Un toast à l’avenir
Aujourd’hui, en cliquant sur « voir les résultats », les mots « Admis Médecine » s’afficheront à l’écran. Là, juste sous tes doigts. Pour la première fois sans doute tu prendras le métro, arrêt Faidherbe-Chaligny, sortie Hôpital Saint Antoine, pour faire tes premiers pas dans « le Grand Amphi ». Et tout à coup ce numérus clausus si insignifiant aux yeux de vous 2600, ces 300 et quelques places, paraîtront à tes yeux soudain tous seuls énormes, infinies. Un amphi rempli, plus aucun siège de libre, un joyeux désordre. Vivant, bruyant. Parmi tous les évènements que nos parents filment il est dommage que celui-ci n’en fasse pas partie. J’aurais aimé garder sur pellicule une trace autre que celle embrumée par l’émotion de ma mémoire. Peut-être avons-nous juste trop grandi depuis nos premières chutes sur parquet. Peut-être ces premiers pas de bébés étudiants sont-ce déjà ceux d’adultes qui s’ignorent encore. J’aimerais, juste cinq minutes revenir à cet instant précis de liesse collective, lorsque le doyen nous félicita « d’avoir réussi ». Réentendre les cris, les éclats de rire, sentir le sol et les tables vibrer sous les applaudissements et les pieds trépignant d’allégresse. Parce que ces mots sur l’écran, ça n’était pas seulement une victoire, un trophée, c’était la vie qui commençait et un billet vers l’avenir, le tien.
Celui de médecin.
Edit : Suite à vos commentaires, je dois préciser que je m'adresse vraiment aux nouveaux étudiants admis cette année en deuxième année. "Mon moment", le mien, date d'un an déjà...
Bien manger pour un cerveau au top de ses performances
« Le cerveau est loin d’être indifférent à ce qui se trouve dans notre assiette » a conclu le Dr. Huberfeld après deux heures de cours traitant de l’influence de l’alimentation sur le fonctionnement cérébral. Sachant que le cerveau qui ne pèse que 2% du poids total du corps représente pourtant 20% de l’énergie consommée par l’organisme, il n’est pas étonnant que chercheurs et médecins se soient intéressés à la relation liant aliments et cerveau.
L’idée de cet article est venue de mon amie S. qui en sortant du cours m’a fait la réflexion que tout le monde devrait avoir accès à ce genre d’enseignement car ce sont des choses très simples à mettre en pratique mais que l’on ne peut hélas pas inventer si on n’en a jamais entendu parler. En effet, si chaque année tous les magazines nous expliquent comment perdre nos kilos superflus à coup de régimes venant à bout de notre motivation en quelques jours, personne ne vient nous expliquer qu’en enrichissant notre alimentation de tel ou tel fruit/féculent/céréale/viande nous aiderons nos neurones à mieux fonctionner. Or il y a certainement là de quoi trouver une motivation suffisante à manger mieux et ce pour longtemps.
Cette approche de la nutrition est intéressante en ce qu’elle permet de ne pas négliger les besoins physiologiques de notre organisme qui se retrouve trop souvent laissé pour compte dans des régimes qui déséquilibrent la balance des apports journaliers à dessein de perdre toujours plus en un minimum de temps. Elle peut également être une corde de plus à notre arc notamment dans les périodes où nous en demandons beaucoup à notre cerveau (les révisions, les examens…).
Je ne vais pas retranscrire ici les mécanismes impliqués, les cibles particulières et les effets de chaque aliment précisément (quelle vitamine, quel bénéfice…), j’en serais bien incapable et ce n’est pas la vocation de mon blog de partager un contenu scientifique documenté. Les curieux trouveront des articles bien mieux écrits et plus rigoureusement détaillés que je ne pourrais jamais le faire sur internet ou dans les magazines scientifiques qui proposent un contenu bien souvent passionnant. Mon but ici est de partager le plus clairement et le plus simplement possible quelques conseils glanés durant ce cours ainsi qu’une liste des aliments « amis » du cerveau … Ainsi, la prochaine fois que vous irez au supermarché, peut-être au détour d’un rayon vous direz-vous en voyant tel ou tel produit : « tiens, je vais en prendre et essayer, il paraît que c’est bon à la santé »… Et contrairement à ce vous croyez « bon à la santé » ne rime pas toujours avec plat, fade et ennuyeux. Après tout, dans « Bon à la santé », il y a « Bon » aussi.
