Miss Blemish
5mar

Au petit club (très ouvert) des parisiens aimables

France

Ce week-end, une amie, lyonnaise de son état, ma meilleure amie, est venue me rendre visite à Paris. Et encore une fois j’ai eu à déplorer la lamentable image de la ville qu’en donnent les parisiens eux-mêmes. Plus besoin d’avoir un reflex autour du cou pour être catégorisé « touriste », votre amabilité suffit. Qu’on ne s’y méprenne pas : je ne pense pas que l’incivilité soit une spécificité parisienne, simplement, dans une grande ville, une petite impolitesse additionnée à celle du voisin et c’est tout de suite invivable pour qui n’est pas habitué à jouer des coudes, éviter, louvoyer, ignorer, baisser les yeux, se faufiler… A Paris, on bouscule, on marche sur les pieds des gens, on n’attend pas que les voyageurs descendent du métro pour s’y engouffrer, on ne tient pas la porte au voyageur suivant à la sortie des portiques, on ignore la personne qui nous tend l’un des journaux gratuits du matin, on ne s’assoit surtout pas près de la fenêtre parce qu’on ne veut pas de voisin de voyage mais surtout pour ne pas se retrouver bloqué par trois autres voyageurs mal lunés au moment de descendre, on pousse, on râle, on parle fort, on répond à son téléphone et on gratifie tout un chacun des détails les plus intimes de sa vie privée. Pas plus tard qu'hier, l'une de mes amies se faisait cracher dessus. La liste est longue au panthéon de la discourtoisie.

Il ne s’agit pas d’un racisme primaire dirigé envers cet individu gris qu’est le parisien embrumé dans son coltar matinal, je suis née ici. Et j’aime ma ville, vraiment. Sinon, cela ne m’attristerait pas autant que nous en donnions tous une si mauvaise image. Et ne croyez pas que je sois un exemple et que je jette la pierre sur « les autres, ces vilains » : je suis la première à oublier toute politesse dès que j’ai dix minutes de retard, à courir comme une dératée pour ne pas louper mon métro, affolée. Je l’avoue non sans honte. Mais j’essaie autant que faire se peut d’être courtoise même si parfois (trop souvent) c’est compliqué. Parce que la journée a été longue et difficile, que l’humeur est maussade et que l’on n’a qu’une envie : rentrer et retrouver son lit.

Je ne souhaite pas rajouter à la stigmatisation de la stigmatisation. Je ne dis pas qu’ailleurs « l’herbe est forcément plus verte ». Si je parle de Paris, c’est parce que j’y vis et que cette ambiance me pèse alors que quelques personnes suffiraient, j'en suis sûre, pour changer la donne. Faire s’étendre l’amabilité telle une traînée de poudre. Un virus bienfaisant. A force de politesse, de portes tenues, de valises portées à quatre mains dans les escaliers, des petits gestes qui ne vous feront pas rater votre métro ni non plus arriver en retard et qui pourtant mettront un peu de gaité dans le quotidien de chacun mais surtout dans le vôtre.

Nous qui avons la chance d’habiter une si belle ville, montrons qu’à l’instar des autres grandes villes, les parisiens sont eux aussi capables de gentillesse :

Rejoignez le mouvement, souriez !

Commentaires (16) Trackbacks (0)
  1. Je suis parfaitement d’accord avec toi. Parisienne de naissance, ça ne m’empêche pas d’être polie car c’est tout bonnement une question d’éducation (bon ça ne m’empêche pas de marcher vite et de pester contre les touristes qui me freinent). C’est sur que le manque de courtoisie n’est pas une spécialité locale (ce n’est guère mieux à Marseille), mais ici ça se remarque plus !

  2. C’est spécifique à toutes les grandes capitales apparemment ! New York c’est pas mal aussi, ouais bon ok j’ai glissé que j’y suis allé, mais c’était pas le but de mon commentaire, juste que je ne comprends pas comment les gens peuvent être différents d’un métro d’une grande ville à une autre, à Lyon ils sont sympas! A Toulouse, et Montréal aussi…

    Qu’est ce qui fait qu’on est des têtes de cons dans le métro, moi perso je speed car quand j’y rentre je ne souhaite qu’une chose c’est d’en sortir!

    Biz Chère Miss B.

    Ton pote Jordane :)

    • Pas d’ac avec toi sur NYC (ouais moi aussi je me la joue) Au contraire les gens sont super serviables et sympa là-bas. Et ils ne te toisent pas de haut en bas (grande spécialité parisienne, je le fais aussi)

      • Merci Dark Gally, MERCI ! Les New-Yorkais sont ADORABLES, jamais avant je n’avais eu l’occasion de découvrir une ville avec des habitants aussi aimables et serviables. A chaque fois que j’ai eu besoin d’un renseignement j’ai trouvé dans la minute quelqu’un pour m’aider. Et la plupart du temps, ce sont eux qui viennent d’eux-même proposer leur aide lorsque nous avons (nous autres petits touristes) l’air perdus. Un vrai plaisir ! (ahah et moi aussi j’ai glissé que j’y suis allée…)

    • Lyon est justement mon point de comparaison, jusqu’à ce que j’y passe un week-end l’an dernier, me faire bousculer à Paris me semblait être « la norme ». Quelle ne fut pas ma surprise de voir les gens à Lyon attendre sagement que les passagers descendent de la rame pour monter à leur tour, dire pardon, merci, aider les vacanciers à porter leurs valises dans les escaliers, laisser leur place aux personnes âgées… Que des marques de la plus normale et naturelle civilité mais oh combien rares à Paris ! Enfin, ne soyons pas trop pessimistes, s’ils y arrivent là-bas, c’est que c’est réalisable ici aussi :)
      Bises

  3. Si si, l’herbe est plus verte ailleurs, j’ai pu en faire l’expérience! Je suis une provinciale vivant à Paris depuis presque 2 ans, et je n’ai qu’une envie : prendre mes jambes à mon cou dès que j’aurai terminé mes études ici!

