Ce que nous enseignent les vacances


Ce que nous enseignent les vacances - Slow lifestyle - Miss Blemish

Il y a deux semaines, samedi soir pas vraiment tard, je retrouvais l’appartement laissé le temps d’une semaine de vacances ailleurs, loin de mon vacarme quotidien (et parisien). Encore une fois j’y étais arrivée épuisée, à bout de souffle et encore une fois je formulais le voeux de faire de cette parenthèse le terreau des habitudes qui me permettraient de ne pas arriver aux prochaines vacances dans le même état d’épuisement et surtout, de donner à mon quotidien travaillé un peu de la légèreté et de l’émerveillement qui m’accompagnent en vacances.

Je suis rentrée de vacances reposée et, « aérée » et tout le défi consistait désormais à laisser infuser tout le bénéfice de ces quelques jours ailleurs dans mon présent. Je ne sais pas si vous avez déjà fait l’expérience de cette sérénité post-vacances où vous pouvez être concerné et engagé dans les problèmes à résoudre à la maison comme au travail sans pour autant vous confondre avec eux. Concerné mais pas submergé, juste à la bonne distance pour agir sans ré-agir. Cette fois-ci, les bienfaits plein des vacances ont continué à m’accompagner 4 jours et demi après leur fin. Si ce recul n’est déjà plus présent au travail où la charge émotionnelle est à nouveau trop intense pour ma capacité à mettre une juste distance, il continue à m’accompagner en privé et c’est de ça plus particulièrement que je souhaite vous parler.

En janvier je me suis inscrite à « La communauté », un espace en ligne créé par Esther Taillifet pour accompagner les personnes écoutant son podcast mais peinant à appliquer seuls les outils proposés. Si cet abonnement m’a permis de débloquer tout un tas de choses comme d’identifier mes besoins, valeurs, envies, limites et blocages créatifs avec plus d’acuité, il a été mon déclic pour réussir à tenir une résolution que je peinais à mettre en place depuis plusieurs années : respecter mes besoins de sommeil et pour ce faire me coucher à l’heure nécessaire pour remplir ces besoins. Je savais depuis longtemps que je ne réussirais pas à trouver mon équilibre sans remplir cet objectif de façon pérenne et en effet il s’est accompagné de nombreux bénéfices au premier rang desquels la douceur de ne pas être constamment épuisée.

Prendre ce pas de recul m’a conduite à redéfinir mes priorités et à lâcher prise sur tout ce qui n’en faisait pas partie. Dans la liste des choses les plus importantes à mes yeux datée de début janvier j’ai donc écrit : passer du temps de qualité avec ma famille et mes amis, vivre dans un environnement propre et agréable, prendre le temps de cuisiner et bien manger au quotidien, lire et apprendre, prendre du temps pour moi chaque jour.

Depuis je m’exerce à alléger la pression que je m’impose de toujours faire plus et mieux et apprends à limiter mes engagements. Car non, aussi forte soit mon envie de lancer ou répondre à mille et uns projets, je ne peux pas étirer les heures indéfiniment, ni me dédoubler assurément. Cela peut sonner comme un renoncement mais d’accepter ces limites m’a apporté une liberté d’être et de m’écouter que je ne m’autorisais plus. Et c’est là bien tout ce que je veux partager avec vous ici, la liberté de se savoir faillible sans s’y complaire ni non plus vouloir à tout prix s’en extraire. Juste accepter.

Accepter de ne pas avoir toujours l’énergie de répondre présent, accepter de privilégier certaines priorités et de décliner des sollicitations, accepter de remettre parfois à plus tard, accepter d’avoir parfois du mal à se lever le matin. M’accorder, pour paraphraser Esther, du temps passé avec moi et qu’importe la lessive qu’il fallait faire tourner. Accepter de ne pas remplir l’idéal construit pour nous, parce que c’est impossible, parce qu’il ne nous convient et ne nous ressemble pas. Être honnête avec soi et faire ses choix en conséquence. Des choix qui parce qu’ils sont alignés avec qui l’on est pourront être pleinement assumés. 

À chaque retour de vacances j’essaie ainsi de garder ce qui est naturel lorsque l’on a le temps : sourire au ciel bleu, s’attarder pour profiter du parfum du jasmin qui court le long de la clôture qui cercle mon lieu de travail, prendre le temps d’une pause au soleil, aller marcher parce qu’il fait encore jour et parce qu’il fait beau, lire toute une après-midi, préparer une tarte pour le goûter, partager un repas entre amis, rire, danser, jouer. Prendre soin, cueillir les détails et respirer lorsque l’on sent que l’on bouillonne intérieurement, prêt à exploser parce que la personne devant nous sur le trottoir marche « trop lentement ». Faire les changements qui s’imposent pour « avoir le temps », tous les jours, quelques soient les circonstances. Modifier son quotidien pour qu’il n’aille plus de paire avec une course effrénée, perdue d’avance et qui nous fait passer à côté de tout ce que l’on juge comme essentiel. 

Alors voilà, je m’exerce à faire moins, chaque jour. À dire non et ce d’abord à moi-même. Je m’exerce à laisser des trous, des plages de temps remplies de rien et ça marche plutôt bien. Je fais à ma mesure, selon mes possibles et je résiste à la presse de la ville, de l’instantanéité et du là-maintenant-tout-de-suite car l’important prend du temps et ne peut se savourer que lentement. 


Et vous, comment faites vous pour garder votre équilibre ? 

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