Suspendu


Suspendu - Texte court -  Ecriture - Miss Blemish

Crédit Photo : Unsplash

Ce sont les mêmes rues, le même portail, les mêmes marches d’escalier, la même petite boulangerie, pourtant, après ces deux semaines passées comme sur une autre planète, je me surprends à être surprise dans ce qui s’apparente le plus pourtant à une routine dans ma vie. Relever la tête un peu trop souvent lorsque le métro s’arrête pour vérifier que ma station n’est pas déjà passée, secouer la tête, sourire, me replonger dans mon livre. Amusée de surprendre l’habitude et de me perdre dans ses méandres comme on reprend contact avec une vieille connaissance, je retrouve avec plaisir et tristesse, émotion et désarroi tout ce qui est ici. Rien n’a bougé alors que tant de choses semblent pourtant avoir changé. Je m’étonne que mon monde d’ici n’ait pas suivit instinctivement le mouvement que semble avoir pris ma vie. Non, le même gilet trônait défait sur le dossier de ma chaise de bureau, tel que je l’avais laissé dans la hâte de la matinée du départ, une clémentine et une plaque de chocolat sur une table, quelques chaussettes encore près du radiateur après deux semaines d’un lezardage intensif sous les effluves coupées par un bouton tourné sur arrêt. Le téléphone seul semblait compatir à la soudaineté de ce retour à la normale en se refusant à afficher, sur l’écran de contrôle, date et heure. Une journée le temps suspendu, pour reprendre ses marques, avant que la date ne revienne à l’écran comme moi à ma vie.

 

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Sourires de vacances et d’hiver #7


Les sourires de la semaine #7 - Brèves - Humeurs - Miss Blemish

Crédit Photo : Un blog Une fille

Il est l’heure des sourires en pagaille !

Une vraie soirée filles : un film d’amour, des cocktails sucrés et un innocent (hum…) badinage avec le serveur. Des projets, des potins, des sourires complices lorsque le regard se tourne vers les tables alentour où fourmillent les célibataires…

Pouvoir tourner la tête sans hurler de douleur, dire au revoir pour un temps, longtemps, toujours, à la minerve et aux cachets mais grimacer encore un peu pour se faire masser. Encore.

Une tarte interdite. De la pâte sablée. Des poires caramélisées. Un dôme de crème brûlée. Une pure merveille.

5 jours, 5 sorties et pourtant des cernes raisonnables. Un miracle.

La fin des épreuves de la première partie du concours de PAES. Avoir croisé les doigts toute la journée et enfin, être presque autant soulagée que mes amis qui l’ont véritablement passé mais surtout partager la soirée post-concours. Celle où toute la tension s’enfuit, où le burger est excellent et où tout retrouve sa saveur à la faveur du début des vacances.

Voir un cerveau. Un vrai. S’émerveiller de voir que tout ce qui fait qui nous sommes est concentré entre ces sillons que nous étudions depuis deux semaines. Se découvrir une soif intarissable de connaissances sur ce merveilleux outil qui nous permet de voir, de sentir, de nous contrôler, d’aimer…

Quatre amies dans un bar à sushi. Les amitiés qui naissent m’impressionnent toujours. Cette façon que l’on a de parler comme si l’on se connaissait depuis toujours alors qu’il y a quelque jours à peine nous ignorions jusqu’à nos prénoms. Apprendre à nous connaître, rire en même temps, savourer l’instant avec des tempuras de crevettes.

Les affiches de la pièce « Le journal d’Anne Franck » de nouveau placardées dans le métro avec le grand slogan « coup de cœur du Figaro » les surmontant.

Du chocolat au riz soufflé au pied du sapin du pot de Noël des médecines. En distribuer à tout le monde et partager les autres douceurs récoltées.

Trouver la source du problème. Résoudre le cas clinique. Triompher de la somnolence crasse qui avait pourtant entouré toute la première partie du cours d’une brume opaque.

Parler de tout et de rien. Toute la journée. Avec un ami.

Rentrer. En voiture. Chanter à tue-tête. Dormir, un peu. Voir les vacances arriver au fil de l’asphalte.

Marcher. S’enivrer de l’odeur de l’hiver, cette odeur humide de terre, de feuilles et de neige qui guette.

