Miss Blemish
28août

Comme un parfum d’été

1

Début juillet, anniversaire du petit cousin. Ce qui est marrant avec les petits cousins c’est qu’ils grandissent et qu’ils n’ont bientôt plus de petit que le nom (mais comme ils rentrent doucement dans l’adolescence on continue de les appeler comme ça). C’est bien connu, les grandes cousines ont pour rôle de taquiner les petits cousins (nous on concourt pour la palme)(chacun ses ambitions). Ça me rappelle un peu aussi l’histoire d'un autre de mes cousins, Pierre. Pour moi ce serait « mon grand cousin Pierre » vu qu’il est né avant moi. Oui mais un de mes oncles s’appelait déjà Pierre, alors forcément avec un nouvel-arrivant en couche culotte du même nom la messe était dite, mon grand cousin serait « petit Pierre » et mon oncle « Grand Pierre ». Sauf que, les années aidant, « Petit Pierre » a dépassé « Grand Pierre » et du coup c’est un peu l’anarchie dans la hiérarchie nommière (j’invente des mots si je veux)(d’abord c’est mon blog)(c’est ma vie, c’est mon corps)(mes excuses on dérive). Bref, tout ça pour dire que c’était l’anniversaire de mon petit cousin et que je m’étais habillée comme ceci. Et on en serait restés là si mon petit frère ne m’avait pas dit : « Célie avec ton chapeau et ta robe on dirait la fille de la pub Chanel ». Ne se sentant plus de joie, elle ouvrit son bec, lâcha… Pardon, je m’égare à nouveau. Toujours est-il que, histoire de fermer toutes ces parenthèses disgressives, si tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute, de mon sourire colgate j’ai participé ce jour-là à la survie de mon petit frère. 

2345689

Chapeau Accessorize

Robe Caroll

Vernis Yves Saint Laurent (La Laque N°33)

Ballerines Zona Centro

Crédit photo : Alexandra B.

10juil

Urban Poupoupidou

1

Cet hiver, ma meilleure amie est venue me rendre visite à Paris. Ce n’était pas sa « toute première fois » mais c’était un peu comme si. Alors le dimanche, après avoir remonté les quais, visité le musée d’Orsay, s’être baladées dans le jardin des Tuileries et avoir goûté chez Angelina, on a pris la direction de Montmartre. La journée avait beau toucher à sa fin, je ne pouvais décemment pas la laisser repartir sans qu’elle ait vu l’un des plus jolis endroits de la capitale. Et croyez-moi, la vue que l’on a des marches du Sacré Cœur sur les toits de Paris vaut tous les incidents de métro rencontrés en chemin. Toujours est-il qu’avant d’aller saliver devant les lumières de la capitale, il y avait ce petit bouquiniste que je devais absolument lui faire rencontrer. Ce petit bout de boutique avec des livres tous serrés et cette odeur si caractéristique qui pourtant n’existe plus guère que dans les greniers de nos grands-parents loin de l’univers aseptisé des grandes chaînes de distribution. Des post-its et des commentaires sur les livres, des sélections, des habitués qui discutent littérature. C’est les sacs pleins de mots que nous sommes sorties et sommes tombées par hasard sur cette friperie voisine, peut-être même était-ce la boutique tout à côté de la librairie. Les bras chargés de robes improbables, nous avons fait des photos honteuses pleines d’imprimés trop fleuris, d’épaulettes et de tailles flottantes. Sauf qu’au milieu du lot, il y avait cette petite robe toute simple rétro juste ce qu’il faut qui, à la seconde où elle fut nouée sur ma taille avait trouvé son nouveau chez soi.

Alors la semaine dernière, quand on a planifié notre séance photo avec Alexandra parce qu’il était temps de se refaire quelques petites séances photo (elle alimente mon dossier « mariage »)(vous savez celui des clichés de la honte)(j’en ai une façon albatros prise cette hiver qui fera fureur entre le fromage et le dessert) cette petite robe faisait forcément partie de la sélection. Quatre heures avant l’heure-H, nous avions notre plan d’attaque : une robe rétro certes mais avec des tennis et un univers bétonné, industriel. Mon amour pour les pieds-de-nez sans doute, surprendre l'attendu. Exit le parfait combo pin-up compensées, « Poupoupidou » et allons-manger-des-mûres-dans-les-champs. Mais on a gardé les mains dans les cheveux. Quand même. Avec des tennis c’est juste beaucoup plus drôle. Comme une question de dosage. Un brin de cliché, un brin de décalage, un rouge à lèvre mat. Le tout saupoudré du talent de mon amie génialissime qui, H-1 m’envoie un :

« Et un mur de tags, ça te plairait ? »

Vous voyez, c’est pour ça que je l’adore. 

245678910

Lunettes Chloé

Robe vintage

Tennis Converses

Rouge à lèvres UNE (ref L05)

Vernis Essie

Crédit photos : Alexandra B.

9juin

On the road again

1 BIS

C’est toujours un peu la même histoire. Celle de deux amies, un après-midi. L’une est chargée de sacs remplis de chaussures, cobaye, l’autre d’objectifs et d’un appareil à chouchouter. Ce sont des messages et quatre heures de rendez-vous différentes, des « j’arrive » puis des « je suis en retard » pour une voiture finalement garée dans l’allée, fenêtre baissée et musique en arrière fond. Ce sont des retrouvailles au milieu d’une route barrée, quelques accélérations, des frayeurs parkinnières, des « vas-y, c’est bon, STOP !! ». Des bras chargés. Des petits sauts pour éviter les flaques laissées par la nuit pluvieuse, aventure menant à des lieux secrets, bien gardés. Premières chaleurs d’un printemps récalcitrant, le soleil tape. Un champ, là, où on imagine déjà des clichés champêtres pour cet été, une robe blanche et des bottes de cow-boy, un canotier, des cheveux lâchés. Ou un chignon peut-être, florilège de barrettes emmêlées. Premières poses maladroites, engoncées, mine fermée et sourire qui se cherche, des « je ne dirai pas comme tout le monde que mannequin ça ne s’improvise pas, c’est un métier… » histoire de le dire un peu quand même, comme pour s’excuser d’avoir soudain tant de mains, de bras et de jambes. Encombrants, maladroits devant l’objectif, tout « pas comme il faut ». Et rire. Car après tout peu importe que le profil ne soit pas le meilleur, qu’une mèche fasse sa crise et quitte le peloton brushingué ou que les fous rires volent la vedette aux mines « inspirées ». De cette après-midi là, je garde le souvenir des clins d’œil et des poses improbables qui un jour ressortiront dans un power-point et me feront monter le rouge aux joues, des histoires à dormir debout et des « attends, je ris là, on reprend après », des danses improvisées rendant les clichés flous.

Peut-être est-ce le prix de la légèreté ? Quelques clichés flous pour des souvenirs que seule la mémoire conserve dans toute leur vivacité.

2BIS10925467

Top : Mango

Slim : Only

Escarpins : Texto

Vernis : Essie

Crédit photo : Alexandra B.