Miss Blemish

Un zèbre blanc

25 . 08 . 14

Un zèbre blanc 1

Photos par Alexandra B.

Un vent de rentrée souffle sur ces dernières semaines encore entrecoupées de réminiscences d'été à grand renfort de tomates cerises, melon, ballades nocturnes ou matinales, rendez-vous au coin d'une rue ou au bas d'un immeuble. D'autres plaisirs viennent frapper au carreau. Plaisirs tous simples et cependant oubliés, remisés, laissés à des demains chimériques. Le plaisir du matin, par exemple, retrouvé au croisement d'une obligation. Mercredi dernier, une prise de sang me tirait du lit aux aurores loin des demies-grasses matinées qui ont vu s'envoler les premières heures de beaucoup de journées de cet été. Marcher dans Paris le matin, et en août de surcroît, a ce je ne sais quoi qui vous fait sentir que vous vivez un moment privilégié. C'est une heure qui n'appartient encore qu'à quelques agents de la mairie, livreurs et autres artisans préparant les munitions pour le coup de feu du départ des travailleurs. Et le ciel rosissant de l'aurore vaut tous les bleus parfaits des neuf heures claires éblouies d'un soleil déjà haut. Cet entracte m'a fait réaliser que, définitivement, j'étais du matin. Même cernés. Et je parle de ça en vous montrant des photos prises en plein après-midi d'une journée très chaude...

En boucle : la BO de New York Melody, le film qui m'a le plus séduite cet été au cinéma - les chansons aigres-douces de Luluc, parfait fond sonore pour écrire ou accompagner une journée grise passée à la maison.

Sur ma table de nuit : Mille jours en Toscane de Marlena de Blasi qui n'en finit pas de m'enchanter et dont les dernières pages pointes (déjà) le bout de leur nez. Ses deux autres volets seront mes prochains achats ( Mille jours à Venise - Un palais à Orvieto).

Ce doux et progressif retour des impératifs au quotidien apporte son cortège de "cette année je ferais comme ceci, comme cela". Ces quelques semaines volées à la moitié de ma fin de vacances comme une mise à l'essai de toutes ces pistes qui se dessinent et se dégagent pour mieux faire encore cette année que la précédente. Sûrement illusoires, j'ai envie pourtant de donner à ces espoirs de mieux la chance de faire leurs preuves. Quelques ajustements, le retour aux méthodes qui ont fait leurs preuves de par le passé maintenant que cours et moi nous sommes réconciliés, les fantômes de la première année envolés, un rien (euphémisme indécent) d'organisation... Même perdus d'avance, j'aime que ces espoirs soient toujours au rendez-vous, d'année en année. Le signe que les armes n'ont pas été rendues. Alors début septembre devrait voir fleurir quelques articles par ici d'idées, astuces, conseils, DIY et jolies choses pour se faciliter la vie au quotidien que vous travailliez de chez vous ou en bureaux.

Pour revenir rapidement sur ces photos, je porte une robe de la collection Taroudant de Sezane. Cet imprimé "zèbre blanc" en dentelle brodée m'a complètement séduite (et fait craquer pour une petite veste bleue marine du même motif). Très jolies, les robes dans cette coupe chez Sézane (même coupe que ma robe zébrée que vous avez pu voir ici) ont l'inconvénient, pour moi, d'être trop courtes. Ce sont des robes pour soirées cocktails/vernissages où vous n'aurez pas à vous asseoir, à lever les bras pour récupérer un carton sur la plus haute des étagères, chercher un stylo logé sous votre bureau, courir après un métro... moi qui suis toujours en mouvement, je suis très peu à l'aise lorsque je les porte. Je les réserve donc désormais aux dîners !

Belle journée à tous !

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Robe - Sézane

Sac - Kesslord

Vernis - OPI Miami Beet

Rouge à lèvre - ModelCo "Dusk till dawn"

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The Perfect Pancakes

18 . 08 . 14

Perfect pancakes

De mes voyages j’essaie toujours de rapporter un livre compilant les recettes incontournables du pays qui m’accueille. Cela adoucit mes retours de savoir qu’au creux des bagages je rapporte un peu d’ailleurs, ce peu qui me permettra les jours où l’envie viendra frapper au carreau, de ramener ce petit rien de vacances jusque chez moi. Quelques épices, une poêle bien chaude, souvent il n’en faut pas bien plus.