    Quand on me demande « alors, Paris, ça te plaît? » je ne peux pas m’empêcher de répondre que pas vraiment, je ne suis pas éblouie par la ville soi-disant des amoureux et de lumière (mais comment peut-on encore faire avaler ça aux touristes??), parce qu’une chose m’empêche de profiter de cette jolie ville aux nombreuses possibilités de divertissements, de découvertes, etc : l’ambiance pourrave constante! Quel dommage.

    Comme la plupart des provinciaux je pense, je trouve ça un peu normal de « nouer » des liens aimables, sympas, avec les gens qui m’entourent et avec lesquels je dois vivre de toute façon. Mes parents appellent ça du savoir-vivre, c’est tellement plus agréable que les choses se passent dans la douceur et la sympathie plutôt que le contraire. Ce n’est pas une question d’effort, quand on est habitué, qu’on ne prend pas systématiquement ses compagnons de vie pour des cons, ça devient la NORME d’être arrangeant et sympa.

    La Mairie de Paris, au lieu de fermer les voies sur quais aux voitures, devrait plutôt songer à envoyer à chaque citoyen parisien un guide du savoir-vivre.

    Désolée pour le pavé, c’est aussi un sujet qui me tient à coeur! Parce que je n’ai pas été éduquée pour vivre d’une façon aussi peu civilisée et que ça finit par affecter mon moral! Et le pire c’est que c’est contagieux, ce non-savoir-vivre.

    Bon courage dans ton combat, ahah!

    • Au contraire, merci beaucoup pour ton (long) mot ! Je suis tout à fait d’accord avec toi : ça ne demande pas plus d’efforts d’être aimable et c’est tellement plus agréable à vivre !
      Bises

  4. Je rejoins ton mouvement immédiatement! L’incivilité dans les transports m’insuporte (et je suis parisienne de naissance aussi!) on est tous dans la même galère alors pourquoi chercher les embrouilles alors qu’on pourrait tous être agréables les uns envers les autres ça se passerait nettement mieux pour tout le monde! et ça ne ferait pas augmenter le tarif du pass navigo!!!

    • C’est un drôlement bon argument ça : « Soyez aimable, ça ne vous coûtera pas plus cher ! ». Si simple et pourtant tellement vrai…
      Merci pour ton petit mot de native parisienne ;)
      Bises

  5. Bonjour.

    Parisienne et plus précisément dans le 15ème depuis toujours, je trouve effectivement que nous nous comportons mal par moment.
    Je constate également que l’on ne parle pas assez de ces quartiers festifs parisiens où les jeunes sympathisent très vite, ces personnes souriantes et avenantes que l’on peut croiser à tout coin de rue.

    Je redoutais justement une vie de jeune maman à Paris. Peur de l’isolement etc. Eh bien contre toute attente, les parents tissent des liens très vite, invit’ d’anniv tous les week-end, rencontres chaleureuses au parc ETC.

    Comme quoi Paris peut avoir un revers souriant, il suffit de l’être soi-même!

    • Ah ça m’intéresse ça : quels sont tes quartiers « jeunes » préférés et tes bonnes adresses ?
      Merci pour ton petit mot :)

  6. Maintenant que je vis depuis septembre de l’autre côté de la Manche j’ai assez de recul pour dire que cette « impolitesse » est relativement française. Évidemment, lorsque on vit dans une ville comme Paris le mal être est exacerbé.

    Je ne suis plus la même depuis que je vis en Angleterre. Tous les matins les gens font la queue pour prendre le bus (oui oui en file indienne), personne ne descend du bus sans avoir dit « merci » au conducteur et évidemment quand on fait la queue pour aller aux toilettes la personne derrière vous demande poliment si vous êtes bien dans la queue de peur de vous passer devant. Je rentre en France bientôt et je sais que ça va être dur de se ré-adapter aux écarts de courtoisies, je passerai à tout les coups pour le bisounours de service :)

  7. J’avoue je suis pareille…

    Mais je m’en rend surtout compte quand je rentre de Londres. Là-bas, même et surtout en heure de pointe, tout le monde laisse descendre les gens du wagon avant de monter en laissant les portes bien dégagées, les gens te voient galérer avec ta valise et t’aident sans se poser de questions…

    Ceci dit, maintenant, je prends moins le métro mais beaucoup le RER et pas aux heures de pointe, c’est quand même plus sympa, plus détendu ^^

  8. je ne suis pas parisienne et je me débrouille toujours pour le faire comprendre autour de moi, et surtout là où je vis et travaille : Paris !
    Je suis une touriste qui aime Paris, mais au quotidien, j’ai parfois l’impression d’être l’huile dans de l’eau.
    Alors, j’embellis mes journées, je m’efforce de sourire ) ces gueules matinales aux regards défaits. Je m’efforce de ne bousculer personne… Bref, je suis aimable, et zen… Désolée de le dire, mais bien l’inverse des parisiens (oui je les catégorise vite en les mettant tous ds le même panier, lol)

    • Nous sommes un peu pareilles alors (l’huile dans l’eau, toussa toussa) :)


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