Blog et statistiques


Blog et statistiques - Slow blogging - Miss Blemish

Depuis quelques temps, je m’essaie à lâcher la main aux chiffres. Après 7 ans passés à écrire, c’est la première fois que je touche du bout des doigts cette possibilité-là et quoi qu’on en dise parfois avec désinvolture cette affaire-là demande un sacré travail sur soi. Malgré que j’y sois plus confrontée depuis des années que jamais encore auparavant je trouve toujours aussi délicat de parler de chiffres là où depuis toujours j’ai appris à m’en méfier et à questionner la sincérité de ceux qui semblaient trop s’en soucier. Je crois que nous sommes beaucoup à partager cette méfiance-là et à valider les projets entrepris par d’autres à la lumière de leur « gratuité » désintéressée. Pourtant lorsque nous sommes mis face aux chiffres pour nous-mêmes, la donne change. Soudain c’est nous qu’ils jugent et personne n’aimant l’être sévèrement, nous commençons alors à leur porter un tout autre intérêt. C’est là que commence le travail de tri que j’ai entrepris au fil du temps, petit à petit, et dont j’ai envie de vous parler aujourd’hui.

Parce que c’est le domaine dans lequel j’y suis le plus confrontée pour moi-même, je parlerai de ma relation aux chiffres à travers le prisme de mon blog et des réseaux sociaux qui gravitent autour. Car tirées de mon expérience personnelles – celle d’un blog non monétisé, non professionnel et qui a grandi très très progressivement – ces pistes ne résonnerons pas forcément avec toutes les facettes de votre propre rapport aux chiffres mais j’espère qu’elles pourront ouvrir la conversation sur eux et vous inspirer peut-être si vous les questionnez. 

Là où naît l’importance des chiffres

Une importance par habitude

Lorsque l’on tient un blog – et les réseaux sociaux qui gravitent autour – les chiffres sont la note la plus facile à obtenir. Nombres de vues, de « j’aime/like », de coeurs, d’abonnés… chaque plateforme nous propose sa version des chiffres. Et au tout tout début de l’aventure c’est souvent sur cette myriade de notes que l’on se focalise. Je pense que le fait que la valeur de notre travail ait été mesurée tout au long de notre scolarité par des chiffres n’y est pas étrangère, c’est une modalité d’évaluation à laquelle nous sommes tous plus ou moins habitués depuis enfants. Pourtant, Internet ne note pas aussi sûrement que nos professeurs de primaire, collège ou lycée pour lesquels la qualité du travail rendu seule pesait dans la balance au moment de compter nos points. Sur Internet, la qualité du travail fourni et partagé n’est que l’un des nombreux facteurs entrant dans l’équation du nombre qui nous est attribué. Il est donc un marqueur bien moins sûr de ce sur quoi je voulais être rassurée et aiguillée pour progresser : la qualité et l’intérêt de mon travail. 

La recherche d’une validation extérieure

Le fait de m’être lancée sans autres connaissances ou diplômes liés aux métiers du web et de la communication que l’envie de partager mes textes et mon amour pour l’écriture a – j’en suis persuadée – beaucoup influencé ma relation aux chiffres. Parce que j’apprenais seule la photographie, le référencement, des bribes de code, l’art de la communication, du marketing, de la promotion ou de la gestion d’une communauté, j’avais besoin de critères d’évaluation sur lesquels m’appuyer pour me situer et progresser. Les chiffres se sont donc naturellement imposés. Existerait-il un diplôme de blogueur, peut-être serions-nous moins demandeurs de notes pour évaluer notre travail mais n’existant pas encore, il est du ressort de chacun de trouver seul comment avancer et sur quoi s’appuyer pour être guidé. Pour ma part, je sais que mon besoin de réassurance et de validation sont la raison de l’importance que j’ai pu leur accorder par le passé et que je leur accorde encore parfois aujourd’hui.

