VOYAGER

Nice city guide – Cimiez


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Neuf ans nous séparent de la petite école où mes treize ans fêtés je pouvais désormais aller seule à pied, descendant le boulevard qui serpente de l’allée douce où l’on pourrait croire la ville lointaine à la circulation furibonde des bus pressés. Nos valises d’hier ont laissé la mer qu’on pouvait voir au loin depuis ce tout en haut où l’on habitait, les oliviers du parc des Arènes de Cimiez, les roses sur les tonnelles tout à côté de la petite école aux murs entre blanc, pêche et rose clair où les petits – dont mon frère faisait partie – avaient – par niveau – un tablier coloré où leur prénom était brodé, les fougasses du marché et les olives noires, vertes, violettes, épicées que l’on venait chercher Cours Saleya pour les déguster sur les galets ronds et chauds de la plage presque sauvage en contrebas.

De Nice j’ai gardé des souvenirs en demi-teinte, la douceur du sud occultée longtemps par la douleur d’avoir été malgré moi arrachée à la maison – non loin de Paris – aux briques rouges et au lilas blanc, à cette école où il y avait repères, habitudes et amis, aux pâtisseries marocaines dans de grands saladiers cuisinés avec amour, patience et bienveillance par notre voisine qui marquaient l’an aussi sûrement que noëls, fêtes ou jour de l’an, au toboggan et aux chasses aux oeufs parmi les fleurs du court jardin, à ces souvenirs d’une vie qui était douce, simple et joyeuse comme le sont celles des enfants privilégiés – et par ce mot, je veux dire aimés – comme je l’ai été. Ce déménagement a marqué le premier pas hors de l’enfance avec la découverte de la perte, du changement, de l’impermanence, de l’appartenance sociale et de la tyrannie de l’apparence qui est ici encore plus forte qu’elle ne l’est déjà ailleurs. En découvrant pour la première fois ce puissant sentiment d’être à ma place à l’endroit où je vis aujourd’hui – un sourire aux lèvres à chaque retour – je réalise ce pas existant entre habiter à un endroit et s’y sentir « chez soi », un pas plein de sentiments et valeurs-pilliers mêlés d’impalpable qui ne s’est jamais franchi ici. De tout ça j’en suis venue à croire qu’il est des endroits où aussi fort que l’on veuille essayer, on n’appartiendra jamais et des six ans passés ici entre la fin de l’enfance et le début de l’adolescence que Nice en fait partie. Mais aussi qu’à l’instar de toutes les relations je suis au moins aussi coupable que tous les acteurs des leçons reçues ici qui – aussi douloureuses et cruelles fussent-elles parfois – m’ont menée doucement à grandir et emprunter les chemins où s’apprennent patience, humilité et bienveillance. 

Je ne me suis pas retournée sur ma vie d’ici plus que pour y garder les amitiés qui y étaient nées et ce sont des émotions contraires qui m’y ont accueillie. Pourtant, forte de ma vie d’aujourd’hui, les couleurs, les odeurs et la douceur du sud ont pu prendre toute la place et c’est presqu’avec un regard nouveau – le regard libéré des filtres douloureux du passé – que j’ai redécouvert cet ici. Ces cinq jours ont été marqués par la douceur de marcher au présent dans les rues peuplées de souvenirs, de retrouvailles, d’endroits que l’on se découvre reconnaître parfois, de chemins qui se font comme avant – la simple évidence, de rues où cohabitent passé et présent. J’y ai découvert le sud – dépouillé du quotidien – habillé par seules douceur, langueur et lenteur. Alors je commence par le milieu – mon vrai début – et vous emmène sous les tonnelles, les yeux tournés vers le ciel mordoré des reflets tantôt verts tantôt argentés des feuilles d’oliviers, je vous emmène sur la pointe des pieds là où nos dimanches se sont tant promenés.

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Nice city guide – Cimiez : Informations pratiques

Accès bus 15 – direction Rimiez – arrêt Arènes de Cimiez
La balade : Entrer dans le parc des arènes de Cimiez, tout au bout emprunter les escaliers qui mènent à un court parking face au monastère puis entrer dans le jardin du Monastère à votre droite.

Musées – Musée Matisse et Musée archéologique Thermes Romaines dans le jardin des Arènes de Cimiez

Vous connaissiez cet endroit paisible et lumineux ?

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Un dimanche à Clécy – Suisse Normande


Un dimanche à Clécy - Suisse Normande - Normandie - Slow life - Miss Blemish

Dimanche – faisant fis des yeux patauds – nous avons pris la route tôt tôt tôt direction Clécy, ville à Sourires logée aux creux des jolies collines de cette partie vallonnée de la Normandie qu’on appelle la « Suisse Normande ». Comme il fallait s’en douter, le mariage de mes deux régions de coeur en un paysage doux et accueillant – tables en bois et jolis bancs – m’a laissée amoureuse dès les premiers volets blancs sur fond de jolies maisons en pierre couleur sable et craie.

