Summer in Paris, corps des femmes & genre
Jeudi, seize heure, il y a Paris, la chaleur étouffante, les prospectus dont on s’évente – on les a pris cette fois-ci – un rendez-vous m’attend et pourtant mon pas pressé reste lourd et lent. Le ballet parisien anesthésié. C’est là que perce une voix discrète mais bien audible mêlée à la sensation on ne sait pourquoi si instinctivement désagréable d’être observée. Quelques mots mâchés et pourtant distincts me parviennent, une histoire de robe, de formes dévoilées, un « tu », des commentaires déplacés, mon « vos commentaires, vous les gardez pour vous » et une réponse comme on en a vu, entendu, lu milles fois et qui toujours coupent le souffle, noient la raison : « c’est toi qui me montre… ».
Je me « montre » tant que je viens jusqu’ici poser ces photos de ce moi suggéré indécent. Montrer glisse insidieusement la notion d’une provocation. Montrer… provoquer. Mes cheveux, mes épaules, mes bras, mes mains, mon buste, ma poitrine, mes hanches, mes fesses, mes jambes, mes pieds, toutes ces parties de cet ensemble que nous partageons tous, cet ensemble normal et cohérent prend chez la femme un sens qu’on lui a collé et avec lui une responsabilité sur le comportement d’autrui. N’est-ce pas étonnant d’avoir hérité à la naissance du même corps que chacun et d’être pourtant déjà responsable devant les hommes d’assurer sa protection par la plus extrême discrétion quant à son existence et sa géographie ? N’est-ce pas étonnant de la part d’un représentant du sexe dit « fort » de se montrer si faible en invoquant l’incapacité à refréner des pulsions animales – animaux si forts mal traités et si peu estimés dans notre société – devant des jambes dénudées ? Peut-on accepter cette injonction à se cacher sous peine de représailles « provoquées » ?
J’ai la chance de ne pas avoir été confrontée souvent à cette situation de me sentir proie et victime de mon propre corps face à des autres malveillants. Mais récemment et sans avoir souvent été en première ligne, je me suis aperçue être gênée, mal à l’aise dans certains vêtements à la liste desquels on peut trouver robes, shorts, jupes, imprimés fleuris, coupes ajustées. Je me suis interrogée sur l’origine de cette gêne qui supplante le simple changement de goût, l’émancipation minimaliste en rupture avec les formes et imprimés désertés au seul motif d’être aujourd’hui encore trop attachés à un avant adolescent. J’ai interrogé la part revenant aux images du corps placardées qui subtilement viennent à nous faire interroger la forme du nôtre, à questionner l’arrondi du ventre, la courbe d’une épaule, la taille des jambes, le dessin flouté de muscles peu sollicités, le rebondi d’un mollet, la finesse des chevilles, le velouté de la peau jusqu’à sa teinte… Et puis j’ai interrogé le regard, cette donnée qui manquait encore à mon tableau. Hier, en pleine canicule dans le metro je me suis extraite à l’habitude – pas de livre, pas de texte en court d’écriture – et j’ai levé la tête dans la foule, observé les hommes autour de moi et leurs regards sur les femmes nombreuses qui toutes revêtaient vêtements courts et légers pour affronter la chaleur caniculaire. Et ma gêne insidieuse, indéfinie a trouvé un début de réponse fondé et concret avec les yeux posés sur la courbe de seins dévoilés par une robe ajustée, ceux qui remontent, descendent, scannent le corps d’une femme qui parle à une amie, ceux qui s’arrêtent juste à la lisière d’une jupe, ceux qui regardent sévères la mine crispée, ceux qui ont les sourcils tantôt relevés, tantôt froncés en signe d’une muette désapprobation.
J’aime être une femme. J’aime m’adonner à ce que ma culture m’a appris comme étant des activités féminines et qui ont construit mes habitudes. Mais je n’aime pas l’image et le rôle que la société a construit, établi et cultivé pour nous. Je ne me suis jamais revendiquée féministe mais n’ai jamais non plus été non féministe, je n’avais simplement pas pris le temps de mettre de mots sur mes idées, ne me sentant ni le besoin, ni la légitimité de le faire étant donné mon éloignement de toute forme de militantisme. Au quotidien je suis pourtant loin d’être la dernière à me lever – oubliant toutes mes barrières, toutes mes insécurités – contre les injustices faites entre hommes ou contre les femmes. Mais petit à petit cela fait son chemin. Je m’interroge sur ce que l’on attend qu’il m’incombe comme rôle dans le jeu de la société, du couple, de la maternité. Je surprends comme souvent lorsqu’il s’agit de la parole d’une femme, la moquerie, la dérision devient facile et coutumière et comme ça l’est beaucoup moins lorsqu’il s’agit d’un homme à niveau de compétence et de connaissances pourtant égaux. J’entends comme l’équilibre d’un enfant et plus encore ses problèmes, ses difficultés sont souvent attribuées aux choix faits par sa maman, excluant le papa du tableau. Comme une maman a toujours tort. Qu’il s’agisse de travailler ou non, de faire garder son enfant ou non, de l’allaiter ou pas… Cela me met hors de moi de voir une femme soudain réduite à son statut de mère sitôt l’instant où elle devient maman. Comme peu à peu tout se recentre autour d’elle sur son enfant jusqu’à ne plus voir la femme et toutes les facettes multiples de sa personnalité, occultées et pourtant toujours existantes.