1. La liste des aliments amis
Cacao, chocolat noir (vous voyez, ça commence bien)
Kiwi, baies (fraises, framboises, mûres, myrtilles…), agrumes (jus d’orange…), raisin
Thé vert, vin (surtout rouge)(en quantités raisonnables bien sûr), lait, lait de soja
Amandes, « graines » (tournesol, lin, chia…), noix du brésil, noisettes, noix, cacahuètes, céréales
Légumes en général, Lentilles, haricots secs, courge, champignons, asperges, avocat, olives, laitue, haricots, épinards, huiles végétales (olive, colza, lin, noisette, noix…)
Huîtres, krill, poissons sauvages +++ (les poissons d’élevage auraient une moins grande qualité nutritionnelle), poissons gras (saumon…), foie de poisson
Volaille (foie +++, poulet, dinde), jaune d’œuf, veau, viande rouge, foie (volaille dont dinde, veau, bœuf, agneau)
Poivre noir, curcuma (présent également dans le « curry » qui est en fait un mélange d’épices), levure
2. La liste des aliments ennemis
LE FAST-FOOD et les graisses saturées, source de beaucoup de calories et mais surtout de « mauvaises » calories, tuent notamment les connexions neuronales. De plus il a été prouvé qu’un apport calorique trop important diminue l’espérance de vie…
3. Ce qu’on vous a toujours dit sur le sport… est VRAI.
Le sport est « bon à la santé » et au-delà de ses nombreuses vertus pour le reste de l’organisme, il participe lui aussi à améliorer le fonctionnement du cerveau.
« Donc si vous mangez ce midi au McDo, allez le chercher en courant »
D’après le cours du Docteur Huberfeld, Faculté de Médecine Paris VI – Pierre et Marie Curie
Formation « Apprendre à apprendre » [2] : – Astuces – préparer l’apprentissage de ses cours efficacement
Exit le fantasme absolu de l’étudiant (non, je ne parle pas des divines créatures peuplant la BU), la recette magique de l’apprentissage minute pour un souvenir gravé dans le marbre ad vitam aeternam… n’existe pas. Ce qui ne veut pas dire qu’il ne soit pas possible de se faciliter la tâche, bien au contraire, et ce grâce à des astuces « toutes simples, toutes bêtes ».
Dans le précédent épisode nous avons vu les quelques règles de base pour se conditionner au travail et maximiser notre efficacité, conseils que vous avez sans doute trouvés un peu « évidents ». A première vue, bien manger, dormir, pratiquer une activité physique et s’aérer semble tomber sous le sens… Et pourtant, force est de constater que ce sont souvent sommeil, fruits & légumes et sport que nous sacrifions sur l’autel des révisions.
Il existe mille façons de travailler et encore bien d’avantage d’apprendre. Certains lisent et relisent, d’autres récitent, d’autres encore réécrivent, fichent, enregistrent leur voix puis se repassent la bande… Loin de moi l’idée de faire une anthologie de toutes ces méthodes, il appartient à chacun de tâtonner pour trouver la voie qui lui convient pour retenir, quand bien même cette méthode consisterait-elle à se déhancher à cloche pied une pile d’assiettes en équilibre sur la tête et ses fiches à bout de bras.
En revanche, Apprendre est un sport comme un autre et comme toute activité demandant un effort, il est nécessaire de s’y préparer. Nul ne s’imaginerait entreprendre un marathon au petit matin, en tongs, sans entrainement et le ventre vide. Se jeter dans un cours comme une bouteille à mer sans avoir « balisé le terrain » au préalable, est tout aussi absurde.
1- Etablir la « carte d’identité » du cours : lecture diagonale « feuilletage »
Nombre de pages : on ne se lance pas dans un cours de 2 pages comme dans un cours de 30. Cela nous permet d’avoir une idée du temps qu’il faudra pour « apprivoiser la bête » le cours, voire si nous le verrons de manière « morcellée ».
Matière et thème : l’idée est de raviver tous les souvenirs en rapport avec le cours que nous avons sous les yeux. Avons-nous assisté au cours ? Lu un article sur le sujet, que ce soit dans une revue scientifique ou dans le programme télé ? Vu un reportage, une émission… ? Faire appel à cette base de données préexistante permet de commencer le travail de « liens » et de se mettre dans une position d’apprentissage ACTIF bien plus efficace et fructueuse que sa version passive.
Plan : déterminer la progression logique est d’une grande aide pour comprendre le raisonnement du cours. Par exemple, pour une hormone, on décrira d’abord son lieu de synthèse, puis son mode de synthèse avant de s’intéresser à ses effets et aux mécanismes de régulation de sa sécrétion. Comprendre la logique intrinsèque du cours permet de mieux voir « où le prof veut en venir » et de cibler ensuite les points importants à retenir.