Dans les générations de blogs actuelles, le marché s’est ouvert sur des blogueurs bien moins autodidactes, diplômés du web, proposant dès leurs premiers pas des blogs complets à l’image des compétences acquises par leur formation. Je ne suis pas sûre que les diplômes puissent tout résoudre de notre avidité de chiffres et de marqueurs ni non plus qu’ils puissent se faire garant du succès espéré par chacun – c’est la beauté et le danger des métiers créatifs de garder toujours une part incontrôlable – mais peut-être peuvent-ils apaiser ce rapport en diminuant le nombre de questions dont nous attendons que les chiffres soient la réponse. J’en fais moi-même l’expérience aujourd’hui arrivée au plateau de connaissances suffisant pour gérer les activités relatives à mon blog : ma dépendance aux chiffres étant en grande partie émotionnelle, je ne ressens plus autant le besoin de m’y référer pour m’aiguiller sur la bonne marche de ces tâches-là. Par l’expérience je sais que ma technique actuelle est efficiente pour moi et par rapport à mes attentes j’ai donc moins besoin de « contrôler que tout va bien ».

Un critère utilisé

Enfin, les chiffres restent un critère de choix pesant dans la balance du crédit qui nous est accordé par notre lectorat comme par les autres blogueurs et des opportunités qui peuvent nous être proposées. Cette importance « sociale » entérine en quelques sortes l’importance du nombre et favorise donc le rapport parfois délétère que nous pouvons avoir avec les chiffres (« puisque tous le monde leur fait confiance et s’y réfère c’est que ce qu’ils disent de mon travail – extrapolation : « de moi » – doit être vrai »). Avec toutes les conséquences négatives que cela peut avoir : mésestime de soi, démotivation, tristesse, rejet, colère… 

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les pistes qui m’aident à faire le tri 

COMPRENDRE COMMENT ILS FONCTIONNENT

Il y a un environ deux ans je crois, j’ai commencé à apprendre les bases du référencement grâce à des articles publiés par d’autres blogueurs. M’appuyant sur leurs conseils, j’ai ajouté à mon tableau de bord wordpress le plugin Yoast Seo permettant de référencer de façon facile et intuitive ses articles en quelques clics. Ce plugin est très bien fait en ce qu’il analyse point par point les éléments entrant en compte dans le référencement d’un article. Ainsi il est assez facile de se familiariser avec eux et de les retenir. Sur plusieurs semaines, je me suis entraînée avec les archives de mon blog, mettant à jour mes anciens articles, supprimant certains issus du basculement de mon ancien blog vers celui-ci ou améliorant ceux qui pouvaient l’être. Pour me détacher des chiffres, je m’y suis en fait totalement plongée ! Prenant le contre pied de toutes les variables sur lesquelles je ne pouvais pas influer, j’ai choisi d’investir du temps et de l’énergie à comprendre et optimiser celles qui pouvaient l’être. Je crois que c’est l’une des démarches les plus libératrice que j’aie pu faire : une fois que l’on sait que l’on fait « ce qu’il faut », que l’on donne toutes les meilleures chances à son travail, les chiffres nous atteignent un peu moins car l’ont sait qu’ils parlent plus de ce que nous ne pouvons pas contrôler que de notre travail pour lui-même. Pouvoir se dire « j’ai fait de mon mieux » même si notre attente n’est pas réalisée est déculpabilisant et redonne finalement de la place au lectorat d’aimer ou de ne pas aimer librement et indépendamment de notre propre jugement. Et cela aide à porter ce que l’on crée comme à le défendre.

Produire un contenu qui me plaît

Réduire l’écart entre ce que je souhaitais produire et ce que je produisais réellement procède du même raisonnement et a été de paire avec toutes les choses que j’ai apprises et que je continue d’apprendre des compétences gravitant autour de l’univers des blogs. La satisfaction-la fierté-l’émotion d’arriver à produire exactement ce que l’on avait en tête sont des sensations absolument géniales et grisantes qui arrivent à mettre à terre n’importe quel chiffre « moyen ». Comme pour tous nos choix personnels, je crois vraiment à l’importance de faire les choses en accord avec soi-même. Ce que l’on construit sur cette base-là s’en trouve bien moins fragile et se fait une bien meilleure base de travail pour avancer, créer, progresser, s’améliorer et apprendre encore. Moins fragile et plus ancrée, les chiffres trouvent bien plus de difficulté à me déboussoler aujourd’hui qu’ils n’en trouvaient hier.

