En équilibre


En équilibre - Humeurs - Vie professionnelle - Orientation - Look - Mode - Miss Blemish

Photos par Alexandra B.

Cet article était sensé être un article « coup de vent », quelques photos et des mots à la volée pour vous dire que je ne vous oublie pas, que toutes les jolies choses que je vous prépare sont sur le feu n’attendant qu’une éclaircie dans mon emploi du temps, une plage de temps libre pour être terminées, peaufinées et enfin montrées ici. Une parenthèse pour vous livrer ces quelques photos prises en décembre (par -40°C au bord du lac Léman et m’ayant valu une belle petite bronchite de saison pour les fêtes)(le sacrifice sur l’autel de l’art, tout ça tout ça…) d’une de mes pièces préférées. Les idées et les envies se bousculent, se chamaillent et me tiraillent entre les impératifs d’ici et ceux d’ailleurs. Partout de l’important et de l’urgent, j’essaie de hiérarchiser au mieux mais parfois, ça déborde (et les nuits raccourcissent).

Et puis j’ai lu cet article de Lisa nous présentant un peu sa journée type, de façon toujours aussi rafraîchissante, jolie, simple, douce, pleine de vie et d’énergie. J’aimerais comme elle savoir faire de chaque collab’ une occasion pour la création, une parenthèse laissant oublier finalement l’article sublimé par le cadre. Et depuis le temps que je n’en parle qu’à demi-mots et que vous constatez les pauses itératives liées à mon emploi du temps pas toujours très clément, je me suis dit que ce serait un bonne idée de vous parler un peu plus de ce que je fais au quotidien, qu’il s’agisse de mes études de médecine, de ce blog ou de ce que vous ne voyez pas mais qui participe à cet ici directement ou moins directement. Et puis j’ai tergiversé parce que « mais qui est-ce que ça va bien intéresser ? Tout le monde s’en fiche de ce que tu fais de tes journées ! » et puis je me suis dit « oui mais peut-être qu’il y a d’autres personnes, même plein d’autres, qui gravitent entre milles passions et qui n’osent peut-être pas ou culpabilisent comme cela peut m’arriver parfois, doutent, se sentent parfois un peu jugées ou pensent que ce n’est pas vraiment possible alors que non« . Alors finalement je vous en parle quand même pour la personne, même toute seule, à qui cela parlera et qui se dira « comme moi ! » ou celle à qui cela donnera ce petit rien d’énergie pour entreprendre un chantier, un projet, cette chose qui lui tient vraiment à coeur, ou une autre un peu découragée, se disant « à quoi bon ? » prête à renoncer et qui finalement retrouvera un peu la foi. Pour tous les autres, j’espère qu’une astuce, un peu de bonne humeur mise de ça de là ensoleillera un peu plus votre journée.

J’entends souvent « mais comment fais-tu pour tout mener de front – tu fais des études de médecine, tu as une vie sociale, tu continues à sortir et tu tiens un blog où tu publies régulièrement – ? »… j’aimerais pouvoir répondre « grâce à une organisation hyper carrée« . J’y travaille, mais aujourd’hui cela se rapproche plus d’un travail de tous les instants que d’une discipline bien rodée avec ses codes et ses règles gravés dans le marbre, je cherche l’équilibre, je tâtonne, j’essaie et j’échoue souvent ce qui m’amène à me coucher à des heures indues, mais progressivement de petites choses se mettent en place… quand la majorité est remise en cause bien souvent ! Comment fais-je pour tout mener de front ? Actuellement je dirais donc « en dormant moins et en faisant des choix ».

