Nice

Saint Paul de Vence, les pots en terre et les volets bleus


Saint Paul de Vence, les pots en terre et les volets bleus - Voyage - Miss Blemish

Le soleil déjà haut, nous nous sommes présentés tout au bord du bitume les mains levées – « ne nous oubliez pas s’il vous plaît ! » – et dans le bruit sourd des portes ouvertes devant nous, franchi la marche haute du bus quatre-cent qui relie le bord de mer aux terres arides de l’arrière pays. Nous avons pris la route qui serpente les collines entre pins, palmiers, oliviers et maisons aux façades ocres, blanches, brunes, colorées encadrées de lauriers et au rythme du bitume accidenté, fait des bonds – en avant, en arrière – remués avec la carlingue en acier, le coeur swinguant à l’arrivée. Puis, nos pieds à nouveau solidement arrimés au sol, nous avons gravi les quelques mètres qui restaient avant les lourdes portes en pierre couleur craie, les volets peints de blanc, de bleu, de bois parfois, des pots en terre posés sur les rebords et dans les recoins. Nous avons respiré fort les odeurs mêlées d’essences végétales et artisanales assommées de chaleur, trouvé dans chaque boutique ombragée prétexte à s’abriter – le corps lourd et étriqué, embrumé dans un « trop chaud » -, marché le long des petits chemins de pierre, lu à l’ombre des oliviers et pendant quelques heures précieuses et bien trop courtes, tenu juste au creux de nos mains, au fil des couleurs dévorées, un peu de sud à chérir, emporter et garder.

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Nice city guide – Cimiez


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Neuf ans nous séparent de la petite école où mes treize ans fêtés je pouvais désormais aller seule à pied, descendant le boulevard qui serpente de l’allée douce où l’on pourrait croire la ville lointaine à la circulation furibonde des bus pressés. Nos valises d’hier ont laissé la mer qu’on pouvait voir au loin depuis ce tout en haut où l’on habitait, les oliviers du parc des Arènes de Cimiez, les roses sur les tonnelles tout à côté de la petite école aux murs entre blanc, pêche et rose clair où les petits – dont mon frère faisait partie – avaient – par niveau – un tablier coloré où leur prénom était brodé, les fougasses du marché et les olives noires, vertes, violettes, épicées que l’on venait chercher Cours Saleya pour les déguster sur les galets ronds et chauds de la plage presque sauvage en contrebas.

De Nice j’ai gardé des souvenirs en demi-teinte, la douceur du sud occultée longtemps par la douleur d’avoir été malgré moi arrachée à la maison – non loin de Paris – aux briques rouges et au lilas blanc, à cette école où il y avait repères, habitudes et amis, aux pâtisseries marocaines dans de grands saladiers cuisinés avec amour, patience et bienveillance par notre voisine qui marquaient l’an aussi sûrement que noëls, fêtes ou jour de l’an, au toboggan et aux chasses aux oeufs parmi les fleurs du court jardin, à ces souvenirs d’une vie qui était douce, simple et joyeuse comme le sont celles des enfants privilégiés – et par ce mot, je veux dire aimés – comme je l’ai été. Ce déménagement a marqué le premier pas hors de l’enfance avec la découverte de la perte, du changement, de l’impermanence, de l’appartenance sociale et de la tyrannie de l’apparence qui est ici encore plus forte qu’elle ne l’est déjà ailleurs. En découvrant pour la première fois ce puissant sentiment d’être à ma place à l’endroit où je vis aujourd’hui – un sourire aux lèvres à chaque retour – je réalise ce pas existant entre habiter à un endroit et s’y sentir « chez soi », un pas plein de sentiments et valeurs-pilliers mêlés d’impalpable qui ne s’est jamais franchi ici. De tout ça j’en suis venue à croire qu’il est des endroits où aussi fort que l’on veuille essayer, on n’appartiendra jamais et des six ans passés ici entre la fin de l’enfance et le début de l’adolescence que Nice en fait partie. Mais aussi qu’à l’instar de toutes les relations je suis au moins aussi coupable que tous les acteurs des leçons reçues ici qui – aussi douloureuses et cruelles fussent-elles parfois – m’ont menée doucement à grandir et emprunter les chemins où s’apprennent patience, humilité et bienveillance. 

Je ne me suis pas retournée sur ma vie d’ici plus que pour y garder les amitiés qui y étaient nées et ce sont des émotions contraires qui m’y ont accueillie. Pourtant, forte de ma vie d’aujourd’hui, les couleurs, les odeurs et la douceur du sud ont pu prendre toute la place et c’est presqu’avec un regard nouveau – le regard libéré des filtres douloureux du passé – que j’ai redécouvert cet ici. Ces cinq jours ont été marqués par la douceur de marcher au présent dans les rues peuplées de souvenirs, de retrouvailles, d’endroits que l’on se découvre reconnaître parfois, de chemins qui se font comme avant – la simple évidence, de rues où cohabitent passé et présent. J’y ai découvert le sud – dépouillé du quotidien – habillé par seules douceur, langueur et lenteur. Alors je commence par le milieu – mon vrai début – et vous emmène sous les tonnelles, les yeux tournés vers le ciel mordoré des reflets tantôt verts tantôt argentés des feuilles d’oliviers, je vous emmène sur la pointe des pieds là où nos dimanches se sont tant promenés.

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Nice city guide – Cimiez : Informations pratiques

Accès bus 15 – direction Rimiez – arrêt Arènes de Cimiez
La balade : Entrer dans le parc des arènes de Cimiez, tout au bout emprunter les escaliers qui mènent à un court parking face au monastère puis entrer dans le jardin du Monastère à votre droite.

Musées – Musée Matisse et Musée archéologique Thermes Romaines dans le jardin des Arènes de Cimiez

Vous connaissiez cet endroit paisible et lumineux ?

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