Brèves

Une histoire de maison


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Dimanche. Il est 13h08 et je suis assise dans le train – voiture 16 place 23 côté fenêtre et dans le sens de la marche pour une fois – qui ferme depuis deux heures et presque trente minutes la porte sur les jours passés dans mon ancien chez moi. Quelques larmes – de cette espèce qu’elles s’arrêtent sitôt le paysage redevenu anonyme et sans histoires – ont brillé alors que lentement le quai s’éloignait et les maisons, les rues, les grands bâtiments, le terrain de sport et les immeubles qui jouxtent la voie ferrée défilaient au carreau.

Je n’ai jamais vraiment su m’y prendre avec les au revoir et j’ai abandonné maintenant l’espoir qu’ont porté longtemps les « ça s’améliorera en grandissant ». Il restera toujours un peu – je crois – de cette fillette en moi qui pleurait dans son lit en colonies. Pourtant un cap s’est franchi. Depuis quelques mois, mon déménagement à Paris est bel et bien fini. Il aura fallu plus que des cartons pleins de souvenirs, une inscription à l’Université, une carte de bibliothèque et une autre de cinéma pour que je trouve dans les murs de cet appartement – où je vis pourtant depuis déjà 3 ans – une vraie maison. Pour qu’il y ait plus de moi ici que là-bas. Pour que partir soit plus douloureux que revenir, pour que ma vie me manque entre beaucoup et beaucoup-beaucoup lorsque celui qui la partage n’est pas du voyage.

Ce déménagement du coeur, c’est peut-être ça grandir au fond. Une irruption du choix. Avec qui, comment, où, pourquoi, dans quel ordre, sur quelle voie. Grandir comme un grand chantier dont on reprendrait les rênes une fois les bases solidement posées. Grandir comme la deuxième partie d’un livre dont le début nous a été soufflé et que nous avons désormais la liberté de continuer  exactement de la manière qui nous plaît.

Et vous, votre coeur, il habite où ?

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Des souvenirs et des jours de pluie


Des souvenirs et des jours de pluie - humeurs - brèves - miss blemish

Les jours sont pleins de jeans bleu clair, de gris et de la lumière transparente des jours d’hiver. Je monte l’escalier, première escale devant l’évier. Pieds nus sur le carrelage blanc et froid, la pièce résonne du bruit de la pluie terminant sa course sur le carreau au toit. Frappe à la porte le souvenir des soirs d’été où l’insomnie, le chagrin, une nostalgie m’ont portée jusqu’ici pour écouter le bruit si apaisant de la pluie, regarder le ciel – mauve, orange et noir – se fendre au coeur de l’orage.

Dans la pièce à côté trône la corbeille qui ne se verra confié aucun vêtement en attente d’être lavé, sous peine de se voir – à l’heure des valises – oublié. Première chambre aux meubles de bois clair, deuxième escalier, le bureau des dimanches soirs qui s’escriment avec l’imprimante familiale fatiguée, la salle de bain blanche et grise et tout au fond comme une alcôve l’univers ancien.

Je pousse la porte de la chambre adolescente et trop colorée. Meubles, rideaux, draps et bibelots, les couleurs vives – rouge, orange, jaune, fushia, turquoise, vert acide, bleu nuit, mauve délavé – saturent espace et pensées. Paris, le blanc, le gris – grand calme chromatique de ma maison d’aujourd’hui – l’appartement anonyme qui s’ouvre sur des rues pleines de vie, semblent bien loin d’ici.

Les tiroirs ont été vidés – au fil des années – des menus trésors qu’ils portaient. Dans l’armoire reposent les rares cahiers d’école dont je n’avais pas eu le coeur de me séparer. L’attachement  délavé par les années, usé comme l’encre effacée des cahiers, a laissé toute la place à la tendresse pour l’époque qui s’en est allée. Le merveilleux dérobé avec les grands objets emportés – ceux qu’il semblait alors si important de garder – est maintenant caché dans des détails distillés. Les pochettes cartonnées aux papiers colorés de l’heure où l’on ne savait pas que l’on pouvait choisir feuille à feuille l’assortiment désiré plutôt que de toujours abandonner aux chemises oubliées les couleurs mal aimées, la miniature de lit à baldaquin découpée dans les cartons à jeter, peinte et assemblée pour incarner le coeur de cette chambre idéale imaginée pour un projet d’arts plastiques – faisant fleurir des envies d’avenir de maquettiste – les poupées russes exposées, les photos dans des cadres accrochés, le bruit comme une vague des voitures quittant l’avenue pour le chemin détourné dans le creux duquel la maison de l’avant s’est logée.

Et vous, votre maison d’avant, elle est comment ?

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Minimalisme et vies connectées, quelques pistes pour faire le tri


Minimalisme et vies connectées, quelques pistes pour faire le tri - Humeurs - Lifestyle - Brève - Miss blemish

Dans l’appartement, partout, du blanc. Des murs aux oreillers, du plafond au – ah non pas le plancher – des meubles aux petits papiers. Rideaux et porte-manteau suspendus, petite table dans un coin de pièce perdu, livres de poche à tranches immaculées, draps frais parfumés à la fleur d’oranger, bougies flottantes à la cire fondante… Le blanc en grand renfort du petit nord, les attrapes-lumière pour contrer la grisaille de l’air, éclairer les petits matins couverts.