De Clécy, j’ai aimé le murmure de la rivière tout près du chemin clair la séparant de nous tous en famille attablés pour pique-niquer ; le pont tout là-haut avec son chemin de fer à jeux d’enfants – poutre au bord, pierres et planches élimées qu’une fois sur deux il ne faut pas toucher – ; les petits chemins d’au bord de l’eau aux airs de sous bois qui d’un virage accueille à l’ombre ou laisse en proie aux rayons encore doux d’un mai de presqu’été ; le bitume qui laisse parfois place à la terre – orangée et sablonneuse – damée par nos pas ; les courtes maisons tout au bord de la jetée comme prêtes à tomber et leurs petits escaliers vers l’eau où une barque souvent, attend ses habitants. J’ai aimé le Clécy rituel d’été bondé de familles retrouvées, de canoës et pédalos pris d’assauts, de sabordages à pilotes arrosés, de collisions parce que de la barre pour gouverner on n’a pas encore compris toutes les subtilités. 

Et c’était doux. Doux d’assister à ces retrouvailles pour l’amoureux qui souvent étaient de vraies rencontres pour moi et me sentir petite souris au milieu des rires, des anecdotes, des et-tu-te-souviens, d’aimer tous ces gens rien qu’en les regardant être entre eux ce que d’autres à l’autre bout de la France sont pour moi. Et tu sais, moi, ça me plaît de savoir qu’il existe en vrai des familles comme celle-là.

A Clécy il y a eu aussi de la vanille qui fond trop vite dans ses cornets, un cake délicieux à la banane et au chocolat, des fous rires et des vêtements trempés, des coups de soleils, des chapeaux qui s’envolent, des sourires piégés sur la pellicule – gardés pour jamais – des mains de bébés qui trouvent nos mains de grands, bien trop de délices partagés, du vin dans des gobelets, la chaleur des voitures laissées tout là-haut sous le soleil de mai, les chaussures qu’on change, les serviettes pour se cacher, les petits qu’on taquine gentiment, des grimaces complices, des chips et des desserts volés en toute impunité… Dimanche, il y avait tous les ingrédients pourtant si simples des meilleurs moments. Alors voilà, Clécy, c’était si chouette que sitôt quittée, j’avais déjà envie d’y retourner. 

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Informations pratiques : si vous souhaitez vous rendre à Clécy, voici la carte !

Et vous, c’était quand votre dernier dimanche en famille partagé ?

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Le dernier train


Le dernier train - Normandie - Lifestyle - Slow life - Miss Blemish

Elle a accompagné la rédaction de cet article, votre lecture aussi ? – Playlist Afternoon Acoustic

Dimanche de mai à billet non réservé, c’est sur le marche-pied du dernier train que nos pieds se posent pour embarquer. Alors bien sûr, d’abord, on a pesté et peut-être sûrement moi un peu plus fort. Aux cernes, aux traits tirés, à la chaleur des draps à nos bras arrachés, à ce lundi trop tôt après le train trop tard – à tout ce qui fait grimacer avant même d’être arrivé, aux « je te l’avais dit » anticipés.

Et puis, l’histoire des billets presque oubliée, dimanche est arrivé. Et dans cette heure grapillée à notre départ reporté s’est glissé ce qui n’avait jamais eu la place avant d’exister : le temps, un dimanche, d’une vraie journée. Une de celle dont on profite en entier, le souci d’être à l’heure sur le quai – presque – oublié. De ces dimanches pour lesquels on peut faire de vrais projets, prendre la route, pique-niquer, voir la mer et laisser la journée s’étirer.

Dans cette heure-là étaient cachés, le temps de rester assis tout au bord – pieds presque dans l’eau et cheveux pris d’embruns – jusqu’à la brume, le gris, le vent plus fort. Le temps d’un dernier dîner en famille – les tabourets de nos casse-croûtes d’avant délaissés. Le temps d’un goûter dans le salon coloré de ses grands-parents et de quelques biscuits dévorés. Le temps d’oser une balade en forêt portables et montres oubliés.

On a trouvé une heure dans laquelle s’en cachaient milles autres, l’heure des dernières bouchées. Et dans le train le sommeil arraché à nos heures de demain à trouvé sa vengeance. Deux heures de minutes volées à la soirée, rendues à demain, rançon d’un week-end aux airs de vraies vacances. Alors désormais, c’est pour le dernier train qu’on clique sur « réserver ». 

Et vous, des petits riens qui ont changé votre quotidien ?

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