Et partout, l ‘horizon
Le corps te cherche. Je tourne. Il erre dans ces rues comme on hante un souvenir. Oh je me cache. Je me défile. Sourire factice, démarche assurée, regard amusé. Je me perds. A ne te trouver nulle part, il finira sans doute par croire à ta perte. Cache-cache. A reculons. Je n’assume pas cette ultime faiblesse de mon regard scrutant tes quartiers. Feinte. Une histoire de hasard. Un bon timing. Un doux mensonge pour préserver les derniers lambeaux d’un orgueil se mourant. Sortilège de la proximité. Fée malingre ravivant les peines enfouies. Rejaillissantes. Phoenix au creux du ventre. Une brûlure glacée. Ton corps cherche-t-il le mien aussi ? Certainement. Non. Peut-être. Qu’en sais-je ? Selon l’heure, la version change. Le moment est passé. Mes pas m’ont conduite trop loin, trop vite. Ou peut-être étaient-ce les tiens, trop lents. Renâclant. Je regrette le temps des mots. Il y avait la peur alors. Bien sûr. Celle de manquer le dernier échange comme on laisse passer son arrêt. Fermer les yeux. Envolé. Déchiqueté. Attente déchirante. Ce besoin de parler, de tout dire, pour ne rien garder. Essoufflée. Liquider le souvenir par le souvenir. « Soldes exceptionnelles ! Braderie de fragments cassés » : voilà ce que je voudrais hurler. Déplacé. Terreur. Les mots pourraient s’échapper. Possibilité. Je pourrais oublier. Vite, tout noter. Ne pas oser. Reculer. Combien me rongeraient alors ces questions non posées ? Le téléphone pleure, les mots pleuvent sur le combiné. Barrage rompu. Déversoir après l’attente. Murmurés. Criés. Non, juste dis un peu trop fort. Un peu seulement. Crachés. Un peu pour m’en défaire comme tu m’abandonnes. Première étape. Mais sur quelle route ? Partout l’horizon et aucun chemin. Un océan de liberté. Noyée. Vertiges des possibles impossibles encore à attraper. Réapprendre à nager sans bouée. Aujourd’hui, il ne reste aucun message à envoyer. Tout a été dit.
Tout.
Je suis une enveloppe vide face à une boîte aux lettres pleine. Débordante.
Seul reste le silence.
Crédit photo : Vie de Miettes
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31 janvier 2013
Ouah. Je me reconnais dans tes mots, je me revois il y a quelques années. J’écrivais de la même façon, des petites phrases, parfois simplement des mots bien placés, subtilement choisis pour coller au mieux à mes émotions. Tes textes me touchent. Un seul mot : continue :)
3 février 2013
Merci, beaucoup.