Douces retrouvailles


Douces retrouvailles - slow living - Miss Blemish

J’ai envie de vous écrire ce matin la douceur de revenir ici comme on franchit la porte d’un endroit familier où tout est exactement resté à la place où on l’avait laissé, apparente immobilité où pourtant tellement de choses ont eu l’espace d’exister. Dans ces retrouvailles il y a le goût particulier de l’absence qui s’achève, qui mêle la redécouverte à la familiarité des lieux auxquels on appartient. Il y a l’ivresse dans laquelle autant est à raconter qu’à écouter, tendre brouhaha qui ne dit rien et tout à la fois. Il y a la presse qui nous pousse à vouloir rattraper le temps perdu, le plus vite possible et sans dormir. Alors plutôt que de laisser un silence comme une ellipse entre deux paragraphes je vais essayer de vous raconter – cet article comme un entracte – les semaines qui viennent de s’écouler avant, c’est l’article suivant, de vous écrire ma pile à lire de printemps (qui connaîtra sa part d’été).

Depuis la dernière fois, il y a eu les dernières semaines avant le concours et les jours J baignés dans un mélange étrange d’une sérénité imperturbable et concentrée comme n’en connaissent que les jours importants et d’une tension pourtant sans pareille en arrière plan. Il y a eu le soulagement d’avoir fini – enfin ! – et le goût incroyable de liberté de la première balade dans la douceur des soirs d’été – la fraîcheur le temps d’une soirée retrouvée. Il y a eu les jours pressés où l’on redécouvre la sensation d’avoir du temps et l’urgence de faire tout ce qui a été mis de côté trop longtemps mais aussi les jours hagards qui ont oublié que faire de toute cette liberté, jours errants où l’on papillonne sans trouver quoi faire vraiment.

17h30, contrôle+F et coeur battant, il y a eu sur l’écran mon chiffre parmi 8000 autres – précieux sésame à nos futurs – et les appels passés en hâte, les petits mots envoyés « à tous ceux qui » et le soir, des chips au paprika et du champagne pour fêter ça (déjà) une première fois. Il y a eu le premier week-end à nouveau entièrement partagé avec l’amoureux, Beaubourg, une glace au yaourt à la main. Il y a eu Lille en famille, rues pavées, façades colorées toutes en reliefs et retour à Paris soleil couchant, toutes fenêtres ouvertes. Il y a eu l’appartement en chantier, les douces habitudes retrouvées-réinventées, les soldes d’été entre amies et une robe en lin couleur terre trouvée pour le mariage que nous attendons cet été. 

Depuis cette poignée de jours comme une douce parenthèse, je suis de retour au travail pour une, deux, trois semaines, juste le temps de me frotter (un peu) à quelques tâches encore méconnues qui me seront quotidiennes dès « la rentrée ». De ces horaires retrouvés je fais le doux cadre pour juguler ce trop plein trop soudain de liberté qui m’éparpille entre mes envies. Progressivement je rééduque ma concentration fatiguée et retrouve le plaisir de lire, d’écrire et de ne choisir pour chaque instant qu’une seule chose parmi la liste des possibles à l’heure d’été. 

Et vous, juin, que s’est-il passé ?

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