La féminité
Je lis le blog de Mai depuis quelques années. Je le perds, je le redécouvre, je m’y perds. Je trouve dans son travail magnifique qui toujours met en valeur le plus beau qui existe chez chacun et dans sa bonne humeur en toute simplicité, inspiration et sourires. Au fil de ses portraits qui questionnent le beau, la beauté, la féminité, la masculinité, j’en suis venue à me poser les mêmes questions.
Qu’est-ce qui me fait me sentir femme, me sentir belle aujourd’hui ? Qu’est-ce que la féminité pour moi ?
Je crois que pour me sentir femme, il me fallait me sentir belle. Pas être belle, non, me SENTIR belle. Et je pense qu’il existe un fossé énorme entre le « être belle » qui fait de la beauté un état de fait, un idéal inatteignable tant la beauté est un concept subjectif, « se sentir » belle qui reste dans l’émotion, le ressenti et « faire sa belle » à l’extrême opposé. Trois notions qui sont pourtant souvent amalgamées, mélangées, réduites. Nous qui glorifions le Beau, le maltraitons autant qu’on le cherche. Et pour me sentir belle très vite j’ai compris que ce n’était pas sur le terrain de la beauté qu’il me faudrait aller chercher mon bonheur mais plutôt sur celui de la confiance. Finalement me sentir belle, c’était rendre les armes et réussir à m’aimer un peu. S’aimer. C’est un travail long, s’aimer. Et dit comme ça, mes vieux réflexes me poussent vers des qualificatifs loin d’être sympathiques tels que « narcissique », « égocentrique », « prétentieuse », « vaniteuse ». Encore un souhait que l’on n’ose formuler que du bout des lèvres. Cependant comment vivre heureux avec soi et avec les autres sans porter un regard bienveillant sur soi ? C’est long de trouver l’équilibre qui nous permette de toujours continuer à vouloir donner le meilleur de nous-même, essayer, s’améliorer, se remettre en question, sans jamais se dévaloriser ni non plus devenir imbu. Aimer ce que l’on est, notre personnalité dans ses manques et ses excès, ses fragilités, ses maladresses et ses fêlures. Aimer l’image dans le miroir, les traits, le regard, les cheveux qui n’en font qu’à leur tête au lieu de se consacrer tout à la mienne, le grain de peau, la taille, la forme, les plis, la mollesse parfois. Et puis cela consomme une énergie folle de ne pas s’aimer. On se recroqueville. On s’affadit derrière des traits grisés par la tristesse de ne pas être « assez ». Alors que jamais on n’aura plus que soi pour soi, il est donc vital d’être assez.
J’ai pensé longtemps que la solution à mon problème était de guérir mon acné. Je l’ai fait (à 99%), cela a été long, a demandé beaucoup d’efforts et de braver de nombreuses craintes (j’en parle ici et là) pourtant ce n’était pas encore suffisant. C’était 90% de la réponse, mais ça n’était pas toute la réponse. Il m’a fallu encore beaucoup de tendresse, de gentillesse, de « tu es si belle » et ne pas y croire souvent, même encore maintenant, pour véritablement oser être là, juste là tout simplement.
On se sent belle dans le regard de quelqu’un et un jour, parmi tous ces quelqu’un, il y a nous aussi.
J’ai compris que se sentir belle, se sentir femme ce n’était pas un acquis. Cette phrase est si bête qu’elle mériterait d’être rayée alors que depuis petite j’attends une date. Un âge. Un cap où "ça y est, je ressemble à cette femme croisée dans la rue, élégante, élancée. Belle." Un jour, plus tard je serais comme elle. Mais si l’on change, si parfois le teint est moins gai que la veille, je crois que l’important reste de toujours garder ce regard bienveillant envers ce que l’on est, dans la glace comme dans la tête.
Ma réponse aujourd’hui à la question de ce qui pour moi incarne la féminité c’est un rouge à lèvre. Mais pas n’importe lequel : ce rouge à lèvres. Celui que je porte sur ces photos.
UNE, Lip-toned colour, coloris L05
Je crois que c’est le jour où pour la première fois j’ai osé porter une couleur mate, franche, que s’est franchie la marche essentielle. Et il m’est suffisant. Je peux n’avoir dormi que quelques heures, avoir le teint fade et la tenue douteuse, avec ce rouge à lèvres sur les lèvres je me sens femme. Encore une fois, le ressenti. Je ne suis pas plus femme avec que sans, mais c’est avec que ça y est. Pas besoin de plus. Sur ces photos d’ailleurs, ma tenue « uniforme » : un slim, un gros pull, mon sac de tous les jours, une écharpe, des converses et le teint neutre. Il y a juste ce demi-ton supplémentaire sur mes lèvres qui change tout pour moi. La féminité en passager silencieux. On ne la remarque presque pas, comme ce petit changement en soi, un léger déclic qui fait que l’on est exactement pareille et pourtant déjà plus tout à fait la même.
Détendue, rayonnante, ouverte. Epanouie. Heureuse.

Photos by Alexandra B.
Pull - Pimkie
Slim - Only
Converses
Sac - petite boutique inconnue derrière le Printemps
Livre - Gatsby F.S Fitzgerald (l'un de mes défis pour 2014)
Et vous, qu'est-ce qui vous fait vous sentir femme ?
Zébrée avec Sezane
Photos by Alexandra B.
Je nourris une profonde admiration, presqu'une fascination, pour ces hommes et ces femmes qui, contre vents et marée, ont tout donné, tout risqué pour vivre de ce qui les fait vibrer. Pour ne pas se contenter d'un métier alimentaire qui tôt ou tard finit par ronger. Une folie, un saut en chute libre, une bonne dose de cran mêlée à une insconcience fébrile ou simplement une foi inébranlable, j'admire tous ces talents qui font naître le beau, la poésie, le rêve et contrent la fadesse que veut parfois revêtir le quotidien paresseux.
Et parmi tous ces gens qui ont sauté, il y a Morgane Sezalory, la jeune et jolie créatrice de SEZANE. Et plus que de proposer des pièces fines en édition très très limitées, magnifiquement coupées, sobres avec ce qu'il faut de folie pour twister n'importe quelle tenue et faire de vous une fille qu'on n'oublie pas, elle les propose à un prix ABORDABLE. Et c'est une étudiante (à l'heure actuelle bénévole des hôpitaux de Paris)(petit clin d'oeil à notre scolarité) qui parle.
Porter un vêtement pensé, créé et réalisé pratiquement que pour soi (combien sommes-nous à avoir cette robe sur un cintre de sa penderie ?), contribuer à faire vivre une marque comme celle-ci, c'est le petit truc en plus qui fait d'une pièce une fripe en plus ou un petit trésor. Ajouté à la magie des cadeaux que l'on se fait à soi, pour soi, après les avoir attendu longtemps et vous avez un aperçu de mon excitation au moment de sortir de son emballage en lin marqué d'un Fait avec amour cette petite merveille zébrée.
Lights on !
Robe - Sezane
Bottines - Jamie Philip
Collants - Dim
Eyeliner Patch - Marbella via Glossybox





