Plusieurs fois par années vient s’immiscer le besoin de – vite ! vite ! – refaire de la place pour respirer. Il ne faut souvent pas plus de quelques heures pour – ça y est ! – retomber sur mes pieds. Il faut dire que cela fait des temps et des temps que l’on s’y essaie sans le savoir vraiment à cette simplicité qui ne se cultive pas sans une certaine difficulté après des années passées à accumuler, s’étouffer. Peu à peu, il faut défaire l’habitude, apprendre à se trouver dans d’autres certitudes. Dans l’aujourd’hui connecté et nos quotidiens agités, j’ai fini par réaliser que le conflit ne se joue plus seulement sur les étagères, les murs et l’intérieur des foyers, il se transporte et se transpose dans nos vies qui avec les écrans omniprésents compose. Il est des lumières qui clignotent à dompter, des messages à filtrer, trier, des barrières – nécessaires ! – à ériger, le minimalisme à adapter, pour que le superflu ne grignote pas le temps qu’on l’on voudrait consacrer au beau, à l’inspirant, à ce qui nourrit l’envie, l’esprit, terreau d’idées et d’une créativité renouvelée. Voici quelques pistes qui, je l’espère, vous aideront à faire un peu de tri…

– Se désabonner des newsletters que l’on ne lit jamais –

On se laisse facilement piéger à la caisse de nos magasins préférés ou d’une case précochée, à inviter informations et promotions dans nos boîtes mails pour un téléphone, un ordinateur, une tablette qui à intervalles réguliers se mettent alors à clignoter, vibrer, chanter. Depuis le début de l’année je me désinscris au fil des messages reçus de toutes les newsletters jamais lues, qui coupent le fil de ma journée pour finir elles, systématiquement jetées, et moi une fois de plus déconcentrée. Depuis que je le fais systématiquement, mon téléphone clignote moins souvent et ma boîte mail ne se remplit plus que de messages qui me sont réellement destinés.

– Des notifications contrôlées – 

Dans les paramètres de chaque application dont nous nous servons, nous pouvons décider des messages que nous les autorisons à nous envoyer ou non. En quelques clics seulement on peut se débarrasser de tout ce qui nous sert jamais, rajouter des fonctionnalités, en supprimer d’autres, et ainsi moduler le flot d’informations reçu en fonction de ce que nous voulons qui soit lu, su, connu.

– Des abonnements régulièrement triés –

Facebook, instagram, twitter… qui n’a jamais suivi, aimé, cliqué, à l’occasion d’un coup de coeur passager, de la joie d’un compliment, d’un abonnement ou d’un concours bien trop tentant ? Notre fil d’actualité se voit bientôt noyé d’informations dans lesquelles on ne se retrouve pas, qui ne nous intéressent pas. Régulièrement, une fois par mois, au fur et à mesure parfois, je fais le tri, je me désabonne, me réabonne, recherche, ajuste, découvre, redécouvre pour ne garder que le meilleur, le trouver avec facilité et ne surtout rien manquer.

– Des pauses de temps en temps –

En septembre je partais une semaine dans ma région. Premières vacances en amoureux avant une année qui s’annonçait longue et tortueuse. Je voulais, pour ces quelques jours, être à 100% présente aux personnes autour de moi, réapprendre à n’être qu’ici et pas partout et surtout là-bas, vivre vraiment chaque instant sans qu’il se voit coupé, entravé, dérangé. Pendant une semaine mon téléphone n’a connu que l’étagère sur laquelle je l’avais posé. Pour une semaine de randonnée, nous avions bien sûr un téléphone – en cas d’urgence c’est une nécessité – mais ce n’était pas le mien, je n’étais pas tentée de sans cesse le regarder, vérifier ce que le monde disait, pensait, aimait, détestait… Si une semaine peut être un peu long et incompatible avec certaines professions, prendre ce temps parfois de profiter pour quelques heures de n’être que là est déjà – je crois – suffisant. Décider de donner à un moment particulier toute la place d’exister c’est délicieux, un petit cadeau rien que pour soi sur l’instant qui permet les jours suivants de redonner sa juste place à ce qui s’impose à nos vies trop souvent et de retrouver la liberté de répondre aux sollicitations permanentes : « pas maintenant ».

– Un espace web qui vous ressemble vraiment  –

Du blanc en large toile immaculée laissant la place au tout d’exister. Du noir, un peu de gris, couleurs vives ou pastels sur les croquis, de la place pour l’écrit, l’oubli aussi. Voilà ce que je voyais, voulais, souhaitais pour cet ici sans oser tout changer, bouleverser, un peu triste à l’idée de rompre avec les visuels précédemment créés et sur lesquels nous avions tant travaillé. Pourtant il n’a fallu qu’un week-end pour tout révolutionner. Décoration intérieure et virtuelle en parallèle je ne me suis jamais sentie mieux sur ces pages que depuis ce choix  qui en a fait un réel « chez moi ». N’ayez pas peur donc de faire de la place pour vos envies, vos idées, de rompre avec ce qui longtemps vous a représenté. Le web est si vaste qu’il y a suffisamment de place pour changer, évoluer, modifier, contourner, improviser… et s’amuser !

Et vous, quelles sont vos astuces pour filtrer les informations reçues des outils que vous utilisez ?

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