Say no word, just draw*
Parfois il n’y a pas de mots, parfois il y en a trop. Souvent trop douloureux pour les dire. Et dans ces cas-là, il y a le dessin. Le dessin occupe les mains et l’esprit, il demande concentration, application, maîtrise du geste et permet d’aborder de façon plus douce et moins directe qu’une phrase énonçant abruptement un fait sans intermède pour amortir la rudesse de sa vérité en donnant à l’interlocuteur comme au dessinateur le temps de l’ébauche pour l’accueillir. Le dessin permet une distanciation, il raconte l’histoire de personnages de papier vivant ce qui nous fait souffrir. On parle de nous à travers eux et pourtant la suppression du pronom « je » fait déjà toute la différence.
Les thérapeutes l’ont bien compris et nombre d’approches se servent du jeu, du dessin, de ce passage par la fiction pour dénouer les nœuds profonds de problèmes douloureux. Mais le dessin c’est aussi la gaîté, la légèreté d’un trait qui donne vitesse, vie et mouvement à un personnage figé, c’est l’anecdote racontée à demi-mot avec toute cette place laissée à celui qui le regarde pour y projeter tout ce qu’il a besoin d’y voir. C’est une place laissée à la créativité, une autre manière encore de raconter, d’inventer, de toucher, émouvoir, faire sourire. Une autre façon de partager, peut-être plus douce, plus libre, sans aucune entrave lexicale. Juste un trait. Ce trait.
Le votre ?
* Ne parle pas, dessine
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15 février 2014
Je ne peux qu’entre apercevoir le bonheur de se libérer de son trop plein d’émotions par le biais du dessin car je ne dessine pas du tout. Le dessin, pour moi, c’est un peu comme le sport à l’école, c’est un traumatisme ahah. Mais je suis persuadée qu’il peut faire des miracles lorsque, comme tu dis, les mots ne sont pas suffisants.
Bon weekend douce Célie :)
16 février 2014
Merci Mélanie ! Non moi, mon plus gros traumatisme de collège, c’est la technologie… Ce truc inutile au possible… Bref.
Je te souhaite un beau et doux dimanche !
Bises