes qui vous ont épaulées ou desquelles vous vous sentez redevables ? Nous sommes d’accord qu’un élu doit se placer au dessus de ces questions là mais comme dans tout problème éthique nier une difficulté au prétexte que dans un monde parfait elle ne devrait pas exister n’est pas la solution. 

La fainéantise 

Dans l’argumentaire visant à la baisse des fonctionnaires revient souvent l’idée qu’ils font un nombre d’heures réduit et peu productif. Si c’est une aberration au vu du travail de bien des fonctionnaires, quand bien même cela serait-il vrai pour une poignée d’entre eux où est le problème ? Si vous regardez les grilles de salaires, la fonction publique dans son extrême majorité ne propose pas de salaires très alléchants (hormis dans les hautes sphères administratives). Quel mal y aurait-il pour quelqu’un de faire le choix d’un travail moins doté en heures et en salaire pour avoir plus de temps libre ? C’est un choix de mode de vie. Mais plus encore que d’accepter que nous n’ayons pas tous les mêmes aspirations, il est intéressant d’observer le biais cognitif qui veut que tous – quelque soit notre métier, notre quotidien – nous ayons toujours l’impression de travailler plus que notre voisin et l’impression d’avoir un quotidien plus compliqué. C’est normal, là où nous sommes aux premières loges de nos difficultés, nous n’avons qu’une vision extérieure de celles du voisin qui semblent ainsi bien moins embêtantes. Cela ne veut pas pour autant dire que ces difficultés, quelles qu’elles soient, ne font pas souffrir ledit voisin, sont dérisoires ou ne méritent pas d’être entendues. 

Les impôts 

L’impôt sur le revenu présente des inégalités. Pourquoi ? Parce qu’une grande partie de l’argent dû à l’Etat n’arrive jamais dans ses caisses. Le nombre de participants étant réduit, l’équité au moment du partage de l’addition n’est plus assuré. Cet argent qui n’arrive jamais dans les caisses, c’est dans son écrasante majorité l’argent de l’évasion fiscale et de l’optimisation financière de personnes qui comme vous pensent qu’elles paient trop d’impôts sauf qu’à la différence de vous possèdent les moyens de les contourner (à l’aide de savants montages financiers et de conseillers richement payés). Si tous les candidats ne s’attaquent pas à cette question j’ai envie de vous parler de la croyance voulant que c’est en facilitant la vie des plus grandes entreprises (et je dis bien des plus grandes soit les multinationales) que celles-ci seront moins tentées de fuir l’impôt. C’est faux. Et ces entreprises ne sont pas à blâmer, elles sont justes dans une logique identique à l’enfant qui veut aller jouer avec ses copains plutôt que de faire ses devoirs, elles ont besoin de bons parents. Je développe :

Une multinationale a pour but de produire et d’extraire chaque année plus de richesse. Les objectifs de l’année à venir sont calculés sur ceux atteints l’année précédente et ce toujours à la hausse. Les employés sont évalués sur la base de cet objectif et ce jusqu’au PDG (ou CEO si vous préférez)(qui n’est pas une position très stable). Si vous allégez un poste de charge d’une entreprise, cette économie va être avalée, acquise et de nouveaux objectifs calculés sur sa base. Tout ce qui peut accroître le bénéfice sera toujours l’option choisie parce que le but des conseils d’administration est de faire le retour sur investissement maximum. C’est le jeu et là n’est pas le propos de les blâmer juste de souligner que les seules personnes à même d’obtenir des entreprises ce qu’elles doivent à notre système (qui lui fournit des consommateurs et donc une partie de son chiffre d’affaire) sont les représentants de l’Etat et les lois qu’ils votent. Et ceux qui prétendent que ce serait dangereux ne parlent que pour leur propre position car aucune entreprise ne sacrifierait un marché de 66 millions de consommateurs potentiels à la légère. 

L’enjeu clé d’aller demander aux entreprises internationales de respecter nos règles du jeu, c’est d’alléger la note pour nous tous et de rééquilibrer les forces. Et il ne s’agit pas de les diaboliser. Juste de demander de la transparence et un jeu équitable. Le problème n’est pas de gagner ou vouloir gagner beaucoup d’argent mais de ne pas participer à la société à hauteur de l’argent gagné. 

