Les Boréales – Yellow Sunshine : Le cheesecake d’été au citron


Les Boréales - Yellow Sunshine : Le cheesecake d'été au citron - Cuisine - Recette - Miss Blemish

Deux ans. J’ai le visage rond, un carré court et blond, un sourire d’enfant et cette intonation touchante que l’on connaît aux tous petits qui n’ont pas encore choisi entre mots d’adultes et gazouillis. Je ne sais pas encore bien souffler les bougies, ma bouche fait des bulles et l’on dirait plus que j’essaye d’amuser un plus petit encore que moi que de faire vaciller jusqu’à flancher les minces flammes dansantes que je regarde comme une énigme – intriguée et émerveillée. Mon père dont seule la voix a été sauvée sur la bande rit d’un « heureusement que l’on a pris des petites pièces ». Pourtant, sur leurs gâteaux aussi – à papa, à maman – il y a des bougies qu’ils me laisseront tenter jusqu’au succès de souffler.

Le gâteau d’anniversaire a toujours eu cette importance particulière. Il a connu bien des cycles, des répétitions et des fixettes aux faux airs d’évidence comme si en changer eu été trahir une vérité. Ses transitions – abandonnant l’un, adoptant l’autre – ont toujours coïncidé avec un déménagement. Comme la nécessité de faire évoluer ces rituels, cette joyeuse routine, auxquels petite j’étais tant attachée. Le temps a apporté cette confiance, ce goût pour la nouveauté, cette capacité au « oui » fermant la porte au « non » peureux, mais à l’heure où ce gâteau prend toute la place, il n’en était pas ainsi et peut-être étais-ce ce qui me raccrochait le plus à mon âge et à l’enfance ce besoin de repères stables – jusqu’au gâteau d’anniversaire – autour desquels grandir et évoluer, sans souci de savoir si mon socle pourrait se voir détruit, changé.

Alors aujourd’hui je vous livre la recette de mes anniversaires des années parfumées et ensoleillées du sud, un cheesecake au citron, qui aussi simple soit-il à cuisiner reste – indétrônable – l’un de mes desserts préférés.

Les Boréales - Yellow Sunshine : Le cheesecake d'été au citron - Cuisine - Recette - Miss Blemish

Ce cheesecake, c’est bien simple, c’est un amour de cheesecake. Un pas bien comme les New-Yorkais, un dont la crème ne s’effrite pas ni ne colle à la cuillère à chaque bouchée. Celui-ci, c’est un cheesecake d’été. Il se mange frais et fond dans la bouche, il est léger, sucré et acidulé. Et ça a toujours un petit goût d’avant à la première bouchée.

Les Boréales - Yellow Sunshine : Le cheesecake d'été au citron - Cuisine - Recette - Miss Blemish

Ingrédients

200g de biscuits thé
75g de beurre doux
3 beaux citrons (non traités de préférence)
400g de faisselle Rians
200g de lait concentré sucré
3 feuilles de gélatine

Les Boréales - Yellow Sunshine : Le cheesecake d'été au citron - Cuisine - Recette - Miss Blemish

Préparation

1. Écrasez finement les biscuits thé et mélangez les au beurre légèrement fondu.

2. Tassez le mélange aux biscuits dans le fond du moule avec le fond d’un verre.

3. Faites ramollir la gélatine dans un grand bol d’eau.

4. Lavez et brossez les citrons puis récupérez leurs zestes puis leur jus. 

5. Faites chauffez le jus des citrons.

6. Essorez la gélatine puis plongez la dans le jus de citron bouillant. Mélangez énergiquement puis laisser tiédir.

7. Fouettez énergiquement la faisselle Rians puis ajoutez le zeste et le jus des citrons.

8. Incorporez le lait concentré sans arrêter de mélanger.

9. Versez le tout dans le moule contenant les biscuits thé et réservez au réfrigérateur 12h.

10. Décorez votre gâteau de fines tranches de citron.

Les Boréales - Yellow Sunshine : Le cheesecake d'été au citron - Cuisine - Recette - Miss Blemish

Vous pouvez le servir seul ou avec une ribambelle de fruits frais – j’adore lui associer mangue et framboises – ou encore un coulis de fruits rouges.

J’espère que vous vous régalerez !