Je me pose la question de la virilité et du poids que cela doit être d’être « fort ». De n’être pas dans son bon droit d’être ému, de pleurer, d’être effrayé. Et je me dis qu’il y a tant à gagner, des deux côtés, à trouver l’égalité. Qu’un papa soit aussi important aux yeux du monde qu’il l’est dans ceux de son enfant qui aime autant son papa que sa maman, l’écoute tout autant, l’admire et s’y réfère pareillement. Qu’une femme n’ait plus à rougir de son corps, d’avoir chaud, soif, faim, de transpirer, d’EXISTER. Que cela ne soit plus une honte de pleurer, rougir, être fort ou forte, de taper du poing sur la table, d’avoir des convictions ou rien à dire. Que l’on arrête avec ces réflexions « ah ben vous avez voulu l’égalité » lorsque l’on demande de descendre la poubelle, de changer une ampoule, ou de faire les niveaux de la voiture. Que l’égalité ce n’est pas vouloir faire tout toute seule, s’approprier à tout prix ce que la société à donné aux hommes comme étant « masculin » quitte à alourdir encore les charges qui nous reviennent mais tout simplement avoir le choix et pouvoir faire tout si l’on en a l’envie et les capacités. Que l’égalité ce n’est pas mettre femmes et hommes au service militaire obligatoire mais qu’une femme puisse s’engager sur le terrain si c’est ce qu’elle désire. Qu’un homme puisse être sage femme. Pour moi l’égalité c’est la liberté de pouvoir prétendre et postuler à tout sans qu’il nous soit opposé notre sexe. Pouvoir accéder à n’importe quelle activité. Pouvoir être soi, tout simplement, ni seulement un Homme, ni seulement une Femme. Juste être Soi.
Je suis gênée dans certains vêtements pourtant après y avoir bien réfléchi et poussée par la chaleur de ces derniers jours j’ai trouvé ma réponse à celle-ci : je continuerai à montrer mon corps en été. Parce que c’est un droit précieux que nous avons et même si je ne le crois pas en danger, c’est à force de nous montrer, à force de banalisation de ce corps trop longtemps diabolisé qu’il gagnera son émancipation. Son droit d’exister sans connotation sexuelle.
Et toi, tu as déjà été confrontée au harcèlement de rue ? Comment vis-tu ton corps de femme ?
Robe – Friperie (déjà vue ici)
Pendentif – Virginie Monroe (boutique Rue de Charonne à Paris)
Sandales – Charlie de Sezane
Sac – Kesslord
Sur ces photos, mon teint n’est pas maquillé et aucun de ces liens n’est affilié
Partager la publication "Summer in Paris, corps des femmes & genre"
















Juil 02, 2015 @ 22:40:25
J’ai déjà été sifflée, interpellée par des mecs en rut dans la rue. ce n’est pas flatteur, c’est vulgaire, comme si nous étions des bouts de viande prêtes à être consommées. Je vis bien mon corps de femme, j’ai de la poitrine et des formes et je m’habille comme il me plaît. je reste dans le décent car un micro short qui rentre dans les fesses ça fait vulgaire pour moi ( et bonjour les mycoses aussi ), ou une mini jupe avec des collants résilles très peu pour moi mais après chacun s’habille comme il veut du moment qu’il assume son corps et sa tenue . Mais non au harcèlement dans la rue
Juil 03, 2015 @ 18:55:48
« Non au harcèlement de rue » : voilà. Et je crois que tu as tout dit, la tenue d’autrui peut ne pas être de notre goût mais ça n’est nullement à nous d’en juger. La seule tenue dont nous pouvons nous faire juge, c’est la nôtre. La maman d’un ami lui disait lorsqu’il était petit : « une femme pourrait se balader nue dans la rue, c’est son problème, son comportement et certainement pas une raison ni une excuse pour l’agresser car tu restes responsable de ton comportement à toi. » Et je trouve que l’on devrait dire ça à chacun : nous sommes responsables de nos actes et ceux d’autrui ne doivent pas se faire en nous excuse à nos mauvaises décisions et actions.
Merci pour ton petit mot ! A bientôt !
Juil 02, 2015 @ 22:58:46
C’est triste de constater qu’aucune femme ne semble échapper au harcèlement de rue… Cela m’est arrivé, plusieurs fois, dont une vraiment flippante lorsque je rentrais seule en métro d’un concert. Un homme d’une cinquantaine d’année s’approche d’un peu de trop près et me sort « t’as de beaux yeux tu sais » (phrase entendue tant de fois, jamais par des personnes intéressantes). Je ne réponds pas et m’eloigne un peu. Il insiste et me caresse la joue « vas y, fais pas ta timide ». Dégoût total…
A l’époque ça n’a pas trop eu d’incidence sur moi. Je n’ai pas changé ma façon de m’habiller, qui n’a d’ailleurs jamais été provocante, je ne me suis pas arrêté de sortir même si cela signifiait rentrer parfois seule la nuit. Maintenant c’est différent. Je me sens beaucoup plus flippette qu’avant. Je ne me sens pas toujours rassurée dans la rue. Peut être est ce du au fait d’être en couple, de s’être habituée à une présence protectrice… Il y a quelques semaines, j’ai echangé ma jupe contre un jean pour aller faire du shopping à Euralille. Ça a été un déclic, et j’ai décidé que c’était bien la dernière fois que je changeais de tenue par peur d’une réflexion.
Juil 03, 2015 @ 18:52:38
J’ai ressenti ça aussi, ce changement depuis que je suis en couple. Je m’autorise des choses que je ne faisais jamais avant par peur comme me balader dans Paris la nuit alors que c’est pourtant sûrement ce que je préfère ici ! Paris la nuit a un petit quelque chose de magique, bien plus serein qu’en pleine journée. Et puis, au début, j’ai eu une période où j’ai vu ma peur monter en flèche à l’idée de rentrer seule tard le soir alors que maintenant je suis habituée à ce que ça ne soit plus que très rarement le cas… Aujourd’hui j’essaie vraiment de ne pas limiter mes activités en fonction de cette peur-là, et même si j’y pense toujours à un moment ou à une autre de la soirée, j’essaie vraiment de ne pas moi-même m’enfermer.
Merci pour ton petit mot et d’avoir partagé ton expérience ici !
A bientôt !
