Minimalisme et vies connectées, quelques pistes pour faire le tri
Dans l’appartement, partout, du blanc. Des murs aux oreillers, du plafond au – ah non pas le plancher – des meubles aux petits papiers. Rideaux et porte-manteau suspendus, petite table dans un coin de pièce perdu, livres de poche à tranches immaculées, draps frais parfumés à la fleur d’oranger, bougies flottantes à la cire fondante… Le blanc en grand renfort du petit nord, les attrapes-lumière pour contrer la grisaille de l’air, éclairer les petits matins couverts.
Plusieurs fois par années vient s’immiscer le besoin de – vite ! vite ! – refaire de la place pour respirer. Il ne faut souvent pas plus de quelques heures pour – ça y est ! – retomber sur mes pieds. Il faut dire que cela fait des temps et des temps que l’on s’y essaie sans le savoir vraiment à cette simplicité qui ne se cultive pas sans une certaine difficulté après des années passées à accumuler, s’étouffer. Peu à peu, il faut défaire l’habitude, apprendre à se trouver dans d’autres certitudes. Dans l’aujourd’hui connecté et nos quotidiens agités, j’ai fini par réaliser que le conflit ne se joue plus seulement sur les étagères, les murs et l’intérieur des foyers, il se transporte et se transpose dans nos vies qui avec les écrans omniprésents compose. Il est des lumières qui clignotent à dompter, des messages à filtrer, trier, des barrières – nécessaires ! – à ériger, le minimalisme à adapter, pour que le superflu ne grignote pas le temps qu’on l’on voudrait consacrer au beau, à l’inspirant, à ce qui nourrit l’envie, l’esprit, terreau d’idées et d’une créativité renouvelée. Voici quelques pistes qui, je l’espère, vous aideront à faire un peu de tri…
– Se désabonner des newsletters que l’on ne lit jamais –
On se laisse facilement piéger à la caisse de nos magasins préférés ou d’une case précochée, à inviter informations et promotions dans nos boîtes mails pour un téléphone, un ordinateur, une tablette qui à intervalles réguliers se mettent alors à clignoter, vibrer, chanter. Depuis le début de l’année je me désinscris au fil des messages reçus de toutes les newsletters jamais lues, qui coupent le fil de ma journée pour finir elles, systématiquement jetées, et moi une fois de plus déconcentrée. Depuis que je le fais systématiquement, mon téléphone clignote moins souvent et ma boîte mail ne se remplit plus que de messages qui me sont réellement destinés.
– Des notifications contrôlées –
Dans les paramètres de chaque application dont nous nous servons, nous pouvons décider des messages que nous les autorisons à nous envoyer ou non. En quelques clics seulement on peut se débarrasser de tout ce qui nous sert jamais, rajouter des fonctionnalités, en supprimer d’autres, et ainsi moduler le flot d’informations reçu en fonction de ce que nous voulons qui soit lu, su, connu.
– Des abonnements régulièrement triés –
Facebook, instagram, twitter… qui n’a jamais suivi, aimé, cliqué, à l’occasion d’un coup de coeur passager, de la joie d’un compliment, d’un abonnement ou d’un concours bien trop tentant ? Notre fil d’actualité se voit bientôt noyé d’informations dans lesquelles on ne se retrouve pas, qui ne nous intéressent pas. Régulièrement, une fois par mois, au fur et à mesure parfois, je fais le tri, je me désabonne, me réabonne, recherche, ajuste, découvre, redécouvre pour ne garder que le meilleur, le trouver avec facilité et ne surtout rien manquer.
– Des pauses de temps en temps –
En septembre je partais une semaine dans ma région. Premières vacances en amoureux avant une année qui s’annonçait longue et tortueuse. Je voulais, pour ces quelques jours, être à 100% présente aux personnes autour de moi, réapprendre à n’être qu’ici et pas partout et surtout là-bas, vivre vraiment chaque instant sans qu’il se voit coupé, entravé, dérangé. Pendant une semaine mon téléphone n’a connu que l’étagère sur laquelle je l’avais posé. Pour une semaine de randonnée, nous avions bien sûr un téléphone – en cas d’urgence c’est une nécessité – mais ce n’était pas le mien, je n’étais pas tentée de sans cesse le regarder, vérifier ce que le monde disait, pensait, aimait, détestait… Si une semaine peut être un peu long et incompatible avec certaines professions, prendre ce temps parfois de profiter pour quelques heures de n’être que là est déjà – je crois – suffisant. Décider de donner à un moment particulier toute la place d’exister c’est délicieux, un petit cadeau rien que pour soi sur l’instant qui permet les jours suivants de redonner sa juste place à ce qui s’impose à nos vies trop souvent et de retrouver la liberté de répondre aux sollicitations permanentes : « pas maintenant ».