2- 1ère lecture compréhension « mains dans le dos » : stabilos-crayons feutres-stylos INTERDITS
Cela vous semble dingue ? Pas tant que ça en fait… Le principe du « stabilotage » n’est-il pas de faire ressortir l’essentiel ? En n’ayant jamais lu un cours, difficile de faire le tri entre l’essentiel et le superflu (oui, il y a TOUJOURS du superflu). D’où l’importance de prendre le temps de faire une première lecture de « compréhension » pure. Cette étape permet de se familiariser avec le vocabulaire du cours, ses thématiques, les principes exposés et les mécanismes expliqués. Cette première lecture « au calme » permet de cerner le problème et d’en dégager les grandes lignes maîtresses. De dégrossir le travail.
3- 2ème lecture « stabilos »
Maintenant que vous avez compris de quoi il était question et que vous avez une vision GLOBALE du cours, vous allez pouvoir en extraire les « mots-clés » fondamentaux. Et seulement eux. Le stabilotage n’a d’intérêt que par la parcimonie avec laquelle il est utilisé : le but est de faciliter l’apprentissage en ne faisant ressortir QUE ce qu’il faut retenir et donc de réduire la charge de travail. Si vous stabilotez votre poly en long en large et en travers, vous supprimez l’effet contraste et perdez donc tout l’intérêt de la manœuvre.
Autre point « important » : le nombre de couleurs. Mettre l’arc-en-ciel sur les « mots-clés » donne du travail en plus à votre cerveau qui tente de voir dans ces distinctions un code. En plus de la mémorisation du mot clé en lui-même, de son contexte, de sa signification et de son lien avec l’ensemble des éléments du cours, votre cerveau doit également faire l’effort de l’associer à l’une des innombrables couleurs utilisées. De plus, il est rare d’utiliser le même « code couleur » pour chaque matière. Résultat : confusion, perte d’énergie, perte d’efficacité. Réduisez donc le nombre de couleurs à 3 ou 4 au maximum, vous y gagnerez en clarté.
4- Fichage/apprentissage : répétition
C’est la partie où vous seuls pouvez savoir comment vous y prendre. Quelques conseils néanmoins pour les fiches :
Aucune phrase « sujet-verbe-complément » ne doit y figurer hormis « LA » définition, phrase clé du cours chère au professeur.
Seulement des MOTS-CLES (normalement repérés à l’étape « stabilotage ») : flèches, liens, tirets pour un maximum de clarté
La fiche n’est pas une version révisée à notre sauce du cours mais une version CONDENSEE où seules transparaissent les idées clés. Donc, 1 feuille bristol maximum (difficile mais pas impossible, depuis que nous avons eu ces réunions je m’y suis essayée et nombre de pages diminue progressivement…)
5- Révision rapide
L’idée est de fixer les connaissances immédiatement après le premier travail réalisé sur le cours. Si vous apprenez un cours par cœur, aussi bon qu’ait été votre apprentissage, sans réactivation rapide de ce savoir, il va inévitablement perdre de sa précision et de sa clarté. Pour rentabiliser au maximum le temps passé à votre apprentissage, il faut dans les jours suivants (et au mieux LE LENDEMAIN) consolider ce souvenir. Comme nous sommes interrogés à l’écrit, l’idéal est de RECITER ce cours sur feuille blanche et de corriger immédiatement après. Même si vous faites des erreurs, le fait d’avoir pris le temps d'essayer de vous souvenir, d’écrire votre cours puis de le corriger va vous permettre de renforcer la trace mnésique du cours, de débusquer les points faibles de son apprentissage et d’éliminer des erreurs. En effet, se tromper sur un cours ayant demandé plusieurs heures d’efforts, énerve voire même excède. Or cette dimension affective est votre meilleur allié : c’est elle qui va donner à votre souvenir sa vivacité « Hors de questions de me refaire avoir ! » (encore et toujours le principe des liens).
Si vous n’avez vraiment pas le temps de réciter à l’écrit, a minima, relisez votre cours le lendemain.
Dernier conseil pour améliorer la qualité de la trace mnésique :
Utiliser les 5 sens : plus vous solliciterez de modalités différentes pour retenir votre cours et plus vous aurez de chances de le retenir longtemps. En effet en combinant ces modalités vous allez multiplier « les copies » de ce même souvenir acquis une fois par la lecture (vue), une autre par l’écriture (vue + toucher), encore une autre par la récitation/la répétition orale (audition + vue)… Autant d’angles d’attaque pour atteindre votre bibliothèque de stockage interne.
Prochain épisode
s’organiser dans son travail : quelques conseils pour établir son programme de révisions et se préparer le plus efficacement possible aux examens