Juil 02, 2015 @ 23:15:53
Hé bien moi, c’est simple, je ne sors plus ni en jupe, ni en short. Je suis toujours en pantalon.
Si je dois montrer quelque chose, ce sera plus le décolleté, parce que je suis moins gênée et parce que je peux mettre un gilet par dessus pour cacher (même en été, quand il fait très chaud oui oui)… J’ai aussi quasiment toujours une écharpe autour du cou.
Cacher mes jambes est, je crois, dû à mon enfance où l’on m’a tellement rabâché que j’étais maigre et blanche, ç’a été radical. Je n’ai remis un short, pour la première fois, qu’il y a deux ans, en Floride, loin de tout regard non approbateur (merci les USA! Pour ça, ils ont tout compris et laissent les gens vivre dans leur coin), l’été dernier en Angleterre, et ici aussi en Nouvelle-Zélande, parce qu’on est dans le même principe (j’ai même craqué pour une jupe-short que je ne porterai qu’ici, je crois !).
Quand au féminisme… Je crois que tout le monde devrait l’être et les femmes en premier, bien-sûr. Vouloir l’égalité des corps pourrait même en être l’unique et seule raison. Quand j’habitais en banlieue, pas un seul jour ne passait sans me faire klaxonner ou parler dans la rue… Alors que franchement, niveau look, on a connu mieux que moi… Je crois que c’est ce qui a renforcé mes convictions. Je ne suis pas un bout de viande, et non, les commentaires ne sont pas flatteurs. (en tout pas les leurs !)
Je me souviens du mec, alors que je faisais mes courses, pressée de rentrer chez moi, qui m’a dit « salut bébé! » dans un rayon… Mais WTF ?
Bref, je vais arrêter ce long commentaire ici, tu as compris le principe :-)
Je suis d’accord avec toi, tout le monde devrait pouvoir faire ce qu’il veut de lui-même.
Juil 03, 2015 @ 18:48:59
Merci Alexandra pour ton long mot ! Il m’a touchée, émue et révoltée. De quel droit juger l’apparence du corps et la manière de le vêtir !? Décidément c’est quelque chose qui pour moi ne passe pas.
Je garderai cette phrase parce qu’elle résume absolument tout : « tout le monde devrait pouvoir faire ce qu’il veut de lui-même ».
Merci encore d’avoir partagé tout ça ici :)
A bientôt !
Juil 02, 2015 @ 23:17:17
Venant d’un petit village, j’ai du vivre à Paris pendant 2 ans pour mes études et qu’est ce que je détestais les beaux jours .. Il faisait plus chaud (surtout dans les transports en commun) alors il fallait se découvrir pour être à l’aise, mais finalement je n’étais pas forcement plus à l’aise avec tous ces regards braqués sur moi ..
Les Hommes et leur comportement animal m’exaspèrent toujours un peu plus chaque jour, c’est quelque chose que je ne supporte plus !
http://sarahphotographie.blogspot.com
Juil 03, 2015 @ 18:46:40
Je comprends (et partage) ton ras-le-bol mais je suis optimiste car les choses changent, j’en suis persuadée. Les prises de conscience sont là, peut-être pas encore de manière majoritaire mais elles émergent. Le féminisme perd peu à peu le costume que ses opposants ont plaqué sur lui.
Merci d’avoir partagé ton expérience ! Moi aussi je viens d’une plus petite ville que Paris et il est vrai que je n’avais jamais été confrontée à ces choses-là avant de venir habiter ici.
A bientôt !
Juil 03, 2015 @ 08:25:03
Tu es vraiment très juste dans tes propos, je te rejoins complètement. Je comprends ta décision de ne pas vouloir te « cacher » et l’admire ! J’ai pris le chemin inverse. Si je porte des jupes ou robes, elles sont sous le genou. Je fais attention à mes débardeurs/t-shirts. En somme, je préfère éviter toute interprétation venant de ces messieurs (même si on n’empêche rien, bien évidemment) et finalement je me sens mieux ! Plus à l’aise et libre lorsque moins de regards s’attardent sur moi. Je suis sûrement naïve, ça ne suffit pas. Mais depuis ce changement, j’observe tout de même moins de remarques lourdes ou regards insistants. Ce que je veux, c’est qu’on me laisse être, vivre en toute liberté en tant que femme. Vu que je sais que le changement ne viendra pas des hommes relous, je change moi-même et je ne m’en sens pas spécialement contrainte étant donné que je n’aime pas spécialement les vêtements courts qui font assez vulgaires sur moi je trouve. Je t’embrasse et bravo pour ce texte !
Juil 03, 2015 @ 18:43:06
Merci Clara <3 Je crois que le plus important c'est d'être à l'aise. Si la peur d'une réflexion vient gâcher tes journées parce que tu t'es habillée d'une manière qui ne te convient pas, c'est complètement contreproductif. Tu as bien raison de t'écouter.
A bientôt et encore merci pour ton petit mot !
Juil 03, 2015 @ 08:30:48
A bordeaux c’est plus calme niveau agressions verbales ou drague dans la rue, mais je comprends tout à fait ce malaise, puisqu’il est bien présent dans notre société en générale. On a encore beaucoup à faire je crois pour se sentir vraiment bien en tant que femme (à tous les niveaux).
Moi, là où je me sens mal à l’aise c’est quand le soir (un peu tard parfois) je promène mon chien seule, parfois en tenue (décontractée) et que je tombe sur un homme seul (ou même plusieurs) dans une rue peu passante et mal éclairée. C’est bête, mais j’ai toujours un malaise, une peur qui survient que j’essaie de raisonner, comme s’il pouvait m’arriver quelque chose. Je presse souvent le pas, mais je trouve que même ça, ça ne devrait pas être dans nos consciences. On devrait se sentir libre d’être sans la peur, sans la gêne. La journée c’est différend, j’ose me mettre en short, etc.. mais comme je l’ai dit à Bordeaux c’est plutôt calme comme ambiance.
