Fragments | Le chalet


Fragments - textes courts - Miss BlemishBientôt la limite de ma résistance à la douleur sera atteinte. Le silence et la distance m’éloigneront de toi pour de bon. Un peu de tristesse collante me poursuivra peut-être encore un temps, le temps de l’oubli des espoirs déçus. 

J’ai le cœur lourd de la chance que tu ne nous auras pas accordée de nous rencontrer. Une poignée de préjugés et voilà que chacun à notre manière nous avons laissé la peur triompher. Je ne suis plus la seule qui reste au chalet lorsque les autres vont skier, tu m’as rejointe sur le canapé.

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Ecrivaine


Ecrivaine - Miss Blemish

J’aimerais vous raconter une histoire de synchronie. Nous sommes en janvier 2019 et ce mois-là, je fais 2 choix apparemment anodins : je m’inscris au groupe d’auto-coaching d’Esther Taillifet dont j’écoute le podcast Se Sentir Bien assidûment depuis son démarrage en septembre 2017 et je choisis mon costume pour une soirée d’anniversaire qui a pour thème « incarner son rêve ». 

Dans le métro ce matin je réfléchis à cette fête à laquelle je suis invitée le mois prochain et dont le thème est « incarner votre plus grand rêve ». À quoi ressemble une écrivaine ? 

Si l’on s’en tient aux clichés, je ressemble déjà beaucoup à l’image romantique que l’on peut s’en faire. Lunettes de la forme adéquate pour l’époque, physique inoffensif, tote-bag en sac à main avec toujours dedans un livre, un carnet, un stylo complété par un style vestimentaire très American vintage like, je coche toutes les cases de la représentation des autrices en herbes dans les séries télé. Fake it until you make it*, message reçu 5/5. 

Sauf que, regardons la vérité en face, on est toujours un peu déçu par l’invité qui clame fièrement en entrant s’être « déguisé en lui-même ». Je ne peux donc pas m’en tenir à ce qui fait illusion au quotidien et m’achète le temps nécessaire à ne plus seulement avoir l’air mais aussi la chanson.

C’est dans le métro ce même matin que me vient l’idée d’écrire un vrai livre, pour la fête, et de rompre ainsi cette trêve de presque deux ans sans écrire de fiction. Et si vous lisez ces lignes, c’est que j’ai mené ce projet à bien.

Et puis, Esther nous propose un exercice : faire comme si nous étions déjà ce que nous voulons devenir. Ce grand projet, ce grand rêve, s’est déjà produit. Comment agit et quelles décisions prend cette personne qui a le quotidien que l’on se souhaite ? Et effectivement, on ne prend pas les mêmes décisions une fois à la tête de l’entreprise qu’on rêvait de créer ou une fois écrivaine à temps plein. 

Et donc, en janvier 2019, je fais comme si. Comme si j’étais écrivaine. Et je commence l’écriture d’un roman avec plus de fluidité que je n’en ai jamais expérimenté. Ce roman n’a pas connu plus que les quelques pages nées en une poignée de jours d’assiduité mais l’état d’esprit a perduré. Ça fait déjà longtemps qu’en coulisses je prépare le terrain. J’écris, je crée ce blog, je lis, j’essaie, mais c’est en catimini, jamais vraiment une priorité, jamais vraiment un destin auquel j’ose croire. Pour moi on devient écrivaine par l’extérieur, comme on adoube un chevalier, on ne peut pas en décider seule. Mais soit, faisons comme si. Et, je le fais. Je vais à cette soirée et je suis une écrivaine.

Et puis, mi-février 2019, une éditrice m’envoie un mail, elle travaille chez Larousse, elle me propose d’écrire l’un de leurs futurs titres. La suite vous la connaissez, elle sera la genèse de Batch cooking mode d’emploi dont je vous raconte l’histoire ici

Me voilà donc autrice. Mais pas encore écrivaine. Non les écrivains écrivent de la fiction – d’où me vient au juste cette catégorisation, je ne le sais pas très bien. Mon livre sort, je le vis étrangement comme un deuil, comme une séparation d’un compagnon avec qui j’ai passé les 9 derniers mois – et quels mois ! Et puis il y a la pandémie. 1 an quasi jour pour jour après le début de cette folle aventure je dois renoncer à l’écriture de mon second livre, pourtant sur un sujet taillé sur mesure, parce que j’ai une thèse à écrire. Décision raisonnable mais pas vraiment la décision qu’aurait prise une écrivaine. Ok. Ok je me consacre à ma thèse mais je m’offre 6 mois de disponibilité ensuite pour écrire. Ça c’est une décision d’écrivaine ! Et puis il ne suffit pas de le fantasmer, faut se mettre devant son clavier et y aller. Je commence le programme The Artist Way de Julia Cameron qui requiert une écriture quotidienne et je m’y tiens. 

A l’automne 2020, une poignée de semaines avant que ne commence ma disponibilité je publie une série de textes. Du courage, les ruptures silencieuses, lignées de femmes. Et là, c’est ma propre mère qui me dit que je devrais en faire quelque chose. 

