Une bulle


une bulle - Texte court - écriture - Miss Blemish

La porte se ferme. Clac. Le verrou bloqué. L’eau commence à couler sur l’émail blanc, elle chauffe, lentement, bientôt elle brûle. Couche après couche, les vêtements tombent sur le carrelage gris. Une perle renfermant un trésor d’huiles essentielles se dissout lentement. Une douce odeur de thé se répand dans la pièce. Silence. De la buée commence à coller au miroir. La pièce a senti qu’il fallait se mettre au diapason du voile enrubannant le corps frêle. Frémissements. Tremblements. Un pied, puis l’autre, c’est tout entier soudain qu’il glisse, disparaît. A vif. Brûlé. La tête coule sous la surface. Immergée. En apnée. Une pluie de papiers dans l’eau trouble. Les papiers des papillotes. Les mots de Tolstoï se dissolvent. Collent aux mains qui, délicatement, les repêchent. Filets. Doigts écartés. Paumes vers le ciel bouché par un plafond inopportun. Tristesse. Les mots coulent. Le monde pleure. L’eau tiédit. Les pages défilent. Les pensées se délitent au fil des pages tournées. Il manque la flamme vacillante. Celle d’une bougie sur le rebord de la baignoire. Il n’y a plus d’allumettes. La dernière. Gaspillée. Faible lueur. Faible chaleur. Faible étincelle. Soufflées. La mèche et la cire encore entremêlés. Juste le temps d’y penser. Un courant d’air. Le vent du nord certainement.

L’eau est froide. Le corps reste.

Le téléphone sonne.

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Suspendu


Suspendu - Texte court -  Ecriture - Miss Blemish

Crédit Photo : Unsplash

Ce sont les mêmes rues, le même portail, les mêmes marches d’escalier, la même petite boulangerie, pourtant, après ces deux semaines passées comme sur une autre planète, je me surprends à être surprise dans ce qui s’apparente le plus pourtant à une routine dans ma vie. Relever la tête un peu trop souvent lorsque le métro s’arrête pour vérifier que ma station n’est pas déjà passée, secouer la tête, sourire, me replonger dans mon livre. Amusée de surprendre l’habitude et de me perdre dans ses méandres comme on reprend contact avec une vieille connaissance, je retrouve avec plaisir et tristesse, émotion et désarroi tout ce qui est ici. Rien n’a bougé alors que tant de choses semblent pourtant avoir changé. Je m’étonne que mon monde d’ici n’ait pas suivit instinctivement le mouvement que semble avoir pris ma vie. Non, le même gilet trônait défait sur le dossier de ma chaise de bureau, tel que je l’avais laissé dans la hâte de la matinée du départ, une clémentine et une plaque de chocolat sur une table, quelques chaussettes encore près du radiateur après deux semaines d’un lezardage intensif sous les effluves coupées par un bouton tourné sur arrêt. Le téléphone seul semblait compatir à la soudaineté de ce retour à la normale en se refusant à afficher, sur l’écran de contrôle, date et heure. Une journée le temps suspendu, pour reprendre ses marques, avant que la date ne revienne à l’écran comme moi à ma vie.

 

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Ma fille il se peut que tu sois malade le jour des examens.


Ma fille il se peut que tu sois malade le jour des examens. - PAES - Etudes - Miss Blemish

11 décembre 2011, concours PAES J-4, le verdict tombe : fièvre + mal de crâne/oreilles/gorge = otite bilatérale + assez d’antibiotiques pour assommer un cheval et au dodo ma poule !

Autant vous dire que cette petite surprisounette ne s’intégrait pas, mais alors pas du tout, dans mon planning qui consistait en :

1-    Profiter des derniers jours pré-concours pour réviser les chapitres laissés à mon éternelle procrastination révisionnelle et boudeuse

2-     Réussir ledit concours. Avec brio si possible parce qu’on ne fait pas les choses à moitié. Non mais.

Du coup, clouée au lit par la fièvre/la décrépitude/le désespoir mais surtout par mon mal de crâne (aucune mention inutile), ma vie était fichue. Mes amis actionnaires de chez kleenex m’en parlent encore : j’ai fait exploser les ventes. Beaucoup de larmes à essuyer.

Avoir tant travaillé, fourni tant d’efforts, sacrifié tant de soirées, de week-end et de jours fériés pour voir tout s’arrêter si près du but, c’était insupportable. Et dans ces moments-là, aux plus grands arguments se substitue le seul sentiment d’une gratuite injustice.

Et pourtant, bon gré mal gré, je me suis présentée à l’examen. Peu glorieuse certes (j’ai passé plus de temps à me moucher et à tousser qu’à répondre aux questions d’anatomie…), mais tout de même face à ma copie.

 

Pourquoi cet article ?

Tout simplement parce que, du fond de mon lit, ce qui m’a fait tenir et me lever le jour-J, ce sont les légendes urbaines qui m’ont été contées par mes amis, ma famille, là-bas à l’autre bout du téléphone. L’ami/le cousin/le grand frère/la tante/ la sœur qui était, je cite « malade comme un chien » pour le concours d’entrée à l’ENA/Science-Po/Polytechnique/l’ENS et qui pourtant, a réussi.

Au deuxième semestre, je n’avais qu’une hantise : qu’il s’agisse d’une malédiction et qu’à quelques jours du concours, rebelotte, je tombe malade à nouveau. Puis, j’ai lâché prise : si je devais être malade la semaine de la deuxième partie du concours de médecine, je serais malade. Cela ne m’empêcherait pas de réussir. Et vous savez quoi ? Je n’ai pas été malade au deuxième semestre tout comme je n’ai pas raté mon concours.

Voilà le pourquoi de cet article : pour vous dire, à vous qui êtes à l’entrée du tunnel des révisions, et quelque soit l’examen que vous prépariez, qu’il est POSSIBLE de réussir quand bien même a-t-on de la fièvre, mal au ventre et perdu 3 jours de révisons. 

 

3 jours ne font pas la différence, mais vous, oui.

 

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