Ta tenue est magnifique et tu as raison, avec cette chaleur on a le droit nous aussi de se vêtir léger.
Bises
Juil 03, 2015 @ 18:41:24
Merci pour ton petit mot ! Je partage la même peur que toi d’être seule dans la rue tard le soir. J’essaie au maximum de ne pas limiter mes activités en fonction de ça mais c’est souvent plus facile à dire qu’à faire… il existe toujours une arrière pensée et plus d’une fois je me suis dit « en plus, dans cette tenue, si je me fais agresser on dira que je l’ai bien cherché » chose que l’on n’a pas forcément besoin d’entendre dans des circonstances aussi tragiques. Je crois que nous avons tous à nous rééduquer à ce niveau-là :)
A bientôt !
Juil 03, 2015 @ 11:38:24
« Son droit d’exister sans connotation sexuelle. » Je suis tout à fait d’accord, mais c’est un message qui a de la difficulté à passer même auprès des hommes plutôt modernes. C’est énervant de se faire dire qu’on s’habille de telle ou telle façon pour attirer les hommes, comme si cela était notre seul désir !
Au début quand je suis arrivée à Paris, j’ai eu pas mal de soucis comme tu racontes, j’ai changé un peu ma façon de m’habiller et maintenant je ne me fais plus embêter. A ce niveau j’aime quand même mieux l’Angleterre et l’Amérique du Nord où on a pas besoin de se soucier du regard des hommes!
Juil 03, 2015 @ 18:37:10
Je suis entièrement d’accord avec toi et ai été plusieurs fois confrontées à ce genre de réflexions qui même si elles ne m’étaient pas adressées m’ont toujours foncièrement agacée. Que de nombrilisme ! La pensée commune fait des femmes des êtres dont le seul dessein serait de plaire et de séduire alors que la première personne à laquelle on veut plaire : c’est nous mêmes !
Je n’ai pas suffisamment vécu dans les pays anglo-saxons pour noter la différence mais tu n’es pas la première à la citer dans les commentaires. Je vois ça comme un signe d’espoir : si c’est possible ailleurs, aucune raison que cela ne le soit pas chez nous !
Merci pour ton petit mot et à bientôt ! :)
Juil 18, 2015 @ 21:49:43
Le harcèlement sexuel est très sévèrement encadré par la loi aux Etats-Unis, la différence entre ici et là-bas tient très probablement à ce détail là.
:)
Juil 03, 2015 @ 11:52:29
Jolie ta tenue en effet, le regard de l’être humain est très éloquent.
Bonne journée.
Juil 03, 2015 @ 18:32:19
Merci pour ton petit mot <3 Et je crois qu'il est grand temps de s'en émanciper de ce regard-là ! :)
A bientôt !
Juil 03, 2015 @ 12:36:54
Chère Miss :)
Je te découvre aujourd’hui parce cet article très bien écrit, je rejoins tes idées, je n’ai pas pour habitude de poster des messages, je suis plutôt discréte et passive dans la blogo mais ton article m’a fait réagir.
J’ai aussi fais des choix, le choix de m’affirmer dans mes différences, d’avoir un chéri sensible qui m’émeut, d’assumer mon corps même si je veux être plus mince, d’assumer mon hypersensibilité, ma forte poitrine…
Tout ca est difficile à cause du regard des autres, ce fameux regard qui peut détruire mais je suis comme toi une femme, fière de l’être alors pour ca et pour toutes celles et ceux qui ne peuvent pas je vis et assume mes idées !
Juil 03, 2015 @ 18:33:53
Merci pour ton petit mot et bienvenue ! J’espère que tu te plairas par ici :)
Merci d’avoir partagé ton expérience, je me retrouve dans tes mots, nous sommes sur le même chemin – difficile parfois – de l’acceptation. Mais il y a tant à gagner que le prix ne me semble plus si cher à payer :)
A bientôt !
Juil 03, 2015 @ 12:46:49
Très belle article, tellement juste… (et très jolie tenue aussi, au passage)
Le coup du « c’est toi qui me montres », c’est quand même incroyable…
Juil 03, 2015 @ 12:47:36
Très BEL article bien sûr, arf (je ne me suis pas relue )
Juil 03, 2015 @ 18:24:07
Oui, ça m’a soufflée. Et culpabilisée. Pendant un quart de seconde avant que la raison ne reprenne le dessus, le choc et la colère avec elle.
Merci pour ton petit mot ! :)
Juil 03, 2015 @ 13:20:04
Sur le « statut de mère » … Je ne sais pas très bien pourquoi on diabolise ce statut, enfin si je sais … mais dans un monde décent, il n’y aurait pas lieu de diaboliser ce statut car comme tu le dis, le statut de père serait tout aussi important. Je n’aime pas les gens qui se rebellent contre ce « statut de parent » … OK, tu n’es pas « que ça » mais en même, qu’y a t il de réellement plus important qu’une vie dont tu es devenu(e) responsable ?? Je suis vraiment contre cette idée d’encourager les gens à s’émanciper de leur statut de parent car les effets sont pervers! Je pense qu’être parent, l’assumer et le vivre pleinement, ça n’empêche pas de continuer d’être soi ?
Bref.
Oui. Déjà été harcelée. Tutoiement, sensation de se sentir « proie » comme tu l’évoques. Mais bon. Ça c’était en région parisienne, là où les bêtes (ils ne méritent pas le titre d’animaux) copulent et ne reçoivent jamais d’éducation … Triste pays que les grandes villes pour ça! En Province et petites villes, y’a quand même moins de cons au mètre carré … Je te soutiens à 300% dans ton choix de montrer tes gambettes.
Je ne suis pas à la recherche de l’égalité (je suis davantage pro complémentarité mais c’est un autre débat), je ne suis pas féministe / anti-féministe mais il y a des choses sur lesquelles il ne faut pas lâcher!
