« L’amour n’existe pas »


Je me réveille et dans mes notifications, je reçois cette phrase en pleine figure. Bam. L’amour n’existe pas. Présent de vérité générale, petit haussement d’épaules désolé dans trois points de suspension qui font suite à l’assertion, comme pour l’adoucir et quelqu’un au loin qui a cliqué sur « Envoyer ». Ce n’est pas la première fois que l’on m’écrit quelque chose de cet acabit.

Alors est-ce que l’amour n’existe pas ? Existe-t-il forcément puisque j’aime ? Existe-t-il forcément puisque je vois des gens aimer ? N’existe-t-il pas parce que parfois il se fane et nous laisse un peu seuls dans un trop plein d’amour sans plus personne avec qui le partager ? Pour pouvoir s’étioler n’existait-il pas forcément, à la base, un jour, même hier ? Ne réduit-on pas trop souvent l’amour à celui que l’on partage avec une seule et même personne pour ce que l’on espère toute une vie, oubliant qu’il est plein d’autres amours dans nos vies, tous aussi forts, enrichissants, qui nourrissent notre âme de leurs joies.

Pas besoin de s’embrasser pour s’aimer.

Est-ce que l’on peut aimer une seule et même personne toute sa vie ?

Je l’ignore, je suis trop jeune pour dire « oui, moi j’ai aimé toute ma vie ». Les personnes autour de moi qui sur le papier se sont aimées toute leur vie, je ne crois pas qu’elles se soient vraiment aimées toute leur vie. Je crois aussi qu’un vieillard ne pourrait pas mieux répondre que moi. Je ne sais pas si « on peut », si c’est possible, réalisable. Mais on peut le vouloir. On peut y croire. Et je crois que l’on ne peut pas aimer toute sa vie la même personne si cette personne, elle, ne croit pas qu’elle pourra vous aimer toute sa vie au début. Si l’on n’y croit pas au début, quand y croit-on ? Lorsque les difficultés, l’usure, ce certain voile flouteur de défauts s’estompe ? C’est lorsque cela devient difficile que l’on y croit ? Je ne crois pas. Je crois qu’à ce moment-là on s’accroche et on respecte un certain silence lucide sachant que parler n’arrangera pas forcément les choses mais pourrait bien précipiter la fin. On essaye, dans son coin, de continuer, de raviver, de retenir. On essaye parce qu’on y croit. On essaye parce que l’on aime. Et puis parfois, l’amour ne suffit pas.

l'amour n'existe pas - Miss Blemish

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