Brèves

Update | Avril 2021


dans mon sac pour 4 jours à copenhague - slow travel - Miss Blemish

Pfffiou, par où commencer ? Depuis une poignée de jours je travaille à l’adaptation en essai de ma thèse à paraître à l’automne. Je refais connaissance avec mon sujet, j’annote, je dessine des plans, des chronologies, je raconte une histoire. Je serre ma chance, j’ai peur qu’elle s’envole. Je relis chaque phrase, dans ma tête, à voix haute, les enchaînements, il faut que ça chante, que ce soit clair mais riche, j’essore mon texte pour en extraire toutes ses données. Ça me rend drôlement heureuse de m’asseoir devant mon traitement de texte chaque matin si vous saviez !

Et puis je réfléchis beaucoup à ce que je vais faire de ma vie. J’ai plein d’idées et parfois ça me donne des ailes, parfois je ne sais plus vers où regarder. J’essaie de changer l’aiguillage de ma boussole, troquer la direction peur pour la joie et ça marche, la plupart du temps.

Dans 2 semaines je reprends mon travail à plein temps pour 1 an et qu’est-ce qu’un an dans une vie ? C’est drôle, c’est l’argument qu’il est coutume d’employer pour justifier la dureté de sa 1ere année. La vérité toutefois est que ça ne devient jamais moins dur, on substitue seulement les types de difficultés. Très vite la souffrance déjà consentie devient justification à consentir les suivantes – un biais cognitif bien connu : continuer à perdre sur l’autel de ce qu’on a déjà perdu. Alors qu’est-ce qu’un an dans une vie, si vous voulez mon avis : beaucoup. Mais je crois avoir appris ces 9 dernières années à enchanter mon quotidien « malgré ». À faire des interstices, des canopées. À savourer les instants où je peux être tout à mon métier sans tout ce qui lui pèse autour.

Voilà où j’en suis, en transition vers l’après et ça fourmille de questions

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Temps d’écran = temps perdu ?


temps d'écran = temps perdu ? Miss Blemish humeur

Durant le confinement, j’ai plongé à pieds joints dans le contenu proposé par Elizabeth Gilbert sur son compte IGTV. Elle y parle de créativité, de moments difficiles, du processus d’écriture à l’œuvre dans son dernier roman et répond aux questions de ses lecteurs. L’une de ses réflexions m’a interpellée. Elle rapporte avoir demandé à son lectorat désireux d’écrire ce qui les retenaient de se lancer et nombreux sont ceux qui ont répondu : « le temps ». Parce que la discussion se déroulait sur une page Facebook, elle s’exclamait : « Ce n’est pas recevable ! Et les 15 minutes que vous venez de passer ici à scroller sans but ! Vous auriez pu les prendre pour écrire ! ». 

Elle dit vrai et pourtant cet argument me chagrine. Et j’avais envie de vous en parler. 

Les compteurs de temps d’écran sont les champions pour nous culpabiliser devant ces montagnes de » temps perdu ». Le modèle capitaliste dans lequel nous vivons nous offre une grille de lecture de la rentabilité où « le temps, c’est de l’argent » : il doit ainsi être savamment dépensé. Quand la notification annonçant notre nombre d’heures d’écran hebdomadaire apparaît, normal que nous ayons quelques sueurs froides. Et je vais vous dire, je trouve ça injuste. 

1- Parce que ceux qui comptabilisent toutes ces heures perdues sont les mêmes qui créent les médias sur lesquels nous dépensons tout ce temps avec comme objectif justement que nous y passions le plus de temps possible. 

2 – Parce que si nous avons plus de temps disponible dans une vie qu’aucune autre génération avant nous (je vous invite à écouter cet épisode du podcast Travail (en cours) si le sujet vous intéresse), nos sollicitations ont été multipliées de telle sorte que chaque choix est renoncement et le FOMO (fear of missing out) la règle. Nous vivons donc déjà avec à nos trousses tout ce que nous n’aurons jamais le temps de faire, de vivre ou d’expérimenter. Les possibilités excédent le temps dont on dispose et cela ne fait qu’ajouter à ce sentiment d’urgence qui étreint nos sociétés où tout doit aller plus vite. 

3 – Parce qu’il s’agit d’une réponse très partielle et partiale. S’il est possible de se laisser prendre dans le tourbillon de youtube pour n’en sortir que 2 heures plus tard, nombre de ces temps d’écran ne sont pas le reflet d’une mauvaise gestion de ce dernier. 

Il y a d’abord les contraintes matérielles, professionnelles et sociales : si nous sommes sur les écrans, c’est aussi parce qu’une partie de nos obligations en font un passage obligé. 