En ce moment, je regarde « la petite maison dans la prairie » et j’hallucine GRAVE. J’ai été élevée avec cette soupe naïve et bonne tous les midis ou tous les soirs pendant plusieurs années. Et aujourd’hui, quand je regarde la société dans laquelle j’évolue, j’arrive juste à me dire « Le monde devient fou » …!
Excellent billet, qui fait réfléchir :)
Juil 03, 2015 @ 18:22:18
Je n’avais pas pour idée de faire passer un message de « déresponsabilisation » des parents devant leur enfant et si tel est ce qui a pu transparaître de mes mots je m’en excuse, ce n’était pas du tout ce que je voulais exprimer. Je suis extrêmement consciente de la responsabilité qu’est de mettre un être humain au monde dont la seule protection face à celui-ci sera ses parents. Pour avoir eu deux parents exemplaires, présents, aimants, dévoués, je ne sais que trop le travail, la patience, l’amour que demande un enfant. Je suis de ceux qui pensent qu’il n’y a aucune honte à ne pas vouloir d’enfant et qu’il est bien plus juste d’être honnête envers soi-même sur ce sujet-là plutôt que de ne pas leur accorder le temps, l’amour et l’affection dont ils ont besoin. Ce que je voulais dire dans cet article, c’est que les hommes peuvent plus facilement revendiquer les autres facettes de leur personnalité que les femmes lorsqu’ils deviennent parents. Un enfant va forcément faire bouger la construction de la personnalité de ses deux parents et prendre une large place dans leur vie. Ce n’est pas ce que je questionne. Ce que je voulais dire c’est que c’est une responsabilité partagée à part égale et qu’aucun parent aimant n’est plus coupable que l’autre. Et que dans un monde où l’on prendrait ce fait-là pour acquis, les problèmes de l’enfant ne seraient pas systématiquement attribués aux choix de sa maman qui a le droit – et le besoin même – de continuer à exister pour elle-même au-delà de son rôle de mère.
Pour ce qui est du égalité VS complémentarité, il ne me semble pas que ces notions soient opposées mais pour le coup… complémentaires ! C’est ce que j’essayais d’exprimer avec l’histoire des lampes, des poubelles et des niveaux d’huile. L’idée n’est pas de vouloir faire absolument TOUT ce que la société a étiqueté « masculin » mais de pouvoir le faire. Et c’est là qu’est toute la nuance. Je suis pour que nous n’ayons pas de places et de rôles prédéfinis et qu’ils puissent bouger au gré des relations qui s’établissent, de nos goûts, de nos préférences, de notre force, de nos capacités, de notre personnalité. Ce dont je suis contre ce sont les barrières, les limites au seul motif du sexe. Si mon amoureux aime tondre le gazon et que je déteste faire ça, je ne vais pas faire une scène au nom du féminisme pour le faire au prétexte que je suis capable de le faire. En revanche, je veux qu’on ne me bloque pas l’accès à cette tâche si ma passion est le jardinage. C’était un peu l’idée mais c’est vrai qu’il est toujours difficile de tout mettre bien dans l’ordre :)
Merci pour ton petit mot et d’avoir partagé ton expérience, c’est très enrichissant :)
A bientôt !
Juil 03, 2015 @ 19:55:09
Je n’ai pas eu l’impression que tu incitais à la « déresponsabilisation ». Non, non. Ton billet a juste entraîné une réflexion écrite là dessus … Je vois tellement d’enfants en souffrance. Tellement de parents qui ne devraient pas l’être. Mais je crois aussi que je suis hyper-sensible sur ces sujets là … Une enfance malheureuse, ça laisse des marques. BREF.
Quant à l’égalité / complémentarité. C’est certainement, au fond, une histoire de vocabulaire.
J’ai tout à fait compris ta pensée, je n’y suis pas opposée…
Juil 03, 2015 @ 13:42:25
« c’est toi qui me montres ». J’ai cette phrase en horreur. Montrer quoi? Et puis on s’habille avant tout pour soi, et non pour montrer. Les hommes croient quoi? Qu’on s’habiller pour leur dévoiler une partie de notre anatomie. C’est scandaleux.
Quoi qu’on fasse notre corps sera toujours plus ou moins exposé. Que devons nous faire alors?
Comme le notait une jeune femme sur mon blog il y a peu « Ne pas reculer. Ne pas se forcer à porter une jupe longue si on veut en porter une courte ».
Elle a raison et je me le répète quand parfois le matin je m’habille et je me demande si je peux me permettre de porter telle ou telle chose. C’est fou qu’on en soit encore là aujourd’hui.
Je crois qu’on a toutes eu un jour ou l’autre à faire à de telles remarques désobligeantes. Pour tout te dire, ça ne m’atteint pas ou plus. Je continue à porter des jupes et des robes. Nous sommes libres, ne l’oublions pas!
Juil 03, 2015 @ 18:08:55
Merci Marie ! « On s’habille avant tout pour soi, non pour montrer » : c’est exactement ça. Je ne lui montre rien à lui en particulier, j’existe, c’est lui qui me regarde. J’avais déjà reçu des remarques déplacées voire même obscènes mais hier ça a pris un caractère différent, la vulgarité ne primait pas, c’était de la perversion, de l’intrusion. J’ai été très mal à l’aise et pour tout te dire malgré la rue bondée j’ai eu peur.
Ta lectrice a raison, je vais mémoriser cette phrase et m’en rappeler.
Merci encore pour ton petit mot ! A bientôt !