Attribuer nos difficultés économiques aux plus désavantagés

Autre croyance répandue : croire que les personnes les plus désavantagées de notre société sont à la source de nos problèmes économiques et entretenir l’idée « d’assistés » au détriment des milliers de gens pour qui les aides apportées sont un filet de sécurité sans lequel leur vie serait plus dure encore. J’ai du mal à croire que l’on vive une vie enviable en France avec pour seuls revenus un RSA ou comme immigré clandestin. Pire encore toutes ces aides pourtant indispensables à beaucoup de ceux qui les touchent coûtent moins à la société que l’évasion fiscale de ceux qui refusent d’y participer à la hauteur de ce qu’ils pourraient donner. As-t-on vraiment envie de prendre sur l’indispensable des uns au profit du superflu des autres ?

Je crois que je ne pouvais pas boucler mon article sur une meilleure question. Avec peut-être celle-ci : dans quel genre de société voulons-nous vivre et participons nous à la construire à l’image de ce que l’on se souhaite ? J’ai hâte de vous lire si le coeur vous en dit sur ces différents sujets et ceux qui vous tiennent à coeur que je n’aurais pas abordés, cet article n’étant bien sûr pas exhaustif. 

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Changer son alimentation sereinement selon ses besoins et ses envies


Changer son alimentation sereinement selon ses besoins et ses envies - Slow living - Miss Blemish

Cet article sur l’alimentation mûrit depuis longtemps et a connu de nombreuses versions mais il m’a fallu plus d’un an pour trouver l’angle à même de porter ce que je voulais vraiment partager. Cette thématique n’est pas la plus simple à aborder ni pour soi et encore moins dans un article tant elle se lie à nos émotions, notre estime de soi, notre culture, nos habitudes, notre expérience, notre santé, notre propre jugement mais aussi celui ressenti dans le regard d’autrui qu’il s’agisse de la presse, de nos proches, d’inconnus ou de professionnels de santé. Plutôt que de répéter des conseils portant sur le contenu de nos assiettes, j’ai préféré vous parler de changement. Le changement voulu, souhaité et comment essayer pas à pas de le mettre en place sans se décourager, se déprécier ni se comparer. Je voulais un article dans lequel chacun puisse piocher des outils pour mener le changement qui convient à sa situation personnelle et singulière (santé, emploi du temps, envies, besoins, préférences et goûts).

Ainsi dans cet article je ne parlerai d’aucun courant alimentaire ni ne présumerai de ce à quoi devrait ressembler votre assiette. Si je vous donne quelques exemples concrets tirés de mon expérience sur certains points dans un but pédagogique pour mieux les illustrer, à aucun moment cet article n’a pour vocation de promouvoir ces choix particuliers qui – s’ils sont ceux qui me conviennent le mieux aujourd’hui  – ne sont en aucun cas ni meilleurs ni moins bons que ceux que vous pourriez faire pour vous-mêmes. Tout l’objet de cet article est de vous donner des pistes pour mieux vivre les changements que vous avez envie d’initier ou d’essayer et vous donner le plus de chances de les mener à bien indépendamment de leur nature. Et j’espère de tout coeur qu’il vous y aidera :)

Cet article ne se substitue pas à l’accompagnement personnalisé d’un professionnel de santé. Cet article n’a pas pour prétention d’être exaustif mais de débroussailler un sujet épineux en soulevant des points peu souvent présentés dans les médias non spécialisés

Apprendre à connaître son rapport au changement

Avant d’initier un nouveau changement, j’aime observer comment se sont passés les précédents. Dans quelles conditions ils ont été initiés, quelles étaient mes motivations, à quel rythme je les ai introduits, s’ils ont tenu dans la durée et s’ils ont su se fondre dans mon quotidien quitte à être adaptés au fur et à mesure qu’ils étaient testés. J’ai ainsi pu m’apercevoir que les seuls changements qui ont porté leurs fruits pour moi sont ceux qui ont été progressifs et se sont faits par étapes sans frustration, rupture ni grand écart. Ainsi, chaque fois que je ressens le besoin d’adapter ou de changer du tout au tout un domaine, je m’emploie à créer une période de transition suffisamment longue et progressive pour m’habituer pleinement à la nouvelle manière de faire que j’ai envie d’adopter. De procéder ainsi je me soustrais à la frustration que génèrent les interdits et trouve à mon rythme des substituts pour chaque situation. 

