Parenthèse en terre d’instants retrouvés
Il paraît qu’avec le temps, tout s’érode. Les souvenirs, les sentiments, le désir, les émotions. Pourtant, au moment où je me retrouvais sur « l’avenue » à nouveau baignée par un soleil rieur, c’est le même bien-être que certainement seule la sensation d’être chez soi peut procurer qui m’envahit. La distance n’avait laissé pour seul témoin de ces trajets qu’une impression de douce légèreté. A quand remontait la dernière fois que je l’avais arpentée perchée sur des compensées ? Probablement à l’été dernier. Cache-cache avec ma mémoire aiguisée, je feignis un temps de peiner à me rappeler. Huit mois sans doute écoulés et néanmoins nulle ride à déplorer sur ces routes que rien ne semble pouvoir ébranler. Comme une enfant, j’ouvris grand les yeux et inspirai très fort ; je redécouvrais ce que j’aimais tant. Rien d’exceptionnel en apparence, il ne s’agissait guère plus que d’une « avenue ». Tellement de souvenirs s’y rattachaient pourtant. Liste impossible de tous les instants qu’elle avait bien malgré elle hébergés, fait naître ou vu mourir, je la parcourrai nouvelle tout en faisant corps avec l’ancienne. Ces lieux ne m’avaient pas manqué et n’avaient fait naître aucune chimère en moi durant mon absence et soudain j’accueillais l’émotion intacte, comme si de cette absence, nul ne se souvenait, pas plus l’avenue que moi-même. Nous étions deux amis de longue date qui se connaissent si bien et ont tant partagé ensemble que le temps qui les sépare perd sa place de trouble fête. Il est de ces attachements qui ne connaissent ni la distance, ni les soubresauts de la vie. Seul reste le bonheur de retrouver ce dont on n’a jamais cessé de se sentir proche et qui n’attendait que le hasard pour faire à nouveau se croiser deux routes parfois sinueuses.
Credit photo : Le blog de Miss Bavarde
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18 avril 2013
Cette avenue garde l’impression invisible de tes présences, qui se mettent à s’animer quand tu y marches. Et tu regardes ces animations, émue.
19 avril 2013
Rien à ajouter. Très juste, comme toujours…
Bises
19 avril 2013
il m’arrive aussi d’être prise de court par la vie, car au détour d’une rue on peut être saisie.. A des endroits improbable on peut se sentir chez soi alors qu’en d’autres lieux on se sent si distant.. j’aime vraiment l’atmosphère de ce blog, c’est joyeux et vivant ici :)
19 avril 2013
Merci pour ton petit mot qui retranscrit exactement ce que je voulais exprimer et qui m’a touchée.
Bises