Je continue à écrire parce que je suis en miettes face à l’échec immense que ça représente d’avoir échoué à construire quelque chose de beau avec quelqu’un qu’on a profondément aimé et que c’est ce que je fais lorsque j’ai du chagrin. Et je ne sais pas, je le fais comme si j’y croyais à la valeur de ces textes, j’y vais comme si j’allais vraiment le proposer, comme s’il allait vraiment être publié. Je le monte, je l’illustre, je l’envoie à mes relectrices et à la maison d’édition à laquelle je pense par l’intermédiaire d’une bonne fée – les belles synchronies d’internet. J’y vais en apnée. Mi janvier 2021. Pire j’en parle. Je partage les étapes alors que là vraiment, rien n’est signé, rien n’est concret, c’est dans ma tête et seulement là ce projet. 

Et puis une fois envoyé, c’est le précipice. « Pour qui tu te prends avec tes textes insignifiants ? » Je ne dors plus. Mais vraiment plus. Alors je vais chez des ami.e.s. Des amis de l’appartement duquel on voit le ciel. Des amis qui montent leur entreprise et prennent des décisions d’adultes, des décisions qui font peur. J’écris pour le site de leur marque. J’écris le roman que j’ai commencé 2 jours avant d’envoyer « Un Chagrin ». Je reste toute la journée devant mon traitement de texte. Pas de distraction, pas de ménage, de lessive, de courses ou je ne sais quelle autre pseudo-urgence qui phagocytent les journées et pèsent lourd sur nos épaules. Je me remets à méditer avant d’aller me coucher parce que là je me fais des noeuds au cerveau, je sombre dans le chagrin de l’histoire que je raconte. Et ça marche, je vais mieux. Je rentre à Paris. 

Et je reprends comme si. Mieux, je décide que si Un Chagrin est publié, je prolongerai de 6 mois ma disponibilité pour terminer mon roman, celui que j’ai pour l’instant appelé « Manger ». 

Voilà des décisions d’écrivaine. J’ai toujours autant l’air mais je travaille fort pour y ajouter la chanson. 

Merci à mes Patreons qui me soutiennent financièrement et me permettent d’être davantage présente au partage de tout ça ici. Si vous aussi vous voulez me soutenir à raison d’1€/mois, ça se passe par là. Et c’est une décision d’écrivaine ça aussi; l’entête de ma page dit « Célie is creating books »

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Ma mini bucket-list 2021 et un bilan


Mini bucket-list 2021 - Miss BlemishJe suis dans le train pour Lyon, nous sommes le 29 décembre il fait nuit mais pas vraiment froid. Cela fait longtemps que je ne suis pas venue vous rendre visite ici, la dernière fois que j’ai franchi ces portes pour vous écrire j’étais sur la rampe de lancement d’un profond remue-ménage. 

Quoi de plus naturel alors que de vous y retrouver pour un bilan ? 

Fin août, inspirée par Från Meneses, je commence la lecture de The Artist Way de Julia Cameron. 12 semaines d’un programme dédié à la créativité avec pour outil central les pages du matin : 3 pages d’écriture spontanée chaque jour. Et quel chantier a débuté en me prêtant à ce jeu-là ! Car lorsqu’il faut écrire 3 pages tous les jours, on finit fatalement par aborder les sujets qui fâchent. Ce qui était bien caché sous le tapis est exposé et à partir de là, il faut bien s’en occuper. 

Ces 4 derniers mois ont ainsi été le théâtre d’une foule de chamboulements. 

En 2020 je suis devenue autrice et docteure, je me suis offert 6 mois de disponibilité et ouvert un compte Patreon pour la documenter, j’ai commencé l’écriture de mon second livre – un recueil de texte dont le titre provisoire est « Un chagrin » – inspiré par ma séparation d’avec celui qui a partagé ma vie pendant 6 ans. J’ai soudain vécu seule pour la 1ère fois de ma vie d’adulte, peint un mur de ma chambre en terracotta, appris à poser de l’enduit et me suis lancée dans tous les travaux que j’avais envie de faire depuis si longtemps. Surtout j’ai compris quelque chose qui vous semblera certainement bateau, de ces évidences cousues de fil blanc que l’on lit en haussant les épaules jusqu’à ce qu’un jour ça fasse tilt : la personne que je suis ne dépend ni du regard ni du jugement des autres, réels ou fantasmés. Je n’ai pas la maîtrise de ce que mon entourage pense de moi mais surtout, leurs pensées ne disent rien de moi. Ces pensées ne remettent pas en cause ma réalité, seules les miennes peuvent le faire et je me connais. Je suis alignée. Mon estime de moi ne dépend plus de retours extérieurs. Voilà une incroyable révolution ! 

En 2020 j’ai eu des conversations importantes et fait la paix avec des pans entiers de mon histoire. Et fin 2020 à la faveur de douces épiphanies – et d’une bonne dose d’entêtement – je suis heureuse. 

Si vous cherchez un outil pour vous guider dans la réflexion sur votre année, je vous conseille le livret The Year CompassThe Year Compass téléchargeable gratuitement et qui propose une grille de questions intéressante. 

Place donc à ma mini bucket list pour 2021 avec la liste de mes envies pour les 12 mois qui s’ouvrent 

  • Trouver une maison d’édition pour éditer mon 2nd livre « Un chagrin »
  • Terminer les travaux débutés chez moi et vous montrer ici le résultat ! 
  • Commencer l’écriture d’un 3ème livre – pratique ou roman
  • Apprendre la technique du punch-needle et à broder
  • Organiser une 1ère vente de mes peintures et dessins

Et vous, 2020 ? Que contient votre mini bucket-list pour 2021 ?

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