Une poignée de jours


Une poignée de jours

Cette semaine il y a eu un week-end en Normandie, l’automne aux airs d’été dans la douce lumière ocre et dorée, trois jours trop courts en famille, des crêpes un soir et encore un midi, des matières chaudes, une après-midi entre mère et fille, des tisanes qui apaisent et du thé qui vous laisse les yeux ouverts lorsque dehors la nuit sévit. Il y a eu le premier repas, la première nuit dans ce nouvel appartement et la lumière rougeâtre des néons du restaurant voisin filtrant à travers les rideaux de cette fenêtre au volet qui ne ferme pas. Il y a eu Samba, Charlotte Gainsbourg, un siège double au cinéma. Il y a eu des poires chaudes enrobées de vapeur, de vanille et de cannelle, de l’amour, des minutes d’un presque silence dans le vacarme. Il y a eu des banquettes rouges, un verre de Chablis blanc, bien frais, Caen nocturne et des discussions animées, enjouées. Il y a eu autant de doutes que de certitudes. Il y a eu des quais de gare, un soir et un matin, un petit-déjeuner à deux dans la chaleur balayée par le vent du nord du relai H, des muffins au chocolats, une robe en dentelle bordeaux et une veste chaude pour les longues soirées.

Et puis, au milieu du torrent, ce soir il y a eu les mots.

Vous pouvez retrouvez toutes ces images (et bien d’autres) sur mon compte Instagram

La délicieuse tarte tatin aux poires


tarte tatin poires enfance

L’appartement est désert et un peu sombre, c’est un jour gris parmi les bleus. Quelques gouttes tombent mollement sur la balustrade de fer forgé. Creuse, elle amplifie leur ouvrage. La tarte tatin aux poires semble porter sur ses minces épaules le poids de justifier l’automne. Les sacs éventrés attendent encore que, délestés de leurs fruits, ils rejoignent leurs compères dans la courte réserve pendue au ballon d’eau chaude. Posées sur le plan de travail, les poires ont de ces courbes pleines qui suffisent à les savoir juteuses bien qu’encore un peu dures. Elles arrivent tout droit de Belgique et elles seront parfaites : suffisamment fermes pour n’en ôter que la mince peau râpeuse et rester belles malgré la cuisson, suffisamment sucrées pour tous nous régaler.
La soirée a le goût des dimanches après midis d’un avant éloigné d’une poignée de pas seulement. Pourtant, c’est déjà l’enfance qui s’invite avec la cassonnade et la cannelle qui viennent garnir le plat beurré. Du thé est prêt quelque part mais les mains sont dans la pâte, enrubannées de crème, de farine, de sucre et d’amande. Ce sont des instants en suspens. Plus rien ne compte alors que les mouvements rendus machinaux par l’habitude des mains qui malaxent. Les pensées affleurent mais n’accrochent pas. C’est un retour au calme dans la tempête, une pause dans le tumulte.

Pâte sablée

Versez une quantité généreuse de farine dans votre saladier.
Ajoutez un verre nutella (environ 200g) de sucre roux, une pincée de sel et 125g de poudre d’amande (l’équivalent d’un sachet vahiné). Mélangez.
Ajoutez 100g de beurre sorti quelques minutes avant (attention à ce qu’il ne soit pas trop mou !) coupés en petit cubes. Mélangez le beurre en l’émiettant dans le mélange sec jusqu’à ce que les cubes aient disparu.
Ajoutez un petit pot de crème épaisse et travaillez la pâte jusqu’à obtenir une boule. Si vous n’avez personne pour vous rajouter de la farine (les premières fois on a tendance a en mettre trop peu) ne malaxez votre pâte que d’une main pour ne pas en mettre partout en reprenant votre pot de farine ;)
Placez la pâte de votre future tarte tatin au frigo pendant le reste de la préparation de votre tarte, elle sera plus facile à étendre ainsi.

