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Réduire l’impact de son mode de vie sur l’environnement, quelques conseils pour les premiers temps


Réduire l'impact de son mode de vie sur l'environnement, quelques conseils pour les premiers temps - slow lifestyle - Miss Blemish

Je travaille depuis longtemps à réduire l’impact de mon mode de vie sur l’environnement. Petit à petit et respectant mes impératifs, j’ai troqué au coeur de mes habitudes mes gestes d’avant pour des réflexes plus éco-responsables. Dans cette longue liste de changements qui ne changent presque rien et qui pourtant me sont importants se trouvent ainsi un tote-bag en coton toujours glissé dans mon sac à main pour toujours pouvoir refuser les sacs en plastique ou en papier, une gourde pour éviter les bouteilles en plastique, des cotons en tissu pour éviter ceux à usage unique ou un oriculi pour éviter les cotons tiges. Il y a aussi de nouveaux produits d’entretien qui ont remplacé ceux d’avant, de la lessive au savon de Marseille faite maison, moins d’achats, moins de consommation, moins de déchets, moins de gaspillage et surtout, moins d’objets à usage unique. 

Ce processus continue de s’enrichir à mesure que je lis, écoute et découvre de nouvelles manières de faire, compatibles avec mon quotidien. Pourtant, c’est sur les tous débuts de ce processus que je veux revenir aujourd’hui dans cet article en quelques conseils qui m’ont aidée ou que j’aurais aimé avoir avant de me lancer. La plupart sont simples et intuitifs, d’autres dessinent les contours de pièges évitables et j’espère que tous pourront vous aider à vous lancer sereinement, à votre rythme et surtout sans jugement si tel est votre souhait. 

réduire l’impact de son mode de vie | quelques conseils pour cheminer sereinement

Utiliser ce que l’on a

La tentation est grande lorsque l’on aspire à révolutionner son quotidien de se débarrasser de tout ce qui ne correspond plus à nos idéaux. Pourtant nombre de ces indésirables n’ont pas encore atteint leur fin de vie et peuvent encore avoir une utilité avant de rejoindre la poubelle. Surtout, les laisser profiter encore un peu de leurs quartiers peut vous offrir du temps pour trouver et apprivoiser ceux qui viendront progressivement les remplacer une fois terminés/usés/vendus ou donnés. Un temps précieux de réflexion et d’acclimatation qui vous permettra de faire vos premières armes en consommation durable. Par exemple, vous pouvez terminer vos anciens produits ménagers avant d’en adopter de nouveaux ; garder vos cotons jetables pour les quelques utilisations que les cotons réutilisables ne prévoient pas ou encore utiliser vos derniers cotons-tiges avant d’adopter l’oriculi.

Observer ses habitudes et faire l’inventaire

Avoir une vue globale de ses habitudes de consommation comme de ses possessions est utile lorsque l’on envisage d’en changer quelques-uns. Je vous invite donc tout au long de votre cheminement à interroger votre quotidien pour faire le tri entre ce qui vous convient et ce qui ne vous convient plus. Vos conclusions vous aideront à orienter votre démarche et vous concentrer sur les changements que vous voulez réaliser.

Donner une seconde vie

Si certaines de nos possessions ne correspondent plus à notre mode de vie et nos envies, elles ne sont pas forcément indésirables aux yeux de tous. Des objets peuvent trouver une nouvelle utilité que leur fonction première chez vous, chez un nouveau propriétaire ou une seconde vie après quelques réparations. Réutilisés, donnés ou vendus, donner une seconde vie aux objets qui ne nous servent plus est un acte de consommation durable à part entière qui économise des ressources (celles qui ne seront pas utilisées pour le recycler ou le détruire, celles qui ne seront pas utilisées pour refaire un objet similaire). De plus, l’argent gagné grâce aux objets vendus pourra vous servir si certains de vos changements voulus demandent un peu d’investissement.

