Un vent de rentrée souffle sur ces dernières semaines encore entrecoupées de réminiscences d’été à grand renfort de tomates cerises, melon, ballades nocturnes ou matinales, rendez-vous au coin d’une rue ou au bas d’un immeuble. D’autres plaisirs viennent frapper au carreau. Plaisirs tous simples et cependant oubliés, remisés, laissés à des demains chimériques. Le plaisir du matin, par exemple, retrouvé au croisement d’une obligation. Mercredi dernier, une prise de sang me tirait du lit aux aurores loin des demies-grasses matinées qui ont vu s’envoler les premières heures de beaucoup de journées de cet été. Marcher dans Paris le matin, et en août de surcroît, a ce je ne sais quoi qui vous fait sentir que vous vivez un moment privilégié. C’est une heure qui n’appartient encore qu’à quelques agents de la mairie, livreurs et autres artisans préparant les munitions pour le coup de feu du départ des travailleurs. Et le ciel rosissant de l’aurore vaut tous les bleus parfaits des neuf heures claires éblouies d’un soleil déjà haut. Cet entracte m’a fait réaliser que, définitivement, j’étais du matin. Même cernés. Et je parle de ça en vous montrant des photos prises en plein après-midi d’une journée très chaude…
En boucle : la BO de New York Melody, le film qui m’a le plus séduite cet été au cinéma – les chansons aigres-douces de Luluc, parfait fond sonore pour écrire ou accompagner une journée grise passée à la maison.
Sur ma table de nuit : Mille jours en Toscane de Marlena de Blasi qui n’en finit pas de m’enchanter et dont les dernières pages pointes (déjà) le bout de leur nez. Ses deux autres volets seront mes prochains achats ( Mille jours à Venise – Un palais à Orvieto).
Ce doux et progressif retour des impératifs au quotidien apporte son cortège de « cette année je ferais comme ceci, comme cela ». Ces quelques semaines volées à la moitié de ma fin de vacances comme une mise à l’essai de toutes ces pistes qui se dessinent et se dégagent pour mieux faire encore cette année que la précédente. Sûrement illusoires, j’ai envie pourtant de donner à ces espoirs de mieux la chance de faire leurs preuves. Quelques ajustements, le retour aux méthodes qui ont fait leurs preuves de par le passé maintenant que cours et moi nous sommes réconciliés, les fantômes de la première année envolés, un rien (euphémisme indécent) d’organisation… Même perdus d’avance, j’aime que ces espoirs soient toujours au rendez-vous, d’année en année. Le signe que les armes n’ont pas été rendues. Alors début septembre devrait voir fleurir quelques articles par ici d’idées, astuces, conseils, DIY et jolies choses pour se faciliter la vie au quotidien que vous travailliez de chez vous ou en bureaux.
Pour revenir rapidement sur ces photos, je porte une robe de la collection Taroudant de Sezane. Cet imprimé « zèbre blanc » en dentelle brodée m’a complètement séduite (et fait craquer pour une petite veste bleue marine du même motif). Très jolies, les robes dans cette coupe chez Sézane (même coupe que ma robe zébrée que vous avez pu voir ici) ont l’inconvénient, pour moi, d’être trop courtes. Ce sont des robes pour soirées cocktails/vernissages où vous n’aurez pas à vous asseoir, à lever les bras pour récupérer un carton sur la plus haute des étagères, chercher un stylo logé sous votre bureau, courir après un métro… moi qui suis toujours en mouvement, je suis très peu à l’aise lorsque je les porte. Je les réserve donc désormais aux dîners !
Cette couleur a été toute une histoire. Il faut savoir que je ne fais pas partie des freestyle du changement en matière capillaire. Autant j’accueille avec plaisir les nouveaux restos, nouveaux petits quartiers à découvrir, la dernière sortie en vogue, le petit bar du bout de la rue qui vient d’ouvrir, une destination week-end/vacances qui sort de l’ordinaire (j’étais même à deux doigts de tenter la randonnée en canoë)(non je ne suis jamais montée dans un canoë de ma vie)(mais ça aurait pu être marrant)(enfin surtout pour les autres), autant pour ma tête, je suis du genre à me mouiller la nuque avant de me jeter dans la bassine à coloration (métaphore balnéaire et de saison bonjour). De mon terne châtain qui me valait des « oh tu as une petite mine, tu es malade ? » à la pelle (merci ma jolie peau blanche), je suis passée à un brun chaud (avec des tons roux dedans) illuminant mon visage (la magie des contrastes). Cette couleur qui ne devait être qu’une étape vers un vrai roux (histoire d’adoucir la transition, cf ma frilosité du changement capillaire) est finalement restée plus d’un an sur ma tête tant je l’ai aimée (ici, ici, ici, ici, ici, et ici).
