Rêverie salée


La mer. Le bruit des pelles en plastique dans le sable grumeleux, grossier, de ce littoral lointain. Les rires que je devine des sourires déchirant tout l’espace sur ces photos. Le bleu paisible sur la plage que je sais brûlante sans la sentir cependant.

La lumière qui miroite à la surface, nos corps baignant dans la tiédeur salée. Des étincelles sur le bleu précieux.

Mes pas courants jusqu’aux éclaboussures de cette mer dans laquelle on entre avec le fracas d’un début de bataille, l’enthousiasme et la joie de la première minute de vacances.

Mon chapeau et mes pieds nus dans le sable, marchant vers vous tous, baigneurs des premières heures alors que le soleil décline enfin. Ma peau blanche et nue dans la tiédeur de la soirée, lumière rase sur le sable chaud, éclats mordorés, herbes rosies dans la douceur d’été.

Cheveux ondulés par les embruns, ton regard sur moi comme sur un tableau de Renoir. 

Premières lueurs du jour, ballade solitaire, mes chaussures dans les mains, mes pieds dans la fraicheur de l’eau claire.

Le rosé frais et les olives du Cours Saleya, dégusté sur les galets, le soleil déjà carnassier mais nous trop amoureux pour nous en soucier.
Ta peau ruisselante sur laquelle sont restées toutes ces gouttes offertes à mes baisers.

L’odeur des pins, du sel et de la résine, collante, aggripee à l’écorce. Au loin l’huile d’olive crépite et les cigales, elles, se taisent enfin.

L’au revoir manqué, quitter sans regarder, reprendre la route sans risquer d’aller une dernière fois tremper nos pieds.

Les étoiles et tout ce sable dans nos cheveux sous la lune pleureuse. Et, au bout de tes doigts, l’univers.

rêverie salée - nouvelle - Miss Blemish

0 Laisser un commentaire - 0