Faire des chiffreS une boussole

Les chiffres peuvent néanmoins être intéressants et nous apprendre des choses si l’on en fait une lecture bienveillante et ciblée. C’est cette lecture que j’apprends à en faire depuis quelques mois. Regarder ses statistiques peut nous en apprendre énormément sur les coulisses des chiffres autour de notre blog et nous aider à redistribuer au mieux nos efforts et notre activité. Identifier les sources principales de trafic de notre blog peut nous permettre de les chouchouter et d’accorder éventuellement plus de temps à la création de contenu dédié, identifier celles qui au contraire semblent moins « marcher » peut être une porte ouverte à tester de nouvelles choses et innover… Mes statistiques ont ainsi perdu leur costume de tyran pour celui de guide bienveillant.

Moins consulter Mes statistiques

Toutes ces étapes m’ont menée à ce résultat : moins consulter mes statistiques. D’espacer ces « contrôles » m’a permis de petit à petit basculer de l’instantanéité qui ne dit pas grand chose sur un blog où ne sont publiés des articles que deux fois par semaine à une vision plus globale et donc bien plus facile à analyser. Plus que tout ça, ce cheminement m’a permis de me détacher émotionnellement des chiffres car je n’attendais d’eux qu’une validation que je trouve désormais ailleurs – par l’accord entre ce que je partage et ce que je veux partager – et autrement – j’en parle un peu plus dans les deux points suivants…

Diversifier Mes pourvoyeurs de notes et Questionner Mes objectifs

Les nombres – marqueurs préférés des statisticiens dits « quantitatifs » donc faciles à mesurer, consigner, analyser – s’ils sont le marqueur le plus facile et visible à obtenir ne sont pas les seuls indicateurs existant sur internet lorsque l’on tient un blog. Il existe en effet tout un univers de marqueurs « qualitatifs » – beaucoup plus difficiles d’accès et d’analyse à grande échelle, d’où leur faible visibilité et mise en avant – quelques exemples dans le domaine du blogging : les échanges créés par un article, une vidéo ou un post ; la bienveillance de ces derniers ; la qualité de la discussion créée (commentaires constructifs ? critiques justes ou insultes ? respect de chacun ?) ; les amitiés nées par l’entremise de son blog ; les opportunités professionnelles ; la qualité et le degré de « chouette » des projets lancés et montés ; … Tous ces marqueurs sont bien moins visibles mais non moins tangibles et souvent porteurs de bien plus de satisfaction et de sourires que ne pourront jamais en donner aucun chiffre. Je vous encourage donc à vous poser cette question : quels sont les retours de votre activité qui vous procurent le plus de satisfaction, de fierté, de joie ? Et de regarder du côté de ceux-ci lorsque vous vous demandez pourquoi vous faites tout ça. 

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pOUR CONCLURE 

J’ai trouvé mon équilibre en prenant conscience que les chiffres étaient un outil pour m’aiguiller, avancer, progresser ; un moyen pour agrandir encore les possibilités d’échange, d’opportunités et de projets à sourires mais qu’ils n’étaient pas une fin en soi. Que c’étaient bien les échanges, les chouettes opportunités et les projets sourires que l’on tremble de joie et au moins autant de peur de saisir qui l’étaient, mon but à moi (à toi aussi ?) et que c’était vers eux – passés et présents – qu’il fallait que je me tourne lorsque je doute. De prendre conscience de tout ça, d’avoir analysé un peu mieux mon rapport aux chiffres, à l’importance que je leur donnais parfois à tort ; d’avoir pris le temps d’identifier ce qui me rendait vraiment heureuse dans cette aventure, mon rapport au blogging a énormément gagné en sérénité et je me sens plus épanouie que jamais dans ce que je fais ici. Si vous traversez une période un peu trouble, je ne peux donc que vous encourager à vous pencher sur les aspects qui vous pèsent dans votre activité – que les chiffres soient ou non concernés – et à vous demander si ces aspects-là sont vraiment la raison pour laquelle vous faites tout ça. Si ce n’est pas le cas alors ils ne devraient pas tenir cette place si importante de « donneur de note » dans votre coeur mais bien à leur place ce qui vous tient vraiment à coeur <3

Et vous, comment vivez vous les chiffres ? Réussissez-vous à les tenir à la juste distance ?

