Une histoire de maison


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Dimanche. Il est 13h08 et je suis assise dans le train – voiture 16 place 23 côté fenêtre et dans le sens de la marche pour une fois – qui ferme depuis deux heures et presque trente minutes la porte sur les jours passés dans mon ancien chez moi. Quelques larmes – de cette espèce qu’elles s’arrêtent sitôt le paysage redevenu anonyme et sans histoires – ont brillé alors que lentement le quai s’éloignait et les maisons, les rues, les grands bâtiments, le terrain de sport et les immeubles qui jouxtent la voie ferrée défilaient au carreau.

Je n’ai jamais vraiment su m’y prendre avec les au revoir et j’ai abandonné maintenant l’espoir qu’ont porté longtemps les « ça s’améliorera en grandissant ». Il restera toujours un peu – je crois – de cette fillette en moi qui pleurait dans son lit en colonies. Pourtant un cap s’est franchi. Depuis quelques mois, mon déménagement à Paris est bel et bien fini. Il aura fallu plus que des cartons pleins de souvenirs, une inscription à l’Université, une carte de bibliothèque et une autre de cinéma pour que je trouve dans les murs de cet appartement – où je vis pourtant depuis déjà 3 ans – une vraie maison. Pour qu’il y ait plus de moi ici que là-bas. Pour que partir soit plus douloureux que revenir, pour que ma vie me manque entre beaucoup et beaucoup-beaucoup lorsque celui qui la partage n’est pas du voyage.

Ce déménagement du coeur, c’est peut-être ça grandir au fond. Une irruption du choix. Avec qui, comment, où, pourquoi, dans quel ordre, sur quelle voie. Grandir comme un grand chantier dont on reprendrait les rênes une fois les bases solidement posées. Grandir comme la deuxième partie d’un livre dont le début nous a été soufflé et que nous avons désormais la liberté de continuer  exactement de la manière qui nous plaît.

Et vous, votre coeur, il habite où ?

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Apache


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Pour terminer la semaine quelques photos prises par Alexandra, un jour d’hiver où il faisait beau, à l’heure où la lumière flamboie. Des photos de presque Apache des villes – l’air mais pas la chanson dit-on – sans peintures, un peu de mailles, quelques motifs, juste ce qu’il faut pour s’exclamer entre les portants chargés un « Il me le faut ! ». Des photos qui ne mentent pas et ne montre que moi, sans artifices, des photos telles que je les veux ici désormais, celle d’une femme avec tout pareil que vous, vous, vous et vous. Des photos avec lesquelles je suis – enfin ! – en paix.

Beau week-end à tous !

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Pull – Hollister

Jean – Hollister

Converses

Étole Zara

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Des souvenirs et des jours de pluie


Des souvenirs et des jours de pluie - humeurs - brèves - miss blemish

Les jours sont pleins de jeans bleu clair, de gris et de la lumière transparente des jours d’hiver. Je monte l’escalier, première escale devant l’évier. Pieds nus sur le carrelage blanc et froid, la pièce résonne du bruit de la pluie terminant sa course sur le carreau au toit. Frappe à la porte le souvenir des soirs d’été où l’insomnie, le chagrin, une nostalgie m’ont portée jusqu’ici pour écouter le bruit si apaisant de la pluie, regarder le ciel – mauve, orange et noir – se fendre au coeur de l’orage.

Dans la pièce à côté trône la corbeille qui ne se verra confié aucun vêtement en attente d’être lavé, sous peine de se voir – à l’heure des valises – oublié. Première chambre aux meubles de bois clair, deuxième escalier, le bureau des dimanches soirs qui s’escriment avec l’imprimante familiale fatiguée, la salle de bain blanche et grise et tout au fond comme une alcôve l’univers ancien.

Je pousse la porte de la chambre adolescente et trop colorée. Meubles, rideaux, draps et bibelots, les couleurs vives – rouge, orange, jaune, fushia, turquoise, vert acide, bleu nuit, mauve délavé – saturent espace et pensées. Paris, le blanc, le gris – grand calme chromatique de ma maison d’aujourd’hui – l’appartement anonyme qui s’ouvre sur des rues pleines de vie, semblent bien loin d’ici.

Les tiroirs ont été vidés – au fil des années – des menus trésors qu’ils portaient. Dans l’armoire reposent les rares cahiers d’école dont je n’avais pas eu le coeur de me séparer. L’attachement  délavé par les années, usé comme l’encre effacée des cahiers, a laissé toute la place à la tendresse pour l’époque qui s’en est allée. Le merveilleux dérobé avec les grands objets emportés – ceux qu’il semblait alors si important de garder – est maintenant caché dans des détails distillés. Les pochettes cartonnées aux papiers colorés de l’heure où l’on ne savait pas que l’on pouvait choisir feuille à feuille l’assortiment désiré plutôt que de toujours abandonner aux chemises oubliées les couleurs mal aimées, la miniature de lit à baldaquin découpée dans les cartons à jeter, peinte et assemblée pour incarner le coeur de cette chambre idéale imaginée pour un projet d’arts plastiques – faisant fleurir des envies d’avenir de maquettiste – les poupées russes exposées, les photos dans des cadres accrochés, le bruit comme une vague des voitures quittant l’avenue pour le chemin détourné dans le creux duquel la maison de l’avant s’est logée.

Et vous, votre maison d’avant, elle est comment ?

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