VOYAGER

Un été montréalais…


Un été montréalais - Voyage - Canada - Miss Blemish

Il était temps que je vous parle de Montréal, des Québécois et du Canada. Grand temps. Plus que grand temps. Ce voyage tient dans un carnet, quelques feuilles volantes et un bloc note plus un petit millier de photos comme autant d’instants passés les yeux écarquillés et pourtant, il y a beaucoup à raconter. C’est un grand fouillis d’impressions, de sourires, de souvenirs et d’instants partagés, alors je ne voulais pas tout bâcler mais prendre le temps de tout bien raconter, de tout bien vous raconter.

La phrase que j’ai sans doute répété le plus grand nombre de fois là-bas est « comme les québécois sont gentils/adorables/merveilleux » et celle que j’ai entendu le plus « je suis chanceu(se)x ». Les québécois disent à propos de tout ce qui peut leur arriver de bon dans la vie, que ce soit le fruit d’efforts immenses comme d’un hasard, qu’ils sont chanceux. Et j’ai trouvé cette habitude aussi saine que rafraîchissante. Ce « on est bien chanceux » comme un merci à la vie, comme pour prendre acte de sa générosité. Car il est vrai, nous sommes chanceux. Du mélange de cette philosophie à la vision américaine « fais-toi toi-même, travaille fort pour y arriver et tu verras la vie te souriras » profondément ancrée dans les mœurs au Canada naît une sorte d’équilibre où chacun se donne les moyens d’obtenir ce qu’il désire tout en prenant le temps de prendre conscience de la réalité de sa réussite lorsqu’elle arrive mais plus encore de l’apprécier. Je me suis souvent fait la réflexion que lorsqu’il était question de travail il était difficilement question de chance et là encore l’on m’a répondu avec une infinie sagesse :

« Si, j’ai la chance que la vie m’ait donné les capacités nécessaires à mener ce travail à bien »

C’est peut-être là le secret de cette joie de vivre qu’exhalent les québécois, se considérer toujours chanceux.

Car c’est là où ce premier article m’emmène : le Québec (province du Canada) est un endroit où il fait bon vivre. Où, quelle que soit votre question, vous trouverez toujours quelqu’un pour vous répondre et ce avec le sourire. Personne pour vous bousculer. Ou plutôt si. Une fois dans la rue. Et à voir la réaction de mon ami Montréalais qui se baladait avec moi lorsque ça s’est produit et l’esclandre qui a suivi… bousculer n’est ni dans la norme, ni toléré. Il m’en reparlait une semaine plus tard c’est pour vous dire ! En bonne parisienne habituée au métro et aux heures de pointes infernales j’étais quelque peu interloquée qu’un incident aussi banal dans mon quotidien d’ici soit à l’origine d’une telle indignation là-bas. Et si, « anesthésiée » des épaules comme je le suis, je me suis sentie affreusement gênée qu’on prenne ma défense pour si peu, cela met en lumière le profond respect que chacun a là-bas pour autrui jusque dans son espace personnel. Mon cousin, inquiet que je n’idéalise son petit coin de paradis sans doute, m’a répété souvent « tu sais, il existe des cons aussi ici, tu as juste eu la chance (encore celle-ci !) de ne pas en croiser ». Pour sûr qu’il est des jours même au Canada où le sourire est moins tendre et que comme ici, les malhonnêtes forment des bastions de résistance mais, je peux vous dire qu’en trois semaines, 24 jours montréalais, je n’ai croisé aucune personne pour me parler mal, me regarder de travers ou m’ignorer lorsque j’étais confrontée à une difficulté. J’ai même eu droit à des compliments au contrôle de sécurité de l’aéroport de Montréal alors que je tendais mon billet de retour !

Ce voyage a mis sur ma route des gens extraordinaires de gentillesse, vrais et entiers, qui au fil des jours sont devenus des amis avec lesquels j’ai eu l’immense chance de découvrir ce pays si beau et si grand, riche et impressionnant. Alors dans les jours qui viennent, je vais essayer à mon tour, comme pour rendre la pareille, de partager avec vous tout ce dont je me suis enrichie là-bas. Des recettes de Francine (la personne la plus adorable sur cette Terre en compétition serrée avec sa fille Katia qui a tout d’un ange)(de ces personnes qui vous font penser « je veux être comme ça quand je serais grande » quand bien même vous n’avez plus l’âge de penser ces choses-là), aux expressions québécoises en passant par des sourires, de bonnes adresses et de jolis instantanés, ce sont 24 journées ensoleillées que nous allons partager.