Je vous invite donc avant d’entreprendre un changement de fond (sauf urgence indépendante de votre volonté) à vous interroger sur vos changements de mode de vie précédents et d’essayer d’y trouver les clés qui les ont fait tantôt marcher ou échouer pour vous aider à entreprendre le changement du moment de la manière la plus propice pour vous personnellement. 

Envisager le changement sous un angle positif 

Envisager le changement par le prisme de ce qu’il peut nous apporter de positif est un bien plus sûr moteur que l’autodépréciation. Nous avons certainement tous expérimenté des périodes où nous n’étions pas satisfaits de nous-mêmes et prompt à l’auto-critique. Cependant s’il est bon de pouvoir prendre du recul et de réviser ses choix lorsque l’on sent que l’on s’égare, il est très facile de se laisser emprisonner dans des ruminations pessimistes qui empêchent d’avancer. Face à quelque chose qui ne me convient pas, j’essaie donc le plus possible de réfléchir à ce que je pourrais faire pour la changer ou mieux la supporter et de focaliser mon attention sur ce « mieux » visé plutôt que sur le « moins bien » actuel. Et si cette bascule de lecture et de perspective ne change rien factuellement, cette modification d’état d’esprit dont elle est à la source peut nous donner les moyens de mettre en oeuvre le changement plus sereinement et plus rapidement. 

S’inspirer et apprendre sans se comparer 

Selon le type de changement choisi, une période d’apprentissage peut être plus ou moins nécessaire pour s’approprier nouveaux ingrédients, substituts des anciens, outils et techniques nouvelles. Ainsi en voulant diminuer ma consommation de produits d’origine animale, j’ai cherché de nouvelles recettes mais aussi des informations pour réapprendre à composer mes assiettes pour qu’elles soient complètes d’un point de vue nutritionnel.
Mais si observer les choix faits par les autres peut nous donner des pistes utiles pour mieux décider comment avancer soi-même, il est rare que la solution du voisin soit également notre solution idéale. Plus encore, il est extrêmement rare d’avoir accès à une vue d’ensemble représentative des choix d’autrui en matière d’alimentation comme dans tout autre domaine. Lorsque l’on en prend conscience il est bien plus facile de ne garder des images/articles/recettes/menus types seulement ce dont on a besoin sans préjuger de notre infériorité face à l’idéal qu’ils nous renvoient. Par ailleurs durant cette période d’apprentissage (et parce que les conseils sont légions et souvent issus de l’expérience personnelle de ceux qui les partagent) je vous encourage à recouper vos informations et garder un esprit critique pour trouver vos réponses parmi celles des autres mais aussi laisser de côté les propositions qui ne vous conviennent pas. 

Interdire les interdits

J’aime beaucoup la philosophie d’Ella Woodward (que vous connaissez peut-être pour son blog Deliciously Ella) qui conseille lorsque l’on veut changer son assiette d’initier le processus en ajoutant ce qui nous semble manquer à notre alimentation plutôt que de retirer ce qui nous semble y être en excès. En prenant l’exemple d’une alimentation plus riche en légumes, elle donne comme piste d’en rajouter une portion à un repas, puis à deux, puis à trois. Ainsi on s’habitue aux nouvelles saveurs, on expérimente des combinaisons, on apprivoise ce nouvel ingrédient sans se priver des autres dont la proportion diminue de fait puisque notre faim n’est pas sans limites. Le changement s’instaure ainsi en glissement sans jamais passer par des extrêmes. 

