Samedi il faisait sur Paris un temps "qui se cherche" ni beau ni tout à fait moche, une espèce de gris entrecoupé de bleu et d'éclaircies. Il ne me fallait pas plus qu'un besoin urgent de pause dans les révisions de mes derniers partiels de l'année et de vieilles pommes dont je ne savais plus que faire pour que, bingo, je me lance dans la préparation d'un crumble.
Je ne sais pas pour vous mais, plus les échéances se raccourcissent et plus je dépense le peu de temps qu'il me reste (et bien souvent déjà insuffisant à accomplir tout ce qui devrait être accompli) en tout ce qui pourrait me détourner de ce que j'ai vraiment à faire. Une sorte de méthode de l'autruche perverse qui me fait considérer vaisselle, lessives, ménage et autres joies administratives comme... attirantes. Tous les moyens deviennent bons pour ne pas regarder le vrai problème en face et me mettre vraiment à la tâche. Je finis toujours par le faire et stress aidant ma productivité se voir déculplée et j'arrive généralement à boucler ce qui doit l'être (et puis j'ai des supers copines qui sont à l'hyper taquet pour me faire des résumés/condensés de ce qui serait passé à la trappe). Mais c'est comme s'il fallait une étape préliminaire de procrastination ultime, presqu'un déni pour en arriver là. Et petit bonus, peu de choses me déstressent plus que cuisiner (mes amis aiment bien ce dernier point).
Pour ce crumble, j'avais envie d'une vraie recette coocooning, avec du sirop d'érable pour un caramel gourmand et une pâte moelleuse juste dorée. Avec cette version du traditionnel crumble ce fut un pari réussi. Gourmand, moelleux, fruité, épicé et réconfortant. Absolument parfait. En même temps, cannelle, sirop d'érable, pommes gorgées de sucre... prenais-je un très très grand risque ? Non, on est bien d'accord. Et autre bonus de taille, cette recette (comme quasi 99% des recettes) est réalisable sans gluten. (mais avec de la farine normale vous obtiendrez le même résultat)
Ingrédients
90 g beurre90 g de cassonade> 100 g de farine - blé ou mélange sans gluten de la marque Schär (disponible chez Monoprix)PommesCannelleSirop d'érableCassonade
Recette
Lavez, pluchez, coupez vos pommes en petits morceaux.
Dans un saladier, mélanger les pommes coupées avec de la cannelle (beaucoup)(si vous aimez)(c'est facultatif)(clin d'œil à Mlle Coquelicot) et du sirop d'érable (très très généreusement). L'idée c'est que vos pommes soient bien enrobées du mélange et prennent le goût des épices et des noix (le sirop d'érable a un petit gout de noix) pendant que vous préparez votre pâte puis ensuite durant la cuisson. C'est une sorte de marinade sucrée quoi.
Note sur le sirop d'érable : il existe plusieurs types de sirop d'érable, du blond clair au caramel très très foncé allant d'un goût de sucre type sirop de sucre, à un goût de noix très prononcé. J'ai acheté ce sirop au Canada l'été dernier (6 kilos de sirop d'érable dans la valise, je ne vous dis pas le massacre)(pour compenser mon bagage à main faisait 15kg)(non ce chiffre n'est pas pris au hasard, je l'ai pesé)(24h entre Montréal Paris et Genève avec ça sur le dos, comment vous dire ?). Donc j'ai acheté ce sirop d'érable au Canada - Ambré n°1 - exactement au milieu entre le très très fort et le pas du tout prononcé. Je trouve que c'est un bon compromis, pour les plus friands comme pour les moins friands, chacun s'y retrouve !
Préparation de la pâte : mélanger le beurre froid coupé en dés, la cassonade et la farine. Melanger jusqu'à obtenir un mélange grumeleux et sec (rajouter autant de farine que nécessaire).
Beurrer un plat généreusement. Y verser de la cassonade. La repartir en agitant doucement le plat. Faire de même avec un peu de cannelle (quand on aime on ne compte pas !).
Verser vos pommes jusqu'à recouvrir tout le fond du plat de façon homogène. Veiller à bien verser tout le sirop d'érable.
Repartir la pâte sur le dessus.
