Chroniques confinées #5


Chroniques confinées #5 - Miss Blemish13 avril 2020

La rencontre est un écho à ce que l’on ne peut percevoir avec nos yeux. Elle résonne et vibre, elle est une énigme qui laisse entr’apercevoir l’étendue de tout ce que nous ne connaîtrons jamais vraiment, en nous comme en l’autre. Elle est cet interstice qui fraye un chemin à la lumière et éclaire autrement nos réalités. Elle révèle et obscurcit, elle nous éloigne autant qu’elle nous rapproche de nos vérités. Elle est un langage à part entière qui vient tout chambouler. .

L’isolement dans lequel nous place le confinement vient faire vibrer dans le présent des peurs archaïques. La peur d’être seul.e.s. La peur de la perte. La peur de la finitude. La peur de la douleur, de l’oubli, de la mort. Il fait résonner en nous les conversations que nous n’avons jamais eues et les occasions manquées. Il questionne la pertinence de nos choix et vient titiller notre courage. J’y entends un appel à la douceur, pour soi, pour les autres et pour le monde. La douceur est un courage. Celui de ne se confronter qu’à la juste dose de douleur nécessaire et de refuser toutes les autres. Celui de choisir ses batailles et de guerroyer autrement. Celui de s’ouvrir lorsque tout appelle à se fermer. Celui de refuser les conforts temporaires. .

Aujourd’hui j’enveloppe mes peurs de la certitude que tant qu’il y aura des livres, personne ne sera jamais vraiment seul.

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