Changer de point de vue sur le recyclage

En permettant de récupérer des matériaux pour les réutiliser ailleurs, le recyclage permet de valoriser une importante partie de nos déchets. Pourtant, il reste un processus gourmand en ressources, logistique et énergie, raison pour laquelle les démarches de réduction des déchets visent aussi les déchets recyclables et préconisent de le voir comme « la dernière option ». Une dernière option à ne pas oublier, ne pas négliger et à adopter mais la dernière option tout de même. On pourrait ainsi dessiner notre échelle de choix en tant que consommateur ainsi : préférer une option recyclable lorsqu’elle existe pour un produit > donner toutes les secondes vies possibles à ce produit > recycler ce produit seulement une fois que celui-ci, arrivé en fin de vie, ne peut plus être réutilisé tel quel pour récupérer ses matériaux constitutifs. Une brique de lait par exemple ne peut pas avoir de seconde vie et ira, une fois finie, directement au recyclage. En revanche, un pot en verre pourra lui être réutilisé à de nombreuses reprises.

S’informer

Toutes les solutions ne conviennent pas à tout le monde. Derrière cette banalité se cache pourtant une importante vérité : si nos quotidiens possèdent de nombreux points communs dans une société donnée, il reste des paramètres qui sont propres à chacun. Des préférences, des habitudes, des concessions envisageables et d’autres qui ne le sont pas. Parmi tous les conseils et astuces que vous pourrez trouver durant votre parcours, vous rencontrerez forcément des alternatives qui ne vous conviendront pas. Alors plutôt que d’abandonner l’idée de révolutionner telle ou telle partie de votre quotidien, je vous encourage donc à continuer de chercher et de tester pour trouver une solution qui vous convient et qui se substituera facilement à vos précédentes habitudes.

Il n’est pas de petit changement

On peut parfois se demander si les changements entrepris dans notre quotidien peuvent faire changer les choses à plus grande échelle et réellement préserver l’environnement. Est-ce que le fait que j’arrête d’utiliser des cotons-tiges va vraiment préserver les océans ? Est-ce que c’est suffisant ? A ces questions j’ai choisi de répondre que tous les gestes sont importants et que ce sont souvent les plus simples qui, démocratisés, peuvent avoir le plus d’impact. L’exemple des cotons tiges est parlant : ils sont à l’origine – rien que pour la France – d’1,2 millions de tonnes de déchets par an. Arrêter les cotons-tiges pour une alternative durable s’utilisant de la même manière mais nettoyable et réutilisable n’est pas un changement radical dans le sens où l’habitude ne change pas (même geste, même mode d’utilisation). Pourtant on le voit, ce changement infime et facilement démocratisable est susceptible d’avoir un immense impact. Les gestes écolos simples ont ainsi autant sinon plus d’importance que les changements de grande ampleur qui demandent de revoir complètement son mode de vie car ils ont plus de chance d’être pérennes et adoptés par le plus grand nombre et surtout parce qu’ils s’appuient sur des habitudes de société.  Ils ciblent les outils de nos habitudes de vie sans les changer en elles-mêmes et c’est ça qui fait leur force. Libre à nous ensuite de choisir si nous voulons aller « plus loin » dans le processus de changement. 

S’armer de patience et de bienveillance

Changer est une formidable aventure mais elle n’en est pas moins éprouvante de temps en temps. Certaines modifications demanderont plus de temps, de recherches et d’essais que d’autres qui s’intègreront (presque) sans effort et vous en abandonnerez sûrement quelques-unes en cours de route qui n’auront pas réussi à trouver leur place. La génèse d’une habitude est longue et ne va pas sans quelques ratés, reprises et abandons. Heureusement ce n’est pas le degré de perfection d’une démarche qui détermine son utilité comme son sens mais sa pérennité dans le temps. Mieux vaut tâtonner longtemps mais tenir le cap que de s’astreindre à une supposée perfection qui ne nous convient pas et sera rapidement abandonnée pour revenir aux habitudes antérieures.

Choisir la solution la plus économique en premier

Il n’est pas nécessaire de posséder d’onéreux équipements pour diminuer son impact sur l’environnement. S’il est tentant de vouloir « s’équiper pour faire les choses bien » avant de se lancer, je vous conseille au contraire de commencer pour chaque changement par sa version la plus simple, durable et économique. En procédant ainsi vous pourrez tester cette nouvelle manière de faire, vérifier qu’elle vous convient à court comme à moyen terme et ainsi, faire un choix éclairé s’il est nécessaire d’investir dans un équipement plus pratique ou performant. Vous pourrez ainsi vérifier que vous en avez réellement besoin et pas simplement envie d’acheter quelque chose de nouveau.