Et puis ce printemps, suivant le célèbre adage « on n’a qu’une vie » (ou un truc du genre) assaisonné de « si ça ne te plaît pas tu peux toujours refaire ta couleur d’avant », je me suis lancée. J’y pensais depuis si longtemps qu’il fallait que j’essaye, quitte à ce que ce soit horrible, pour passer à autre chose. Sauf que si j’avais une idée assez précise de ce que je ne voulais ABSOLUMENT pas, pour ce qui est de ce que je voulais vraiment… le mystère se posait là. Vous ne le savez peut-être pas mais il y a mille et unes teintes de roux possibles dès que l’on commence à s’intéresser de près à la question. Du plus ou moins rouge, du plus ou moins orange, du plus ou moins blond. Mais voilà, aucune des colorations toutes prêtes de mon coiffeur ne collait à ce que j’attendais du roux (hein que tu ne voudrais pas être ma coiffeuse)(je te rassure moi non plus). Cette couleur est donc un mélange de deux teintures : un roux caramel un ton plus clair que le brun chaud que je quittais (mais trop pétant à mon goût) et un châtain roux pour casser le côté « waouh flashy girl » du roux sus-cité. Et le mélange des deux a donné ça, cette jolie couleur qui brille de mille feux (c’est le cas de le dire) au soleil, mais qui se veut plutôt discrète le reste du temps.
Bon, ça c’est pour la version courte. Si si. Car à dire vrai, cela ne s’est pas vraiment passé aussi facilement que ça. Déjà, et vous ne le savez peut-être pas (je l’ai appris quand j’ai exposé mon grand projet rousseur à ma coiffeuse), on ne peut pas éclaircir des cheveux colorés directement. Avant de réappliquer une teinture plus claire, il faut « démaquiller » le cheveux pour enlever la couleur existante. Les produits qui sont utilisés pour se faire ont besoin d’un temps de pose plus ou moins long selon le degré d’éclaircissement que vous souhaitez obtenir. Mon cheveu a donc été démaquillé puis recoloré et là… gloups ! Frileuse du changement je vous disais… J’ai eu beaucoup de mal à me faire à cette nouvelle couleur, mes cheveux ont pas mal souffert des produits chimiques qu’il avait fallu employer pour les démaquiller, ils étaient secs, s’emmêlaient et la couleur a moins bien pris par endroit du fait de cette fragilité et de tout le processus en lui-même.
Mes astuces « Rendez-moi mes jolis cheveux souples, doux et brillants ! »
Le masque pour cheveux à l’huile d’olive, au miel et à l’eau dont j’avais trouvé la recette sur le blog de La Mouette (et qui avait déjà sauvé mes longueurs il y a bientôt deux ans) : on mélange une cuillère de miel et de l’huile d’olive puis sans cesser de mélanger, on incorpore de l’eau jusqu’à réussir à former un mélange homogène (l’huile et le miel sont comme l’eau et le vinaigre, ils ne s’accordent pas très bien ensemble sans un liant – ici l’eau). Vous répartissez sur vos longueurs démêlées, puis vous attachez vos cheveux en chignon, un film plastique alimentaire pour protéger le tout par-dessus et vous êtes parée pour la nuit. Le lendemain matin, un shampoing et le tour est joué !
En plus de ce masque nouvelle jeunesse, j’ai utilisé après chaque shampoing le masque Aussie « 3 minutes miracle Reconstructor » reçu dans la glossybox du mois de juin. Je n’ai pas constaté de « miracle » mais toutes les aides sont bonnes à prendre dans ces cas-là.
Enfin, j’ai pris l’habitude d’appliquer un peu d’huile pour corps et cheveux sur mes pointes après avoir séché mes cheveux. J’en utilise trois régulièrement (en fonction de ce qui me tombe sous la main) que j’adore, dans l’ordre : l’huile pour les cheveux d’Eugène Perma, l’huile des délices de Sanoflore et L’or bio de Melvita.
C’est finalement lorsque j’ai refait ma coloration que j’ai enfin obtenu le couleur escomptée, ni trop claire, ni trop foncée, moment auquel ses quelques photos ont été prises. Si vous voulez changer de couleur donc, pas de panique si le premier essai n’est pas parfait, la couleur prend toujours mieux la deuxième fois !
Mes petits bonheurs version rousse
Le rouge à lèvres rouge qui me donne l’impression de n’être plus tout à fait moi mais moi en femme fatale. Cheveux roux + rouge à lèvres rouge, un duo que j’achète et ré-achète dont l’idée que ce devait être une bonne idée m’a été donnée par la chanteuse de Metronomy vue sur scène à Lyon et qui était magnifique avec ce combo. Mes deux favoris : le rouge un rien orangé n°10 RIMMEL de la gamme Kate Moss x Rimmel et le vrai rouge sombre Model Co colori Red Velvet.
