Voyager seule quand on est une femme n’est pas une « Big Adventure », juste une expérience géniale


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L’annonce de mon départ « en solitaire » n’a laissé personne indifférent. Je passerai rapidement sur les quelques regards désolés, aujourd’hui ce sont ceux qui m’ont prise pour la réincarnation de Wonder Woman (et qui m’ont mis « la mar de » pression)(merci les amis) qui m’intéressent : j’entends bien leur prouver qu’il n’est nul besoin de supers pouvoirs pour voyager seule.

Rétablissons la vérité : toute considération économique mise à part, VOUS POUVEZ TOU(TE)S LE FAIRE (oui, il y a aussi des hommes qui hésitent et eux aussi ils peuvent) et laissez-moi vous dire que c’est une expérience Extraordinaire. Donc si cela vous tente, ne renoncez pas pour de mauvaises raisons comme :

Voyager seule quand on est une femme, c’est très dangereux

Le mythe. Si un homme (vous savez, cet être viril capable de neutraliser un adversaire à la seule force de son pouce) peut partir seul à un endroit donné sans passer pour une tête brûlée et revenir en entier, en règle générale, c’est qu’une femme peut également tenter l’aventure.. Voyager seul, homme comme femme, peut s’avérer REELLEMENT dangereux pour certaines destinations, à tel point que même accompagnée je ne suis pas sûre que je m’y risquerais d’avantage. Un homme seul dans un pays en guerre (par exemple) ne sera pas plus en sécurité qu’une femme. De la même manière, une femme seule dans une ville cosmopolite et touristique sera autant en sécurité qu’un homme dans la même situation. Personne n’est à l’abri d’une mauvaise rencontre mais cela peut vous arriver aussi bien en allant chercher le pain un matin qu’en vous baladant pendant un voyage.

Alors bien sûr, quand on est une femme, on est certainement un peu plus sur nos gardes, un peu moins « détendue » du slip si vous voyez ce que je veux dire. On prend certainement plus de précautions. Et oui, je suis d’accord, d’une certaine manière c’est injuste : on ne devrait pas avoir à le faire. Cependant, je ne fais pas partie de celles qui ont le courage ou la témérité de « tenter le destin » au nom de leurs convictions. Oui, j’ai réservé un hôtel et non pas une auberge de jeunesse ; oui, je faisais en sorte de dîner dans mon quartier le soir pour ne pas avoir à marcher seule dans la rue la nuit trop longtemps : Oui. Mais ça ne m’a pas empêchée de profiter de mon voyage, de rencontrer des gens géniaux, de goûter des plats délicieux ni de voir des merveilles alors que ma peur elle, aurait pu le faire.

L’hymne pour partir : Chante comme si tu devais mourir demain – Michel Fugain

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Je ne parle pas bien anglais (voire pas du tout)

Selon la destination choisie il est vrai, parler anglais peut vous faciliter la vie mais pour la langue comme pour le reste, il est une règle universelle : quand on est obligé d’y aller, bêtement, on y va. Une sorte d’instinct de survie sans silex pour génération 2.0. La meilleure façon de faire déguerpir ses inhibitions aussi. Bizarrement, perdu(e) dans un dédalle de rues (quand on est perdu, « un quartier » se traduit automatiquement par « un dédalle de rues », autre règle universelle) dont les noms les identifient rejetons d’un mariage improbable entre un meuble IKEA et une voiture allemande, demander l’aide « d’un local » semble tout de suite bien moins hors de portée et gênant. Survie vous disais-je. Et puis, si vous en êtes encore au stade vache espagnole de la bilinguité et que vous ne vous sentez pas d’attaque pour une immersion avec option langage des mains intégrée vous avez encore laaaargement de quoi faire avec les destinations francophones. Après tout, le Québec aussi c’est exotique.

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Jamais je n’arriverais à me repérer dans une ville que je ne connais pas

Il paraît qu’on ne découvre une ville qu’en s’y perdant. J’ai fait le calcul : il m’a fallu 1 heure (durant laquelle j’ai été trop loin et loupé la rue dans laquelle je devais bifurquer, remonté complètement des avenues dans le mauvais sens…) pour enfin me repérer. Croyez-le ou non, sur le moment cette heure m’a semblé en durer trois. Au moins. Eternité durant laquelle j’ai eu tout le temps de penser des choses comme « Ah… tu as voulu faire la maligne et jouer la grande aventurière ! Ben voilà, tu es semée ! J’espère que tu es contente ! Tu es perdue, tu vas te faire dépecer par un drogué (?) et jeter en pâture aux crocodiles de l’Amstel. »

Je vous confirme : très rationnel.

