MUD, le film avec un grand M
Deux gamins, Ellis et Neckbone, fidèles complices sur les rives du Mississipi découvrent un bateau dans un arbre lors d’une de leurs échappées sauvages. Bien décidés à se l’approprier, ils y font la rencontre de celui l’habite depuis peu, MUD, reclus sur l’île pour des raisons toutes autres qu’une soudaine envie de se la jouer façon Robinson Crusoé… MUD est en cavale, mais MUD est amoureux et résolu à ne s’enfuir qu’une fois la femme qu’il aime retrouvée. Entre ces trois personnages qui n’auraient pas du se rencontrer va naître une amitié complice pour un film ayant tout du roman d’apprentissage.
Les paysages du sud de l’Amérique du Nord montrés sans fards et la bande-son supportent cette histoire humainement puissante. Car s’il est question « d’aventure », de traque, de course contre la montre, de « gros vilains méchants avec des gros fusils », ça n’est que prétexte à un questionnement plus profond sur les relations humaines, qu’elles soient d’amitié, de confiance ou d’amour. En tant que femme, ce film a ouvert une fenêtre sur le regard que peuvent porter les hommes sur la vie. En effet, ici, le point de vue adopté est celui de protagonistes masculins aux meurtrissures cachées mais existantes. Derrière les muscles, la peau tannée et les tatouages, le réalisateur a su créer de « vrais » personnages avec une histoire, des sentiments et des blessures parfois profondes.
J’ai trouvé cette vision rafraîchissante et intéressante, bien loin du manichéen « tous des connards » qui transparaît dans tellement de films où, de toutes façons, quoique l’homme fasse, il aura toujours tort. Trop souvent à mon sens, le parti pris est de dire que tout est la faute du porteur de chromosome Y au prétexte qu’il n’a aucune intelligence émotionnelle sans même parler de sensibilité sans creuser le fond du problème. J’ai aimé ici que les rôles soient, non pas inversés, mais plus justement distribués, pour un homme qui, son costume le grand méchant tombé, ne redevient qu’un dans un couple qui sombre. La fin d’une histoire d’amour n’était pas le sujet du film pas plus que ses raisons, mais ce thème qui n’a fait que transparaître, mobile mais pas objet, a permis je crois de donner plus de relief encore à cette belle histoire d’amitié.
Ce film porté par des acteurs impressionnants par leur charisme et leur présence interroge le crédit que l’on peut porter aux gens, à leurs paroles et à leurs sentiments. Il joue avec les faux semblants et l’on quitte la salle encore pétri de doutes ne sachant pas très bien où s’arrête le vrai et où commence le faux.
Une fresque à voir pour le bonheur des yeux comme du cœur.
Gourmandises Amstellodamoises
Lorsque je suis partie, j’avais ce qu’il fallait de bonnes adresses pour me mitonner un programme serré comme on s’assoit à quatre sur une valise trop remplie. Petit-déjeuner, déjeuner, cafés, terrasses, dîner, visites, boutiques, je pouvais me concocter un planning millimétrique. Oui, mais… l’idée de passer mon séjour à relier un point A à un point B en passant par les grandes artères pour ne surtout pas prendre le risque de me perdre était aux antipodes de ma conception du voyage qui elle rime avec hasard, découverte et inattendu. J’ai donc choisi d’ignorer les rubriques « gastronomie » pour laisser la porte ouverte aux jolies surprises et aux coups de poker réussis. Un je ne sais quoi de convivialité, une déco intéressante, un air de cantine pour les bureaux du coin, des tablées joyeuses, il n’en fallait pas plus pour que je prenne place à une table ou au comptoir.
J’ai beaucoup hésité à partager ici les quelques adresses qui ont croisé ma route et ensorcelé mes papilles comme mes yeux car je suis persuadée que vos pas vous mèneront vers d’autres encore toutes aussi savoureuses que celles que j’ai à vous proposer. Je ne voulais pas vous gâcher votre découverte de la ville en participant à la construction de programmes ne laissant nulle part sa place aux coups de cœurs inattendus. Et puis, je me suis ravisée car après tout, peut-être le hasard vous conduira-t-il aussi vers ces petites adresses-ci… :
The Pizzabakers - dans l’une des perpendiculaires de Plantage Middenlaan (en face du Coffee Company) - pour manger des pizzas renversantes et un tiramisu à l’onctuosité sans pareille.
