Search Results for: pancakes

11 mois


11 mois - s'aimer à distance - slow lifestyle - Miss BlemishY., 

C’est l’avant-avant-dernier dimanche soir de tous ceux que nous n’avons pas partagés ensemble depuis 11 mois. Depuis tes bras sur le quai des au-revoir il y a eu comme à chaque fois le chemin à l’envers – coeur lourd dans le métro – l’appartement solitaire et les tâches rituelles du dimanche soir. La vaisselle, les draps mouillés, la machine à laver vrombissant pour quarante minutes encore et les muffins de mes petits-déjeuners enfournés. Une série en fond sonore (avec une histoire d’amour dedans dont on s’éprend), du thé peu infusé, un pyjama dans lequel il fait doux se lover, il y a eu – rendez-vous de nos dimanches soirs – le récit en pointillés de ton voyage retour émaillé par celui des meilleurs moments de ce week-end partagé. Et au milieu des notes, des cours, des fiches de fiches complétées-récitées : du temps en suspens.

Au décompte patient des jours restant jusqu’à nos vendredis s’ajoute timidement celui qui mènera à ton retour, iminent. Dans trois semaines tu seras à nouveau là et je reprends la liste de tous les bonheurs aussi doux qu’anodins qui rythmaient notre quotidien et qu’il me tarde de retrouver avec toi. L’habitude de glisser dans les courses ton jus d’orange préféré, nous réveiller tous les matins ensemble (et ton sourire doux-moqueurs à mes milles-et-unes heures-réveils programmées), petit déjeuner des derniers pancakes du week-end lundi matin, travailler côte à côte l’après-midi en se tenant parfois la main, te demander de me réveiller « dans 30 minutes pas plus » même si l’on sait tous les deux que cela relèverait de l’exploit,  rapporter de la boulangerie ton gâteau préféré, s’endormir l’un contre l’autre, nous raconter nos journées sitôt rentrés, les sms-listes-de-courses/rendez-vous/adresses (et tout ce qui est important laissé au temps partagé-en-vrai), les séances tardives du cinéma tout à côté, pousser les meubles pour danser – la journée terminée – et mon thé du matin préparé par tes soins. Un peu d’avant, un peu de ces 11 mois si différents et un peu de nouveauté à assembler, notre vie à deux à (ré)inventer. 

Pour ces trois semaines qu’il me reste à parcourir sans toi tout à côté, j’ai noté les tiroirs et les étagères à vider de mes affaires qui s’y sont peu à peu invitées ; une jolie corbeille à trouver pour que les vêtements du jour ne deviennent pas désordre ; mes repas à nouveau partagés sur une vraie table avec toi – l’ordinateur oublié – et de prendre soin des gestes quotidiens qui ont guidé et assuré l’équilibre de ces 11 mois. Nos petits mots du matin et nos longues conversations du soir, les cours de yoga avec G.- lundi, mardi ou vendredi -, les soirées avec F., les dimanches soirs qui préparent et soulagent mes semaines des soucis logistiques, les 10 minutes de méditation du soir ou l’habitude d’amener dans la salle de bain une grande théière à siroter pendant cette demie-heure hebdomadaire rien qu’à moi où je prends soin de moi – cheveux mouillés, masque doux et magazine préféré en ingrédients extras. 

Lentement je laisse grandir l’impatience, j’ai hâte que tu sois là. 

Et toi, ces derniers mois ? 

Laisser un commentaire - 29

Les sourires de février


Les sourires de février - slow lifestyle - Miss Blemish

Cette semaine-là on s’est retrouvées avec G. bien-comme-c’était-prévu, lundi soir, sur les tapis de notre cours de yoga partagé. Après le cours, G. a sorti de son sac un petit paquet avec un ruban au sommet et le glissant dans mes mains m’a dit qu’elle avait immédiatement pensé à moi en le trouvant (dans une boutique de la famille de celles qui ne livrent leurs trésors qu’à ceux qui prennent le temps de s’y perdre les yeux grands ouverts). Le papier déchiré je découvre un calendrier construit autour de l’envie d’illustrer un petit bonheur par jour*. Et voilà qu’il m’accompagne depuis, une place de roi laissée pour lui sur mon bureau, chaque jour d’une nouvelle vignette murmurant le bonheur comme un câlin ou se tenir secrètement la main, le bonheur comme la liberté d’être soi avec ces gens qui nous aiment, un frigo plein ou apprendre une nouvelle langue, le bonheur comme un moment pour soi, un fromage coulant ou dire la même chose en même temps.