Je suis partie à New York avec mes parents et mon frère lorsque j’étais encore au lycée. Tous les matins, nous descendions sur Manhattan avenue, coupions à travers les gratte-ciel et rejoignons le petit café-restaurant, Penelope. Murs blancs recouverts de lambris peint, touches bleu ciel, bois d’un brun chaud, ciré et luisant, ventilateurs couleur chocolat et tout au fond un court bar où il semblait toujours y avoir des verres à essuyer ou à remplir de jus d’orange. Assis aux tables, des habitués, les gens du quartier. Dans cette ambiance conviviale et joyeuse où les travailleurs solitaires côtoyaient les amies déjeunant avant de commencer leur journée ou les familles aux petits enfants pépiant, j’ai goûté aux meilleurs petits déjeuners dont il m’ait été donné de me régaler. Des gaufres épaisses à la purée de courge que nous avons plusieurs matins hésité à goûter avant de nous lancer (et combien avons-nous eu raison de le faire !) : loin d’avoir le goût de la courge tel que nous la connaissons – salée et en gratin – elle donne à ces gaufres leur couleur et leur moelleux. Saupoudrées de noix de pécan et de cranberries séchées avant d’être copieusement arrosées de sirop d’érable, l’accord des différentes saveurs touchait à la perfection. Des pancakes parfaitement ronds, justes dorés à la mie moelleuse avec un soupçon de sucre glace et quelques fruits frais – fraises, blueberries et melon d’eau. De gros muffins débordant de leur corset de papier, des toasts fourrés de Nutella et revenus à la poêle, dégoulinant de chocolat au moindre assaut du couteau…

Depuis, trouver la parfaite combinaison pour des pancakes « comme chez Penelope » est devenue la quête de nombreux dimanches matins. Et c’est finalement ma toute dernière tentative « sans gluten » qui m’a permis de trouver le parfait équilibre pour retrouver les pancakes à l’arrondi parfait qui dorent juste ce qu’il faut et reproduisent dans la poêle lors de leur cuisson, exactement ce qui est écrit dans mon livre de recettes - Breakfast par Williams-Sonoma.

Le secret ? La farine de riz.

Perfect pancakes 2

Recette des Perfect Pancakes (just like in USA)

313 g de farine de riz

1 pincée de sel

2 c.à.s de sucre en poudre

1 sachet de levure chimique

430 ml de lait

20 g de beurre fondu

2 œufs légèrement battus 

Perfect pancakes 3

Mélanger tous les ingrédients secs dans un saladier. Creuser une fontaine.

Dans un bol, verser le lait et le beurre coupé en dés. Passer au microonde pour faire fondre le beurre dans le lait. Verser le mélange au creux de la fontaine.

Ajouter les deux œufs légèrement battus (deux coups de fourchette).

A l’aide d’un fouet, mélanger jusqu’à ce que toute la farine soit incorporée et arrêter de mélanger immédiatement. La pâte doit rester grumeleuse.

Faire chauffer une poêle sur feu doux, verser une petite louche de pâte. La laisser s’étaler, elle formera naturellement un cercle.

Des bulles se forment à la surface du pancake, lorsqu’elles commencent à éclore c’est qu’il est temps de retourner le pancake.

Saupoudrer de sucre glace et déguster avec du sirop d’érable, des noix, de la confiture, un yaourt, du chocolat…

Ma combinaison préférée : juste du sirop d’érable. La simplicité a parfois du bon.

