Canada

Les recettes de Vicky #2 : French Toast… à la canadienne


French Toast... à la canadienne - Recette - Miss Blemish

Ce matin-là, pourtant encore en chemise de nuit et ses cheveux blonds et fins pris dans des bigoudis, Vicky toute affairée comme toujours derrière ses énormes fourneaux (parce que tout est grand au Canada, même l’électroménager)(c’est à se demander ce que ça cache) pour nous régaler, exhalait la douceur et la féminité. Ce plan avec ce qu’il faut d’un cliché et cependant bien réel, naturel dans toute sa banalité d’un matin de vieux pain à écouler, m’a donné la soudaine impression d’avoir pris un rôle dans un « road movie » à l’américaine où le café est servi à volonté dans les diners de bord de route et où les coiffures affolent de perfection, les lèvres rouge vif assorties à l’uniforme. Et comme toujours, mon carnet à la main et mon appareil photo en bout de table, j’ai profité jusqu’à la dernière miette de croustillant détail de ce qui fut sans doute l’un de nos meilleurs petits-déjeuners partagés.

Alors ce matin, tout gris tout pluvieux, j’ai décidé de réveiller un peu la magie emportée du Québec pour introduire cette nouvelle rubrique « Les doux dimanches ». Après tout, quoi de plus doux un dimanche matin d’octobre que du pain perdu (ou French Toast) accompagné d’un énorme mug de thé brûlant tout(e) enroulé(e) dans un gros plaid ? 

Ingrédients

(pour 4 toasts)

4 tranches de pain de mie ou de brioche (ou de pain un peu rassis)

2 œufs battus

250 ml de lait

1 c.à.c d’extrait de vanille

Et/ou l’intérieur d’une demi-gousse de vanille

½ c.à.c de cannelle (si vous aimez)

Sirop d’érable à gogo

Préparation

Battre énergiquement vos deux œufs. Rajouter la vanille et la cannelle (si vous aimez)(spéciale dédicace à Mademoiselle Coquelicot).

Rajouter le lait. Battre à nouveau.

Renverser la préparation dans un plat large (pour pouvoir tremper vos toasts)

Faire chauffer une poêle préalablement graissée sur feu vif

Tremper un premier toast. Le laisser 30 sec se gorger de lait.

Le jeter dans la poêle fumante. Baisser le feu. Le laisser dorer puis le retourner.

Répéter les opérations pour les 3 toasts restants.

Savourer à deux (en amoureux ?) sous une averse de sirop d’érable.

Mmmmmhhh !!!

French Toast... à la canadienne

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Le ciel du Canada


Le ciel du Canada - Voyage - Miss Blemish

Il fallait que je vous parle de cette journée. Du ciel et de la route au Canada. Comme je les ai découverts, comme je les ai aimés. Et combien cette journée fut magique non pas pour sa destination pourtant enchanteresque mais bien pour tout le périple qui nous y conduisit. En voiture et sous un ciel chargé de nuages passant par toutes les nuances de gris, de bleu et de blanc. Lourd, magnifique, expressif. Allongée entre conducteur et passager avant depuis la banquette arrière, l’appareil tout contre le pare-brise, c’était comme si je n’avais jamais observé le ciel avant. Alors que pourtant toute petite je me souviens de journées entières passées sur la terrasse avec mon papa à chercher les nuages dans un ciel bleu, d’un bleu dense, azur qu’ils disent, comme il peut l’être dans le sud de la France. A regarder les avions passer et les suivre du bout du doigt alors qu’ils dessinent sur une toile quelques minutes auparavant vierge. Et voir les traces de leur passage s’estomper, lentement. Le ciel ce jour-là n’était pas des lisses ayant accueilli nos vacances d’enfants, lui parlait beaucoup. Et c’était merveilleusement simple comme raison de s’émerveiller, si simple que c’en était peut-être ridicule pour quiconque n’était pas frappé par cette beauté-là. Qu’on n’attend pas forcément d’une chose aussi familière que le ciel vers lequel on ne lève que rarement la tête. Ce ciel sur ces routes sur lesquelles nous n’étions pas même sensés nous trouver. Ce spectacle fruit d’un hasard. Une erreur d’aiguillage, une mauvaise sortie sur l’autoroute et ne me demandez pas pourquoi, le temps de s’en apercevoir c’était trop tard pour faire demi-tour et reprendre l’autoroute dans l’autre sens, il a fallu faire tout un détour et partir à la rencontrer de ces routes-ci. Longer la rivière outaouais, puis la traverser, la voiture sur un traversier (à ce moment-là j’avais 5 ans à nouveau « une voiture sur un bateau !! », je suis sortie et tout et tout) et reprendre la route sur la rive opposée.

