J’entrai dans ce café, fatigué de cette longue balade dans ces rues comme dans mes souvenirs. La ville n’avait guère changé en dix ans que je ne m’y étais pas aventuré. Je choisissais une place côté fenêtre, sur la banquette d’une table solitaire. Ma commande passée, je me retrouvai à nouveau seul face à mes pensées. Il y avait bien un livre dans ma sacoche mais je n’étais pas d’humeur à m’encombrer des histoires des autres, j’avais bien assez à faire à cet instant avec les miennes. Je regardais donc distraitement par la fenêtre et m’adonnais à cette activité que je chérissais tant : observer les gens. Je papillonnais de l’un à l’autre dans cette rue fort animée par le marché qui l’encombrait lorsque je la vis. Rayonnante, souriante, en tout point égale à mon souvenir quoique peut-être encore plus belle qu’alors. Il faut dire que la dernière fois que je la vis, elle pleurait. J’étais assis et pourtant j’eus encore l’impression de tomber, un peu à la manière dont on se réveille brutalement au contact du matelas lorsque l’on a rêvé une chute vertigineuse. Le précipice se profilait là, au dedans de moi. A son bras, un homme ressemblant au jeune homme que j’avais été et qu’elle n’avait jamais connu. Il ne restait rien de la jeune fille chétive, timide comme blessée par la vie que j’avais rencontrée un autre jour de mai il y a ce qui me semble aujourd’hui fort longtemps.
Je me souviens encore comme ses yeux s’étaient illuminés ce soir-là lorsque je m’étais risqué à lui dire qu’elle était jolie. Comme d’une simple phrase tout avait commencé. Sans crier gare revinrent avec une violence inouïe ses larmes et son silence. A la fin. Lorsque je lui brisais le coeur d’un revers de main, sans savoir vraiment ce que je faisais-là. J’avais beau quitter ma veste, la brûlure de la honte qui déjà faisait monter le rouge à mes joues ne se laisserait pas si facilement déloger. J’avais essayé, je pensais, avec les années, y être arrivé. Je la retrouvais pourtant intacte, peut-être même plus vive encore à cet instant où elle traversait sous mes yeux la rue agitée.
D’elle il ne me restait plus que mes souvenirs et ce paquet, déposé un matin sans bruit, l’un de mes livres préférés dans une édition au papier fin, précieux, dont je n’avais su me débarrasser. Et maintenant ce souvenir-là, elle sur cette place baignée de lumière et moi à l’ombre derrière cette vitre froide. L’homme se pencha vers elle pour l’embrasser et posa sa main sur son ventre. Captivé par ses yeux et son sourire, ce n’est qu’à cet instant que je le découvrais arrondi. Je sentis les larmes me monter aux yeux. Oh combien aurais-je aimé traverser la rue et la serrer fort dans mes bras, m’excuser et lui souhaiter bonne chance, lui dire combien j’étais heureux de la voir ainsi heureuse aujourd’hui et entourée, combien je m’en étais voulu de l’avoir tant peinée dans mon incapacité à l’aimer avec la même force qu’elle l’avait fait, combien j’aurais aimé avoir la force de l’honnêteté avant de la briser d’un lit défait avec une autre, combien elle m’avait manquée, combien elle m’avait apporté en silence ces mois durant sans que je m’en aperçoive avant l’instant où sans bruit elle se résolut à fermer la porte sur nous. J’aurais aimé lui dire que toute cette peine n’avait pas été causée en vain et que j’avais été heureux autant qu’elle avait été malheureuse, que j’avais compris. Je la connaissais assez pour savoir que malgré tout, envers et contre tout, elle n’avait cessé de m’espérer heureux quelque part, loin, qu’elle avait fermé une porte mais qu’elle n’avait pas tout effacé.
Mais je restais là, par lâcheté peut-être, par bonté sûrement. Je n’avais plus droit de passage sur sa vie. Je grappillais toutes les miettes de son sourire offert à l’univers et pour quelques instants à moi également. Je les observais jusqu’à ce qu’ils disparaissent parmi la foule. Le bourdonnement du café reprit ses droits sur moi. Je portais à mes lèvres la tasse de thé que je n’avais pas vu le serveur poser sur la table, il était déjà froid.