Porter du vert d’eau, du turquoise, cette fameuse couleur « mint » qui se marie si bien aux crinières rousses. Petit bonheur : ces jolies boucles d’oreilles que je porte sur ces photos trouvées en solde chez Eram. Toutes simples et fines, c’est le genre de petit détail qui change tout.
Le rouge à lèvre prune (mon chouchou, toujours un RIMMEL, le True Vintage)(les rouge à lèvres Rimmel sont vraiment d’excellente qualité, super pigmentés, ils tiennent toute la journée pour un rendu à faire pâlir un rouge à lèvre de luxe)
Je vous souhaite à toutes et tous un très joli week-end !
Le jour de ce shooting, mon amour du reflet dans le miroir flirtait avec les bas fonds de l’océan arctique. J’étais à deux doigts d’annuler, certaine que j’allais faire perdre son temps à mon amie, qu’on ne pourrait rien tirer de cette séance, que ce serait terrible, que j’étais bien trop moche et que je ferais mieux de rester au fond de mon lit en attendant que ça passe. On avait pourtant convenu d’un rendez-vous, je devais passer la prendre (et cela tombait drôlement bien car j’avais diablement envie de conduire)(ma conscience écolo s’arrête à cette frontière là, les rares jours où j’ai une voiture à disposition), j’étais prête, elle avait les clés d’un domaine magnifique de la région, et cette tenue c’était maintenant où jamais – le temps étant sur sa phase ascendante côté soleil, chaleur, petites jupettes et petites robettes.
Nous nous sommes donc retrouvées, je me suis changée en plein milieu des champs (comment ça ? Je ne porte pas une simple petite robe au milieu de la prairie par 12°C ! TOUT se perd). J’ai fait la réflexion à Alexandra que bientôt elle n’ignorerait plus rien de mon anatomie ce qui l’a fait beaucoup rire, mais voilà, quand on fait des photos, nos shootings n’ont rien de ceux hyper carrés des magazines, je suis coiffeuse, maquilleuse, habilleuse, Alex aux photos, à la conception et aux décors, pour tout réflecteur de lumière nous avons les nuages (les plus belles photos se font par temps gris)(en tous cas avec mon teint c’est ce qui le rend le plus lumineux) et pour tout ventilateur, nous avons le vent. En contrepartie nos occasions de rire de bon coeur sont démultipliées (et mon dossier « photos improbables » ne cesse de s’agrandir)(elle m’a cependant promis et je vous en fais témoin que si je mariais Mr Parfait elle garderait le power point de la honte pour notre seul petit comité d’enterrement de vie de jeune fille).
Nous étions donc dans la prairie. Le souci de ne pas montrer que je mourrais de froid a eu raison de tout le reste et en 25 minutes top chrono, nous avions ce qu’il nous fallait. Il faut dire que nous n’en sommes plus à notre première séance photo avec Alexandra, maintenant on tâtonne moins pour toucher au but recherché, pour rendre l’ambiance voulue, peut être parce que nos idées sont plus précises et que l’on prend d’avantage de temps pour mettre des mots dessus et expliquer exactement le rendu cherché.
Et j’ai reçu ces photos. Je me sentais toujours aussi insuffisante physiquement parlant bien que m’étant donné un bon coup de pied aux fesses pour essayer d’avancer dans la bonne direction.
Arrêter de me dire mille fois par jour « tu es trop moche/nulle/stupide » par exemple.
Sourire au miroir au lieu de l’éviter.
Sourire au miroir SURTOUT démaquillée. Car la réalité est là et c’est cette personne dont il faut apprivoiser le reflet car ce reflet, c’est moi. Pas une autre. Pas de ces choses que je pourrais changer, aussi fort que je le veuille, que je m’entête, que je me déteste, que je me rabaisse et que j’essaie.
On peut choisir de lutter contre un état de fait ou regarder sa peur en face pour l’affronter.
Réaliser que ce qui ne me faisait plus pleurer depuis des mois le faisait à nouveau, et que le physique n’était qu’une excuse, un subterfuge facile pour écouler des peines plus difficiles à affronter. Et qu’en s’y arrêtant cinq minutes et en les analysant, je m’apercevais qu’elles n’avaient plus cours alors même que je les ressassais encore sur le plan du physique.
Et puis il y a eu cette patiente me confiant que tout avait commencé le jour où elle s’était dit que si elle n’était plus « grosse », elle n’aurait plus aucun problème dans sa vie. Combien de fois ne nous sommes-nous pas et ne nous disons pas encore des choses de ce genre ?
Quand [insérer une cause de complexe] aura disparu, tout ira bien dans ma vie.