– Un espace web qui vous ressemble vraiment –
Du blanc en large toile immaculée laissant la place au tout d’exister. Du noir, un peu de gris, couleurs vives ou pastels sur les croquis, de la place pour l’écrit, l’oubli aussi. Voilà ce que je voyais, voulais, souhaitais pour cet ici sans oser tout changer, bouleverser, un peu triste à l’idée de rompre avec les visuels précédemment créés et sur lesquels nous avions tant travaillé. Pourtant il n’a fallu qu’un week-end pour tout révolutionner. Décoration intérieure et virtuelle en parallèle je ne me suis jamais sentie mieux sur ces pages que depuis ce choix qui en a fait un réel « chez moi ». N’ayez pas peur donc de faire de la place pour vos envies, vos idées, de rompre avec ce qui longtemps vous a représenté. Le web est si vaste qu’il y a suffisamment de place pour changer, évoluer, modifier, contourner, improviser… et s’amuser !
Et vous, quelles sont vos astuces pour filtrer les informations reçues des outils que vous utilisez ?
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Fév 11, 2015 @ 11:38:39
Je suis bien d’accord avec ces jolis mots. Il me semble indispensable pour me sentir libre de prendre du recul et de ne pas prendre trop au sérieux ce monde « virtuel », et pourtant je l’adore et il participe aussi à cette sensation de liberté. Le principal, comme tu dis c’est de trouver son équilibre, faire le tri, ne pas prendre tout ça trop au sérieux :).
Fév 12, 2015 @ 15:10:23
Dur dur de ne pas prendre tout ça trop au sérieux… plus on s’investit… plus on s’investit ;) Et plus on s’expose aussi. Je suis entièrement d’accord avec toi sur ce nécessaire recul à prendre pour que ce monde virtuel continue à nous apporter ce que nous y cherchons sans nous ronger, nous grignoter de doutes un peu factices. Et puis, ce qu’il y a de merveilleux avec l’équilibre c’est qu’il est dynamique, il change tout le temps. A nous d’apprendre à danser !
Fév 11, 2015 @ 11:49:57
J’ai fait tout pareil pour le téléphone, mais j’ai ajouté le fait que le wifi et 4G se coupent entre 23h et 7h pour ne pas être dérangé par quoi que ce soit le soir :-)
Fév 12, 2015 @ 15:07:56
Oui, c’est une excellente idée ! Bon pour moi ce serait peut être plus minuit (parce que je suis accro)(drogue dure internet) mais je crois que je vais faire de même sur le mien.
Fév 11, 2015 @ 11:57:25
Coucou!
Merci pour ton article ! Pour ma part, je me suis fixée un défi : passer le dimanche sans portable et ça fait un bien fou !
Et je me suis aussi mise au tri régulièrement que ce soit sur instagram et facebook !
Fév 12, 2015 @ 15:06:30
C’est une très bonne idée ça, de se fixer une journée pour être sûr d’à un moment donné dans sa semaine s’astreindre à une coupure ! Pour l’instant je fonctionne beaucoup en « moments » (un film, une sortie, une balade, un goûter, quelque chose de particulier dont je veux profiter à 100 %) mais je note précieusement, parfois on a besoin d’un peu de discipline pour continuer sur sa lancée. Merci !
Fév 11, 2015 @ 12:34:46
Je te comprends tellement. Je me suis fait cette réflexion ce week-end par rapport à mon blog. Envie d’épurer, envie de photos plus « zen »… je note tes idées. Merci. bise
Fév 12, 2015 @ 15:04:32
Et moi je dis qu’il faut suivre – et même courir après – ses envies ! Fonce ! :)
Fév 12, 2015 @ 12:36:19
C’est important de faire le point, le tri, je crois même que parfois c’est vitale pour « repartir » avec plus de légèreté… et souvent « se couper » permet de mieux revenir, de vivre les choses plus intensément, et de reprendre tout simplement du plaisir ;)
Fév 12, 2015 @ 15:02:00
Je suis entièrement d’accord avec toi. Prendre un peu de recul, « changer d’air » permet de regarder les choses avec une nouvelle appréciation, de mieux respirer, de moins s’attacher aux toutes petites choses qui finalement n’ont pas grande importance… et en prennent tellement lorsque l’on est en plein dedans !