Perfect pancakes 4

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Les sourires (presque) de la semaine #39

13 . 08 . 14

large (70)

Il pleut. L'eau cogne d'un goutte à goutte asynchrone contre le carreau de la vitre et la rambarde de fer noire. Par la fenêtre qu'aucun volet ne protège encore, entrent les dernière bribes d'une lumière rendue grise par l'épaisse chape de nuages qui couvre la capitale de son fin manteau. Les bruits de la rue nous parviennent assourdis, quelques enfants crient quelque part au loin. À côté de moi il dort et somnole tour à tour, nos corps fatigués sous les draps blancs d'une ballade sur les chemins de graviers et de terre du château de Versailles. Je me réveille et allume l'halogène pour conjurer tout ce gris qui s'est immiscé avec le mauvais temps dans la chambre. Parfois il se tourne et vient se blottir contre moi, pose un baiser sur mon bras et se rendort, son visage enfoui dans le creux de mon coude. Je reprends mon livre là où je l'avais laissé avant ma courte sieste. Les premières gouttes de pluie sont venues à bout de nos projets pour la soirée. Le petit cinéma d'art et d'essai attendra une petite journée encore, au moins. Deux averses dans une journée, c'est bien suffisant. Je me prends soudain à espérer une courte accalmie, une éclaircie pour aller marcher un peu sur les quais, plus tard. Nous verrons bien. Je réarrange les oreillers pour m'y adosser confortablement. C'est toujours toute une aventure que de réussir ce petit prodige-là : s'installer agréablement, ni trop haut, ni trop bas, trouver le juste équilibre pour ne pas voir glisser le lit loin de son appui, caler reins et nuque sans faire de jaloux... Les mots Toscans de Marlena de Blasi me prennent par la main et m'emportent à nouveau avec eux sur les routes chaudes et poussiéreuses de l'Italie. Je suis là-bas tout en étant ici où il fait gris.

*

Prendre un plan pour abandonner le métro et découvrir les rues qui se cachent derrière toutes ces correspondances fantômes où jamais je n'ai pris le temps de m'arrêter. Flâner d'un quartier à l'autre et rejoindre le jardin du Luxembourg.

Sur un banc à l'ombre, un gobelet de citronnade posé sur le bois peint, lire jusqu'à ce que la fraîcheur viennent faire naître quelques frissons. Délaisser ce banc-ci à l'ombre des tilleuls pour celui qui lézarde au soleil depuis quelques heures déjà.

Ce couple d'amoureux, sans doute lycéens, elle assise sur ses genoux, ne pouvant dire trois mots sans succomber à la tentation d'un baiser.

Préparer un repas à quatre mains. Montrer, faire, raconter des anecdotes dont on ne se rappelait plus jusqu'à ce qu'elles franchissent nos lèvres.

Croquer dans une pêche au milieu de l'après-midi, sitôt les courses rangées bien au frais.

Retourner subrepticement dans la cuisine, soulever délicatement l'aluminium, trancher une fine part dans l'épais moelleux au chocolat, repartir en sifflotant, des miettes sur les lèvres. Répéter l'opération trois fois.

Retrouver ce plaisir d'avoir un livre qui vous attend pour chaque petit moment en suspens du quotidien.

Les pains au lait de nos quatre heures d'enfants au petit déjeuner, ouverts en deux et garnis de confiture de framboise.

À l'angle du chemin de poussière et de graviers, découvrir enfin le jardin du château de Versailles. S'asseoir sur les bancs de marbre, marcher dans les allées bordées d'arbres, se réfugier d'une averse sous leur épais feuillage, regarder les barques dériver sur le grand bassin où elles dansaient.

Boyhood - un joli film dont toute la magie réside dans le fait de voir grandir ses acteurs au fil des plans. Tourné sur une dizaine d'années, il offre une belle fresque des bouleversements qui nous mènent de l'enfance au monde des adultes. J'en ai adoré la fin, les derniers échanges avec sa maman, son papa puis cette balade comme une belle envolée, un regard tourné vers l'avenir. Positif, profond et honnête, un film dont on sort avec le sourire et ce petit je ne sais quoi de mélancolie.

Se donner rendez-vous quelque part.

S'endormir sur les draps, ma tête sur sa poitrine et son bras autour de moi, la fenêtre ouverte sur la fraîcheur d'une journée volée à l'été, empruntée à l'automne.

