Le ciel du Canada


Le ciel du Canada - Voyage - Miss Blemish

Il fallait que je vous parle de cette journée. Du ciel et de la route au Canada. Comme je les ai découverts, comme je les ai aimés. Et combien cette journée fut magique non pas pour sa destination pourtant enchanteresque mais bien pour tout le périple qui nous y conduisit. En voiture et sous un ciel chargé de nuages passant par toutes les nuances de gris, de bleu et de blanc. Lourd, magnifique, expressif. Allongée entre conducteur et passager avant depuis la banquette arrière, l’appareil tout contre le pare-brise, c’était comme si je n’avais jamais observé le ciel avant. Alors que pourtant toute petite je me souviens de journées entières passées sur la terrasse avec mon papa à chercher les nuages dans un ciel bleu, d’un bleu dense, azur qu’ils disent, comme il peut l’être dans le sud de la France. A regarder les avions passer et les suivre du bout du doigt alors qu’ils dessinent sur une toile quelques minutes auparavant vierge. Et voir les traces de leur passage s’estomper, lentement. Le ciel ce jour-là n’était pas des lisses ayant accueilli nos vacances d’enfants, lui parlait beaucoup. Et c’était merveilleusement simple comme raison de s’émerveiller, si simple que c’en était peut-être ridicule pour quiconque n’était pas frappé par cette beauté-là. Qu’on n’attend pas forcément d’une chose aussi familière que le ciel vers lequel on ne lève que rarement la tête. Ce ciel sur ces routes sur lesquelles nous n’étions pas même sensés nous trouver. Ce spectacle fruit d’un hasard. Une erreur d’aiguillage, une mauvaise sortie sur l’autoroute et ne me demandez pas pourquoi, le temps de s’en apercevoir c’était trop tard pour faire demi-tour et reprendre l’autoroute dans l’autre sens, il a fallu faire tout un détour et partir à la rencontrer de ces routes-ci. Longer la rivière outaouais, puis la traverser, la voiture sur un traversier (à ce moment-là j’avais 5 ans à nouveau « une voiture sur un bateau !! », je suis sortie et tout et tout) et reprendre la route sur la rive opposée.

Le ciel du Canada - Voyage - Miss Blemish

Un proverbe à papillotes (gitan d’après mes recherches) dit : « Ce n’est pas la destination mais la route qui compte », ce jour-ci ce fut délicieusement vrai. Un « No where » avec une destination d’arrivée. Je ne vous ai pas parlé de ce jeu-là ? Souvent, le dimanche, le papa de Francine les embarquait elle et ses frères et sœurs dans la voiture à seul dessein de se balader sur les routes comme on l’aurait fait à pied, sans destination précise, juste pour le plaisir de la route. Apparemment les enfants n’étaient pas friands de ce petit plaisir de dimanche après-midi. « Un sapin reste un sapin, fut-il à 100 mètres de la maison comme à 50 kilomètres ! ». Peut-être est-ce un plaisir auquel seul le conducteur peut goûter. Et il y a quelque chose d’infiniment poétique dans cette idée de partir sans but, comme succomber à ce fantasme un peu fou de partir un jour tout en revenant le soir venu. Goûter à l’ivresse de la folie sans y succomber. Je m’égare mais ce jour-là il y avait un peu tout ça, de la magie dans l’air et dissimulée dans des choses qui d’habitude restent muettes, cachées.

Et c’était délicieux de les rencontrer. 

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Ces photos ont été prises à travers un pare-brise de voiture et ne sont donc pas d’excellente qualité mais regardez le ciel… magique non ?

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