» Le lilas était toujours à sa place face à la fenêtre de la cuisine. Je m’émouvais de le découvrir si grand, une muette reconnaissance pour les nouveaux propriétaires qui ne l’avaient pas délogé de ce petit bout de jardin où il avait fleuri tous les printemps de mon enfance. J’avais hésité longtemps à revenir sur ce lieu et maintenant face à ces briques rouges et à la porte fermée du garage de cette maison mitoyenne, je peinais à retrouver dans toute sa vérité la peur qui m’en avait empêchée. Rien n’avait bougé. La maison se tenait toujours là et je pouvais apercevoir à travers la fenêtre entre ouverte par cette chaude journée de mai, les mêmes carreaux multicolores que mon père, quinze ans auparavant avait posés avec patience tous les soirs après sa journée sur les murs jouxtant la cuisinière. Ce foyer avait abrité en son sein certainement mes années les plus heureuses. J’étais petite alors, je fêtais mes sept ans à peine lorsque nous le quittions. De l’autre côté de la rue il y avait toujours ce square, un peu plus vivant sûrement qu’à l’époque où j’y usais les quatre roues de mon vélo, l’effet sans doute du grand centre commercial ouvert peu après notre départ. Je me laissais gagner par la gaité des enfants jouant à grands renforts d’éclats et de cris, emportant avec eux la nostalgie qui toquait à ma porte. A quelle porte au juste ? Celle de la femme que j’étais devenue loin des murs que j’avais tant chéris, peut-être même plus encore après les avoir quittés qu’au moment où je les occupais vraiment, ou à la porte de l’enfant restée pour une part dans ce jardin-là, au pied du tobogan qui n’y résidait plus ? Peut-être étais-ce là le premier au revoir à l’enfance qui s’était joué dans ces premiers cartons scellés de scotch brun. Petite j’avais promis d’un jour la racheter. Pourtant nul argent ne saurait acheter l’innocence, l’insouciance d’avant la première perte, avant le premier adieu. Ce n’est pas tellement cette maison que j’avais pleuré alors que la rencontre avec les changements que la vie charrie. Et il m’avait fallu me tenir à nouveau sur ce perron face à la façade délavée par les ans pour le comprendre. Je quittais bientôt le trottoir pour gagner le parc et retrouver la balade de nos dimanches après-midis d’avant. «
***
Jeudi soir, je me suis rendue pour la première fois à un atelier d’écriture. Toute la journée j’y pensais et plus l’horaire approchais plus je m’en voulais de m’être moi-même (comme bien souvent) mise dans cette situation délicate. Soudain l’idée de devoir écrire mais surtout LIRE mes textes devant d’autres personnes ne me paraissait plus aussi bonne qu’elle avait pu l’être sur le papier, j’en prenais pour témoin mon ventre soudain serré. Dans le hall, attendant devant l’interphone qu’on m’ouvre, je m’imaginais déjà tombée dans un traquenard, « après tout tu l’as trouvé sur internet ce groupe, hein ». L’inconvénient lorsque l’on entraîne son imagination c’est qu’elle finit par être fertile, je veux dire, fertile pour de vrai. J’eus encore le temps de m’imaginer dépecée et donnée en pâture aux crocodiles de la Seine ou, scénario alternatif, vendue à un proxénète russe, avant que le bourdonnement de la porte ouverte retentisse. Pour tout proxénète russe c’est une jeune femme, I., avec qui j’avais conversé par mail ces derniers jours, adorable qui m’ouvrit et m’accueillit dans son appartement. Je prenais place dans une salle lumineuse, aux murs couverts de livres, une grande table occupant son centre sur laquelle étaient soigneusement disposés des feuilles encore vierges, des stylos et des supports colorés. Les autres membres du groupe arrivèrent, des femmes uniquement, beaucoup plus jeunes que ce que je m’étais imaginé (il faut dire que mon cours de philosophie version réactionnaire en terre quatrième âge m’avait moyennement refroidie)(et avant de me clouer sur l’autel de la carte vermeille, ce cours était véritablement une honte dont je ne citerais que cette perle « avec le mariage gay c’est le nom du père que l’on perd » et autres leçons de morale à trois francs sur les relations éphémères, le recul du catholicisme et de la croyance…)(je rappelle que la base de la philosophie c’est de s’interroger et non de proférer des vérités)(BREF).
