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Tartines à trous, miel qui goutte et 22 ans pour apprendre


Tartines à trous, miel qui goutte et 22 ans pour apprendre - Lifestyle - Sourires - Brèves - Humeurs - Be positive - Miss Blemish

Que l’on a toujours raison d’essayer. Même s’il y a déjà tellement de gens plus talentueux que soi – ou du moins est-ce ce que l’on croit – qui ont déjà fait ces choses-là. Que les progrès finissent toujours par arriver et qu’alors on touche à la définition du bonheur de très près. 

Que LA paire de chaussure… existe. La preuve, elle illustre cet article. Et elle vient de Jamie Phillips, dont il y a une petite boutique derrière Odéon à Paris.

Que l’on a toujours raison d’aimer maintenant, même si on n’a « pas le temps ».

Et toujours raison de donner du temps à ce qui nous passionne puisque c’est ça finalement, qui nous fait progresser, avancer, nous réaliser enfin.

Qu’il vient un temps où c’est à nous d’inventer nos rituels, nos traditions, celles en accord avec ce que l’on veut célébrer.

Que rien ne résiste à une ballade à la mer.

Qu’une rupture en amitié peut être aussi dévastatrice – parfois même plus – qu’un chagrin d’amour même si on pleure (un peu) moins au début. Qu’on continue d’y penser encore longtemps après, que c’est une partie de soi qui s’en va, et avec elle un presque frère, une presque soeur pour qui on n’a pas su être là pour de vrai.

Que s’il n’y a pas la mer, il reste toujours les petits trucks à burgers.

Que je ne travaillerai jamais mieux que dans l’urgence, lorsqu’il n’y a plus le choix, et que dans ces moments-là j’adore ça – travailler.

Qu’il faut toujours saisir l’inspiration lorsqu’elle se présente. Parce qu’elle ne se laisse pas facilement amadouer.

Qu’au moindre doute en cabine, il faut s’abstenir. Ce vêtement rejoindra tous ceux que ce n’est jamais le jour de mettre.

Et dans cette catégorie, que je ne serai jamais à l’aise dans les robes qui terminent au-dessus de mi-cuisse parce que ça me rend parano – alors que non non, elle tient en place pas de problème – dans les jupes qui ne sont pas taille haute, dans les jeans taille basse et dans les pulls resserrés à la taille.

Que les pantalons qui arrivent au dessus de la cheville ça marche avec des chaussures qui arrivent presqu’au dessus de la cheville – boots-bottines, compensées, scandales à talon et à lanière sur la cheville.

Que Colin Firth a l’âge de mon père mais que PEU IMPORTE je continuerai à aller baver devant chacun de ses films.

Que j’aurais naturellement du être rousse car, je me sens vraiment bien avec cette couleur-là dans les cheveux.

Qu’à Paris, définitivement, le pass ciné EST une bonne idée.

Que je vis mieux sans les informations télévisées. Comme vraiment mieux. Et que si vous êtes angoissé(e)s, vous devriez essayer. Pour voir.

Que l’on ne peut pas protéger les gens d’eux-mêmes. Ni soi-même de soi-même et qu’il va très vite de devenir son pire ennemi si l’on n’y prend pas garde.

Que les perles, les trench et les escarpins noir « c’est indémodable ».

Qu’il est toujours temps de mieux faire à partir de maintenant. Et jamais trop tard pour dire « à partir d’aujourd’hui ». 

Que devenir adulte c’est se remettre de la déception de l’adolescence de découvrir ceux que l’on croyait parfaits tout simplement… humains. Et de les aimer tels qu’ils sont. 

Qu’il ne faut pas avoir peur de dire « Je t’aime », doucement, tendrement, fort, en criant. Qu’il n’y a ni heure, ni lieu, ni conditions, juste à le murmurer. Pour soi et pour cette personne, là, celle-ci et pas une autre, qui met le bazar là-dedans avec ce coeur qui bat frénétiquement. 

Que ça fait du bien au coeur et à la journée qui s’ouvre à peine de prendre un instant chaque matin de réaliser combien nous sommes chanceux. De nous réveiller à côté de cette personne qu’on aime / de voir cette vue magnifique par nos fenêtres / d’aller à ce travail qui nous plaît tant / d’avoir des amis aussi géniaux et présents / d’avoir hérité de ce don particulier / de réveiller ce petit enfant d’un « il est l’or monseignor » (il n’y a que ma maman qui faisait ça ?) …

Et qu’il suffit d’une personne pour tout changer et rendre la vie encore plus… tout. 