Le ciel du Canada - Voyage - Miss Blemish

Un proverbe à papillotes (gitan d’après mes recherches) dit : « Ce n’est pas la destination mais la route qui compte », ce jour-ci ce fut délicieusement vrai. Un « No where » avec une destination d’arrivée. Je ne vous ai pas parlé de ce jeu-là ? Souvent, le dimanche, le papa de Francine les embarquait elle et ses frères et sœurs dans la voiture à seul dessein de se balader sur les routes comme on l’aurait fait à pied, sans destination précise, juste pour le plaisir de la route. Apparemment les enfants n’étaient pas friands de ce petit plaisir de dimanche après-midi. « Un sapin reste un sapin, fut-il à 100 mètres de la maison comme à 50 kilomètres ! ». Peut-être est-ce un plaisir auquel seul le conducteur peut goûter. Et il y a quelque chose d’infiniment poétique dans cette idée de partir sans but, comme succomber à ce fantasme un peu fou de partir un jour tout en revenant le soir venu. Goûter à l’ivresse de la folie sans y succomber. Je m’égare mais ce jour-là il y avait un peu tout ça, de la magie dans l’air et dissimulée dans des choses qui d’habitude restent muettes, cachées.

Et c’était délicieux de les rencontrer. 

Le ciel du Canada - Voyage - Miss Blemish Le ciel du Canada - Voyage - Miss Blemish Le ciel du Canada - Voyage - Miss Blemish Le ciel du Canada - Voyage - Miss Blemish Le ciel du Canada - Voyage - Miss Blemish Le ciel du Canada - Voyage - Miss Blemish

Ces photos ont été prises à travers un pare-brise de voiture et ne sont donc pas d’excellente qualité mais regardez le ciel… magique non ?

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Du Canada je vous ai aussi ramené des Sourires. Tout plein.


Du Canada je vous ai aussi ramené des Sourires. Tout plein. - Voyage - Miss Blemish

Ça a été difficile de les choisir. Tant de sourires ont coulé sur ces trois semaines. Bercée par la musique qui a accompagné ce voyage, je me suis laissée porter, aidée de mes notes et de mes souvenirs déjà flous. Les petits bonheurs sont de sacrés coquins, ils partent toujours en premier. Heureusement, il y avait tout ce qu’il me fallait soigneusement consigné dans un carnet. C’est l’histoire de quelques lignes, quelques notes pour se souvenir et que le fil se déroule… Cela ne m’étonnerait pas que d’ici la fin de la série, d’autres viennent se frayer un chemin jusqu’ici. Wait & See donc… Belle journée à tous, j’espère que vous sourirez aussi fort que j’ai pris plaisir à vous écrire ces sourires. 

Chez le glacier… en essayant d’être discrète : « Dis, c’est bon la glace à l’érable ? » je demande à mon cousin. Et là, devançant sa réponse, le vendeur saisit une petite cuillère en plastique, la plante dans le bac de glace à l’érable puis me la tend pour que je puisse goûter.

Jouer au photographe le long des chutes du Niagara. Un couple tout sourire, de jeunes amoureux, une famille, des enfants tous mignons, immortaliser milles sourires pour un seul banane, jusqu’aux oreilles sur mes lèvres.

Le bonheur c’est drôlement contagieux, faites attention.

Une jolie femme photographiée par son amoureux, en équilibre sur la balustrade bordant les chutes, resplendissante.

Tomber amoureuse d’une paire de chaussures. Le tout premier jour. Le vendeur adorable, défiler dans la longue boutique, le jean remonté juste ce qu’il faut pour flatter ma cheville.

« Quand votre amoureux vous verra dans ces chaussures, il sera deux fois plus amoureux de vous ».

Sortir sans paquets mais en élaborant déjà entre filles toutes les tenues avec lesquelles je pourrais mettre ces merveilles. Moment délicieux. (oui oui aujourd’hui je me dis que j’AURAIS DU les acheter)(sûrement revenaient-elles à une autre femme qui sera au moins aussi heureuse que moi de les avoir à ses pieds)

Cet homme qui s’arrête à mon niveau dans les escalators pour me prévenir que mon lacet est défait…

Courir comme deux gamines avec Francine un quart d’heure avant la fermeture du bureau de tabac car toutes les deux du signe du Bélier, notre horoscope du jour nous promettait la fortune. Perdre à la loterie, gagner un gros fou rire complice.

« Mais c’est moi qu’il faut photographier ! » – Dimitri, vendeur charmeur à l’accent provençal.

Deux garçonnets hauts comme trois pommes vendant de la limonade sur un comptoir à leur hauteur. La petite pancarte 25 cents le verre et leur papa guettant du coin de l’œil depuis le balcon une revue posée sur les genoux pour tout alibi.

Dans le mini-bus pour les chutes du Niagara, une seule place attribuée de manière fixe par le guide, celle de devant, juste à côté de lui, celle de la « copilote de sa vie ».

« Merci de votre belle visite », le mot gentil de la réceptionniste de la maison de retraite au moment où l’on quittait le bâtiment.

Un radiateur peint en bleu marine. Un parquet peint en bleu marine. Coup de foudre.

Ce petit bout d’chou se dandinant sur les bancs de la cathédrale Notre-Dame de Montréal (magnifique et notamment célèbre au Canada pour avoir accueilli le mariage de Céline Dion) au rythme des chants des chœurs.