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Magazine | Les Confettis


Magazine | Les Confettis - Culture - Miss Blemish

Au mois de juillet je vous parlais du très chouette premier numéro du magazine Encore et lançait avec lui une rubrique dédiée aux ressources utiles et inspirantes pour entrepreneurs plus comme moins débutants. J’ai été énormément touchée par votre accueil chaleureux et par la discussion qui sous cet article est née. À l’heure où nous sommes de plus en plus nombreux à envisager l’entreprenariat comme la solution pour trouver (créer) le métier qui nous épanouira et nous donnera envie de nous lever le matin tous les matins, j’ai adoré lire toutes vos interrogations, vos pistes et les esquisses de vos projets naissants. Au fil de la discussion vous avez été plusieurs à me parler du magazine Les Confettis. Enfin trouvé il y a deux semaines chez Whsmith à Paris avant un repas entre amis, toute la soirée qui a suivi je n’ai eu qu’une hâte : rentrer pour enfin me plonger dans sa lecture !

J’en ai lu les 200 pages quasiment d’une traite et ma lecture achevée je peux dire que ce premier numéro m’a laissé une impression en demie-teinte qui ne l’a pas hissé au coup de coeur que me laissait présager son sommaire. Étonnée qu’un magazine aussi qualitatif – mise en page, contenu, écriture, photographie – me laisse sur ma faim, j’avais envie de parler avec vous de ce qui dans sa forme m’a empêchée de rentrer vraiment dans son univers et d’entamer une discussion avec vous sur les points sur lesquels il m’a amenée à m’interroger. Je me suis donc frottée au combien difficile exercice d’essayer d’écrire une critique constructive, honnête – n’omettant pas les coins sombres – juste – n’omettant pas les points positifs – et bienveillante – car plus que jamais « la critique est facile, l’art est difficile »… 

J’espère de tout coeur ne pas être maladroite ou dogmatique dans cette critique – j’ai si peu l’habitude de me frotter à cet exercice difficile ! – et que cet article n’entachera pas votre ressenti si vous avez adoré le magazine. Bien au contraire si vous n’êtes pas du tout d’accord avec moi, n’hésitez surtout pas à m’écrire dans les commentaires ce que vous avez pensé des points dont je parle dans l’article, je suis vraiment curieuse de connaître votre avis.

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Magazine | Les Confettis

Toutes les citations présentes dans les paragraphes ci-dessous sont tirées de l’éditorial qui ouvre le magazine

Un très joli objet

Le magazine Les Confettis est un très bel objet. L’intérieur et tout son contenu sont à l’image de sa très jolie couverture : la mise en page, le choix des polices, la qualité du papier comme des photographies en font un objet très agréable à regarder, feuilleter, découvrir et lire. J’ai notamment adoré les pleines pages accordées aux photographies de certains artistes présentés, son format « livre » qui rend son maniement comme son transport faciles ou encore les véritables confettis glissés comme une surprise entre certaines pages. Il rejoint ainsi les rangs des magazines qui perdent par leurs qualités esthétiques l’éphémérité du genre pour prendre une position plus proche de celle des livres. On a envie de le garder après sa lecture dans sa bibliothèque comme de le laisser sur la table basse de son salon. 

UN CONTENU inspirant

Son sommaire me l’avait soufflé en librairie et n’a pas été désavoué par ma lecture, Les Confettis compile une foule d’articles et d’interviews passionnants, inspirants et très bien écrits. Au fil du magazine je me suis ainsi passionnée pour le parcours d’Anna Dawson entrepreneure australienne ayant tout quitté pour réaliser son rêve : vivre à Paris ; pour la philosophie de vie de la directrice de La School of Life parisienne ; pour l’interview sensible de Loulou Robert qui m’a donné envie de lire son livre Bianca qui parle d’adolescence et un peu d’elle aussi entre les lignes. J’ai adoré les interviews colorées très poétiques d’Isabelle et Alexis photographes, d’Emilie qui tient le magazine en ligne si doux Sweet Cabane et d’Aude qui a repris le vignoble de son père. Bonus, j’ai adoré que beaucoup d’articles soient pourvus d’une petite partie « pour aller plus loin » à leur fin pleines de suggestions de lectures et de ressources pour poursuivre nos recherches dans les sujets qu’aborde l’article. Lorsque l’on se plonge dans un sujet nouveau, avoir quelques pistes pour guider nos premiers pas est une aide que je trouve extrêmement précieuse.