Enfourner à 160°C. Laisser cuire jusqu'à ce que la pâte soit dorée et que les bords bullent (le sucre qui caramélise... un délice)
Servir tiède avec de la glace vanille en dessert
Froid devant la télé
Avec un thé bien chaudet unyaourt à la vanille le matin
Le petit déjeuner, c’est LE grand défi du régime sans gluten : exit pain, viennoiseries, céréales et biscuits. Ouille, tout de suite on sent que ça devient plus compliqué.
Que manger le matin lorsque l’on suit un régime sans gluten donc ?
Pour ce premier article (oui, il y en aura d’autres…)(le petit déjeuner, c’est sacré), je vous propose 3 breakfasts sans glutenne demandant pas plus de temps en cuisine pour leur préparation que ce que vous demandait le beurrage de vos tartines. 3 idées de matins pressés en somme. Et en prime, 100% gourmand et complet. Impossible ? Regardez plutôt…
1 yaourt au lait de chèvre + 2 compotes de Framboises « délices de fruits » Andros (qui sont absolument délicieuses)(à la frontière entre la confiture et la compote) + galettes de riz au chocolat noir Bjorg (la gamme Carrefour Bio en propose également – aussi bonnes)
Alternative 1 : La confiture Bonne maman « La Fruitée intense » de Framboise bien moins sucrée que la confiture et délicieuse.
Alternative 2 : La confiture de Framboises de la gamme « Ligne » d’Intermarché/Franprix (délicieuse et extrêmement fruitée)
Salade de fruit (ici pomme + melon + ananas + mangue + orange + fraises + myrtilles) + galettes de mais au chocolat au lait
Mes combos préférés
Fraise + mangue + banane
Pêche + banane
Melon (oui tout seul… juste après avoir été courir, un délice…)
Ananas + mangue + banane
Raisin + pastèque + melon + orange + mangue (que vous pouvez trouver chez monoprix)(les salades de plus de 3 ingrédients sont difficiles à préparer pour soi seul)
1 yaourt au lait de chèvre + 2 compotes pomme-framboises (ici de la marque Maternes) + 1 banane + Cranberry séchées + amandes + noix de pécan
J’espère que cette première édition des Breakfasts gourmands et sans gluten vous a plu et vous a inspiré (que vous suiviez un régime sans gluten ou non), la prochaine fois on s’envole aux USA (et si…)(possible)
Je crois que s'il est une chose après laquelle je cours depuis qu'il dépend de moi qu'elle soit bonne ou mauvaise, c'est la "bonne" hygiène de vie. Et cette quête ne se fait jamais plus pressante qu’en sortie de partiels où, clairement, tout part toujours en cacahuète (et que je vais au McDo parce que pas le temps et que compensation par la nourriture, et que je me couche à deux heures du matin, et que les paquets de cookies qui descendent plus vite qu’une goutte d’eau dans les chutes du Niagara, et que les baskets oubliées au fond d’un placard, et que dessert + quatre heures + six heures + 22h, et que des céréales comme repas du soir…)(je continue ?).
Bref, en révisions, c’est N’IMPORTE QUOI.
Puis les partiels passent et là, prise de conscience, la quête de la Bonne hygiène de vie revient. Et à force d'essais j'en suis venue à la conclusion (à laquelle on pouvait, je vous l'accorde, s'attendre)(mais j'aime bien croire aux formules magiques) qu'il n'existe pas de "bonne" hygiène de vie, de recette absolue, imbattable, définitive d'un mode de vie idéal convenant à chacun. Bien au contraire il appartient à tous d'inventer son mode de vie "sain". Faites-moi devenir crudivore (personnes ne mangeant que des crudités) et je suis malade en 2/2 là où d'autres ne se seront jamais sentis mieux de toute leur vie ! (rassurez-vous je n'ouvrirais pas le débat végétarisme/végétalisme & cie dans ce billet)(ce n'est pas le propos)(juste si vous êtes végétarien/végétalien parlez à votre médecin du problème carence en vitamine B12 pour avoir des conseils)(je referme cette parenthèse)
Cela fait un moment que je pense à cet article sans arriver à savoir par quel bout m'y prendre, quoi dire, comment le dire, comment commencer, comment aborder des choses simples (car les vraies bonnes résolutions sont toujours simples - et donc moquées - et donc pas mises en pratique "parce que c'est bien trop évident et bien trop simple" - vous ne me croyez pas ? Attendez que je vous parle sport et 5 fruits et légumes par jour... - voilà, on est bien d'accord) sans tomber dans des banalités... et en restant un minimum réaliste car le programme je mange bio, je fais du sport, de fais du yoga et je ne me nourris plus que de graines germées, ce n'est juste pas compatible avec mon mode de vie (à savoir boulot prenant, vie sociale, sorties, famille, amis...) et ce, je l’admets, certainement par manque d’organisation. Cependant, le but du sport, du yoga, d’une bonne alimentation et d’un rythme de vie régulier est d’améliorer son bien-être or lorsque je me sens submergée par mes autres impératifs mettre du temps dans ces bonnes habitudes ne fait que me stresser en rajoutant une source de pression, une ligne supplémentaire à ma to-do list. Contre-emploi total donc.
