Des sourires aux oreilles et des jours froids #46


Des sourires aux oreilles et des jours froids - Les sourires de la semaine - Miss Blemish

Sur mes tartines, l’abricot couleur mandarine. Au creux des mois froids chercher les fruits d’été – dans un jus, dans une confiture – cachés.

Dans les rues de Cabourg, d’une petite moue céder à la gourmandise d’une crêpe dégoulinante de nutella fondant, parfumée au grand Marnier.

Se laisser porter, bercer, emporter, tourbillonner, par les bulles, le flot d’eau douce et chaude, un brin salée à ces gouttes perdues à mes lèvres, puis embrassée, enlacée, par les vapeurs chaudes saturées d’essences douces amères.

Dans l’eau, peau à peau, baisers salés, rires cachés – chuuuut ! on veut les garder tous entiers – petite nage de croco fatigué.

Se laisser submerger par la fatigue que l’on sait salvatrice, réparatrice, celle qui inonde sitôt le corps ôté de l’eau. Corps chewing-gum pour quelques heures, sans poids, sans forme.

Les cheveux qui ondulent de sel, un brin cartonnés.

Samedi soir sur la place, tergiverser. Puis finalement choisir le petit restaurant à deux pas, celui qui propose tout ce qu’il faut de pizzas pour se régaler cent fois. Mettre un peu d’extraordinaire au coeur des journées ordinaires.

Rendre aux petits matins, aurore encore loin, la douce odeur du « vrai » pain. Une petite résolution qui a du bon : plus de pain de mie sans âme par ici ! Et rien ne vaut tant que ces petits déjeuners retrouvés, aux saveurs d’enfance et d’avant.

L’arrivée – encore ! – d’une nouvelle marinière sur mes étagères. 

Huile d’olive, tomate, mozzarella, chèvre en tranches fines, basilic à foison, la journée fut longue, il fallait une soirée à délices.

Retrouver avec les mots d’été et d’Italie de Marlena de Blasi le goût des heures silencieuses et immobiles. Fragiles et difficiles à préserver dans ce monde agité où – vite ! vite ! – toujours partout il faut se presser.

Les corps pleins de manteaux, se retrouver tous dans les bourrasques à la terrasse du petit café sous le souffle chaud des lampes rougeoyantes.

Sourire au miroir chaque soir, gymnastique d’un esprit qui s’adoucit.

Boire du vin blanc – une bouteille de Chardonnay s’il vous plait – avec des pâtes aux vongoles et au citron dans ce nouveau restaurant tout près d’Opéra – joyeux anniversaire Papa ! -, boulevard des italiens – La taverne – et laisser la soirée s’étirer et la cire des petites bougies fondre en entier.

Brioche sucrée et nutella, nous tous réunis dans la véranda, se laisser prendre au récit enjoué, amusé, étonné des quelques semaines écoulées.

Sur les canapés, dimanche après-midi, rescapés des vents froids, partager quelques biscuits et un chocolat.

Ecrire comme un cliché près de la cheminé qui crépite, enroulée dans un plaid orangé, une main pour les mots, une autre dans les cheveux de l’amoureux.

La colline aux oiseaux à l’heure d’hiver, la nature silencieuse, les feuilles et les fleurs rares. Se balader dans les allées ouvertes au vent, se tromper de chemin souvent, profiter – déjà ! – des derniers instants.

Aimer, pleurer, vibrer au cinéma avec Phoenix et Imitation Game, deux récits qui parlent de la guerre avec une acuité et une sensibilité terrible. Un drame beau, cruel, terriblement bien mené et une épopée qui donne un autre regard sur la guerre et ses coulisses.

Retrouver le plaisir, la journée terminée et le soir trop froid, de glisser sous les draps et regarder un film enlacés.

L’amoureux malade transformé en super radiateur le temps d’une journée sous la couette, protégée des courants froids qui font frémir la peau jusqu’au bas du dos. 

Grains noirs et citron acidulé, pris au piège de la pâte sucrée, un livre et une petite demi-heure à tuer avant les trains, le quai, les freins, sur les chaises froides d’un café. D’un signe à travers la vitrine tantôt vitre, tantôt miroir, se retrouver tous engoncés de valises et de sacs qui à nos épaules lâchent prise, dans le hall de la gare. Partir enfin, pour deux matins, sur les routes pleines de sel et de vent qui jouxtent mer et océan. 

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