Fragments | Pardonner


l'attente terrible - Miss Blemish

Je me pardonne. Mon image, mon reflet et même ce petit air-là. Je me pardonne l’obstination, l’espoir battant, les justifications, les maladresses et la bêtise parfois. Je me pardonne l’échec, la peine, la sidération, l’humiliation, la persévérance, la peur, l’empressement, le manque, les pensées toutes tournées vers lui, la paralysie. Je me pardonne l’errance, l’hiver, les mots en trop et la colère. Oh toi d’hier, je te serre si fort contre moi. Merci pour la vulnérabilité. Merci pour la candeur et cette foi inébranlable qui t’anime parfois. Si ces histoires peuplent nos imaginaires, elles nous découvrent face à elles toujours débutants. Merci d’avoir tremblé comme hier adolescente malgré les années qui ont passé. Tout est pardonné. 

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Fragments | Ecume


So long Instagram | Les bénéfices d'une utilisation limitée des réseaux sociaux 

Paisible est l’écume de l’incertitude. Lorsque cette dernière se retire, quelque chose cède à l’intérieur. Le silence est lavé des non-dits, il redevient une oasis, une parenthèse calme. La tristesse peut approcher, bien sûr, mais oh combien on la préfère à la morsure acide de la colère. La tristesse guérit déjà, elle est un miel derrière nos peines, une amorce de cicatrice. Elle est ce qui précède, elle l’annonce déjà. Elle est un tremplin vers la joie.

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Fragments | Silence radio


Fragments, silence radio - textes courts - Miss Blemish

Est-il nécessaire de dire la peine causée par le silence ? Trop de mots déjà ont été posés entre nous et pourtant dire encore cette peine m’obsède. Mais tu la sais déjà pas vrai ? 

Je serre tout contre moi l’illusion d’avoir tout dit et c’est un leurre. Il reste toujours, même s’ils sont infimes, des mots à partager. Une anecdote, cette journée, un prétexte. Des mots il y en aurait encore plein pour te raconter. Des tonnes de mots pour autant de questions. Les silences sont remplis de points d’interrogation. 

La tentation du dernier message guette. Les mots se bousculent, ils s’organisent, cherchent la formule à laquelle le silence céderait. Une phrase de celles qui marquent l’Histoire et sont citées dans les dissertations. Une phrase si juste qu’elle viendrait effacer tout ce qu’il y a à oublier. Moi qui des mots ai fait mon métier tu sais, je crois au langage comme au bon dieu, aux ponts qu’il construit autant qu’aux obstacles qu’il crée. Je crois en la force de la parole dite par tout le corps et pas seulement sa bouche. Voilà la combinaison que je traque sans relâche, celle qui te dirait que tout est encore possible car tout est incertain mais mon affection acquise. Que je suis aussi déraisonnable que mon espoir est grand, que je suis mue par une intuition qui me dépasse et dépasse l’entendement. 

L’appel du dernier message est là, jamais très loin. Il va et vient, il flotte, insistant. Il attend, il surveille le téléphone, les mails, les réseaux sociaux. Il répond à ton silence, à ta disparition, sans explication. Parfois il est facile de lui tenir tête, parfois c’est une douleur exquise. L’orgueil blessé, voilà un adversaire redoutable à affronter. Mais on sait tous deux que suffisamment de mots ont été versés. 

Alors est-il nécessaire de nous dire au revoir ? Peut-être pas. Peut-être qu’un dernier baiser échangé sur le pas de ta porte est un adieu acceptable. Peut-être que c’est ça, la fin, un silence qui ne s’interrompt pas. Un silence qui blesse une dernière fois.

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