Alors je vous emmène comme il fait sourire chacun de mes matins, comme une coutume depuis maintenant 4 ans (!?) au fil de mes sourires de février et de ma tenue doudou du moment.

* Happiness is… 2017 Calendar par Lisa Swerling et Ralph Lazar aux éditions Chronicle books San Francisco

Les sourires de février - slow lifestyle - Miss BlemishLes sourires de février - slow lifestyle - Miss Blemish

Lunettes – Thierry Lasry // Collier – Lou Yetu // Top & gilet – American Vintage // Jean – Levis // Sneakers – Stan Smiths

Prendre place dans la file d’attente qui ne désemplit jamais, rue des rosiers, et nous choisir pour tout goûter un cornet de falafels chacun. Les manger avec les doigts dans le parc de la place des Vosges tout à côté de là. Sourire pour accueillir les premières notes du printemps naissant. 

Dormir à demi dimanche dans les draps frais, volets ouverts sur le matin. Nous lever sur la pointe des pieds et nous préparer des pancakes pleins de pépites de chocolat pour tout déjeuner.  

Manger les premières glaces de l’année avec de la vanille, du caramel et des noix de pecan sucrées dedans. 

Pleurer devant La la land, frémir devant Split, retrouver la beauté du cinéma de Tom Ford devant Nocturnal animals, sourire de retrouver Anna et Christian dans 50 nuances plus sombres et s’émerveiller devant Premier contact. 

Reprendre doucement mes marques dans cette année pleine de soubresauts,  dans cette distance plus apaisée, mon rythme retrouvé. 

Prendre l’habitude chaque dimanche d’ajouter à mes séances de batch cooking une fournée de doux muffins pour matins pressés et petites faims. 

Écrire chaque jour ou tout en même temps les moments doux de ma journée dans un agenda coloré qui – c’est décidé ! – sera mon carnet de gratitude improvisé. 

Voir lentement les roses blanches – mes préférées avec celles de ce rose qui se devine tant il est pâle – offertes par l’amoureux s’ouvrir et embaumer un petit coin d’air du salon. 

Réussir à photographier des petits bouts de mon chez moi malgré la luminosité qui y fait souvent défaut. Sourire sourire sourire (aux roses sur la commode, aux nouvelles touches de moutarde qui sont arrivées). 

Investir pour travailler mon pouf improvisé. Un carton plein à ras bord de mes cours, un draps coloré, des coussins assortis et le tour était joué ! 

Binge watcher – sans m’en lasser – Gilmore girls  – et ne plus réussir à m’arrêter. Nourrir comme projet secret de tout recommencer pour noter toutes les meilleures piques de Lorelai. 

Arpenter le nez en l’air la rue des martyrs sans résister à l’envie de rentrer dans chaque boutique croisée. 

Les sourires de février - slow lifestyle - Miss BlemishLes sourires de février - slow lifestyle - Miss BlemishLes sourires de février - slow lifestyle - Miss Blemish

Mettre un peu de ce thé qui sent si bon – mais dont je n’aime pas le goût – aux quatre coins de l’appartement et en profiter à ma façon. 

Rire aux éclats au spectacle « Poésie ? » de Fabrice Luchini (et sourire de pouvoir par son interprétation et sa pédagogie – même s’il s’en défend – pleine de bon sens, d’humour réussir à percevoir un peu de la beauté et du génie de textes dans lesquels je ne me suis pas plongée depuis des années). Je suis sortie de la salle avec l’envie de relire des textes comme ceux-ci (et émerveillée de sa capacité à trouver le Beau dans des détails que je n’aurais jamais relevés seule). 