Je ne pense pas être l’exception en disant que mes études (et par extension mon futur travail) ne concentrent pas tout ce qui me fait vibrer dans l’existence. Je les ai choisies, je pense plus souvent être sur la bonne voie que sur une route barrée pour moi (mais les doutes sont toujours présents, ils s’atténuent avec le temps, l’angoisse de l’erreur est moins grande, moins pesante, puis parfois grandit à nouveau, elle évolue avec moi, j’apprends à la canaliser, à l’écouter et à y répondre). J’aime être à l’hôpital, pas tous les jours, pas à chaque instant, mais la majeure partie du temps. Parfois cela me pèse, parfois j’aimerais y rester d’avantage, savoir d’avantage, être plus utile, plus présente, plus impliquée encore. Apprendre, voir un océan de connaissances qui jamais ne finira de s’agrandir se fait plus souvent assurance tranquille à un ennui mis pour toujours sur la touche tant que ma curiosité ne se sera pas tarie, qu’angoisse de ne pouvoir jamais en venir à bout (comme par exemple à cet instant où les examens toquent à la porte et qu’il me semble découvrir à peine tout ce que l’on me demande de savoir tout à fait). Cependant, je ne suis pas QUE futur médecin. J’étais quelqu’un avant et cette partie là reste malgré les connaissances qu’elle engrange et le badge qu’elle arbore fièrement. Je l’ai compris en première année de médecine lorsque cela me mettait hors de moi que l’on me demande de n’être QUE ça : et pour cause, pour réussir, il fallait vraiment s’investir à 100 %, ne faire que ça, penser, respirer, manger, vivre médecine, vivre concours, vivre compétition. C’en a été si abrutissant qu’aujourd’hui encore le dégoût de ce bourrage de crâne imposé par moi-même, par cette envie plus forte que tout de réussir (car la première année de médecine comme tout concours n’est pas un combat contre les autres mais contre soi-même) est encore présent même s’il tend à s’atténuer de plus en plus à mesure que cette période qui me semble appartenir à une autre époque s’éloigne (demandez à n’importe quel étudiant, il vous dira que la première année remonte en ressenti à dix ans). En P1 j’ai compris que la médecine ne niait pas tout ce que j’étais à côté mais que justement j’avais décidé de mettre tout l’à côté entre parenthèse pour me consacrer à cet objectif qui semblait insurmontable. 

Sauf que l’à côté existe et que comme pour tout, il faut choisir de plier sous la pression ou de lui répondre à force égale.

Quiconque fait des études supérieures ou a un métier prenant (manuel ou non) est, je crois confronté à cette pression là, cet envahissement de l’espace personnel par le travail, les échéances, le stress, les dates butoires, cette demande permanente de temps et d’investissement de soi. Il y a toujours à faire, à apprendre, à améliorer. Et il y a des personnes qui s’épanouissent dans cette relation fusionnelle à leur emploi. C’est là qu’entre en jeu la première blessure pour les autres, celle de la comparaison à coup de « combien tu m’aimes » avec cette question : qui a vraiment, du fusionnel ou des autres, la vocation ? Et souvent, personne ne vous la pose, personne ne remet en doute votre « vocation » sinon vous-même : « Toutes mes joies et mes aspirations personnelles (je ne parle pas de relations inter-humaines mais de centres d’intérêts) ne viennent pas de mon métier, l’aurais-je mal choisi ? Serais-je moins fait(e) que les autres pour l’exercer ? Me serais-je fourvoyé(e) ? Serais-je en train de rater ma vie ?« .

Rater sa vie. L’angoisse de ceux qui ont du faire un choix.

Un choix entre plusieurs voies auxquelles ils aspiraient également pour des raisons différentes et riches de cette diversité mais qui n’ont pas disparu pour autant avec ce choix, qui sont restées latentes, toujours un peu là. Et à ce moment, on peut choisir de n’en faire qu’un à côté qui aura toujours une place secondaire parce que l’on ne se sent pas de se donner cette contrainte supplémentaire là (car toute passion demande travail, rigueur et persévérance dans des journées déjà plus que chargées) ou d’imposer ce que tout le monde vit comme secondaire à une place principale. Comme un gâteau coupé selon notre ressenti, nos envies et non pas ce que l’on nous fait croire que la raison veut. Comme s’il était déraisonnable d’aimer trop, trop de choses, trop différentes, de ne pas se retrouver pleinement dans une seule case. Car finalement, personne ne nous dit ceci, c’est juste plus facile, plus confortable de ne s’investir que dans une énorme chose et de papillonner à fleur des autres. Et cela peut être suffisant. Cela peut l’être comme cela peut ne pas l’être. Mais contrairement à ce qui est vécu souvent douloureusement ce n’est pas une anomalie de se sentir appelé par d’autres choses, parallèles, éloignées même parfois de ce qui peuple 90% de notre quotidien et de vouloir leur donner une place. Une véritable place.