Fou rire nerveux autour des platelés de makis servies dans ce japonais à volonté (Okito - métro Bir Hakeim - formule à volonté 13€ midi/18€ soir - pas le restaurant du siècle mais tout est fait au fur et à mesure ce qui est un vrai plus dans un restaurant à volonté). Passer une bonne soirée entre récits de stages, souvenirs de voyage et projets pour l'avenir.

Voir s'immiscer l'esprit de la rentrée, un brin tôt, avec ses envies d'organisation, de "cette année hein, on ne se laisse pas déborder" (en médecine, quelle blague !).

Réserver nos billets de train un dimanche soir au comptoir de la gare pour un week-end prolongé à deux.

"Tu crois que le train part dans ce sens-ci ou dans ce sens-là ?"

Longue ballade dans les rues parisiennes un samedi soir au ciel clair. Flâner de l'hôtel de ville au Marais jusqu'à Bastille. Rejoindre le Louvre en metro. Déambuler dans la fête foraine des tuileries et réussir ce menu exploit de ne succomber à aucune de ses tentations sucrées. Découvrir la place de la Concorde de nuit, toujours aussi belle malgré les quelques travaux qui la barrent de-ci de-là. Remonter jusqu'à La Madeleine et apercevoir au loin ce bâtiment dont on ignore tout. "On y va ?" - découvrir une église, Saint (...). Terminer notre périple par une dernière échappée jusqu'à l'arc de triomphe. Admirer la beauté de sa dentelle de pierre dans la lumière orangée des éclairages nocturnes parisiens.

Se lever à pas de loup pour préparer les pancakes du dimanche matin (dont j'ai trouvé la combinaison ultime que je vous livre bientôt). La journée est toujours plus belle lorsqu'elle commence avec quelques notes de sirop d'érable.

Découvrir, lassée des distances aléatoires comptabilisées par les applications de course à pied, que ma boucle fait en réalité 4,1km.

Cette bonne idée des restaurants Moutarde Street de ne pas proposer en tous points la même carte dans leurs différents restaurants parisiens. Rassurez-vous, les gaufres nutella-chantilly sont une constante.

Redécouvrir la fatigue qui vous assaille après quelques heures passées dans une piscine, son corps comme libéré de toute pesanteur, détendu. 

Le planétarium du futuroscope et la danse de la Voie Lactée et d'Andromède qui un jour sûrement les réunira pour ne former plus qu'une gigantesque galaxie. 

L'odeur des laits pour le corps Philosophy.

Des tartines plein la table, recouvertes de confiture de prunes du jardin de mon oncle confectionnées il y a de ça déjà deux étés. Toutes ces menues attention qui ne sont "rien" et qui pourtant sont tout. 

Don't let dreams always be dreams - ce menu carton a retrouvé sa place au pied de l'écran de mon ordinateur, et chaque jour il me rappelle de pagayer dans la bonne direction. Un jour après l'autre, un pas après l'autre, petit caillou par petit caillou.

Profiter des soirées grises pour voir tous ces films que l'on a manqué cette année au cinéma et tous ces grands classiques qu'il nous reste encore à découvrir.

Se balader dans les rues clairsemées de taches de soleil de son peut-être futur quartier. Imaginer les soirées dans le bar qui fait l'angle, les crêpes achetées au petit vendeur un peu plus loin en rentrant d'une longue journée, les viennoiseries des dimanches matins de rois... s'imaginer ici comme dans tous les autres quartiers qui tour à tour défilent au gré des visites. Avoir un coup de coeur. Croiser les doigts. Attendre la réponse. Demain.

Cette jolie vidéo signée Gia Coppola - What's up 

S'asperger d'eau fraîche en rentrant du footing matinal puis glisser sous l'eau à peine tiède après quelques étirements. Goûter à la saveur particulière que revêtent les journées lorsqu'elles commencent ainsi.

Du melon, des tomates, un peu de charcuterie, du fromage de chèvre, du rosé frais et des amis.

Faire le même rêve. La même nuit. 

 

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