Ce que j’essaie donc, autant que possible, c’est de consacrer du temps pour ces choses essentielles, bien manger, dormir, faire du sport, SANS culpabiliser lorsque je ne peux pas les faire. Même si c’est par manque d’organisation. Même si c’est idiot car une demi-heure de sport ne représente rien dans une journée et permettrait de faire baisser la pression. Si je peux, je peux, si je ne peux pas, je ne peux pas. Ce qui ne m’empêche pas de tout mettre en œuvre pour que les jours où je ne peux pas soient moins nombreux que les jours où je peux.
Et puis il y a quelques jours, je vois apparaitre de petites imperfections très discrètes mais non moins gênantes. Ce n'étaient pas des lésions d'acné mais de celles que l'on peut avoir lorsque l'on fait une réaction à un produit ne convenant pas à notre peau. Problème : tous les produits que j'utilise 1) sont dans ma routine depuis des lunes 2) sont formulés pour respecter au maximum la peau et même participer à son "mieux être" 3) n'ont pas vu leur formulation changer. Ce n'était donc pas du côté des produits qu'il fallait creuser. C'est là que j'ai décidé de refaire un essai "sans gluten".
Refaire ? Je vous raconte l'histoire.
En première année de médecine, aux prises avec une acné résistante à tout, on me conseille d'essayer un régime sans gluten pour venir à bout du problème. Pendant six mois je m'y astreins. Faire un régime sans gluten en première année... c'était fastidieux. Surtout que c'était il y a plus de deux ans lorsque les gammes sans gluten n'étaient pas encore sorties ou sortaient à peine et qu’il fallait cuisiner quasiment tout, du pain aux gâteaux. Je me souviens encore d'avoir eu un sourire jusqu'aux oreilles et d'avoir sautillé de joie dans les allées du petit carrefour de mon quartier lorsqu'ils ont sorti leur pain de mie sans gluten (mon pêché mignon du petit déjeuner le pain de mie...).
Si j'avais pu constater une amélioration, le régime sans gluten n'est pas venu (loin s'en faut) à bout de mon acné, j'ai fini par faire les tests et le résultat est tombé : je n'étais pas allergique au gluten. Voilà comment est partie aux oubliettes cette histoire et avec elle tous les embryons d’articles que j’avais tenté de vous écrire à ce sujet.
Mon conseil avant d’aller plus loin: si vous avez un doute sur une allergie au gluten (maladie cœliaque) parlez-en à votre médecin et faites les tests car il est important d'adopter alors un régime correspondant. Vous pouvez vous rendre sur le site de l’Association Française des Intolérants au Gluten. Dans cet article ce ne sera pas mon propos, je parlerai des manifestations légères que peut donner une alimentation contenant du gluten lorsque l’on le tolère mal (mais sans aller jusqu’à l’intolérance clinique).
J'ai donc réarrêté le gluten il y a maintenant une petite semaine et en quelques jours seulement j'ai vu ces petites imperfections disparaitre et ma peau être plus éclatante et plus jolie. Je ne crie pas victoire pourtant, c'est au long terme qu'il faudra voir si différence réelle il y a. C’était ce pourquoi je m’étais lancée dans cette entreprise qui, de prime abord peut sembler périlleuse, mais j’ai pu constater un autre effet bénéfique que je n’attendais pas : une réduction sans aucune comparaison possible avec l’état antérieur de ma fatigue. C’est en lisant cet article de Lili de Ma Récréation ayant arrêté le gluten et ayant vu son énergie revenir que ça a fait tilt : depuis que j’ai arrêté le gluten je ne m’endors plus après mon repas du midi là où depuis deux ans j'étais obligée de faire une sieste chaque après-midi pour tenir. Si c’était pénible, je ne m’en inquiétais pas outre mesure, après tout j’avais des journées chargées. Mais depuis mercredi dernier : pas une seule sieste. Encore une fois ce sont des constatations toutes fraîches qui n’ont pas encore de réelle valeur mais cela m’encourage à persévérer pour voir ce qu’il en est vraiment de cette histoire.