Il n’y a pas eu de véritable déclic, tout s’est fait progressivement pour moi et ce travail est encore loin d’être terminé, mais je dirais que tout a commencé lorsque j’ai arrêté de dire :  » J’aimerais bien mais je n’ai pas le temps ». Lorsque j’ai arrêté de faire de la pénurie de temps une excuse et que j’ai intégré que l’on avait toujours le temps pour faire les choses que l’on voulait vraiment. Même un peu, même douloureusement, même difficilement et au prix de sacrifices, on trouve le temps. Si ce raisonnement n’était pas vrai (mais je le vis comme foncièrement juste), il aurait au moins l’avantage de nous remettre chacun dans une position active de CHOIX :

Ce n’est pas que je n’ai pas le temps, c’est que je choisis de ne pas le prendre.

Et là où ne pas avoir le temps n’est pas vraiment de notre fait, en revanche ne pas se donner le temps l’est entièrement. Ainsi arrive la question : en ai-je vraiment envie ? Et si oui : quel est mon plan d’action pour faire de cette envie une réalité ? 

C’est de cette manière que je partage encore bancalement (oh combien) mes journées entre l’hôpital, mes études, l’écriture, ce blog et des études littéraires. Alors parfois, momentanément, une part du gâteau prend soudain toute la place : à la veille d’un examen pour la médecine, au lendemain d’un examen pour l’écriture. Et je me rends compte au fil de cet article qu’il est beaucoup de thématiques que j’ai envie d’aborder avec vous (et je promets de le faire sous peu), nous dirons donc que cet article est une porte ouverte sur des questions commes : trouver et nourrir l’inspiration, la différence d’approche du savoir et de l’art… Je crois que c’est aujourd’hui où je suis au tout tout début de mes études, que je les apprivoise, elles et le métier vers lequel elles me guident, que je dois apprendre à trouver cet équilibre et à donner à cette vocation envahissante intellectuellement, humainement et émotionnellement sa juste place. A laisser sur le palier, voire même dès le seuil de l’hôpital tout ce qui s’y passe, tous mes patients comme aux portes de la BU mes cours, ou à l’instant de la fermeture d’un polycopié mon air concentré. Car ce métier est une tâche d’encre face à un buvard : il s’infiltre partout, s’entend, se propage. Autant apprendre au plus tôt à savoir poser des digues étanches ! De façon inverse, l’inspiration fugace, volatile qui toujours parle à voix basse, apprendre à l’entendre puis à l’écouter pour la laisser s’exprimer. Apprendre à lui laisser une place toute aussi valable et importante que le reste car cette importance, elle l’a à mes yeux. C’est parfois difficile de faire comprendre suffisamment bien cette volonté-là parce que les mots manquent dans mon flou que cet espace ici, dédié à la vie autour et à l’écriture est sur un pied d’égalité avec la médecine. Et que je n’en sacrifie aucune au profit de l’autre, ou tout au moins que j’essaie au fil de mes expériences équilibristes. 

*

Pour parler tout de même un peu de l’objet de cette série de photos (pour lesquelles comme d’habitude Alex a fait un travail génial), ce petit gilet est la réunion de tout ce que j’aime porter : marine, bordeaux, couleur crème, motifs ethniques adoucis par une coupe faussement libre et floue contrant les motifs géométriques un peu sévères. Chic sous couvert de traits bohèmes. Je l’aime d’autant plus qu’il se prête à tous les styles, devenant la pièce qui twiste un combo convenu jean + tee-shirt/pull, ou la note venant démentir le chic d’une robe sinon réservée aux petits dîners et autres occasions trop rares à mon goût pour en profiter, l’arme pour sortir avant l’heure jolies jupes et autres robes de lin marine d’été.

On se retrouve ce week-end en post partiels ? J’ai plein de jolies choses à vous montrer…

Belle fin de semaine !

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Gilet – Pimkie

Pull – Esprit

Débardeur – H&M

Jean – Esprit

Jupe – Monoprix

Robe – Naf Naf

Bottines – Jamie Phillip

Converses

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