Sapori - sur Plantage Middenlaan - un restaurant italien convivial où l’on vous accueille comme si vous faisiez partie de la famille. Un régal pour le cœur et les papilles. Et leur tarte au citron, mama mia !
Café de Port – derrière central station, prendre le « taxi boat » conduisant au musée du cinéma EYE – vous tomberez amoureux de sa décoration épurée aux couleurs sobres tout comme de sa carte façon brunch à l’américaine.
Hartig et Zoet - ?? – Si vous arrivez à vous retenir de tout acheter, vous méritez une palme du mérite. Une adresse gourmande avec du carotte cake dedans…
Et vous, vous amusez-vous à laisser sa place au hasard ?
Quelques petites choses à voir à Amsterdam
Quand on prépare un voyage, on lit souvent plein de guides, on sélectionne, tâtonne, réfléchit, rature, on fait des « journées types » et des croix sur des plans, des listes aussi, beaucoup de listes : « à voir absolument », « à voir si on en a le temps », « pourrait éventuellement être sympa », « si on est dans le coin ». Bref. Ça devient rapidement compliqué.
Plutôt que d’en faire une check-list, j’ai rendu à mes « essentiels » leur rôle de guide pour m’aiguiller au mieux au fil de mes envies, sans me presser ni me bousculer. Juste pour profiter de l’endroit où j’étais à l’instant et ne pas hésiter à partir si je n’y trouvais pas ce que j’étais venue y chercher. A Amsterdam, je me suis laissée porter. Si chaque jour je partais avec en tête une idée de « programme », j’ai laissé la porte ouverte à l’inattendu n’hésitant pas à bifurquer dans une petite perpendiculaire me menant à une place fleurie puis à des boutiques aux allures confidentielles ou sur les berges d’autres canaux.
Au final, sur les 15 items sélectionnés catégorie « essentiels », il en est seulement 5 où j’ai effectivement mis les pieds plus les quelques visites imprévues ajoutées au programme. En revanche, je suis revenue la tête et les poches pleines de jolies vues de toutes ces ruelles greffées à mon parcours.
Musée de l’histoire d’Amsterdam : très ludique, intéressant si vous êtes accompagné d’enfants ou que vous ne connaissez absolument rien à l’histoire de la ville. Sinon, vous risquez d’être déçus.
Rijks Museum : rouvert en avril 2013 après 10 ans de rénovation, définitivement à voir. Pour les chefs d’œuvres de Vermeer parmi lesquels figure le célébrissime tableau La Laitière, ceux de Rembrantd aussi mais surtout pour le bâtiment en lui-même. Prenez le temps d’emprunter les grands escaliers de ce musée bâti comme une église, admirez les frises reproduites à l’identique des originales complètement détruites par la peinture blanche dont elles ont été recouvertes au XX° siècle. L’architecte en charge des opérations a fait un vrai travail de recherche en essayant de combiner et de donner sa place à chacun des arts dans les murs même de ce bâtiment entièrement dédié à la beauté. Tout a été fait à la main par des artistes et les étudiants d’une école d’art de la région qui ont ainsi pu mettre en pratique les techniques étudiées pendant leurs cours. De plus, l’architecte a tenu à ce que la bibliothèque prévue dans les plans du bâtiment soit ouverte au public mettant ainsi à sa disposition une collection impressionnante de documents. Si vous avez le temps, n’hésitez pas à suivre une (ou plusieurs) visites guidées (celle sur l’architecture vaut le détour), cela rendra votre visite bien plus vivante et enrichissante !
Musée Botanique : une merveille pour qui aime les jolies plantes et dégainer l’objectif.
Musée de la photo FOAM : terriblement petit et exposition dépendant…
Musée du film EYE : si vous n’avez rien d’autre à faire… à refaire, je n'y mettrai pas les pieds.
Vondelpark : très agréable pour s’y balader, s’asseoir au soleil, prendre de jolies photos, observer « la vie des gens autour »...
Et vous en voyage, quels sont vos essentiels ?




