[Petit aparté : Il y a beaucoup à gagner à envisager nos changements alimentaires sous l’angle d’une rééquilibration plutôt que d’une succession d’interdits car ces derniers sont à la source de troubles du comportement alimentaire par le biais d’un phénomène appelé la restriction cognitive (cet article est technique mais sa dernière partie « Résumé » explique de façon accessible les grandes lignes de cette théorie)(par ailleurs ce site est une source d’information prolixe si cette thématique vous intéresse). Cependant, se défaire de cette approche bien/mal autorisé/interdit est loin d’être simple car nous avons tous des croyances (erronées, enracinées) autour de l’alimentation et pris l’habitude d’associer à chaque aliment une étiquette. Déconstruire nos croyances vis à vis de l’alimentation, c’est devoir revoir tout notre référentiel. C’est se familiariser avec l’idée qu’aucun aliment BRUT n’est bon ou mauvais mais que tous apportent des choses différentes dont nous n’avons pas toujours besoin/envie en proportions égales selon nos activités, nos goûts, notre âge ou notre état de santé. C’est aussi se défaire de l’immédiateté et du catastrophisme que sous-tendent les régimes et réaliser que « l’équilibre alimentaire » ne se fait pas en un repas ni même en une journée mais sur des périodes bien plus longues rendant nos « écarts à l’interdit » dérisoires. Interdire les interdits c’est pouvoir manger de tout, pas forcément dans les mêmes quantités et aux mêmes fréquences selon les périodes, les formes ou son état de santé et réapprendre à (se) faire confiance (à soi comme à ses sensations).]

Avancer à son rythme et sans culpabilité 

S’écouter 

Est-ce le point le plus important ? Sûrement et il recoupe beaucoup de notions abordées dans les points de cet article. Tous les conseils ne s’appliquent pas à tout le monde. Et s’il existe pléthore de régimes et courants alimentaires, au-delà de leur intérêt économique certain, je veux croire que c’est aussi parce qu’ils répondent à des conditions différentes et des préférences individuelles. Une personne avec un intestin fragile sera moins confortable avec un régime trop riche en fibres là où une personne avec des intestins plus paresseux y trouvera un mieux. Il existe milles et une spécificités comme celle-ci qui peuvent expliquer pourquoi la solution du voisin n’est pas exactement la vôtre et demande de fait des ajustements. Ajoutez à cela des envies différentes, des sensibilités particulières, une multitude de rythmes de vie et de priorités qui diffèrent et la nécessité d’expérimenter pour soi-même en restant à l’écoute de ses sensations devient évidente. Pour qu’un changement ait une chance de trouver sa place dans votre quotidien, il faut qu’il vous convienne, qu’il réponde à un besoin et apporte un mieux être. Et si pour certains grands syndromes les réponses sont binaires (régime réduit en sel à certains stades de l’insuffisance cardiaque ou de l’insuffisance rénale par exemple), lorsque l’on a la chance d’être en bonne santé les changements tiennent plus de l’ajustement à une sensibilité particulière rendant leurs « commandements » beaucoup plus complexes à trouver. Ce qui explique ce besoin d’expérimenter, d’écouter ses sensations et de composer sa propre recette au sein même des grandes lignes nutritionnelles communes à tous les êtres humains pour trouver ce qui nous convient. 

DEMANDER CONSEIL A UN PROFESSIONNEL

Il existe de nombreuses professions qui ont fait de l’alimentation le coeur de leur métier et pourront à la fois répondre à vos questions, vous aider à identifier vos besoins, vous aiguiller si besoin était vers un médecin et vous soutenir dans vos démarches. 

Ne changer qu’une seule chose à la fois 

Tout changement faisant naître son lot de résistances et d’obstacles, se concentrer sur un seul changement à la fois donne plus de chances de les solutionner sans abandonner ni se sentir submergé. Un changement demande du temps pour être envisagé, voulu puis mis en action et encore plus pour supplanter les anciennes habitudes et s’intégrer dans nos routines. Pourtant, l’envie de changement arrive souvent dans des périodes de trop plein où tout nous semble à revoir. Ainsi il m’est arrivé de vouloir tout en même temps me coucher plus tôt, ne plus utiliser que les escaliers, méditer tous les jours, ne plus manger de produits industriels et/ou raffinés, cuisiner d’avantage, faire du yoga tous les jours… Même s’il est dur dans ces périodes de résister à l’envie de tout initier en même temps, prioriser ces changements est pourtant primordial pour se donner le maximum de chances de réussite sur la durée.