Magazine | Les Confettis - Culture - Miss Blemish

mais…

Un contenu (parfois) décousu

Dans l’éditorial, le but du magazine est présenté comme suit : « Les Confettis a tenté de les [les femmes] comprendre et ose réunir dans une publication leurs multiples sources d’intérêt ». Le magazine est ainsi divisé en autant de parties que de lettres dans le mot « confettis » qui toutes sont supposées symboliser une sphère de nos vies (Culture, Originalité, Network, Famille, Entreprise, Tendance, Temps, Invitations, Société). Avec ce nombre très important de rubriques différentes et chacune assez courte, j’ai peiné à identifier un fil éditorial fort pour guider ma lecture. Ce manque de lien permet une lecture à la carte qui si elle est agréable m’a aussi laissé une impression d’artificialité dans le découpage du magazine et l’enchaînement des articles qui ne m’a pas aidée à me passionner pour tous les sujets/articles abordés comme avait réussi à le faire le magazine Encore. J’ai terminé ma lecture avec la sensation d’avoir papillonné d’un sujet à un autre sans qu’aucun ne soit vraiment mis en avant ou exploré plus profondément au fil de plusieurs articles. Or c’est ce que je recherche chez les magazines indépendants. En se donnant le but – dans son éditorial comme dans sa construction – d’explorer toutes les facettes de la féminité moderne (« je souhaite présenter à ma façon ce qui rend les femmes si plurielles, riches et intéressantes »), Les Confettis n’a pour moi pas réussi à éviter l’écueil « catalogue ».

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Un magazine genré

C’est un élément auquel je n’avais jamais prêté attention avant et que la lecture de son éditorial m’a révélé comme une évidence : je ne lis plus aucun magazine ouvertement genré. Tous mes magazines préférés, indépendants comme possédés par de grands groupes, s’adressent à leurs lecteurs indépendamment de leur sexe. Si dans les faits il est probable que nombre d’entre eux n’atteignent pas la parité au sein de leur lectorat, aucun des articles ou des éditoriaux n’est excluant, aucun ne stipulant qu’il s’agit d’un magazine pour « femmes » ou pour « hommes ». 

Mais plus que cela – et c’est d’ailleurs cette dimension sûrement qui a participé à mon malaise – j’ai ressenti l’éditorial comme clivant le groupe auquel il s’adresse (à savoir les femmes) : « Je suis une passionnée de magazines et notamment de presse féminine et j’ai voulu avec cette revue, apporter une contribution nouvelle. Avec néanmoins un parti pris : l’envie de m’adresser à ces femmes que j’admire. Car c’est à travers leurs actes, leurs ambitions, leurs visions que les femmes font bouger les choses, pas autrement ! » ou encore « Vous observez de plus en plus éclore ces femmes qui vont au bout de leurs envies, qui ont plus que jamais, les capacités de se lancer corps et âme dans une aventure. Je suis admirative de ces femmes et ces pages sont faites pour elles ». Cette adresse aussi spécifique que floue et subjective m’a mise mal à l’aise. Nous sommes habitués à une communication qui se positionne sur l’axe « Venez comme vous êtes » de McDonald et ce parti pris de spécifier qui était le public attendu du magazine m’a déboussolée. Comment savoir si j’étais bien, en tant que lectrice, une de ces femmes auquel le magazine voulait s’adresser ?

Alors bien que s’en défendant « Parce qu’aucune femme ne peut résolument se retrouver dans un idéaltype de la femme parfaite » tous ces éléments m’ont donné le sentiment que loin de révolutionner le genre du magazine féminin Les Confettis abandonnait les impératifs « classiques » du genre pour mieux en imposer d’autres au lieu d’opérer une vraie libération de ton. Celle d’être une femme active qui se réalise professionnellement et personnellement sans négliger sa vie de famille. Et si je n’ai absolument rien contre ces objectifs de vie-là dans lesquels je peux même parfois arriver à me projeter, je pense que cela n’englobe pas toutes nos réalités aussi bien factuelles qu’espérées. Que toutes nous ne poursuivons pas cet idéal-là précisément mais que pourtant le contenu de ce magazine pouvait nous intéresser tout autant à travers les portraits variés et les mises en lumière de parcours atypiques, classiques, étirés, passionnés, ponctués de doutes-échecs-succès qu’il partage. Qu’il y a une différence à encourager chacun(e) à se réaliser selon ses souhaits sans préjuger de ce qu’ils sont ou devraient être et les spécifier précisément quitte à nier parfois la pluralité que peut recouvrir « se réaliser » selon les parcours de vie et la personnalité de chacun(e). Et plus encore, que ce magazine pouvait intéresser aussi des hommes, des personnes agenres, des personnes transexuelles. Bref. Tout le monde (mais c’est un autre débat).