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Une histoire de maison


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Dimanche. Il est 13h08 et je suis assise dans le train – voiture 16 place 23 côté fenêtre et dans le sens de la marche pour une fois – qui ferme depuis deux heures et presque trente minutes la porte sur les jours passés dans mon ancien chez moi. Quelques larmes – de cette espèce qu’elles s’arrêtent sitôt le paysage redevenu anonyme et sans histoires – ont brillé alors que lentement le quai s’éloignait et les maisons, les rues, les grands bâtiments, le terrain de sport et les immeubles qui jouxtent la voie ferrée défilaient au carreau.

Je n’ai jamais vraiment su m’y prendre avec les au revoir et j’ai abandonné maintenant l’espoir qu’ont porté longtemps les « ça s’améliorera en grandissant ». Il restera toujours un peu – je crois – de cette fillette en moi qui pleurait dans son lit en colonies. Pourtant un cap s’est franchi. Depuis quelques mois, mon déménagement à Paris est bel et bien fini. Il aura fallu plus que des cartons pleins de souvenirs, une inscription à l’Université, une carte de bibliothèque et une autre de cinéma pour que je trouve dans les murs de cet appartement – où je vis pourtant depuis déjà 3 ans – une vraie maison. Pour qu’il y ait plus de moi ici que là-bas. Pour que partir soit plus douloureux que revenir, pour que ma vie me manque entre beaucoup et beaucoup-beaucoup lorsque celui qui la partage n’est pas du voyage.

Ce déménagement du coeur, c’est peut-être ça grandir au fond. Une irruption du choix. Avec qui, comment, où, pourquoi, dans quel ordre, sur quelle voie. Grandir comme un grand chantier dont on reprendrait les rênes une fois les bases solidement posées. Grandir comme la deuxième partie d’un livre dont le début nous a été soufflé et que nous avons désormais la liberté de continuer  exactement de la manière qui nous plaît.

Et vous, votre coeur, il habite où ?

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Des souvenirs et des jours de pluie


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Les jours sont pleins de jeans bleu clair, de gris et de la lumière transparente des jours d’hiver. Je monte l’escalier, première escale devant l’évier. Pieds nus sur le carrelage blanc et froid, la pièce résonne du bruit de la pluie terminant sa course sur le carreau au toit. Frappe à la porte le souvenir des soirs d’été où l’insomnie, le chagrin, une nostalgie m’ont portée jusqu’ici pour écouter le bruit si apaisant de la pluie, regarder le ciel – mauve, orange et noir – se fendre au coeur de l’orage.

Dans la pièce à côté trône la corbeille qui ne se verra confié aucun vêtement en attente d’être lavé, sous peine de se voir – à l’heure des valises – oublié. Première chambre aux meubles de bois clair, deuxième escalier, le bureau des dimanches soirs qui s’escriment avec l’imprimante familiale fatiguée, la salle de bain blanche et grise et tout au fond comme une alcôve l’univers ancien.

Je pousse la porte de la chambre adolescente et trop colorée. Meubles, rideaux, draps et bibelots, les couleurs vives – rouge, orange, jaune, fushia, turquoise, vert acide, bleu nuit, mauve délavé – saturent espace et pensées. Paris, le blanc, le gris – grand calme chromatique de ma maison d’aujourd’hui – l’appartement anonyme qui s’ouvre sur des rues pleines de vie, semblent bien loin d’ici.

Les tiroirs ont été vidés – au fil des années – des menus trésors qu’ils portaient. Dans l’armoire reposent les rares cahiers d’école dont je n’avais pas eu le coeur de me séparer. L’attachement  délavé par les années, usé comme l’encre effacée des cahiers, a laissé toute la place à la tendresse pour l’époque qui s’en est allée. Le merveilleux dérobé avec les grands objets emportés – ceux qu’il semblait alors si important de garder – est maintenant caché dans des détails distillés. Les pochettes cartonnées aux papiers colorés de l’heure où l’on ne savait pas que l’on pouvait choisir feuille à feuille l’assortiment désiré plutôt que de toujours abandonner aux chemises oubliées les couleurs mal aimées, la miniature de lit à baldaquin découpée dans les cartons à jeter, peinte et assemblée pour incarner le coeur de cette chambre idéale imaginée pour un projet d’arts plastiques – faisant fleurir des envies d’avenir de maquettiste – les poupées russes exposées, les photos dans des cadres accrochés, le bruit comme une vague des voitures quittant l’avenue pour le chemin détourné dans le creux duquel la maison de l’avant s’est logée.

Et vous, votre maison d’avant, elle est comment ?

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