Trouver dans les rayons d’American vintage au coeur des soldes la touche de moutarde qui manquait à mes pièces préférées (et en faire mon allié de tous les jours de cette fin d’hiver). 

Manger la merveilleuse pizza spianata hot au big love caffe, entre amies, nos examens terminés. 

Écrire nos quotidiens et nous les dire parfois par delà les kilomètres. 

Prendre au restaurant un plat avec du quinoa dedans juste pour le sourire moqueur de l’amoureux – et pour le guacamole, et pour la courge rôtie, il y avait un peu de magie dans le bol de février de chez « Nous ». 

Sourire à l’idée de peut-être prendre des billets pour Bruxelles, fin mars, à deux. Laisser les guides toujours sur mon bureau, sans les ouvrir encore, pour faire grandir la douceur de l’anticipation qui trépigne. 

L’odeur du masque Peeling glycolique de Caudalie. Mon premier test m’a convaincue de me l’offrir, je vous dirai si de l’utiliser deux fois par semaine ma peau – comme promis – s’en est vue transformée (le premier test était prometteur alors je me prends à y croire un peu à ce teint illuminé perpétuellement). 

Écouter Coco câline en boucle (c’est l’une des chansons du dernier album de Julien Doré), jusque dans la salle de bain où nous nous préparons pour l’anniversaire de la maman de l’amoureux. 

Vendredi soir, fermer la semaine accoudées au comptoir de ce bar dont on a fait notre préféré, deux verres de vin blanc, un artichaut à partager et tout ce qu’il faut d’huile d’olive et de pain frais. 

Le délicieux et le beau de ce gâteau – Flore – à la carte d’hiver d’Angelina, rose fushia, mêlant framboise, meringue, vanille et chocolat blanc. 

Écrire en attendant jeudi soir l’amoureux bientôt là… 

Les sourires de février - slow lifestyle - Miss Blemish

Et vous, quels ont été vos sourires de février ?

Laisser un commentaire - 12

Et sourire à octobre qui tangue


Et sourire à octobre qui tangue - Slow lifestyle - Miss Blemish

Dans la boîte aux lettres des vacances s’est glissé un petit livre doux et coloré que j’ai englouti de lundi à mardi, rompant toutes ses règles tacites contre ce besoin des débuts d’année éparpillés de réussir à commencer et finir d’un trait quelque chose. Se remettre en mouvement après les périodes suspendues, faire le premier pas, est toujours la partie de la reprise que je trouve la plus dure alors au fil du temps je me suis constitué une longue liste d’alliés vers qui il est facile de me tourner. Et s’il en est plein pour m’aider à reprendre pied avec les impératifs un peu rébarbatifs du quotidien, magazines et livres bonbons prêts à être lus ou relus d’une traite, sans interruption, sont responsables depuis longtemps des retrouvailles avec continuité et concentration dans mon travail.

Ce petit carnet de gratitude écrit par Anne-Solange Tardy et si joliement illustré par Marie Bretin* – que j’ai lu comme il ne se lisait pas – a réussi ce très grand défi des périodes en demi-teinte de ramener tout au centre tout ce qu’il y a de doux, joli et chanceux-merveilleux dans ma vie et surtout l’envie d’y prêter activement attention chaque jour. Alors c’est tout naturellement que je reviens ici avec des sourires et un défi : celui de terminer et commencer chaque journée par quelques pensées vers tout ce qui a été doux dans notre journée. Que cela soit infime ou magnifique, petit ou grand (car le bonheur souvent n’a rien de grandiloquent).

*

Retrouver la douceur des écharpes plaids qui de dehors en dedans quittent nez-bouche-cou pour m’entourer tout en entier où que je sois.

Sourire au ciel encore bleu, à la lumière d’automne et aux feuilles rousses qui chatouillent de couleur le gris de la ville.

Enfiler mercredi cette robe offerte par l’amoureux.