Fév 12, 2015 @ 23:32:49
Ouf, j’ai enfin le temps de venir commenter par ici ! :) (Je n’ai pas la chance d’avoir tes superpouvoirs d’écriture sur un smartphone partout tout le temps, il faudrait que j’y travaille)
Evidemment, ton article me parle énormément et je me reconnais dans ta petite anecdote de voyage. J’abandonne toujours mon téléphone au fond de ma valise quand on part à deux pour un week-end ou des vacances, c’est déjà beaucoup de gagné. Au quotidien, même si le minimalisme m’apporte énormément, je regrette d’être certains jours bien trop connectée et je refuse de calculer le temps « perdu » à errer un peu sans but sur internet ou les réseaux (je lis bien trop de blogs et d’articles, malgré le tri drastique, c’est terrible haha). Ces derniers temps, je souffre vraiment de cette sur-information et j’entreprends peu à peu de fixer des limites, de dédier des plages de temps bien définies à ce qui, au lieu de me prendre quelques minutes, peut rapidement me manger des heures.
Et cette réorganisation comprend aussi mon intention de prendre davantage le temps de commenter (moins de passif, plus d’actif !). J’en profite donc pour te féliciter pour ton article « médecins de mots » qui m’a beaucoup touchée également <3
Fév 15, 2015 @ 16:05:51
Merci Caroline pour tes mots, c’est un plaisir de te retrouver par ici :) (on n’en a pas toujours le temps mais on sait bien qu’on se lit mutuellement, je crois que derrière toutes ces histoires de minimalisme et d’épurement, se cache une grande bonté à tourner vers soi, on ne peut pas toujours tout faire, tout gérer, on fait de son mieux chaque jour et on ne s’en sort pas trop mal au final)
Je ne compte pas non plus mes heures d’errances sur la toile… j’aime bien trop papillonner par-ci par-là et comme le dit ma maman, on ne peut découvrir une ville qu’en s’y perdant… Je crois qu’il en va de même sur les internets :)
Mon idée est plus de limiter la perte de temps inutile qui agace (les publicités sur ma boîte mail ont en la matière un superpouvoir) pour garder tout le temps qu’il faut pour tout le reste :)
Fév 16, 2015 @ 13:23:08
Pour faire le tri dans ta boite mail, je te conseille d’aller faire un tour sur « Unroll me » qui te liste toutes les newsletters auxquelles tu es abonnée. Il ne reste plus qu’à parcourir la liste et, au choix : se désabonner, ne rien faire ou décider de recevoir certaines newsletters une seule fois par semaine ou par mois mais le tout en une seule fois. Mais peut-être que tu connaissais déjà ?
Fév 18, 2015 @ 19:22:12
Je ne connaissais pas et je vais l’utiliser illico presto ! Simple et rapide, exactement ce qu’il me faut ! Merci !
Fév 15, 2015 @ 23:25:41
C’est dur de lutter contre cette hyper connectivité. Je ne garde pas mon portable en permanence sur moi ou près de moi lorsque je suis à la maison. J’essaie de réduire les écrans, c’est difficile surtout quand il fait un temps de pluie comme aujourd’hui. Je limite la tablette déjà au profil d’une bonne lecture. C’est déjà bien.
Fév 16, 2015 @ 15:44:09
J’ai beaucoup aimé cet article. Et c’est une réflexion que je me fais de plus en plus souvent. Mon hyper connectivité. Le seul bémol est que pour l’instant, mon ordinateur est en panne et mon téléphone est mon seul relais avec le monde, mon monde à un peu plus de huit milles kilomètres. Je dois faire tout ça (notamment les fils d’actualité pollués) mais je me connais, c’est en m’imposant des choses que je ne le fais pas (la discipline et moi, bof) mais comme toi, c’est par instant comme ces 5 jours sur une île déserte entre amis ou ce camping au bord d’un lac. Perdre la notion de l’espace et du temps, ne se servir de son téléphone que comme d’une montre (ou d’un MP3). On m’a aussi fait la réflexion récemment aussi, peut-être que si je n’écris plus tant que ça sur le blog, c’est qu’il faut y changer quelque chose et ça fait son petit bonhomme de chemin. Cette envie d’épurer, d’avoir mon domaine. Chi va piano va sano comme dirait nos voisins italiens.
Ps : tes photos sont de plus en plus belles !