Les Boréales - Yellow Sunshine : Le cheesecake d'été au citron - Cuisine - Recette - Miss Blemish

* Je ne comprenais pas bien pourquoi, dès l’instant où j’avais arrêté mon choix sur ce gâteau qui nous a tant régalés enfants – pour ma recette jaune – c’est une mise en scène avec un cactus qui a immédiatement flashé. Et puis aujourd’hui, en faisant la vaisselle – haut lieu de réflexion ex-aequo avec le brossage de dents – j’ai compris : citron-sel-téquila. Et téquila = cactus. Les détours qu’aime à prendre mon cerveau me laissent parfois dubitative et ébahie.

Et vous, quels ont été vos gâteaux d’anniversaire préférés ?

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Les Boréales – Yellow Sunshine : Des fleurs jusque sur les murs


Yellow sunshine boréales guirlande fleurs tissu - DIY - Miss Blemish

Ces premiers jours de printemps au soleil encore hésitant ont fait naître des envies de lumière qui inonde, de fêtes et de fenêtres grandes ouvertes sur les jardins comme sur la ville. Il faut croire que notre instinct avait déjà tout deviné au creux de l’hiver de l’enthousiasme et des envies que feraient naître ce retour des journées douces qui s’étirent après le gris. Alors – car non, non, non il n’était pas question de succomber à la morosité des jours à sol détrempé – pour cette deuxième édition des Boréales, c’est le jaune que nous avons décidé de mettre à l’honneur. Un jaune pétillant et éclatant qui prépare en douceur l’arrivée du printemps pour un Yellow Sunshine que l’on espère joyeux, doux, frais et – surtout ! – inspirant.

Pour ouvrir cette semaine colorée, je vous propose de réaliser une fine guirlande de fleurs jaunes et blanches – en tissu ou en papier – une guirlande qui murmure qu’une fête se prépare jusque sur les murs comme une manière de laisser entrer un peu de ce printemps fantasmé, plein de cheveux lâchés dansant au gré du vent et de fleurs perdues entre deux mèches mordorées.

Yellow sunshine boréales guirlande fleurs tissu 4

C’est la version tissu de ces jolies fleurs que je vous explique comment réaliser pas à pas ci-dessous. Il s’agit de l’adaptation d’un DIY proposé il y a quelques mois par Jessica de Dolly Jessy. Comme j’imaginais cette guirlande en élément décoratif, je voulais quelque chose d’un peu plus durable que le papier. Le tissu modifie un peu leur aspect, elles sont plus rondes et volumineuses, moins fripées tout en gardant le flou et les ondulations qui les rendent si jolies.

- Pour la version papier vous pouvez retrouver toutes les explications de Jessica en vidéo par ici.-

Yellow sunshine boréales guirlande fleurs tissu 9

Guirlande de fleurs en tissu

1 pan de voile de coton fin blanc – pour 22 fleurs compter un rectangle de 2m5 sur 1m
1 pan de voile de coton fin jaune
1 feuille de papier cartonné (type canson)
1 crayon à papier
1 paire de ciseaux
De la ficelle fine
Teinture jaune (si vous avez du tissu blanc)

Note : une fois la technique acquise, la réalisation d’une fleur en tissu prend un peu moins de 10 minutes 

Yellow sunshine boréales guirlande fleurs tissu - DIY - Miss Blemish

1. Découpez dans la feuille cartonnée un carré de 21×21 cm

2. Reportez à l’aide du crayon à papier la forme sur le tissu jusqu’à ce que vous ayez assez de carrés pour faire le nombre de fleurs que vous souhaitez. Découpez soigneusement  vos carrés.

N.B : 1 fleur en tissu = 3 carrés de 21x21cm

3. Prenez 3 carrés de tissus et pliez les chacun en deux séparément.

4. Empilez-les les uns sur les autres puis pliez les en accordéon

5. Une fois le pli de l’accordéon bien marqué, récupérez le carré plié du dessus. Reformez l’accordéon et coupez chacune de ses extrémités de arc de cercle. Procédez de même avec les deux autres.

Yellow sunshine boréales guirlande fleurs tissu - DIY - Miss Blemish

6. Une fois les extrémités des trois carrés coupés, reformez l’accordéon avec les trois. Découpez un petit ruban de tissu assorti à la couleur de votre fleur dans les chutes de tissu et un morceau de ficelle. Glissez la ficelle autour de votre accordéon au niveau de sa moitié puis votre ruban sous la ficelle avant de serrer fortement pour faire un nœud.

7. Effeuillez le tissu, couche par couche, en prenant bien soin de le faire des deux côtés avant de passer à la couche du dessous. Faire les deux côtés en même temps permet d’avoir des fleurs plus équilibrées.