Et puis d’abord, il n’y a pas de crocodiles.

Pourtant, au détour de ces rues qui n’étaient pas initialement prévues à mon programme j’ai croisé une bicyclette girafe, une entrée accueillant ses visiteurs avec un banc en bois patiné par la pluie, un homme dans son salon utilisant une table de ping-pong pour tout bureau, des fanions orange tendus entre des lampadaires… Bref, finalement, j’ai bien fait de me perdre un petit nombre (inavouable) de fois.

Votre ange gardien de l’orientation : les plans de la collection Cartoville avec de grands plans pour chaque quartier, les musées indiqués en gras double taille de caractères et des suggestions de cafés, bars et autres restaurants testés et approuvés.

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Jamais je n’arriverais à me débrouiller seule dans une ville que je ne connais pas

Vous êtes capable, là où vous habitez, de vous débrouiller pour vous rendre à votre travail, faire vos courses, acheter le journal, vous laver, manger, marcher dans la rue, non ? Alors en quoi faire exactement la même chose dans une ville étrangère serait différent ? Bien sûr, les magasins et les rues n’auront pas le même nom, les gens parleront une autre langue et auront des modes de vie différents mais vous saurez vous adapter. Vous ferez exactement les mêmes choses qui ne vous posent aucune difficulté là où vous habitez, avec la même aisance et la même facilité parce que vous savez les faire. Vous l’avez appris et ce savoir est maintenant transposable à toutes les situations auxquelles vous pouvez être confrontés. On respire un grand coup, on reste calme et on fait comme en danse, on suit le rythme. Le reste vient tout seul.

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Manger seul(e) au restaurant ? Jamais !

Ceci est une appréhension aussi répandue qu’inexplicable (et qu’avant mon départ je partageais également). Parmi toutes les activités que l’on peut faire seul(e), « manger au restaurant » semble être dans l’inconscient collectif une épreuve insurmontable. Peur de faire pitié, de s’ennuyer, d’attirer les regards des autres sur soi… finalement, le restaurant condense à lui seul tous les a priori négatifs associés à la solitude. Notre société est un grand paradoxe : alors que tout prône l’individualisme il n’a jamais été aussi mal vu d’être « seul ». Je ne compte pas le nombre d’articles lus à ce sujet avec des méthodes pour garder sa contenance aussi diverses que variées telles que lire (un livre, le journal, un dossier…), avoir son ordinateur, envoyer des textos, écrire… Je vous promets pourtant que dès l’instant où vous serez assis(e) à une terrasse sur une place ensoleillée, vous n’aurez plus aucune envie de vous couper de l’instant en vous plongeant dans une autre activité. Observer les gens, la rue joyeuse, la vue permet de comprendre l’autre, de se fondre dans son quotidien, d’essayer de se mettre à sa place. Chaque activité possède sa propre richesse, en observant comme en communiquant, on apprend, on rit, on grandit. Savourez votre plat et observez.

Le talisman : un livre dans son sac en cas de « panique » solitudérienne.

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Jamais je n’oserai aller vers les autres, je vais passer X jours sans parler à personne

Vous arrivez à l’aéroport, vous ne comprenez pas le système des machines automatiques, vous vous dirigez vers le guichet pour acheter votre ticket de bus/train/métro pour rejoindre le centre-ville : Tac, vous parlez avec l’employé des transports en commun.

Vous arrivez à votre hôtel, tendez votre coupon de réservation, on vous donne vos clés de chambre : Tac, vous parlez au maître d’hôtel.

Vous vous asseyez dans un café, vous commandez un thé glacé : Tac vous, parlez à la serveuse.

Vous me suivez ? Vous allez forcément parler avec des gens durant votre séjour, c’est tout l’intérêt de voyager seul(e), vous n’aurez personne sur qui vous décharger de cette tâche pour vous cocooner dans votre timidité. Après, il n’appartient qu’à vous de saisir l’opportunité de cet échange dicté par la nécessité pour avoir une réelle conversation ou non.

Je vais m’ennuyer seul(e)

Le curieux ne s’ennuie jamais. Ouvrez l’œil, furetez, observez. A l’étranger, tout est invitation à la découverte. L’un des musées les plus intéressants de mon séjour fut le supermarché. Comme quoi…

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Et vous, qu’est-ce qui vous empêche de vous lancer ?

 

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