Update | Avril 2021


dans mon sac pour 4 jours à copenhague - slow travel - Miss Blemish

Pfffiou, par où commencer ? Depuis une poignée de jours je travaille à l’adaptation en essai de ma thèse à paraître à l’automne. Je refais connaissance avec mon sujet, j’annote, je dessine des plans, des chronologies, je raconte une histoire. Je serre ma chance, j’ai peur qu’elle s’envole. Je relis chaque phrase, dans ma tête, à voix haute, les enchaînements, il faut que ça chante, que ce soit clair mais riche, j’essore mon texte pour en extraire toutes ses données. Ça me rend drôlement heureuse de m’asseoir devant mon traitement de texte chaque matin si vous saviez !

Et puis je réfléchis beaucoup à ce que je vais faire de ma vie. J’ai plein d’idées et parfois ça me donne des ailes, parfois je ne sais plus vers où regarder. J’essaie de changer l’aiguillage de ma boussole, troquer la direction peur pour la joie et ça marche, la plupart du temps.

Dans 2 semaines je reprends mon travail à plein temps pour 1 an et qu’est-ce qu’un an dans une vie ? C’est drôle, c’est l’argument qu’il est coutume d’employer pour justifier la dureté de sa 1ere année. La vérité toutefois est que ça ne devient jamais moins dur, on substitue seulement les types de difficultés. Très vite la souffrance déjà consentie devient justification à consentir les suivantes – un biais cognitif bien connu : continuer à perdre sur l’autel de ce qu’on a déjà perdu. Alors qu’est-ce qu’un an dans une vie, si vous voulez mon avis : beaucoup. Mais je crois avoir appris ces 9 dernières années à enchanter mon quotidien « malgré ». À faire des interstices, des canopées. À savourer les instants où je peux être tout à mon métier sans tout ce qui lui pèse autour.

Voilà où j’en suis, en transition vers l’après et ça fourmille de questions

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Fragments | Après l’hiver


après l'hiver fragments miss blemish

Je m’en suis aperçue ce matin. Assise à la table du petit-déjeuner juste avant de partir prendre mon train, la peur n’était plus là. Il y avait pourtant ce message envoyé la veille au soir qui n’avait toujours pas reçu de réponse ou encore ces postes auxquels j’avais postulé et dont j’ignorais lequel me choisirait. Les lendemains n’étaient pas plus certains qu’hier mais j’avais le cœur serein ; une mue qui touche à sa fin. Depuis l’été je m’étais lentement délestée. J’ai quitté, terminé, commencé. Plus d’engagements en attente contractés sous une autorité supérieure, ils avaient été honorés et là, ce matin, je réalisais que j’étais libre, enfin. J’étais et j’étais bien. Et parce qu’ici nous étions en paix alors le reste pouvait se décliner dans ses infinies possibilités, j’y survivrai. Je pouvais t’aimer quand bien même je ne te reverrais plus jamais. Je pouvais voyager quand bien même personne ne m’accompagnerait. Je pouvais écrire maintenant que j’étais diplômée. Je pouvais prendre des risques puisque c’est moi désormais qui les assumait. J’avais grandi et ce n’était pas grave. Au contraire c’était même plutôt bien.

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Fragments | L’à venir


l'à venir - fragments - miss blemish

J’essaie d’imaginer ces mots imprimés sur le papier, chacune des étapes depuis l’écriture jusqu’à la lecture – rencontre de deux intimités. J’essaie d’imaginer ce matin où ouvrant ma boîte mail comme chaque matin, geste anodin, je trouverais caché entre les newsletters quelques phrases qui feraient de moi soudain une écrivaine bientôt. Un message qui dirait des mots que je peinerai à croire mais peu importe, ils déclencheraient rire et larmes comme s’ils étaient vrais. J’essaie d’imaginer l’éclosion subtile de ces textes bruts sous le regard attentif de ceux qui les amènent au monde. Une histoire de virgules, d’épure, un peu de grandiloquent gommé pour autant de justesse gagnée. J’essaie d’imaginer l’émotion, le cœur battant, les mains moites tapant des messages trebuchants parce qu’écrits à toute allure et eux me disant, Célie ralentit, on ne comprend pas ce que tu dis. J’essaie d’imaginer mon nom posé sur mes mots posés sur le papier posé sur vos étagères. C’est beau. Le grain est fin sous mes doigts, l’encre anthracite et sur la couverture on distingue un jeu subtil de textures. Peut-être le titre a-t-il changé ? Certains textes ont été ajoutés, d’autres raccourcis ou supprimés. Je fais confiance. J’essaie d’imaginer la première fois que je le tiens entre mes mains, ce livre que je me souhaite à chaque anniversaire au moment de souffler sur les bougies toujours plus nombreuses. L’instant où tellement présent je n’ose pas l’ouvrir de peur de rompre le charme ou que le résultat ne soit pas à la hauteur du rêve exaucé. J’essaie d’imaginer comme il vous rencontre et ainsi accueilli, le césame qu’il devient de ne plus vivre qu’écrivain. J’essaie d’imaginer un prix littéraire parce que c’est doux d’être reconnue par celle.u.x que l’on espère devenir ses pair.e.s et puis aussi parce que ce sont quelques années à vivre ce rêve, offert. J’essaie d’imaginer tout ce qu’il y a de plus fou, souvent le soir devant le miroir, et je trépigne et je danse et je ris, je sautille comme devant la plus incroyable surprise, et à cet instant j’y crois vraiment. À cet instant c’est comme si tout ça était déjà arrivé, comme si j’y étais, là, dans ce restaurant où l’on remet le Goncourt chaque année et si vous pouviez voir comme je suis élégante, vous seriez époustouflés. Oui, à cet instant, je suis. Extatique et pas du tout ancrée, heureuse tout simplement. L’espace d’un instant, tout ça devient ma réalité. 

J’essaie d’imaginer parce que la joie n’est jamais si grande que dans les coulisses. Juste avant. Là, elle a tout l’espace pour s’étendre et connaître tous les destins possibles. Elle cartographie l’à venir. Elle prépare au tourbillon. Nécessaire et contagieuse, elle est ce qui fait qu’on devient. Plus ce que ça : en sa présence on est déjà.

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