Je vous invite donc à faire la liste des choses que vous souhaiteriez changer, d’en choisir une seule et de concentrer vos efforts sur elle seule jusqu’à ce qu’elle n’en demande plus aucun et vous semble parfaitement naturelle. Fort de ce succès vous serez à ce moment-là pleinement disponible pour l’ajustement (ou le grand changement) suivant.

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Quelques pistes qui pourraient vous inspirer

Observer ses placards

Regarder ce que l’on a l’habitude d’acheter est riche d’enseignement. Changer sa manière de manger c’est aussi changer sa manière de consommer, d’acheter et choisir ses produits. Ainsi en faisant le bilan de la situation actuelle peut-on trouver les premières étapes du changement que l’on souhaite mettre en place. Cela peut-être aussi bête que de préférer la version labellisée d’un aliment, de changer de type de farine, d’acheter certains produits dans un format plus conséquent pour faire des économies ou de préférer les produits non transformés. Mais cette étape peut être un véritable élément déclencheur « catalyseur » de changement, ce serait dommage de passer à côté ! 

Prendre le temps de manger

Nos habitudes autour des repas ne vont pas toujours dans le sens d’un temps accordé qui soit suffisant. Manger en faisant autre chose, en travaillant, dans les transports, en regardant la télé ou rapidement entre deux rendez-vous a tendance à raccourcir la durée des repas. Reprendre le temps de manger et s’accorder de vraies pauses pour ne faire que ça peut pourtant apporter de réels bénéfices. En effet on trouve parmi les indicateurs renseignant le corps sur la présence ou l’absence de faim la distension de l’estomac qui une fois rempli envoie au cerveau le message d’arrêter de manger. Or il faut une vingtaine de minutes à l’estomac pour composer un tel message. Ainsi en mangeant trop vite prend-on le risque de manger plus qu’à notre faim augmentant ainsi notre apport calorique et générant un inconfort après le repas. 

Quelques pistes pour réapprendre à prendre le temps :

  • poser les couverts entre chaque bouchée
  • ne rien faire en même temps
  • utiliser des techniques de méditation pleine conscience pour être présent à l’acte de manger
  • faire une pause entre le plat principal et le dessert pour ne prendre ce dernier que si la faim est encore présente après cette pause. 

Cuisiner

Si ce n’est pas toujours facile d’en trouver le temps ou de se lancer lorsque l’on sent ses bases fragiles, cuisiner une plus grande part de son alimentation a de nombreux avantages. Celui de choisir exactement ce que contiennent ses plats et se défaire de sucre, sel et additifs en excès dans les plats préparés. Celui de pouvoir apprivoiser de nouveaux ingrédients en testant autant de combinaisons que nécessaire pour trouver la manière dont ils doivent être cuisinés pour nous plaire. Celui d’amener de la diversité dans nos assiettes en proposant des associations peu représentées dans l’offre des plats à emporter. Celui de faire des économies, les produits de base étant souvent moins coûteux que ceux déjà préparés. On peut imaginer une multitude d’étapes pour essayer de cuisiner un peu comme de préparer une fois par semaine les encas qui nous accompagneront au quotidien, en faire un rendez-vous familial ou un moment rien qu’à soit de temps en temps créant l’occasion d’écouter son podcast préféré. Comme pour tous les conseils de l’article, il vous appartient d’expérimenter pour trouver ce qui vous convient dans votre vie telle qu’elle est aujourd’hui. Et d’abandonner ce conseil s’il n’y a pas sa place. 

Si vous peinez à trouver le temps de cuisiner au quotidien, peut-être la technique du batch cooking – qui consiste à préparer tous ses repas de la semaine en une seule session cuisine – pourra vous aider, j’en parle en détail dans cet article Mieux manger au quotidien : le Batch cooking et vous détaille une session dans son entier ici Batch cooking 1 semaine dans mon assiette

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De la lecture 

Si la thématique du changement vous intéresse, ces deux ouvrages qui se consacrent à ce sujet m’ont passionnée :
  • The power of less de Leo Babauta que vous pouvez également retrouver sur son site (en anglais) Zen Habits
  • The power of habit (que je suis en train de lire mais qui est plein de promesses) de Charles Duhigg 
Vous trouverez dans ces livres des appuis scientifiques et des informations complémentaires qui pourront continuer de vous aiguiller. J’espère de tout coeur que cet article vous a apporté quelques pistes à explorer si vous êtes dans une période de changements difficiles à mener et qu’il pourra vous aider à les accomplir plus sereinement, à votre rythme et sans culpabilité. N’hésitez pas à partager vos conseils et votre expérience dans les commentaires, je suis sûre que cela pourra en intéresser et aider plus d’un ! Et si l’article vous a plu, vous pouvez le partager sur Pinterest via l’image ci-dessous :)

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Et vous, quel est votre rapport au changement ?