La tarte tatin

Beurrez un grand plat à tarte généreusement en remontant bien haut sur les bords.
Versez de la cassonade et de la cannelle au fond de votre plat puis agitez-le gentiment, en mouvement horizontaux pour répartir de façon homogène cassonade et cannelle sur l’ensemble du fond et des bords de votre plat. C’est cette étape qui va faire le caramel à la cannelle qui entourera vos poires une fois la cuisson achevée.
Épluchez vos poires et coupez-les en quartiers. Disposez-les de façon régulière sur l’ensemble du fond de votre plat.
Une fois votre plat à tarte entièrement couvert de poires, ressortez votre pâte du frigo et étendez-là. Cette pâte peut s’avérer difficile à travailler (pâte sablée et humide oblige). Je vous avais concocté un petit tutoriel pour vous aider à l’étendre plus facilement par ici.
Une fois votre pâte posée sur vos poires, repliez les bords pour les faire rentrer dans l’espace entre vos poires et le bord du plat. Vous aurez ainsi des bords bien épais, moelleux à souhait.

tatin poires (pommes)
Note : pour les amoureux de la pâte comme moi, étendez votre pâte grossièrement et gardez-la toute entière pour une seule et même tarte. Votre tarte tatin n’en sera que plus épaisse et moelleuse.

Enfournez à 160°, votre four sur chaleur tournante. De manière générale, préférez toujours une cuisson douce pour vos tartes. Les fours ont tendance à avoir des chaleurs importantes pour leur mode « tarte ». Il en résulte pour les tartes classiques des fruits brûlés sur leur dessus et une pâte pas assez cuite et inversement pour les tartes tatin. Une fois la pâte légèrement dorée (et certainement un peu de votre délicieux caramel de cannelle et de cassonade bullant sur les bords), sortez votre tarte du four et laissez la refroidir. Avant de servir, posez un plat ou une assiette plus grand que votre plat à tarte sur celui-ci, saisissez fermement le tout et retournez votre plat à tarte sur l’assiette pour remettre votre tarte « à l’endroit » (sans quoi tous vos efforts pour ranger soigneusement vos fruits ne seront pas reconnus)(mais surtout pour que vos fruits ne restent pas collés au fond au moment du service).

Servez vos parts tièdes avec une boule de glace vanille et souriez, vous avez sous les yeux le meilleur de l’automne.

Régalez-vous !

tarte tatin poires

Les sourires (presque) de la semaine #42


sourires de la semaine 42

L’odeur du chocolat chaud lorsque j’ouvre la porte du micro-onde sur le bol fumant et que mes doigts engourdis par l’eau froide viennent trouver ses parois chaudes.

Les premiers collants de l’année, gris comme le ciel, doux comme le plaid qui a retrouvé sa place au pied du lit.

Le retour de la pâtisserie en cuisine. Éplucher des pommes abîmées pour une compote des plus savoureuses, à la cannelle et au sirop d’érable. Plonger mes mains dans le saladier plein de sucre, de farine, de poudre d’amande, de beurre et de crème pour malaxer la pâte de la plus délicieuse des tartes tatin aux poires (la recette vendredi).

Ouvrir le couvercle de la lourde marmite où cuit déjà depuis une demie-heure la compote et laisser l’appartement toutes portes ouvertes s’imprégner de l’odeur de l’automne.

Blend, le petit restaurant spécialisé dans les burgers métro Sentier (Paris), qui m’a fait retrouver la saveur des burgers New Yorkais.

Papa was not a rolling Stone – un film émouvant, drôle, devant lequel on rit, on pleure, on tremble, on s’exclame, et qui montre la réalité de la banlieue des années 80 sans misérabilisme. Bonus : la BO à la gloire de Jean-Jacques Goldman.

S’enrouler dans un châle la nuit tombée, lorsqu’il ne fait pas encore assez froid pour mettre le chauffage, mais pas assez chaud pour se passer de ce menu réconfort.