Là-bas je me suis sentie belle, heureuse, à ma place. Car le bonheur est contagieux et dieu que la vie est douce là-bas…

 

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Et soudain prendre le risque de concrétiser ses rêves


Et soudain prendre le risque de concrétiser ses rêves - Brèves - Humeurs - Lifestyle - Miss Blemish

Crédit photo – Le Blog de Betty

Il y a cette liste qui sommeille dans ma table de nuit, sagement coincée entre 2 pages d’un livre. « Life List », « Bucket List », beaucoup de noms ont été donné à ce genre de bout de papier. « 100 choses à faire avant mes 25 ans », voilà le nom que je lui ai choisi. Connaissant mon penchant pour la procrastination, une date butoir à « courte » échéance fut sans doute le premier pas sur la voie, longue, de leur réalisation. Et puis, pour être honnête, je me voyais mal décider aujourd’hui de mes rêves de demain : qui sait peut-être dans 20 ans  « prendre une vraie cuite dans un pub en Irlande devant un match de Rugby » ne fera plus partie de la liste de mes envies… J’ai récemment retrouvé cette liste et, en la relisant, je me suis aperçue que parmi les premiers 53 items mis sur papier, 18 parlent de voyage (et vu la récurrence du mot « tour », 18 de plus ne seraient pas de trop pour ajouter du réalisme à ces projets).

Parmi tous ces items à consonance exotique, il en est un en particulier, le numéro 6 : « Partir sur les traces de Vermeer, voir Amsterdam à la saison des Tulipes ». Des années que cette envie mûrit en moi alors quand j’ai trouvé au kiosque, il y a quelques semaines, le dernier numéro de GEO consacré à la « Venise du Nord », je l’ai acheté. Sur mon trajet de retour, je l’ai dévoré et une semaine plus tard j’ai cliqué sur « Réserver ». Cela peut sembler un brin spontané et irréfléchi. « Comme ça » j’aurais décidé de partir et hop ! à l’aventure moussaillon ! C’est tout le contraire. J’ai juste décidé qu’il était temps d’arrêter d’attendre sur les autres pour vivre ce qui me fait vibrer moi car la vie elle, ne nous attend pas. Ni que l’alignement des planètes fasse concorder les agendas et les envies de chacun, ni non plus Cupidon. Sur une très courte période, toutes les conditions nécessaires à pouvoir concrétiser cette envie étaient réunies alors j’ai sauté. Il y avait sans doute un brin de défi, une certaine forme de « ras-le-bol » aussi de cette complaisance qui nous enferme dans un cocon fait de rêves en anesthésiant nos envies de les voir se concrétiser mais, par-dessus tout, l’envie de vivre de beaux souvenirs. S’il est une chose que j’ai tiré des voyages que j’ai eu la chance de faire c’est que rien au monde ne m’a plus enrichie et émerveillée que le temps passé à l’étranger. Peu importe la destination, la langue ou la richesse : la cuisine, les mimiques, les attitudes et le langage des mains sont universels. Partir m’a donné la conviction que chaque personne renferme en elle un trésor qui ne demande qu’à être révélé à quiconque prend la peine de s’y arrêter et d’écouter. J’ai pu ressentir « l’unité » du « genre Humain » en rencontrant « l’autre » : derrière toutes nos différences, nous sommes tous les mêmes Hommes avec nos peurs, nos envies, nos forces, nos faiblesses,  nos croyances, nos doutes et nos rêves.

