Fragments | Trouver l’interrupteur


fragments trouver l'interrupteur - textes courts - Miss Blemish

C’est lorsque la nuit tombe que ça devient compliqué. Seul.e, accompagné.e, cela n’y change rien, l’obscurité rumine. Elle dissèque et tourne en rond, elle dit non, nous n’y arriverons pas. Allongé.e mains sur le ventre et yeux au plafond, la pénombre dit l’errance des chagrins trop grands. Ceux-là même que l’on ne parvient pas à pleurer. Et ça bourdonne dans les oreilles, cœur qui bat sur le silence des heures endormies. Il n’y a plus d’ailleurs pour se soustraire à l’ici. La tristesse y est compacte, collante et visqueuse, effrayante, quasi irrémédiable. Lorsqu’il fait nuit, elle se pare du costume des épreuves insurmontables. 

Et puis parfois l’enfance intervient. Sous les traits d’un vieux monsieur très sage, elle chuchote : « on peut trouver le bonheur même dans les endroits les plus sombres, il suffit de se souvenir d’allumer la lumière »*. 

Alors comment s’allume notre lumière ? Voici la question cruciale des jours de doute, le grand voyage auquel nous convoquent les épreuves : trouver nos interrupteurs. 

*Albus Dumbledore, Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban

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Fragments | Les peines illégitimes


Manger sans gluten en voyage à Copenhague - gluten free travel - Miss Blemish

En matière de chagrin d’amour il semble que plus l’affront soit grand, moins la peine soit légitime aux yeux de ceux qui nous aiment. Pourtant aimer dans l’acte d’ouverture qu’il suppose, la vulnérabilité sur laquelle il repose, nous expose plus qu’aucun autre à la possibilité d’être blessé.e.s. Et cette douleur est d’autant plus grande que l’attaque est injuste ou simplement méchante. Mais parce que l’autre, par ses actes ou ses mots, devient indigne de cet amour, certains supposent que notre peine n’aurait pas de raison d’être. Elle est pourtant doublement motivée. Par la blessure infligée, par la déception d’en découvrir cet autre capable de la donner. Peu importe qu’il devienne par là un qu’il n’y a pas lieu de regretter, un dont on pourrait être reconnaissant d’avoir pu réchapper. Les mots, les gestes comptent. L’espoir d’un nouvel amour auquel on doit renoncer, un deuil. Dans le pari qu’est l’amour nous avions donné à cet autre une importance qui colorait du même fait sa personne, ses opinions et ses dires. La blessure est ainsi plurielle, elle est celle de ses actions mais plus douloureuse encore celle de notre responsabilité à lui avoir donné cette place de laquelle il était si aisé de nous peiner.

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