8. Une fois toutes les fleurs réalisées, positionnez-les sur une ficelle longue et nouez les rubans attachés à chacune pour les maintenir en place.

Votre guirlande est prête pour le printemps !

Yellow sunshine boréales guirlande fleurs tissu - DIY - Miss Blemish

Installation  

Les fleurs étant lourdes, il faut les fixer une à une au mur selon le motif souhaité. J’ai utilisé du scotch double face – deux morceaux par fleur. Mais vous pouvez également utiliser des punaises, de la pâte à fixe voire même de la colle – selon la nature du support sur laquelle vous la fixez. Le scotch double face reste à mon sens le plus respectueux d’un mur d’habitation.

Yellow sunshine boréales guirlande fleurs tissu - DIY - Miss Blemish

J’espère que ce DIY vous a plu ! Rendez-vous demain chez Caroline pour un article pétillant !

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Des mots, des retrouvailles et du temps qui passe


Des mots, des retrouvailles et du temps qui passe - nouvelle - les jolies plumes - Miss Blemish

C’est devenu plus compliqué, ces temps-ci, de coucher ce genre de mots sur le papier. Des mots de fiction, des mots qui racontent une histoire, des mots à rêver. Je m’y exerce toujours, tous les jeudis soirs – les jeudis de bagels et de recettes éclair – pourtant je le sens, mes idées, cette envie, ce mouvement vers la création a besoin de retrouver ses marques et son élan. Car des histoires, j’en entends tant et tant, chaque jour, de toutes ces personnes que je croise pourtant si peu de temps, que c’est comme s’il n’y avait plus tout a fait la place d’en mettre davantage et pire ! d’en inventer là où il en a déjà tellement qui se racontent et s’écrivent. Alors avec Les jolies plumes je m’y remets. Et trouver une aide dans un projet créé il y a bientôt un an à quatre mains avec mon amie Fabienne, je trouve cela plein d’espoir. « L’Homme construit à se détruire », c’est ce qu’affirmait cet homme, assis sur le banc face à nous hier à l’heure des pommes qui craquent et du café. Et si au fond de moi je sens qu’il a raison, peut être est-il pourtant des fois où l’Homme construit les repères qui le guideront quand l’avenir se fera un peu moins clair.

Le thème de ce mois-ci était « Les retrouvailles ». Alors je vous laisse, avec elle, avec lui, en espérant réussir à vous prendre par la main pour vous guider jusqu’à eux, dans leurs doutes, dans leurs peines et surtout dans leurs joies.

*

Elle

Je jette un rapide coup d’œil à ma montre alors que je franchis la porte du café, légèrement essoufflée. Je me rends compte avec soulagement que je suis en avance. Je choisis l’une des tables collées à la fenêtre, celle du fond. J’enlève mon manteau, pose mon sac et m’assoit. Au-dessus des banquettes brunes en cuir matelassé des miroirs accrochés encadrent la pièce en un long bandeau. Je m’aperçois dans ceux accrochés au mur face à la large vitrine. J’ai les joues rougies, les yeux brillants et quelques petits cheveux que je viens rapidement coiffer se sont collés à mon front. L’air est saturé des arômes chauds et mêlés de poussière et de café. Il y a quelque chose d’apaisant dans ces bruits et parfums familiers. 19H20. Il me reste encore quelques minutes pour retrouver un rythme apaisé pour respirer. Un homme est accoudé au bar, il me regarde. Il semble triste lui aussi.

« Vous désirez boire quelque chose Madame ? me demande le serveur au tablier blanc taché, interrompant le fil de mes pensées. 

- J’attends quelqu’un… je préfère l’attendre pour commander. »

Il me sourit ce à quoi mes lèvres esquissent une pâle réplique. On ne m’appelait pas Madame avant.

C’est la première fois que je le reverrai. J’ai les mains moites et le souffle coupé à cette seule idée. Dans quelques minutes il franchira cette porte et sera face à moi. Peut-être même le verrais-je arriver dès qu’il sera sorti de l’ombre dans laquelle l’immeuble vole à nos regards une partie de la rue. Je peux sentir mon ventre, ma gorge, mon corps tout entier se nouer, se liquéfier dans la peur de ne plus jamais réussir à être une femme qu’il puisse aimer. Car je sais que je ne redeviendrais jamais celle que j’étais. Mais pourrait-il aimer celle que je suis aujourd’hui ? De peur de manquer ma chance en la précipitant il me faut agripper mes doigts, fort, au rebord de la banquette pour ne pas céder à la tentation de m’échapper. Mais l’envie – le besoin – de le revoir est plus forte encore alors je reste assise le dos bien droit, les yeux perdus dans la danse des barmen qui s’activent de l’autre côté du comptoir. Et soudain, la cloche de la porte d’entrée tinte de ce bruit familier commun à tous les cafés et il est là et au premier regard il me voit.