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Pour conclure…

Vous l’avez compris mon avis est mitigé. Pourtant les raisons de cette impression en demie teinte me semblent très personnelles – il est probable que vous n’ayez absolument pas ressenti les choses comme moi ! – et toutes entres elles liées à l’éditorial qui a mis des filtres sur ma lecture. Il n’en reste pas moins que le contenu, lui, est plus qu’à la hauteur d’un magazine papier.

Si vous l’avez lu, je serai donc très heureuse de connaître le ressenti que vous a laissée votre lecture et si ce n’est pas le cas si le genre de choses qui ont empêché le coup de coeur d’opérer pour moi auraient été susceptibles d’en faire de même pour vous. Ou si au contraire, cette approche vous plaît.

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alors verdict, Pour une première « vraie » critique, m’en suis-je bien sortie ?

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3 mois


3 mois - Relation à distance - Miss Blemish

Y.,

Mardi matin, j’ai ouvert les volets sur la lumière grise des jours de pluie. La température était douce et pourtant tout l’appartement murmurait l’automne. M’ont alors frappée l’un après l’autre la nostalgie de nos deux automnes partagés – cette période que tous nos bons moments m’ont appris à aimer – et la certitude que tout ce que je nous souhaite arriverais. Aussi fugace et étrange que fut cette éclaircie marquée d’une inconditionnelle confiance en Nous – sitôt suivie de celle que probablement rien de ce que je me projette sans cesse dans ma tête pour nos demains ne ressemblera à ce qu’ils seront vraiment, on change tellement ! – ce fut comme si soudain j’étais soulagée d’un poids que je ne me savais pas porter jusque-là. Dans cette capitulation, ce « tout ira bien » murmuré de moi à moi avec une aveugle conviction, j’ai réalisé un peu plus tard qu’il n’était pas tant question des détails de notre futur salon – le canapé gris chiné, le parquet clair-brut-non traité, la luminosité, les murs blancs, les meubles en bois beige-doux – que de la fin face à mes pieds de la zone de test présente à chaque bouleversement de la vie, enfin franchie. Comme si ces trois premiers mois me murmuraient « respire, l’orage est passé » et moi de découvrir que je les avais passés pour une bonne part en apnée, mes « on verra bien » en rempart très haut pour ne pas tomber.

De ces 3 mois écoulés je garde le décompte des jours patient, nos instants partagés écourtés, les petits mots qui s’envolent, apaisent, consolent et disent l’amour partagé sans la retenue qui nous bride si souvent de dire aux gens qu’on aime combien – oh vraiment – on les aime. Comme on se sait chanceux, fiers et heureux de les aimer comme d’être aimés par eux. Comme parfois à l’intérieur tout se tord jusqu’à porter les larmes à nos yeux. S’il est une chance que je veux garder de ces mois séparés c’est bien celle-ci, ce savoir si particulier d’exprimer tout en entier et sans trembler ce qui se cache derrière les « je t’aime » murmurés, tous nos « il/elle le sait bien » abandonnés.

De ces 3 mois je garde aussi les dimanches après la mer, les retrouvailles sur les quais, l’attente qui me trouve toujours trépignante-impatiente-effrayée qu’un impair viennent à tout chambouler ou que je ne sache pas suffisamment profiter du peu de temps qui nous est accordé. Je garde les grimaces que tu m’envoies les soirs où tu comprends tout bas que je peine à sourire sans toi, mes céréales préférées – seulement vendues aux Pays bas – ramenées par lots de trois et nos livres échangés avec toujours en prescription nos « c’est sûr il va te plaire celui-là ». Je garde tous ces gestes, ces petits mots, ces attentions qui ont fait naître une toute nouvelle manière de vivre et dire notre complicité malgré les kilomètres. Tous ces petits riens qui représentent tellement, tellement pour moi. 

Et toi comment tu vas ?

L'Institut de Bonté - un café ensoleillé à Paris - Lifestyle - Miss Blemish

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