Une minute, mille ans


Une minute, mille ans - Texte court - Miss Blemish

Photo by Alexandra B.

Toi tellement tout devant moi qui ne suis rien. Moi ramassant des miettes d’une gentillesse offerte à tous faisant comme si elle n’était qu’à moi destinée. Je me berce de tes détails. Tout prend un sens sous la loupe de ceux qui veulent être aimés. Soudain il me semble que tous voudraient l’être par toi. J’en suis encore à l’heure où défaut ne peut se conjuguer à tes temps, forcément parfait puisque tu l’es pour moi. Je te vois comme on observe le paysage clair après la pluie, chaque détail perce et m’éblouit. Ce sourire qui toujours prend ses quartiers au coin de tes lèvres, cet éclat interrogateur dans tes yeux, ton rire parfois, souvent, une fois. Un point d’exclamation enjoué pour laisser tues tes interrogations, des talons qui s’éloignent loin de tes mains, de ta bouche, de tes bras. La magie doit restée tue, elle perd tellement dans les mots qui tentent de la décrire. D’un instant hors du temps, elle fait le récit banal d’une conversation amicale. Quelle dégringolade ! Les mots sont peu cléments avec mes illusions nourries de raisonnements aussi abracadabrantesques qu’ils sont servis par un esprit habile à la déduction mathématique. Les sciences au service de mes chimères, rien ne me séparaient plus d’y croire que de poser en deux mots, la banalité de trois phrases échangées au hasard d’un couloir.

 

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