On nous donna notre premier sujet d’écriture et une heure pour le travailler. J’avais beau connaître le principe, je fus saisie par sa réalité : j’allais devoir écrire une scène à partir de ce sujet, en temps limité. Je n’avais pas de montre et mon téléphone s’était éteint la batterie évaporée sur la journée, cela m’ennuyait un peu sur le moment pourtant je crois que je continuerais à travailler de la sorte lors des prochaines séances, sans réelle conscience du temps. Finalement, l’on sent ce que l’on a à écrire et lorsque c’est terminé. Du moins, c’est ainsi que je l’ai ressenti, je me suis laissée porter et maintenant que l’expérience s’est bien passée de cette façon-là j’aurais peur que d’avoir sous les yeux un chronomètre muet ne me bride et me bloque plus qu’il ne m’aide à gérer mon temps.
» Bien, on va commencer «
L’une des membres se porta volontaire pour lire son texte. Tout de suite je fus saisie, prise dans son histoire, voulant en savoir plus : quel dénouement ? Frappée par ce talent, ce jeu avec les mots, mon stress allait croissant, plus mortifiée encore de devoir lire ma production après ce que je venais d’entendre. Tous les membres passèrent uns à uns. Et je fus frappée par la diversité des univers qui avaient réussi à éclore de ce point de départ pourtant identique. Chaque fois, un style, une sensibilité ébauchée à fleur de papier pour un dessin aux traits encore affirmés par le deuxième exercice qui devait suivre. Déjà je percevais les cordes, les appuis, la façon singulière que chacune avait de dérouler la narration et d’emporter le lecteur à sa suite. Tout en douceur. Après la lecture, nous commentions, une impression forte laissée par la lecture, une ambiance, le ressenti qu’elle nous avait laissé, puis I. reprenait quelques points, posait des questions, soulignait des pistes pour aller plus loin, étoffer, donner corps aux émotions et à l’histoire, faisait ressortir certains procédés employés que je notais précieusement en vue de mes textes futurs. Puis ce fut mon tour. J’essayai de me rassurer, après tout je présentais de longue date mon travail devant un public encore plus nombreux que ces six personnes par ce blog… Je peux vous dire qu’à cet instant, l’écran m’apparaissait comme la plus belle des protections (bien qu’elle soit souvent toute relative)(mais le stress ne favorise pas la nuance). J’avais les mains moites, des sueurs froides et mon coeur ne battait plus, il tapait de façon frénétique. Je me lançais pourtant. Je lus mon texte non sans difficultés, la faute à l’émotion, aux râtures, aux corrections. I. m’assura pourtant qu’il n’en avait rien paru. Moi qui n’avais pratiquement jamais écrit que sur clavier, ce retour au papier était singulier et naturel cependant. Les mots prenaient une autre vérité sur ces banales feuilles d’imprimante râturées. Même la forme de mon écriture n’était pas semblable à l’habituelle, les lettres se faisaient plus penchées, penchées vers le bout de la feuille et la suite de mon histoire. J’aimais à voir cet élan retranscris jusque dans cette vérité-là. Je terminais non sans avoir écorché à plusieurs reprises la rythmique de mon texte dans des errements et des hésitations. Pourtant au fil de ma lecture, je retrouvais la musicalité de l’enchaînement choisi des mots et peu à peu cela devint naturel. Le plus dur était finalement de se jeter à l’eau. Inquiète que j’avais été de devoir prendre une décision lors de la séance quant à m’inscrire ou non jusqu’à la fin mai, tous mes doutes s’étaient envolés. Je me sentais bien au sein de ce groupe où chacun tâtonnait, nous tous dans la même dynamique, bienveillants les uns envers les autres, faisant ressortir toujours ce qu’il avait à retenir de chacun des textes présentés sans jamais flirter en rien avec une quelconque compétitivité.