Surtout, il s’agit d’un temps pour une large part morcelé. Ce ne sont pas de longues plages de temps sacrifiées mais bien une foule de minutes grapillées déci delà au fil des temps morts de nos journées. Ce sont des temps d’ennui. Des temps de pause. Des temps de pause qui ne reposent pas et alimentent un brouhaha constant mais rien d’autre. Et pendant que nous nous flagellons sur tout ce que nous aurions pu faire en lieu et place de ces heures de navigation nous oublions une chose : nous ne pouvons pas être productif à chaque minute de chaque journée. Ces temps de respiration nous sont nécessaires et le vrai drame est qu’ils perdent en qualité lorsqu’ils sont pris sur Instagram. Mais supprimer Instagram ne les fera pas disparaître, ils prendront juste une forme différente. Si celle-ci nous est plus bénéfique peut-être qu’alors effectivement nous y gagnerons en concentration, en énergie ou en inspiration pour le reste de nos journées mais nous garderons ce même besoin de respiration entre deux plages d’activité. 

 La prochaine fois que vous soupirerez : « Ah lala, tout ce que je pourrais faire avec des 4, 5, 10 heures si je ne les passais pas sur mon téléphone ! » – je vous invite à vous poser la question suivante : pourquoi vouloir toujours « faire » et surtout, en avons-nous – individuellement, collectivement – besoin ? 

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Douces retrouvailles


Douces retrouvailles - slow living - Miss Blemish

J’ai envie de vous écrire ce matin la douceur de revenir ici comme on franchit la porte d’un endroit familier où tout est exactement resté à la place où on l’avait laissé, apparente immobilité où pourtant tellement de choses ont eu l’espace d’exister. Dans ces retrouvailles il y a le goût particulier de l’absence qui s’achève, qui mêle la redécouverte à la familiarité des lieux auxquels on appartient. Il y a l’ivresse dans laquelle autant est à raconter qu’à écouter, tendre brouhaha qui ne dit rien et tout à la fois. Il y a la presse qui nous pousse à vouloir rattraper le temps perdu, le plus vite possible et sans dormir. Alors plutôt que de laisser un silence comme une ellipse entre deux paragraphes je vais essayer de vous raconter – cet article comme un entracte – les semaines qui viennent de s’écouler avant, c’est l’article suivant, de vous écrire ma pile à lire de printemps (qui connaîtra sa part d’été).

Depuis la dernière fois, il y a eu les dernières semaines avant le concours et les jours J baignés dans un mélange étrange d’une sérénité imperturbable et concentrée comme n’en connaissent que les jours importants et d’une tension pourtant sans pareille en arrière plan. Il y a eu le soulagement d’avoir fini – enfin ! – et le goût incroyable de liberté de la première balade dans la douceur des soirs d’été – la fraîcheur le temps d’une soirée retrouvée. Il y a eu les jours pressés où l’on redécouvre la sensation d’avoir du temps et l’urgence de faire tout ce qui a été mis de côté trop longtemps mais aussi les jours hagards qui ont oublié que faire de toute cette liberté, jours errants où l’on papillonne sans trouver quoi faire vraiment.

17h30, contrôle+F et coeur battant, il y a eu sur l’écran mon chiffre parmi 8000 autres – précieux sésame à nos futurs – et les appels passés en hâte, les petits mots envoyés « à tous ceux qui » et le soir, des chips au paprika et du champagne pour fêter ça (déjà) une première fois. Il y a eu le premier week-end à nouveau entièrement partagé avec l’amoureux, Beaubourg, une glace au yaourt à la main. Il y a eu Lille en famille, rues pavées, façades colorées toutes en reliefs et retour à Paris soleil couchant, toutes fenêtres ouvertes. Il y a eu l’appartement en chantier, les douces habitudes retrouvées-réinventées, les soldes d’été entre amies et une robe en lin couleur terre trouvée pour le mariage que nous attendons cet été. 

Depuis cette poignée de jours comme une douce parenthèse, je suis de retour au travail pour une, deux, trois semaines, juste le temps de me frotter (un peu) à quelques tâches encore méconnues qui me seront quotidiennes dès « la rentrée ». De ces horaires retrouvés je fais le doux cadre pour juguler ce trop plein trop soudain de liberté qui m’éparpille entre mes envies. Progressivement je rééduque ma concentration fatiguée et retrouve le plaisir de lire, d’écrire et de ne choisir pour chaque instant qu’une seule chose parmi la liste des possibles à l’heure d’été. 

Et vous, juin, que s’est-il passé ?

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