Pourtant, on se retrouve toujours en bout de course face à nous-mêmes et au problème dont le complexe n’était qu’un déguisement : notre difficulté à nous accepter tel que nous sommes, à poser sur nous un regard bienveillant, doux et exigeant à la fois, à nous parler avec fermeté mais sans jamais devenir intransigeant. Nous accorder le droit de n’être pas parfait en tout point et de ne pas faire corps avec notre idéal. Et que ce n’était nullement paresse, faiblesse, lâcheté, juste humain.
J’ai donc reçu ces photos. J’avais encore au creux du ventre la peine ressentie ce week-end là, immense au point de ne pas pouvoir souffler mes bougies d’anniversaire devant toute ma famille et de ne le faire qu’en comité réduit, incapable d’affronter l’idée de me tenir debout devant autant de personnes, de devenir le centre de l’attention et de devoir rester là. Tous les regards posés sur moi. Et j’ai regardé ces photos. Et étais-je horrible au point que l’on veuille me jeter des cailloux ou que ma vue soit douloureuse pour mes proches ? Non.
NON
Pourtant l’ai-je vécu ainsi ?
OUI
La beauté, la confiance en soi et en son physique et plus globalement en sa personne car le physique n’est que la composante que ma personnalité se choisit pour exprimer ses doutes là où d’autres doutent de leur culture, de leur intelligence, de leur façon d’être, de s’exprimer, de bouger… est dans la tête. Et si je le savais pour l’avoir déjà expérimenté par le passé ?Oui ! En prenant mon traitement contre l’acné, j’ai vu mon acné disparaître et en rien l’attitude de mes proches changer. Une belle preuve que l’acné qui avait cristallisé tant de doutes, de souffrances et de peursattirait bien moins l’attention des autres que ce que je croyais. Pourtant, entre savoir une chose, en faire son expérience logique et pouvoir dérouler le raisonnement allant avec et véritablement vivre cette même vérité comme étant une vérité, il y a un monde : la preuve ! Je savais que les gens n’en avait que faire que mon grain de peau soit plus lisse ou moins lisse et pourtant je me vivais encore comme inregardable.
Quand nous avons commencé à faire des photos avec Alexandra, si cela lui offrait un modèle et une tribune pour son travail, c’était d’abord et avant tout pour moi une thérapie. Un peu comme le théâtre pour un timide. Aller au devant de ses peurs, les affronter, et à force de bonnes expériences, les soigner.
Car bien souvent ce que l’on redoute est bien moins redoutable que ce que la peur veut nous faire croire.
Même lors de séances moins réussies, où je me trouvais un peu gauche ou trop réservée, le sourire timide et le visage pâle, je ne me trouvais jamais si horrible que ce que j’avais l’habitude de vivre intérieurement au quotidien. Mais « guérir » un complexe prend du temps et suppose de nombreuses rechutes. Des périodes de mieux, des périodes de bien même, mais des périodes de moins bien, de doutes, de peine. Après tout, on ne rééduque pas son esprit après des années passées à prendre de mauvais réflexes et à construire des schémas de raisonnements erronés par la seule force de quelques exercices. C’est la répétition, l’acharnement et la mise en application jour après jour qui peuvent nous le permettre.
Sur ces photos je me suis trouvée belle. Non je ne dirais pas seulement jolie, je dirais belle. Et avec une majuscule même. Belle. Et ce ne sera pas de la prétention.
Quelle prétention peut-on avoir d’une donnée comme celle-ci sur laquelle nous n’avons aucune prise et qui jamais n’a dépendu en rien de nous ?
Que mes parents se gaussent que je sois jolie et vous pourrez les dire prétentieux. Après tout ce sont eux qui ont travaillé. Si fierté il y a, cela ne peut venir que d’eux. Non se trouver jolie, se vivre belle ou beau est juste une sérénité, ce rien de légèreté qui permet d’aller vers la vie le pas allant plutôt qu’en guettant de toutes part l’arrivée de coups. Notre apparence physique n’est en rien un indicateur de notre valeur (inutile de s’en gausser donc), juste un élément de souffrance et de doute en moins lorsque nous en sommes satisfaits – ou du moins pas trop insatisfaits. Et dans notre société où les modèles de beauté ne manquent pas tout comme leurs exigences démesurées souvent, cette satisfaction, cette absence de souci vis-à-vis de son apparence est de plus en plus difficile à atteindre, d’où nos complexes s’épanouissant à nos dépens. Et aux dépens de notre bonheur et de notre joie de vivre.
Est-ce qu’aujourd’hui je me sens complètement sereine par rapport à mon physique ? Pas encore… mais je suis certaine qu’avec le temps, ça viendra. Il y a mille autres domaines qui demandent énergie et intérêt que celui de douter sur l’image de soi que l’on expose au monde ! Mais pour cela, il est un travail préalable indispensable et un long chemin à parcourir. En avoir conscience, c’est déjà être sur la bonne voie, non ? [Musique / Sunny – Boney M]
Et vous, comment affrontez-vous vos complexes au quotidien ?