» Vous avez une écriture poétique «
Je crois que jamais je n’ai entendu de chose qui m’ait fait plus émue et… pour une part… comme rassurée. Ces sujets donnés, loin de contraindre notre inspiration, au contraire l’ouvrait sur d’autres univers, d’autres situations non explorées et menant à des procédés nouveaux dont nous pourrons nous resservir plus tard, dans d’autres textes, face à une impasse. Comment faire ressortir l’émotion ? Sur quoi se baser dans notre récit pour ancrer des souvenirs ? Les deux grandes thématiques que je retenais de cette première séance extrêmement riche en émotion, inspiration et enseignements.
Et puis il y avait aussi ce temps pris pour l’écriture. Cet engagement qui en faisait un impératif au même titre que les autres. Combien j’aimais cela et combien en avais-je besoin pour ne pas m’oublier en cours de route ! Jamais de ma vie je n’ai voulu avoir de l’argent autant qu’à cet instant pour acheter tout ce temps qui me faisait cruellement défaut. Si je ne pouvais pas m’y consacrer entièrement, je savais que pour ces trois heures au moins il n’y aurait que les mots et moi.
Jusqu’à la fin mai, j’irais donc tous les jeudis soirs à cet atelier pour entraîner ma plume sur un autre terrain. Et dans le cadre de ce chemin vers l’écriture que j’ai à coeur de partager avec vous, je publierai les textes nés de ces séances chaque week-end. En début de cet article, le texte né du deuxième exercice qu’I nous proposa ce jeudi et demain, un texte plus long, le tout premier exercice d’écriture « imposée » auquel je me sois pliée
Belle journée à tous et à demain !
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Combien de fois n’ai-je pas dit « pendant ces vacances, je termine cette histoire/cette nouvelle/ce roman » ?. Pourtant, une fois arrivées et moi face au clavier, rien ne trouvait plus son chemin jusqu’à la page résolument blanche. Comme si les mots, vexés d’avoir été bridés si longtemps, ignorés, relégués à la seconde place se laissaient désirer. Cela m’énervait, ce comportement adolescent de n’avoir jamais autant d’inspiration qu’à la veille d’un examen, moment où j’avais milles choses plus urgentes à faire qu’écrire, ou au beau milieu de la nuit m’en laissant blanchir ainsi plus d’une. Et puis, j’ai compris que l’on n’écrivait pas sur commande, encore moins lorsque comme moi, on apprivoisait encore à peine cette activité singulière qu’est l’écriture. J’ai compris que c’était plus subtil, plus compliqué que ça mais surtout que c’était un vrai travail au-delà de l’amour des mots, du talent, du naturel que certains ont de les manier comme des notes de musique pour en faire des textes qui s’égrènent avec la même grâce que le tissu sous les mains d’un grand couturier et pourtant restent, ancrés, fixés dans les esprits de ceux qui les ont lus. Et que, comme tout travail, il nécessitait qu’on lui dédie du temps, de la persévération, qu’on lui laisse la place d’autant plus qu’il s’agit d’un art et non d’une technique que l’on apprendrait pour la reproduire à l’infini. L’inspiration se cultive à yeux grands ouverts et stylo/papier/traitement de texte toujours à portée de main, elle a besoin qu’on lui montre le chemin jusqu’à nous, encore et encore, sans jamais fermer les portes mais en prenant plutôt soin d’aller jusqu’à ouvrir les fenêtres.
Je vous avais parlé de mon introduction à la discipline si méconnue et décriée qu’est la méditation en première année de médecine. La pleine conscience de son corps et de l’instant, prendre le temps de faire le silence dans l’agitation et d’écouter ce qui se passe en soi et autour de soi. À l’époque je l’utilisais pour juguler mon stress avant d’aller me coucher pour réussir à dormir sans avoir à utiliser de substance nocives au fonctionnement cérébral (sic somnifères) et laisser loin le spectre des insomnies. Je m’en suis également servie le jour des examens pour me concentrer et mobiliser toutes les connaissances que j’avais engrangées au cours de ces longs mois sans me laisser submerger par le stress immense qui nouait tout ce qu’il y avait à nouer au-dedans de moi. Ce lien entre écriture et pleine conscience ne m’a frappée qu’en écrivant cet article : j’apprivoise la sensation d’écriture.