Le Bon plan : Découvrir la cathédrale lors de l’office de 11h le dimanche. Découvrir l’architecture grandiose gratuitement (le reste du temps l’entrée coûte 5$) avec en fond sonore chœurs et organistes. Sublime. Et surtout, LEVEZ les yeux, prenez le temps de contempler les plafonds turquoises parsemés d’étoiles et de fleurs de lys dorées qui vous surplombent. De détailler les frises et les colonnes décorées avec finesse, les rosaces et les vitraux prenant des airs de lampes Tiffany’s… Profitez du spectacle, c’est magnifique. Le tout peut paraître chargé, ne retenez qu’un motif, une combinaison de couleurs, une courbe… une mine d’inspiration tout simplement. De plus la messe avec l’accent québécois a ce je ne sais quoi de chaleureux qui vaut le détour. Si si. Même si vous n’êtes pas de confession chrétienne.

Partager des gaufres recouvertes de nutella, fraises, bananes, glace à la vanille et chantilly

Revenir avec les stigmates de ce trop plein de délices, de sourires et de gourmandises sur les hanches. Se trouver étonnamment plus jolie comme ça. Juste comme ça, ni plus ni moins. Le Québec ou la formule magique du « je me sens bien ».

Risquer ma vie pour mettre la ligne séparant les voies sur la route par-fai-te-ment (quand je vous disais que j’étais une artiste) au milieu de ma photo. Me poster au milieu du carrefour, aux aguets. Immortaliser ce jeu permanent entre architecture moderne-classique-post moderne-contemporaine.

Des litres de jus de canneberges bus sur la terrasse ombragée par le feuillage d’un érable. Et du jus d’ananas vendu en briques de 1.75L ! (n’oublions pas qu’ici la farine se vend en BIDONS)

Arriver (en retard) à la table du petit déjeuner et être accueillie d’un « J’ai fait griller des Bagels exprès pour toi ».

Le voisin qui écoute Beth Hart le soir. Les notes qui rentrent par la fenêtre alors que j’écris sur le fauteuil où s’est assise si souvent la maman de Francine.

La poésie anglaise : Mettre en veille = Sleep ; Mettre en veille prolongée = Hibernate

Du lin, du turquoise, des pois blancs et un chignon années 20. Une soirée parfaite.

Mon prénom vaut cher : CELI(E) Crédit d’Epargne Libre d’Impôt, un placement proposé chaque année aux québécois par les banques pour une durée de 5 ans. Je pense taxer à raison d’1% pour terminer mes jours au soleil.

L’autoroute bordée de sapins et d’étendues… vastes, si vastes… et prendre la voiture devient un voyage en soi. Et avec la voix de Seal sur des grands standards de jazz en bande-son, on toucherait à la perfection. Coucher de soleil et premiers éclairages sur la ville à travers la fenêtre. Le sentiment de vivre un moment d’une simplicité rare et pourtant, unique. Spécial.

Guilis des bisous d’un chiot sur mes chevilles sous la table.

Boire du thé dans une tasse en porcelaine fine ayant appartenu à la maman du Francine et certainement à la maman de sa maman avant. 150 ans d’histoire entre mes mains.

Un parapluie emprunté et joli hasard à sourires, assorti à mon bandeau. Avec des pois dessus.

Balade, un thé vert glacé à la pêche à la main, sur le campus de l’université McGill. Croiser des écureuils.

Un tronc d’arbre de 500 ans de vie. 500 ans de strates. Une momie avec derrière elle, l’IRM de son sarcophage. Une bêbête répugnante, l’ancêtre des reptiles et des insectes (trop forte). L’histoire de la Terre le long d’une frise entourant une grande salle aux plafonds turquoises (amour) où reposent des squelettes de dinosaures. Regarder tout ça les yeux écarquillés.

Une escapade nocturne dans les rues de Montréal. Des crêpes, un chocolat chaud et des mannequins sur les podiums du festival de la Mode et du Design.

Travaux dans l’appartement du fils de mon cousin (mon cousin aussi donc)(vous allez finir par vous y perdre). Monter sur l’escabeau grinçant pour fixer les scotchs de protection, jouer des coudes avec mon vertige (si si, un mètre du sol c’est DEJA trop haut)(je vous laisse imaginer ce que ça donnait quand je faisais de la gym), penser 100 fois à la tétraplégie guettant si d’aventure je venais à tomber. Retrouver la terre ferme saine et sauve mais surtout très fière d’avoir fixé seule ce foutu scotch.

Une petite fille sur les épaules de son papa, ses deux petites mains au sommet de sa tête et son menton posées sur elles, épuisée. Un autre petit garçon sur les épaules d’un autre papa, armé d’un pistolet à bulles distributeur de magie le long de la balade.

Rafaël Nadal. En vrai. A la Coupe Rogers de Montréal.

Les scones de l’hôtel Royal Elisabeth (Fairmont). Et leur thé Rooïbos aux fleurs… De la confiture de fraises.

Ah, et à Montréal aussi on dit « Chocolatine ».

Jeu set et match (un peu).

Sourires québécois - Voyages - Miss Blemish

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