N’étant cependant pas la première fois que je me lance là-dedans, je vous livre quelques infos/pistes, réponses à des questions que vous vous posez peut-être la première étant certainement :
Restriction alimentaire VS vie sociale
Je pense qu'il s'agit d'un des problèmes majeurs lorsque l'on se lance dans les restrictions alimentaires, d'autant plus ici pour le gluten en vivant dans une société dont l'alimentation tourne autour du blé (farine, pain, pâtes...). Les raisons du choix de ce type d'alimentation, un mieux-être, lui donne cependant l'avantage d’une plus grande flexibilité en ne rentrant ni dans le cadre de convictions comme le végétarisme ni dans le cadre de l'allergie mortelle. Pour éviter donc de tomber dans l'écueil "nana psychorigide pour ne pas dire relou que l'on n'invite plus car trop compliquée" je me suis fixé deux règles : 1) ne jamais refuser de sorties parce qu'il pourrait y avoir éventuellement du gluten au menu, 2) quand je suis invitée, aucune règle, je mange ce qui est sur la table, je savoure et j'apprécie (car les aliments contenant du gluten, ne nous leurrons pas, sont délicieux)(pour la plupart). Je m'accorde le droit aux écarts. En revanche, chez moi et lorsque j'ai le choix, je privilégie le sans gluten. C'est un compromis qui dans le cas de la simple intolérance me semble plus facile à tenir sur le long terme que l'interdit absolu qui risquerait de se terminer par une vie sociale en berne et un craquage en règle au rayon biscuits du monoprix.
Quelques idées reçues sur le régime sans gluten
- cela fait maigrir : FAUX – tous les aliments contenant du gluten que vous supprimez ont leur alter ego sans gluten (aussi bon, parfois plus, parfois on ne fait pas la différence, parfois même plus riche/gras/sucré/salé). Manger sans gluten n’égale pas manger plus équilibré, moins gras et plus de fruits&légumes. Manger plus équilibré fait maigrir, pas manger sans gluten.
- c’est la « galère » : Non. Ce n’est pas la voie de la facilité. Mais pas forcément parce que c’est difficile, juste parce que cela demande de changer certaines habitudes, changer de rayons, aller s’approvisionner en farine dans des magasins où l’on avait peut-être jamais mis les pieds avant… Ce sont de nouvelles habitudes à prendre et d’autres à perdre, cela demande donc un petit temps d’adaptation, un peu de curiosité, quelques essais un peu ratés (voire même carrément ratés parfois). Mais acheter du lait de riz/d’amande/de noisette ou de soja au lieu du lait de vache... c’est une question de rayon ! (oui parce que j’ai « supprimé » le lait de vache aussi dans la foulée, d’une pierre deux coups)(entre guillemet car cf paragraphe vie sociale : à l’extérieur ou chez des amis, je vis !). Idem pour la farine ! De riz plutôt que de blé ? C’est juste une question de rayon !
- cela demande de passer plus de temps en cuisine : pas forcément. Si vous voulez du bon pain et des bons gâteaux, OUI. Si vous aviez l’habitude des plats préparés, OUI. Sinon… vous ferez juste un peu de ménage dans vos placards et vous continuerez à cuisiner autant, mais avec certains produits différents.
Ah et, bonne nouvelle, les patates ne contiennent pas de gluten…
Je vous donne rendez-vous dans un mois pour un petit bilan ? En attendant, j’ai quelques articles fraîchement préparés d’idées recettes facileset sans ingrédients trop trop tarabiscotés, pouvant être réalisées avec ou sans gluten, de quoi vous donner des idées, décomplexer le sans gluten (si si on arrive à vivre) et comme toujours, vous régaler !