Textes courts

Fragments | Négociations


Fragments négociations - textes courts - Miss BlemishParfois la tristesse est si grande. Elle est là, imposante et boursouflée, irréelle, quasi saugrenue. À autant s’étendre, géante de chiffon désarticulée ; soudain, ridicule. 

La raison se cogne aux abysses et à l’obscurité, si dense. 

Voilà où nous en sommes. Un cœur d’humaine que le présent contredit. Tellement sûr du bonheur qui nous attendait qu’il s’accroche à sa promesse. Qu’il bataille avec les faits. Il les déforme et les excuse. Il dit de ça je pourrais m’accommoder et l’impardonnable le pardonner. Ta chaleur, ton odeur, voilà de quoi laver toutes les méchancetés. 

Le cœur, la tête, le corps, tout est plein du ronron de ces négociations. Les écrans tout contre la peau, attendant la vibration qui viendrait clore le silence, laver l’attente et consoler les espérances. Là-haut, ça rêve d’une volte face grande comme un vertige, d’un dénouement qui ferait mentir le passé. Ça rêve d’une réalité qui ne soit pas celle qu’elle est. Ça rêve d’un Toi tel que je l’avais imaginé. 

Là-haut est un caprice qui ne supporte pas de s’être trompé.

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Fragments | Le chalet


Fragments - textes courts - Miss BlemishBientôt la limite de ma résistance à la douleur sera atteinte. Le silence et la distance m’éloigneront de toi pour de bon. Un peu de tristesse collante me poursuivra peut-être encore un temps, le temps de l’oubli des espoirs déçus. 

J’ai le cœur lourd de la chance que tu ne nous auras pas accordée de nous rencontrer. Une poignée de préjugés et voilà que chacun à notre manière nous avons laissé la peur triompher. Je ne suis plus la seule qui reste au chalet lorsque les autres vont skier, tu m’as rejointe sur le canapé.

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Papier mâché


Papier mâché - Amour - texte court - Miss Blemish

Article écrit et publié à l’origine en février 2013

Je vous écrirai l’amour. L’aube des sentiments comme des volets qu’on ouvre sur un jardin drapé de rosée. Engourdi. Ensommeillé. N’attendant que vos caresses pour s’éveiller. Rose fermée à la lueur naissante. Senteurs emprisonnées dans un écrin satiné.

Je vous écrirai l’espoir qui volette, feuillette, parsème le quotidien de ses paillettes. Le cœur qui s’étreint. Danse muette au son de votre prénom. A la chaleur de votre voix. A votre silhouette se dessinant au loin.

Je vous écrirai de ces promesses folles qui bercent le cœur des adolescents. A l’heure où y croire suffirait presque. Loin de l’ombre des écueils passés, ardoise effacée.

Je vous écrirai les yeux qui pétillent. Les larmes et la peur parfois.

Je vous écrirai mes lèvres attendant les vôtres.

Je vous écrirai ma main ouverte au matin, mes joues rosies à la chaleur des draps.

Je vous écrirai à vous dont j’ignore tout encore, vous que je devine proche sans pourtant vous connaître.

Je vous écrirai.

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