La mer avec toi


Et aller voir la mer 2

On a pris la petite route qui mène à la plage la plus proche, celle qui serpente entre champs et maisons, bordée d’arbres et de clôtures, des cabanons perdus entre les buissons. Ce jour-là, le vent soufflait fort, fort à percer pulls et manteaux, nos peaux comme nues face à la mer bleue acide, bleue nuit, grise, moutonnante d’une écume blanche s’érigeant sans répit face au ciel délavé. On a couru dans nos chaussures abîmées – celles qu’on garde pour les jours comme ça, les jours où il y a des flaques dans lesquelles sauter – jusqu’à la mer, sans s’arrêter, nos mots ris et criés avalés dans l’immensité de la plage laissée toute entière à notre course effrénée. On s’est baladés entre les dunes et les herbes hautes baignées de la douce lumière du soir qui semble n’exister qu’ici, ciel bleu pastel, rose pâle aux joues de l’horizon lointain, ocre en pluie. Les fesses dans le sable, les cuisses de grenouilles qui tentent vainement de résister, les pas mal assurés dans les pentes, les chaussures tachées, les fous rires et les pas qui croustillent de coquillages abandonnés par la marée, c’était court et long, doux et tellement bon. Trois jours volés entre nos vacances à dates séparées. Trois jours comme pour confirmer qu’on a toujours raison de prendre le temps – peu importe l’endroit, le comment – de saisir la chance de vivre ces instants-là avec toi. Car le bonheur souvent, n’est loin que d’un billet de train.

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Et vous, c’était quand la dernière fois, que vous avez tout plaqué pour retrouver ceux que vous aimez ?

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