Le retour à la pleine conscience avec l’application Headspace que j’apprivoise, depuis quelques jours, enchantée de comprendre les mots de celui qui nous guide en anglais au cours de ces sessions de 10 minutes en lien avec soi-même, curieuse de savoir si je réussirai à garder une pratique régulière, quotidienne.

Dos droit, assise sur le tapis de sol vert qui a accompagné tant de soirées, loin quelque part un reflet dans le miroir.

Se réveiller ensemble sous les draps, rester bien sous la couette parce que dehors… il fait froid.

Une patiente qui me remercie de ma gentillesse et soudain tout qui reprend un sens.

Une envie de draps chauds, couleur moutarde, faisant écho au turban de la jeune fille à la perle dont la reproduction orne le mur blanc face au lit. Un peu de chaleur dans le blanc paisible qui partout étend ses quartiers chez moi.

L’odeur des allumettes qui s’enflamment et s’éteignent lorsque j’allume les minces bougies posées dans leurs bougeoirs tout de verre transparent.

Le crépitement des éclats de cire lorsqu’ils rencontrent la flamme encore timide.

Petit-déjeuner en famille, samedi matin, presqu’aurore, de pancakes moelleux.

Jongler entre milles recettes lors de mes après-midis maintenant hebdomadaires en cuisine. Le bien être du retour à la base qui vaut tous les muscles douloureux après ces heures passées debout, courbée, penchée parfois sur la pointe des pieds.

Danser sur la musique du réveil.

Tombée encore une fois dans le piège des comparaisons stériles , je me reprends mentalement et au même moment une photo dans mon fil instagram apparait disant « be yourself ». Un petit signe qui tombait à pic.

Ma couleur de cheveux sur les photos de la fin d’été, parfaite, de quoi me persuader de faire encore un petit bout de chemin en rousse.

Ce surnom que plusieurs d’entre vous m’avez donné, « Jolie Célie », que je m’étonne de lire (vous seriez-vous passé le mot entre vous ?) et qui chaque fois m’arrache un sourire. De ceux qui réchauffent un peu lorsque le coeur a froid.

Les photos envoyées par mon père, en direct de New York. Nous parler tous les jours par mail malgré les milliers de kilomètres et un océan nous séparant.

Dans mon atelier d’écriture parisien, un nouveau participant dont tous les textes m’enchantent et me transportent. Désormais plus que l’envie d’écrire c’est de découvrir les textes qu’il aura composés qui me donne hâte d’être déjà mercredi soir.

Passer au petit traiteur chinois  avant de rentrer. « 6 perles de coco s’il-vous-plaît ». Et se régaler à deux en rentrant.

Quand l’amoureux me fait la lecture de mes cours. Parce qu’il est tard, parce que la motivation manque

Samedi, 12h, sauter et dire : « J’ai envie de changer ». Travailler jusqu’à une heure du matin, et encore le lendemain et…. quelques jours certainement après encore.

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Aujourd’hui je suis très heureuse de vous présenter cette nouvelle version de Miss Blemish. Il y a deux ans, avant même que ce nouveau nom ait été choisi, j’imaginais un univers blanc et bleu pastel, pâle, discret. Un endroit où la part belle serait faite au texte sans rien autour pour capter, distraire l’attention, encombrer. Puis Miss Blemish est né et son univers avec, dans la suite logique de ce que supposait ce nom de blog. J’ai cependant envie de me défaire de cette étiquette imposée par le précédent design. Cette envie de retour au texte a fait son chemin jusqu’à ce que l’on se lance ce week-end dans la grande refonte du site. Les catégories et les articles n’ont pas changé, vous retrouverez tout ce qui a été publié par le passé et avec toutes les fonctionnalités de l’ancien site, en plus clair. J’espère que cette nouvelle version vous plaira autant que je la trouve paisible et épurée.

Je vous souhaite une formidable semaine !