C’est à force d’écrire (car j’ai commencé tôt, bientôt neuf ans maintenant que naissait ma première petite nouvelle fragile au style hésitant) que j’ai pris conscience au tout début 2014 que lorsque j’arrivais à écrire et à aligner des mots dont je ne rougissais pas à la relecture, j’étais dans un état particulier. Et que cet état, je pouvais l’identifier en me concentrant sur mes sensations à ce moment-là précis pour pouvoir le reconnaître sans peine lorsqu’il se présenterait à nouveau à moi à l’improviste. J’ai ainsi fait le lien entre les jours où ça marchait et ceux où ça ne marchait pas. C’est là que se fait le pont avec la pleine conscience : peut-être que d’avoir appris à écouter ce qui se passait à un instant T de manière momentanée m’a rendue plus réceptive à ce fait là : quand j’ai quelque chose à écrire, et ceci je ne le contrôle encore pas, je suis dans un état émotionnel particulier. Souvent, je suis au bord des larmes. Ce ne sont pas des larmes de tristesse, loin s’en faut, j’y vois plutôt la métaphore de tous ces mots qui demandent à être sortir de moi pour gagner la page. Ecrire me bouleverse car soudain il n’y a plus seulement mes émotions mais celles que je projette sur tous mes personnages et que je vis en moi pour les rendre plus crédibles et plus palpables dans mes mots.
Au lieu de me fixer d’intenables objectifs « écrire tant de pages par jour » « consacrer tant de minutes à l’écriture« , depuis que j’ai conscience de ce fait-là, j’écoute et je saisis chaque occasion d’écrire. N’importe où et quoi que je fasse. Ainsi l’article que vous avez tant aimé (et de ça merci j’en ai été terriblement touchée) Du sable et des étoiles est né à deux heures du matin chez une amie depuis le sofa de laquelle on voit si bien la lune lorsqu’il fait nuit. L’amour attend à la station suivante est né dans le métro, une minute mille ans à la bibliothèque pendant les révisions… Et forcément en saisissant chacune des occasions qui se présente je progresse, car que ce soit d’art ou de sport qu’il s’agisse, l’entrainement est toujours l’une des clés.
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Cet article me permet d’introduire une nouvelle grande Rubrique « A writer on her road » venant remplacer « Words » au sein de laquelle vous retrouverez bien évidemment tous les textes que je publie ici sous l’intitulé « Tendres textes » mais aussi toutes les réflexions, les avancées, les doutes et les contributions au travail d’écriture. Je veux faire de cet espace un véritable laboratoire d’écriture avec essais, ratés, réflexions, astuces, analyse comparée, expériences diverses, où que vous soyez auteur confirmé ou en naissance, ou simplement intéressé, intrigué, interpellé par l’écriture vous puissiez trouver des clés mais aussi partager votre expérience, votre ressenti, votre approche des mots et de votre passion pour l’écriture. Vous allez certainement me dire que j’aurais l’air très fine avec cette rubrique si je n’arrive pas à être jamais publiée, j’y ai songé mais ma réponse définitive est « pas du tout ». Tout d’abord parce qu’être publiée est certes un rêve et aujourd’hui un but mais n’est nullement l’objectif final. Un peu comme la destination au bout du périple du voyageur importe peu en définitive que tout le trajet l’ayant mené jusque-là, toutes les étapes, toutes les réflexions et la construction personnelle nées de ce long périple, je pense qu’il n’y a pas de but ultime pour l’écrivain et que chaque livre n’est finalement qu’un gîte d’étape, une pause momentanée sur le chemin de l’écriture, comme une route que l’on ne quitterait jamais tout à fait. Et j’ai envie de partager mon avancée sur ce chemin-là avec vous, tout ce que j’essaie pour progresser, m’améliorer, toutes les découvertes, les déceptions, les joies, les désillusions.
Parce que l’important n’est pas tant d’y arriver que d’essayer et que nul effort n’est tout à fait vain même s’il ne nous mène pas toujours vers le but que l’on s’était de prime abord fixé. Rien n’est jamais perdu, jamais.
Je vous souhaite un excellent week-end à tous !
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