Juil 03, 2015 @ 15:25:10
C’est fou parce que je vis ça au quotidien, dès que les températures nous permettent de cesser de se cacher sous 10 couches informes. Il se trouve que des formes, moi, j’en ai, et plutôt beaucoup si j’en juge par les regards, sifflements, réflexions grivoises et autres mains baladeuses. Le moindre short fait ressortir ma cambrure trop marquée, le plus simple des débardeurs met en valeur ma poitrine bonnet D, bref, je représente le péché dans toute sa splendeur, le corps tentateur que la bienséance devrait nous obliger à cacher …
Inutile de dire que je ne vois pas mon corps de la sorte, je ne l’ai jamais vu ainsi et même avec une jolie robe rouge et du rouge à lèvres j’ai du mal à me sentir particulièrement « sexy », c’est dire.
Pour autant, je subis regards et agressions orales (pour la plupart) depuis l’age de 11 ans, époque à laquelle j’ai dû commencer à mettre des soutien-gorges. J’étais une enfant. je suis restée « enfant » très longtemps, encore aujourd’hui j’ai un visage enfantin, poupon, on ne me donne pas souvent 19 ans alors que j’en ai bien 27. Toute cette tirade pour témoigner du regard dégueulasse de beaucoup trop d’hommes, quelque soit leur âge. Et surtout quelque soit le nôtre. J’ai dû m’endurcir et apprendre beaucoup trop tôt à envoyer balader l’homme de l’âge de mon père qui me caressait les fesses dans le métro, à gifler l’individu alcoolisé qui ne voyait pas le mal en me tâtant la poitrine au coin de la rue, à remettre à sa place l’idiot du village et ses « mad’moiselle tu suces??? tu réponds ???? salope ». Et aujourd’hui je suis révoltée quand je vois ces mêmes hommes emmerder de toutes jeunes filles qui n’ont pas encore le caractère suffisamment fort pour se défendre, surtout face à des hommes plus âgés qui représentent pour beaucoup une autorité presque paternelle. Ça me révolte, ça me dégoute, je ne trouve même pas de mots. Et cette explication vaseuse de « elle avait qu’à pas se montrer comme ça aussi… » ça me retourne l’estomac. Comment peut-on se regarder dans le miroir en réagissant comme ça. Ces gens n’ont donc pas de femme, de sœur, de mère, de fille ? Ou alors ils les cachent, grands jaloux, du regard extérieur ?
Je pense que la solution réside non pas dans le fait de cacher son corps (plus facile à dire qu’à faire lorsqu’on prévoit de rentrer seule alors qu’il fait nuit, je me bats avec moi-même au quotidien pour ne pas succomber à l’envie de passer totalement inaperçue dans des vêtements informes que je n’aime pas…) mais bien dans l’éducation des petits, des jeunes, en particulier de nos garçons qui sont pour la plupart particulièrement intelligents et capables de ne pas agir comme des animaux -> merci, Capt’n obvious, malheureusement pas si obvious que ça -_-*
Juil 03, 2015 @ 18:04:20
Merci Marine d’avoir partagé ici ton expérience. C’est effarant de voir ce que à quoi tu as été et est toujours confrontée et surtout l’âge auquel ça a commencé… Je partage entièrement ton avis concernant l’éducation des jeunes garçons mais aussi des jeunes filles. Je trouve d’ailleurs que les mentalités évoluent, même si elles le font doucement. Peu à peu, ce qui était banal hier devient choquant et à juste titre et j’ai vraiment bon espoir que d’ici quelques temps ce ne soit pas le short dont on s’offusque mais des paroles de ceux qui persisteront à faire commentaires, gestes et agressions sous prétexte de…
Merci encore pour ton mot <3
Juil 03, 2015 @ 20:12:39
Ton texte est super bien écrit et très beau. Je me suis complètement retrouvée dedans. Il y a deux ans je me suis retrouvée mal à l’aise dans ce corps de femme en été du coup, je m’interdisais tout ce qui était short et autre à cause des regards des hommes et même d’autres femmes. Aujourd’hui en ayant grandi et pris un peu plus de recul sur cela, je me suis dit que quoi qu’il arrive j’aurais toujours des regards pas très sains venant de certains hommes (très con) et que je ne devais pas m’interdire de vivre dans mon corps de femme pour eux. C’est pour cela que je suis d’accord avec toi quand tu dis que l’on doit continuer à montrer ce corps et je rajouterais fièrement pour qu’il soit éloigner de toutes connotations qui ne sont pas celles que l’on veut montrer quand on s’habille :).
Merci pour ton article ! Ta tenue est très jolie et j’aime trop tes talons.
Bisous xx
Noémie
Juil 03, 2015 @ 21:28:01
J’ai vécu de grands drames dans ce domaine mais ce qui me rends dingue c’est que j’ai croisé des hommes torses nus à Paris et cela fait rire ou sourire et une femme en jupe reste une pute… Bref
Je parle personnellement d’équité. Nous sommes différents donc pas ego mais l’accès au même droit devrait être essentiel. Quand je parle de droit c’est aussi celui de porter un short quand il fait chaud ou d’avoir le même salaire. Continue d’y croire merci pour tes belles photos et tes bons mots
Juil 03, 2015 @ 21:38:20
J’adore ton look! C’est simple mais efficace!
Liyustyle
https://liyustyle.wordpress.com
Juil 04, 2015 @ 09:59:53
Très très bon article ! Je comprends tout à fait le malaise mais en même temps le fait que tant pis, tu es une femme et tu as envie de porter cette identité ! Je suis moi-même souvent confrontée au harcèlement de rue, pratiquement tous les jours où je sors en ville. Mesurer 1m86-7 favorise le harcèlement crois moi, le « T’es bonne, salope! » combien de fois l’ai-je entendu. Ce sont des choses qui m’exaspèrent mais qui ne me touchent plus aujourd’hui. A ces propos je réponds tout simplement « on se calme, je suis un être humain » ou je passe mon chemin sans me retourner. D’ailleurs depuis que j’ai créé mon blog les messages de type « relous » affluent dans ma boite mail à vitesse grand V. Mais bon c’est le prix à payer. Malgré tout je reste positive et comme toi je m’aime femme et je ne vais pas arrêter d’en être une parce que des idiots se pensent super puissants.