Alors oui, sauter le pas de réaliser un rêve fait peur, je ne le nierai pas, peur d’échouer, d’être déçu, de changer, de se confronter à l’inconnu. Mais à se laisser paralyser par la peur, à toujours attendre demain pour faire ce que nous voulons réaliser aujourd’hui, à toujours se dire « comme ce sera bien, plus tard quand… » on finit par passer à côté de sa vie. Car la vie ne commence pas lorsqu’on a son bac, lorsque l’on obtient son diplôme, lorsque l’on décroche son premier job, ni même lorsque l’on rencontre « la bonne personne », la vie commence ici et aujourd’hui. Et chaque jour renferme son lot de possibilités, d’opportunités, de promesses et de chances à saisir. Alors, je n’ai pas laissé à ma peur le pouvoir de me priver de ma chance, j’ai respiré un grand coup, fermé les yeux et j’ai cliqué sur « Réserver ». 

Concrétiser ses rêves… et vous, comment faites-vous pour passer du conditionnel au présent ?

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Seule Venise, Claudie Gallay


« Je suis allée au lavomatique rue Saint-Benoît. J’ai passé des jours à regarder mon linge tourner. […] Et puis un matin, un gosse s’est planté devant moi. […] Il m’a regardée et puis il a regardé la machine, tour à tour, il a fait ça plusieurs fois. J’ai décidé de partir à cause de ce regard-là. Quand j’ai compris que si je ne partais pas j’allais revenir tous les matins de ma vie. »

Quittée par l’homme qu’elle aimait, l’héroïne, au début du roman, n’est plus que l’ombre d’elle-même. Elle décide alors de partir. Partir pour oublier, se retrouver, recommencer. C’est l’hiver et c’est Venise qu’elle choisit pour poser ses valises. Au cours de ses ballades solitaires, c’est un Venise déserté par les touristes, glacé, qu’elle va découvrir en même temps qu’elle reprendra goût à l’existence.

Seule Venise Claudie Gallay - Lecture - Culture - Roman - Critique - Miss Blemish

J’ai lu ce livre il y a quelques semaines et malgré ce que pourraient faire croire les semaines écoulées entre le moment où il a quitté ma table de chevet et la publication de cet article, je l’ai beaucoup apprécié. J’ai retrouvé tout que j’avais aimé du style de Claudie Gallay dans Les Déferlantes : concision poussée à l’extrême, goût du détail et scénettes du quotidien qui s’insèrent à la narration. Sous sa plume, le quotidien devient un florilège de poésie.

Plus important encore, elle a su créer une véritable armée de personnage autour de l’histoire qu’elle nous raconte. Rendant à chacun sa juste place, elle ne tombe pas dans la facilité des amitiés immédiates et des caractères arrangeants. J’ai aimé ce pari de « l’honnêteté ». Dans la vie, il est bien rare que le premier échange suffise à ce que la magie opère. La complicité naît au contraire souvent d’un travail de longue haleine où se mêlent apprivoisement, découverte de l’autre et discussions animées. Pas de lisses relations, ici, partout du relief. Des pichenettes, des désaccords pour des personnages entiers.

De ce livre, je retiens le courage, la force et l’entêtement d’une femme dans sa volonté d’aller mieux. L’amour incandescent d’un vieux prince Russe pour une servante. Une danseuse amoureuse courant après son destin. Et un vénitien seul.

Une lecture pleine de poésie, de mélancolie… et d’espoir.

Quelques citations, à la volée 

« Ce que l’on garde en tête est le seul bien que la barbarie ne puisse vous ôter »

« Il est des êtres dont c’est le destin de se croiser. Où qu’ils soient. Où qu’ils aillent. Un jour ils se rencontrent. »

« Votre sourire. Votre voix. J’ai aimé votre voix comme on aime un corps. »

« La vie reprend. Elle gagne sur les larmes. Par le jeu. »

« On ne se tutoie pas. On est dans cet avant de l’intime. Avant qu’on ne se touche. Avant qu’on ne se jette. Avant. »

« La musique se marie bien avec le vin. »

« A la fin, on est tellement malheureux, on rit. » 

« Il ne faut pas attendre. Laissez-vous traverser. »

« J’aimerais boire avec vous. Connaître cette ivresse-là. »

« Quinze jours que l’on se connaît. Que je vous connais au-dedans de moi comme une éternité. »

« Je veux aimer. Ressentir encore cela. Avec vous, comme si ce devait être la dernière fois. »

 

Vous pouvez lire ici ma « critique » de Les Déferlantes du même auteur.

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