Recevoir en rougissant un chouette cadeau et écouter ces histoires d’outre-atlantique mêlant van et grands espaces autour de la table des retrouvailles.

Passer toute une après-midi en cuisine, un podcast en fond sonore couvrant à peine le bruit de l’eau qui bruisse, des ustensiles qui s’activent et de l’huile qui crépite. Goûter au petit plaisir d’avoir au bout des doigts cette odeur d’italie qui mêle échalote à huile d’olive.

Ressortir des tiroirs les bougies qui sentent le biscuit.

Croiser dans ma rue cet ami d’enfance comme cela nous l’est déjà arrivé mille fois, dans d’autres villes que celle-là. Sourire de tous ces heureux hasards qui font nos chemins se croiser.

Tenir entre mes mains pour la première fois la responsabilité de gardien du souvenir qui incombe aux photographes. Sourire et trembler.

Décider à 17 heures qu’il est l’heure des pancakes, du sirop d’érable et du thé parfumé – mon chouchou du moment est un thé noir qui sent la vanille et la noisette : Ronde d’automne de la route des arômes (petite boutique Lyonnaise). Se régaler en refaisant le monde, gommer le gris de la journée.

Découvrir à quel point la framboise et la lavande se marient bien dans le très chouette bar à cocktail Le distrait métro Bonne nouvelle.

Sourire de l’odeur douce de lessive qui règne dans l’appartement dans cette période post-vacances où tous les jours une nouvelle fournée de linge fraîchement lavé vient trouver sa place sur l’étendage.

Au courrier des vacances trouver le dernier Simple Things et de jolis livres n’attendant qu’à être dévorés les dimanches de pluie. Sourire d’accueillir de nouveaux amis.

Manger les dernières glaces de l’année, retrouver les petits-déjeuners de roi du dimanche partagés. Ceux qui prennent le temps de savourer, rire et danser.

Écouter cette chanson jusqu’aux paroles murmurées-imprimées

Accueillir l’élan plein d’envies et de renouveau que porte très haut septembre-octobre et trier, ranger, donner, jeter, alléger. Donner à cet intérieur que j’apprends encore à apprivoiser dans tous ses manques qui me renvoient à son absence un peu plus de douceur. Et ressortir mes chaussons tous doux des temps froids.

Sourire à chaque fleuristerie bien remplie, souvent exigue, pleine d’histoires sûrement tues.

Retrouver mon sac camel d’hiver et mes collants épais.

Ouvrir très grand la fenêtre de la cuisine végétarienne et retrouver le plaisir intact d’apprendre nouvelles techniques et saveurs comme la fierté d’avoir envie de me tenir vraiment à ce que je considérais jusque là comme un défi trop grand pour moi.

Sur les explications de Solange, commencer mon premier Bullet Journal : remplir octobre de rendez-vous de moi à toi, de moi à moi.

Écrire des listes d’envies pleines de livres.

Sur le chemin du métro, petit matin, terminer la liste entreprise lumière éteinte entre les draps juste avant de dormir, de toutes les petites choses ayant fait sourire la veille. Leur redonner avec humilité, le coeur lourd avide de légèreté, cette place qu’elles ne devraient jamais perdre au profit des soucis qui pourtant viennent si souvent les masquer. Sourire de cette habitude comme milles autres qui ne s’acquièrent jamais vraiment mais demandent pour s’ancrer dans nos vies d’être toujours régulièrement nourries et tous les jours un peu choisies.

Pumpkin waffles, lactose et gluten free - Cuisine saine - New York - Miss Blemish

Et pour encore plus de sourires d’automne jusqu’au prochain article ici, rendez-vous par là :

Ce que j’aime en automne (vendredi)
Petits plaisirs de rentrée sur Le journal de Saxe (samedi)
L’organisateur d’automne (et la liste de bonheurs à y glisser) par May (dimanche)
Et Milles idées pour cet automne par Ninon (lundi)

Plutôt chouette comme programme, n’est-ce pas ? Et vous, quels petits bonheurs vous ont fait sourire depuis octobre ?

Laisser un commentaire - 14