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Bonjour Printemps !


Bonjour Printemps ! - slow lifestyle slow living - Miss Blemish

Après l’hiver cheveux-corps-coeur emmêlés, le printemps semble toujours apporter l’air de rien les milles réponses dont on manquait. C’est le pas plus léger le matin, la chape de fatigue qui s’allège, les petits bonheurs simples redécouverts par (presque) milliers, l’envie de faire-voir-changer, de se (ré)approprier l’espace ou de se (ré)apprivoiser. Chaque année je redécouvre étonnée le pouvoir de la clarté, des journées longues, du ciel bleu par la fenêtre et des murs éclaboussés de soleil petit matin. Et chaque année je suis émerveillée.

Ces derniers jours j’ai donc noté précieusement tous les petits bonheurs offerts par la douceur de ce début de printemps. Ils sont 18 (pour le moment) et j’espère très fort qu’ils vous feront sourire, vous donneront envie de les goûter à votre tour et celle de partager les vôtres à leur suite. Et si vous souhaitez en lire davantage, je partage mes petits bonheurs au quotidien sur mon compte twitter sous le hashtag #happymomentsMB :)

Découvrir, petit matin et yeux mi-clos, le ciel bleu bleu bleu derrière la fenêtre de la cuisine et sourire en faisant chauffer – rituel immuable – l’eau pour le thé. 

Petit-déjeuner de muffins au citron, de thé earl grey et de yaourt sucré. 

Porter des chaussures en toile qui prendraient l’eau s’il venait à pleuvoir et se couvrent de poussière les jours chauds. 

Manger les premières fraises de l’année – encore un peu clandestines – directement dans leur barquette sur un trottoir ensoleillé 

Recommencer à dire à la moindre occasion : « on y va à pied ? » et renouer avec les longues balades du dimanche après-midi 

Préparer une grande théière de thé vert au melon pour accompagner mes après-midi travaillées. M’adonner à ce doux rituel de trier mes thés par saison pour remettre tout en avant bergamote, thé vert, mangue, melon et ranger vanille, cannelle, pomme, épices, thé noir et marrons glacés. 

Éteindre à nouveau la lumière pendant la journée 

Avoir pour tout parfum de la fleur d’oranger

Changer de trottoir pour celui tout au soleil. 

Dîner d’asperges fraîches, d’oeufs et d’huile d’olive comme dans Mange Prie Aime. 

Programmer une soirée pour re-re-regarder Mange Prie Aime, fenêtres ouvertes et pizzas commandées, entre amies sur mon tout nouveau canapé. 

Fermer les yeux, le sommeil déjà loin, pour imprimer-rattraper les dernières bribes d’un rêve très doux délicieusement écourté par la clarté du matin. 

Ponctuer les trajets quotidiens de lectures qui font grandir (à l’intérieur), de ciel bleu et de soleil qui éclabousse. Courir un peu moins. 

Manger la première glace au yaourt de l’année et instantanément me rappeler pourquoi il s’agit de ma glace préférée. 

Sourire à l’idée d’utiliser pour la première fois le kit à pique nique parfait que nous avons reçu à Noël, premier cadeau commun d’amoureux (nos amis décidément nous connaissent très bien) 

Travailler fenêtre ouverte sur le bruissement joyeux de la rue à nouveau animée de rires d’enfants, conversations enjouées et coups de klaxons appuyés. 

Troquer le jus d’orange des petits déjeuners d’hiver pour de l’eau de coco sucrée. 

Retrouver mon sac en toile beige-marine brodé qui me donne l’impression d’être en vacances d’été

Et vous, quels petits bonheurs accompagnent chez vous le retour du printemps ?

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