Il me reconnaît, sans hésiter.

Il rejoint la table, rapidement et arrivé devant, il marque un arrêt, interrompt son mouvement. Je me lève doucement.

« Bonjour Elise »

« Bonjour Mathieu »

Je me glisse hors de la prise de la table et lentement je m’approche et le prend dans mes bras. Délicatement, il enroule les siens autour de moi et embrasse tendrement mes cheveux. Il ne me serre pas et après ce qu’il faut d’instants de sa chaleur, de son parfum, je me détache et recule d’un pas. Je le regarde et lui aussi. Cela me semble durer longtemps, le temps suspendu.

« On s’asseoit ? »

J’acquiesce

« Tu vas bien ?

- Je vais mieux.

- Tu m’as manqué Elise.

- Toi aussi – je respire profondément – énormément. »

Nous restons un long moment silencieux à nous dévisager encore. Lui aussi semble avoir vieilli. Je veux parler mais déjà le serveur nous interrompt et note sur son carnet, deux chocolats chauds.

*

Lui

J’allais être en retard et je ne pouvais m’empêcher de me demander jusqu’à quel point ce n’était pas un fait exprès. Ces six mois passés dans l’appartement vidé de sa présence avaient été longs, souvent ternis d’une tristesse diluée, ravivée par un vêtement tombé derrière le canapé, une chanson sur laquelle on a trop souvent dansé, une expression volée à celles qu’elle employait tout le temps. Avant. Et puis, la culpabilité.

Durant ces six mois, elle avait refusé mes visites ; même après que les médecins aient levé l’interdit. Elle n’était pas prête, elle ne voulait pas que je la vois ainsi au milieu des murs vert pastel de l’établissement. Elle voulait réussir à réassembler les pièces d’un puzzle dont elle me voulait exclu par peur de nous briser aussi comme elle avait bien malgré elle tenté de le faire avec son corps. Elle m’avait dit « je ne veux pas t’empêcher de vivre ta vie » et si j’avais voulu protester, elle n’avait rien voulu entendre tout comme je n’avais rien fait de ce que cela sous-entendait. Je me souviens de l’eau qui coule dans la salle de bain, après les repas, de ces liens qui ne se font pas et des vêtements qui s’accumulent, dissimulent, des larmes qu’on sèche et des éternuements qu’on feint, « tu comprends, c’est ma rhinite qui revient ». Je me souviens l’aveuglement complaisant parce « non, ça ne se peut pas, mon Elise, elle ne ferait jamais ça ». J’arrive à l’angle de la rue et soudain je la vois à travers la vitre transparente brillant des reflets du ciel gris. Je m’approche jusqu’à la voir distinctement. Elle a le regard perdu quelque part à l’intérieur de la salle et de temps à autre son visage s’éclaire d’un fantôme de sourire.

Avant, elle était belle. Aujourd’hui elle l’est toujours autant mais sa beauté est devenue touchante, comme si toutes les blessures avaient fait remonter jusqu’à la peau, tout ce qu’elle était. On voit encore un peu, en transparence, l’ombre des creux, les cernes bleutées, la peau diaphane. Pourtant il y a les lèvres rouges, les joues rosies, les yeux brillants des heures difficiles autant que de l’esprit pétillant. Saurais-je l’aimer comme elle a besoin qu’on l’aime ? Saurais-je me pardonner ?  lui pardonner ? J’entre et il y a sa voix, ses mots, mon nom délié par sa langue, la musique chantante et soudain le corps fragile qui vient se poser contre le mien. J’approche mon visage de ses cheveux et me laisse emporter par les notes de mûre qui rappellent à ma mémoire le chemin hors du noir.

*

D’autres jolies plumes ont écrit leurs retrouvailles

J’ai écrit – Queen Sarah – Fil culturel – Canaille Blog – AJC pour vous – Julinfinity  - Un livre de citations – Eclectik girl - Godfish Gang Blog – Fuite en avant - La valise de Sarah - Bigouden blues – Ma vie de Brune 

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