En tous cas continue de faire des photos, de te « montrer » ce n’est évidemment absolument pas provocant !
xxx
Jade
Juil 04, 2015 @ 11:31:50
Bel article !
Je crois que la canicule a un effet positif sur moi, elle me force à me rendre compte que je ne peux pas mettre mon bien-être au second plan. Si on crève de chaud, je ne dois pas mettre un pantalon en espérant « être tranquille » et suer à grosses gouttes. En short ou en pantalon ce ne sera jamais de ma faute si je me fais emmerder, puisque le moindre détail physique peut servir aux harceleurs de rue. Quand j’étais ado et habillée comme telle, je me souviens des « t’as de beaux yeux » que des mecs de l’âge de mes parents utilisaient pour valider mon physique dans la rue.
En attendant je sors habillée à peu près comme je veux, avec mes écouteurs pour ne pas entendre les remarques (les regards je peux tourner la tête pour ne pas les voir). Ca me rend vraiment triste d’oublier de quoi écouter de la musique pendant le trajet.
J’ai vraiment hâte que ça change. Je veux y croire parce qu’on entend des témoignages de mères, de femmes qui ont passé la fringante vingtaine et se font encore harceler. Je ne veux pas que ça dure toute la vie …
Juil 04, 2015 @ 15:02:46
Je viens d’une petite ville et quand je lis ou entend des propos sur les harceleurs de rues , il m’arrive de me demander si cela ne va pas de pair avec les très grandes villes .. La ou je vit ou lorsque je vais dans la ville la plus grande à coté , je n’ai jamais eu de soucis , des phrases de dragues oui , mais toujours poli , et lorsque je décline il n’y aucunes insultes ou autres . Je me demande aussi si ce n’est pas un brin générationnel , j’ai une amie qui vit à Paris et elle est souvent confrontée à des hommes lourds , et elle m’a dit qu’en règle général c’était toujours la même tranche d’age , toujours à peu près le même style d’homme , c’est un ressenti que partage ses amis de la bas , je ne sais donc pas quoi en penser . Chez moi les choses qu’ je déteste dans la rue viennent la majorité de filles ou femmes , c’est plutôt des phrases lancés très fort pour que la personne entende bien , des rires moqueurs , je me demande si les gens se rendent compte du poids des mots , nous ne sommes plus au collège alors voir ça me m’énerve au plus haut point , j’ai même eu une période ou je n’osais plus sortir de peur d’entendre quelque chose .Meme en s’habillant comme les autres , en étant mince , en étant soi disant noyées dans la masse , il y a avait toujours des humiliations de rues . Maintenant j ‘ose regarder les gens et leur répondre . Les gens ont vraiment peu de choses à faire de leurs vies pour être ainsi en extérieur …
Juil 05, 2015 @ 02:09:00
Lundi soir je suis sorti courir, j’habite dans une ville de taille moyenne plutôt réputée pour son 3ème âge. J’ai du partir de chez moi vers 21h30, en tenue de sport, cheveux sales attachés, démaquillée et forcément EN SUEUR. Bah non j’ai pas pu faire 100m, je me suis fait arrêtée, sifflée, insultée (pardon complimentée) au moins 4 fois en 15 min. Par dépit je rentre chez moi. Je trouvais ça tellement malsain et ça m’a mis dans une situation d’inconfort totale dans cette ville que j’adore et que je connais par coeur. J’avais lu plusieurs articles sur la rue espace masculin, les femmes ne font que passer et ne s’arrête jamais. Nous on va quelque part, on traverse, sinon c’est qu’on fait le tapin. Je trouve ça tellement juste. Pendant qu’eux peuvent tenir les murs, fumer une clope, discuter. L’égalité elle est pas pour demain à mon grand désarroi.
Juil 05, 2015 @ 18:35:24
Bonjour,
Il est beau ton blog, Miss Blemish, et je ne trouve pas que tu sois outrageante sur ces photos et avec cette jolie robe fraîche et élégante.
Les vilains savent déstabiliser mais au fond, ils ne déstructurent jamais ce qu’on est, si on est bien avec ce que l’on renvoie.
Évidemment, j’ai été confrontée à ces sentiments. Et puis, je ne sais pas pourquoi, quand j’ai divorcé, j’ai réduit les hommes à ce qu’il était de plus binaire. Depuis, ça va mieux, mais j’ai décidé que plus aucun d’entre eux, de prés ou de loin, ne me feraient souffrir, de quelques manières que ce soit.
J’ai plein de doutes, dans ma vie, mais plus ceux-là.
Bon dimanche, belle élégante.
Nini
Juil 05, 2015 @ 19:08:27
Je n’aime pas du tout cet état de fait où on nous force un peu à nous couvrir pour éviter toute confrontation avec l’homme sexuellement excité par tout.
C’est con mais avant-hier, je me suis rendue au restaurant à Paris, je dois pour rentrer prendre le train, et ben je me suis habillée en réfléchissant à ça parce que j’avais peur qu’il m’arrive des bricoles. Pourtant je n’ai pas dans ma garde robe de vêtements vulgaires (et pour moi il y a une différence notable entre vulgarité et nudité partielle en plus!) mais j’ai pris ce qui me couvrait le plus.
Je ne supporte pas cette mentalité, et je suis fière des jolies robes que je possède. Mais dans certaines situations je me débine, choisissant ma sécurité (relative) en évitant les tenues qui pourraient provoquer les réactions débiles de certaines personnes qui ne voient le corps que comme un vulgaire objet destiné à assouvir leurs envies lubriques.
J’en suis excédée, le corps pour moi est une toile blanche, il est beau, gracieux, poétique et délicat, je vois le nu artistique comme la plus belle chose qui soit, et quand on voit par exemple des plateformes comme facebook refuser le nu catégoriquement parce qu’aucune distinction n’est faite entre nudité et sexualisation du corps, je fume de colère.
