Une histoire de maison


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Dimanche. Il est 13h08 et je suis assise dans le train – voiture 16 place 23 côté fenêtre et dans le sens de la marche pour une fois – qui ferme depuis deux heures et presque trente minutes la porte sur les jours passés dans mon ancien chez moi. Quelques larmes – de cette espèce qu’elles s’arrêtent sitôt le paysage redevenu anonyme et sans histoires – ont brillé alors que lentement le quai s’éloignait et les maisons, les rues, les grands bâtiments, le terrain de sport et les immeubles qui jouxtent la voie ferrée défilaient au carreau.

Je n’ai jamais vraiment su m’y prendre avec les au revoir et j’ai abandonné maintenant l’espoir qu’ont porté longtemps les « ça s’améliorera en grandissant ». Il restera toujours un peu – je crois – de cette fillette en moi qui pleurait dans son lit en colonies. Pourtant un cap s’est franchi. Depuis quelques mois, mon déménagement à Paris est bel et bien fini. Il aura fallu plus que des cartons pleins de souvenirs, une inscription à l’Université, une carte de bibliothèque et une autre de cinéma pour que je trouve dans les murs de cet appartement – où je vis pourtant depuis déjà 3 ans – une vraie maison. Pour qu’il y ait plus de moi ici que là-bas. Pour que partir soit plus douloureux que revenir, pour que ma vie me manque entre beaucoup et beaucoup-beaucoup lorsque celui qui la partage n’est pas du voyage.

Ce déménagement du coeur, c’est peut-être ça grandir au fond. Une irruption du choix. Avec qui, comment, où, pourquoi, dans quel ordre, sur quelle voie. Grandir comme un grand chantier dont on reprendrait les rênes une fois les bases solidement posées. Grandir comme la deuxième partie d’un livre dont le début nous a été soufflé et que nous avons désormais la liberté de continuer  exactement de la manière qui nous plaît.

Et vous, votre coeur, il habite où ?

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