Organiser le 31, comme au temps de lycée. Avec les amis du lycée. Se dire que c’était bon, mais que c’est encore meilleur maintenant que nous savons faire de « vrais » cocktails.

Boire un thé avec ma meilleure amie. Manger une gaufre. Retrouver le plaisir de se voir en face. Avoir l’impression de s’être quittées la veille. Et retrouver le réconfort des conseils qui viennent du cœur et non de l’intérêt.

Fêter la pré-fin du monde et la post-fin du monde râtée.

Retrouver le plaisir de la conduite. Ne plus vouloir s’arrêter, mettre la musique toujours plus fort, chanter toujours plus haut. Ressentir cette sensation grisante de liberté lorsque rien ne semble pouvoir vous arrêter.

Un fou rire. Un vrai. De ceux qui vous laissent avec des crampes à l’estomac pendant plusieurs minutes.

Mon stéthoscope. Bordeaux. Le tout premier. Savoir déjà que même une fois cassé, dépassé, « démodé », il restera une figure symbolique.

Des vacances de Noël en famille. Voir les sapins se monter dans chaque maison.

Commander les bûches de Noël et s’en lécher les babines d’avance.

Danser sans s’arrêter. A des heures indues. S’enivrer aux décibels.

Faire brûler des bougies. Parce que c’est Noël, parce que c’est permis, parce que c’est joli.

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La recette-minute qui émoustille les papilles : une sauce de pâtes au curry


Plantons le décor. Vous rentrez, 22h passées, le ventre crie famine tout autant que les yeux sont lourds et que les bras appellent la couette. Il n’y a PLUS RIEN dans le frigo (c’est TOUJOURS comme ça dans ces cas-là), même plus de ketchup/sauce toute prête/brique de soupe/plat surgelé. Mais, vous avez quand même faim (ça aussi c’est toujours comme ça). Et pas le temps/le courage/l’envie/la ténacité/ « la force qu’il faut [pour le faire]* » de vous lancer dans une grande entreprise culinaire.

Vous avez des pâtes ? Vous avez des épices ? Vous avez de la crème (liquide, fleurette, épaisse, semi-épaisse… peu importe !) ?

Alors, dans 15 minutes, vous mangez !

Recette

1 – Remplir une pleine casserole d’eau, ajouter un bouillon de bœuf (ou de poule)(on est plus à l’heure de faire les difficiles), ¼ de c.à.c de curry (c’est très précis pour les vertus de la recette mais en vrai, j’ai saupoudré « à la louche » la surface de l’eau, hein) et porter à ébullition.

2 – Dans une autre casserole, verser une petite brique de crème liquide (25cl si je ne m’abuse) ou trois c.à.s de crème épaisse.

3 – Rajouter à votre embryon de sauce : une bonne grosse ½ c.à.c de curry, ¼ de c.à.c de massalé (si vous n’avez pas cette épice dans vos placards : courrez vous réapprovisionner, c’est une tuerie, vous pouvez en mettre à peu près partout et ça donne un goût dé-ment) et beaucoup de poivre. Porter lentement à ébullition pour faire épaissir sans cesser de remuer.

La petite astuce : Le curry seul donne une sauce « plate », le massalé permet « d’exhaler » le goût du curry et de relever le tout. Magique vous dis-je. Magique.

4 – (item inutile mais excès de zèle oblige…) « Lorsque l’eau bout, rajoutez les pâtes et laissez cuire le temps indiqué sur le paquet »

Astuce « dans une ancienne vie, j’étais une mamma italienne » : Pour que les pâtes ne collent pas sans avoir à rajouter de corps gras dans l’eau de cuisson, remuez les pâtes pendant les 2 premières minutes de cuisson.

5 – Goûter la sauce, rougir de plaisir. Ajuster l’assaisonnement. Saler « à votre convenance ».

6 – Egoutter les pâtes (elles ont pris une jolie couleur dorée), les recouvrir de sauce au curry, les dégustez, affalés dans un coin du canapé, les pieds sur la table basse. Et se dire que la vie, parfois, a nettement plus de goût.

« Curry-iez » vous !

*Francis Cabrel, « Les murs de poussière »

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