Evening


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La journée a filé sans voix. Déjà ma montre pointe dangereusement sur vingt-deux heures et les minutes qui coulent semblent se raccourcir de plus en plus à mesure que l’on se rapproche de l’heure à laquelle, promis, on ira rejoindre Morphée. Ce soir encore, la promesse a été faite les doigts croisés. 
À côté de la fenêtre, par un tout petit trou qu’il faut bien se pencher pour voir, passe un peu d’air du soir. Gilets, plaids lourds et chauds, thé fumant et chaussettes grises, tous les coups sont permis pour contrer l’intruse caresse glacée. 
Dans le calme subsiste le ronron de la ventilation, le cliquetis des touches de clavier et la danse des pages qu’on tourne. Les yeux fatiguent et laissent de plus en plus de place à l’ombre grignotant la lumière douce des lampes allumées, de-ci de-là, un peu partout et nulle part vraiment, la lumière faisant fis de toute frontière, de toute barrière. 
Parfois un sourire complice, une tête qui se relève de son guidon imaginaire, quelques mots, un rire, des grimaces, des schémas qui ne veulent rien dire sinon qu’ils sont bien trop compliqués pour cette heure avancée.

Les pieds brûlent sous l’eau chaude.

Et c’est bon d’être là. Ensemble et pas ensemble. À la table transformée en bureau, sur le lit transformé en divan, entre les schémas, les pages volantes et celles noircies de caractères petits et serrés, de la musique douce en fond discret, de la musique qui ne fixe pas l’attention mais berce et accompagne. Un peu comme chacun l’un pour l’autre, ce soir, à cette table. La chaleur d’une épaule qui danse au rythme d’une respiration calme sur laquelle on a posé sa tête en moins.

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