Tu es belle avec ta robe, porte la fièrement, portons en fièrement, pour qu’enfin ces quelques cas comprennent que c’est pas NOUS le problème ni nos tenues, mais bien eux. CROTTE.
Juil 05, 2015 @ 19:38:59
Je viens de finir le Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir, dans lequel elle examine en long, en large, en travers toutes les formes de domination de l’homme sur la femme, d’où elles viennent (spoiler alert : de la façon dont est foutue la société et les éducations), et leur influence sur le caractère de la femme, qui devient par là hyper-consciente de son propre corps, vu comme objet passif livré au mâle, qui est une personne et non un objet, lui… Le bouquin date bien sûr de 1949 et fort heureusement les choses ont bien évolué depuis, mais ça reste affligeant de voir qu’on en est quand même au même stade sur beaucoup de points, mais de manière moins crue, plus hypocrite… (parce que je crois toujours que le fait d’être née femme et surtout d’être identifiée au genre féminin (et s’y identifier soi-même) influe d’une manière ou d’une autre sur notre comportement mais aussi sur la façon dont nous agissons dans le monde…ce qui fait que la femme a en principe deux fois plus de chemin à faire que l’homme pour devenir ce qu’elle veut être : d’abord se débarrasser des préjugés qui la décrédibilisent, puis s’accomplir, tandis que l’homme serait déjà crédible de base dans ce qu’il entreprend)
Tout ça pour dire que malheureusement on est pas rendues au jour où la femme sera vue autrement que comme objet. Au contraire, j’ai l’impression que de plus en plus c’est l’homme qui est objectifié, lui aussi… c’est un peu comme marcher à reculons en ayant l’impression d’avancer.
Juil 06, 2015 @ 11:01:04
Coucou,
Je crois que grâce à toi, je comprends mieux pourquoi quand je mets une robe ou un short pour sortir et aller au boulot je me sentais à poil. J’ai pris ça pour le changement radical de poids entre un bon gros jean et la robe légère, mais tu as raison, je m’en rends compte maintenant, c’est à cause du regards des autres…
Je ne changerais jamais une tenue si elle me convient. Mais je vais avoir tendance à soit avoir l’air méga hautaine (radical contre les mecs lourds et sans respect), soit regarder mes pieds…Alors que normalement, je souris à tout le monde…
Il m’est déjà arrivé à Chatelet, d’avoir un mec qui m’a caresser le bras. Et dans le RER A, un mec qui s’est frotté contre moi… Ça me dégoute… Je me sentais vraiment mal après. Et très sale, j’ai du prendre 3 douches en rentrant chez moi. Pourtant j’étais en jean. Je crois qu’en fait, du moment que tu as une paire d’ovaire, ça leur convient. Robe ou pas. C’est juste une excuse au final…
Le plus dur, c’est de ne pas avoir le soutien des femmes. Une fois, je suis allée à un centre commercial, en mini short, par 33°C. Dans un magasin, j’ai entendu dans mon dos « Nan mais à ce niveau là, c’est carrément une culotte en jean! Faut pas aller porter plainte après si elle se fait violer! » Une fille, de 16-18ans qui sort ça. Je me retourne pour lui balancer toute ma haine envers son raisonnement. Arrêt net! Voilée à la burqua, toute de noir, et une odeur de mort… Que peut on dire face à ça? Rien, ça serais inutile, ça tomberais dans l’oreille d’un sourd. Plus tard, j’ai croisé des anciens voisins que je n’avais pas vu depuis quelques années, elles m’ont dit être choquée par ma tenue…
Le pire, c’est que ce jour là, je n’ai eu aucune remarque emmenant d’un homme…
Le paradoxe dans tout ça, c’est que si tu vas en boutique, tu ne trouveras pas de short mi-cuisse, tu ne trouvera pas de robe juste au dessus du genou, tu trouveras que des choses courtes… On est sensé faire comment? Se laisser mourir de chaud (ayant des problème de reins, ça peut être pris au pied de la lettre pour moi! :p). J’aimerais une loi, permettant de foutre juste 2 baffes à ceux qui harcèlent dans la rue. Ou dans l’entre jambe… Qu’ils comprennent….
Bisous!
Juil 18, 2015 @ 22:32:01
La facilité qu’ont ces hommes à rendre l’autre responsable de leur comportement, de renverser la situation (de pervertir, donc) m’exaspère. Ce n’est pas toi qui lui montre, mais lui qui regarde.
Je suis étudiante infirmière et aide soignante, l’été. Un patient, marié, bien sous tous rapports, a, en dépit du vernis des apparences, un comportement inapproprié dès lors que nous nous trouvons seules avec lui, dans sa salle de bain, pour lui faire des soins. Un jour où je portais un leggings noir et une jupe qui s’arrêtait juste au dessus des genoux, je me suis sentie mal à l’aise. Il ne s’était pourtant rien passé. Le lendemain, une collègue nous a raconté que, profitant d’un soin, le patient lui a touché les fesses, vulgairement. Elle l’a réprimandé, l’a même menacé de le dire à son épouse. Le patient? Il lui a répondu par un sourire en coin, mi-figue mi-raisin, c’est tout. Depuis, je l’observe. Ça ne vient pas des vêtements. Peu importe la femme en face de lui, il plonge son regard dans son décolleté de manière systématique, un regard torve. Sale. Quand je rince son gant de toilette dans le lavabo, je le vois dans le reflet du miroir, le regard oblique sur mes fesses. Il a ce sourire en coin, et il ne dit rien. Jamais. Plus tard, j’apprends dans mes cours de psychopathologie que la personne perverse considère l’autre comme un objet et… On ne parle pas à un objet. De là à la notion de femme-objet, objet de désir et autres, il n’y qu’un pas.