VOYAGER

Le dernier train


Le dernier train - Normandie - Lifestyle - Slow life - Miss Blemish

Elle a accompagné la rédaction de cet article, votre lecture aussi ? – Playlist Afternoon Acoustic

Dimanche de mai à billet non réservé, c’est sur le marche-pied du dernier train que nos pieds se posent pour embarquer. Alors bien sûr, d’abord, on a pesté et peut-être sûrement moi un peu plus fort. Aux cernes, aux traits tirés, à la chaleur des draps à nos bras arrachés, à ce lundi trop tôt après le train trop tard – à tout ce qui fait grimacer avant même d’être arrivé, aux « je te l’avais dit » anticipés.

Et puis, l’histoire des billets presque oubliée, dimanche est arrivé. Et dans cette heure grapillée à notre départ reporté s’est glissé ce qui n’avait jamais eu la place avant d’exister : le temps, un dimanche, d’une vraie journée. Une de celle dont on profite en entier, le souci d’être à l’heure sur le quai – presque – oublié. De ces dimanches pour lesquels on peut faire de vrais projets, prendre la route, pique-niquer, voir la mer et laisser la journée s’étirer.

Dans cette heure-là étaient cachés, le temps de rester assis tout au bord – pieds presque dans l’eau et cheveux pris d’embruns – jusqu’à la brume, le gris, le vent plus fort. Le temps d’un dernier dîner en famille – les tabourets de nos casse-croûtes d’avant délaissés. Le temps d’un goûter dans le salon coloré de ses grands-parents et de quelques biscuits dévorés. Le temps d’oser une balade en forêt portables et montres oubliés.

On a trouvé une heure dans laquelle s’en cachaient milles autres, l’heure des dernières bouchées. Et dans le train le sommeil arraché à nos heures de demain à trouvé sa vengeance. Deux heures de minutes volées à la soirée, rendues à demain, rançon d’un week-end aux airs de vraies vacances. Alors désormais, c’est pour le dernier train qu’on clique sur « réserver ». 

Et vous, des petits riens qui ont changé votre quotidien ?

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La mer avec toi


La mer avec toi - Normandie - Slow life - Lifestyle - Miss Blemish

On a pris la petite route qui mène à la plage la plus proche, celle qui serpente entre champs et maisons, bordée d’arbres et de clôtures, des cabanons perdus entre les buissons. Ce jour-là, le vent soufflait fort, fort à percer pulls et manteaux, nos peaux comme nues face à la mer bleue acide, bleue nuit, grise, moutonnante d’une écume blanche s’érigeant sans répit face au ciel délavé. On a couru dans nos chaussures abîmées – celles qu’on garde pour les jours comme ça, les jours où il y a des flaques dans lesquelles sauter – jusqu’à la mer, sans s’arrêter, nos mots ris et criés avalés dans l’immensité de la plage laissée toute entière à notre course effrénée. On s’est baladés entre les dunes et les herbes hautes baignées de la douce lumière du soir qui semble n’exister qu’ici, ciel bleu pastel, rose pâle aux joues de l’horizon lointain, ocre en pluie. Les fesses dans le sable, les cuisses de grenouilles qui tentent vainement de résister, les pas mal assurés dans les pentes, les chaussures tachées, les fous rires et les pas qui croustillent de coquillages abandonnés par la marée, c’était court et long, doux et tellement bon. Trois jours volés entre nos vacances à dates séparées. Trois jours comme pour confirmer qu’on a toujours raison de prendre le temps – peu importe l’endroit, le comment – de saisir la chance de vivre ces instants-là avec toi. Car le bonheur souvent, n’est loin que d’un billet de train.

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Et vous, c’était quand la dernière fois, que vous avez tout plaqué pour retrouver ceux que vous aimez ?

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Entre les dunes


Entre les dunes 1

Dimanche après midi nous avons abandonné la véranda et son divan moelleux arrosé de soleil et nous avons pris la route vers Cabourg pour aller voir la mer. Entre les dunes, face au port, mon appareil dans les mains pour fixer la lumière rasante et chaude de l’automne, les herbes hautes et le ciel moutonnant clair et sombre, bleu, rose, gris et noir, j’ai dit à Yoann que j’aimerais, un jour, voir cet ici devenir chez moi. Chez nous. Tout comme j’aimerais voir tant d’autres ailleurs devenir si familiers que les yeux fermés je puisse redessiner leurs contours avec plus de précision encore qu’une photographie. Copenhague, Stockholm, Amsterdam, Toronto pour les plus lointains, les plus fous, les plus improbables. La Normandie, elle, est toute proche. Juste assez d’heures de train, depuis la capitale, pour qu’on puisse les mettre au pluriel. Et elle ressemble tant à là où j’ai grandi… un endroit tout pareil qui aurait, en plus, la mer, le sable et les embruns.

Il faisait doux cette après-midi là, sur la digue, nos cheveux parfois malmenés par le vent et nos arrêts fréquents pour une photo, un baiser, quelques instants volés contre la rambarde face à la mer.

« Après il y a des dunes.
– Vraiment ?
– Oui, tu peux te balader encore, regarde, il y a des gens qui en reviennent à peine
– On y va ? »

On a continué sur le chemin sablonneux jusqu’à ce que le ciel se fasse noir par endroit et que les couleurs du jour qui se meurt viennent colorer les contours flous. Jusqu’à ce que le chemin s’arrête avec, presqu’au bout de nos doigts, Houlgate baignée dans la lumière orangée, sur la colline, avec ses maisons colorées. Des maisons aux pierres apparentes dessinant des motifs sur les façades et les rebords de fenêtres. Des poutres aussi, lézardant dans les murs. Des encadrements colorés bordant les carreaux brillants qui éclairent salons et chambres protégés par les murs épais. L’ardoise. La brique. Le rouge. Le blanc. Le bleu marine. Le gris anthracite et le vert amande. Nous avons emprunté le chemin du retour dans la nuit qui s’annonçait, nos pieds sur le sable damé par la mer à cette heure-ci lointaine, nos pas croustillants du bruit des coquillages.

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