Simplicité et qualité

S’il n’est pas nécessaire d’investir dans d’onéreux outils pour diminuer son impact environnemental, il est bon d’avoir quelques lignes directrices en tête pour vous aider à guider vos achats nécessaires. Vous pouvez ainsi essayer de préférer des outils de bonne qualité, constitués de matériaux recyclables et/ou recyclés, compatibles avec vos habitudes de vie, simples d’usage (lavage inclus) et multi-fonctions. Ces choix précis favorisent une longue durée de vie, une utilisation optimale et fréquente mais aussi un impact moindre au moment de vous débarrasser de l’outil avec la possibilité de récupérer certaines pièces et matériaux qui seront réutilisés ailleurs.

Communiquer sereinement

L’enthousiasme que l’on peut ressentir lorsque l’on se lance dans un nouveau projet peut créer quelques tensions avec les personnes de notre entourage qui ne le partagent pas. C’est parfois frustrant de découvrir que ce qui nous tient à cœur n’est pas un sujet de préoccupation pour les personnes qu’on aime ou qu’on côtoie. Il est alors bon de se rappeler le temps qu’a demandé notre propre cheminement. Nos histoires nous dessinent des agendas différents et ne nous permettent pas toujours d’avancer facilement ou rapidement vis-à-vis d’un même sujet. Mais cela ne veut pas dire que toute communication soit impossible, bien au contraire ! Il faut seulement rester conscient que même la plus passionnante des conversations ne se traduira pas forcément par des actions ou des changements de la part de nos proches.

Plus encore, communiquer de façon ouverte sur nos changements voulus peut éviter certains écueils fréquents des débuts 
* éviter les cadeaux inopportuns qui ne correspondent plus à votre manière de consommer
* éviter le rachat de produits que vous ne souhaitez plus utiliser
* éviter de rallonger indéfiniment votre phase de transition du fait de nouveaux produits à écouler
* bénéficier de l’expérience d’autres personnes de votre entourage qui ont une démarche similaire et réciproquement

 

***

J’espère que cet article vous a plu et qu’il vous permettra d’avancer sereinement, sans jugement et à votre rythme vers vos changements voulus. N’hésitez pas à me dire en commentaires quelles astuces vous ont aidées à avancer et si vous souhaitez que je développe cette thématique dans de futurs articles. 

Et vous, avez-vous déjà connu de telles périodes de transition ?

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Comment infuser les thés parfumés ?


Comment infuser les thés parfumés ? - slow lifestyle - Miss Blemish

Le thé fait partie de ces alliés quotidiens qui rythment plus sûrement qu’une horloge les temps de ma journée. Ce sont la tasse du matin abandonnée à moitié bue sur la table du petit déjeuner, la grande théière sur le bureau des après-midis travaillées, le vrombissement de la bouilloire pour accueillir le moindre invité et les confidences partagées sur la table de la cuisine familiale autour d’un thé.

S’il y a toute l’année l’indétrônable Earl Grey pour présider à mes matins, il s’est installé en parallèle une valse de thés parfumés tournant au gré des saisons et chaque année retrouvés. Au fil du temps, j’ai ainsi progressivement appris comment, en quelques gestes, infuser correctement la plupart des thés parfumés et ainsi retrouver à coup sûr dans ma tasse tous les arômes que leur odeur promettait. Car si certains livrent leurs saveurs sans résister, d’autres plus têtus demandent à être (un peu) apprivoisés. Simples et rapides, les astuces que je partage avec vous aujourd’hui sont adaptées à la consommation quotidienne de la majorité des thés. Il en reste néanmoins certains, plus raffinés, qui demandent davantage de soins pour être dégustés. Pour ces derniers les consignes de préparation sont le plus souvent données à l’achat. 

En tant de tasses partagées j’ai également eu beaucoup de temps pour penser à tous les aspects de ma consommation de thé. Vous pourrez donc retrouver avec la liste de mes thés préférés les gestes « bons pour la planète » autour du thé que j’ai trouvé et mis en place au fil de mes recherches. J’espère que ces astuces vous seront utiles si vous rencontrez quelques difficultés pour trouver le bon équilibre dans l’infusion de certains thés et une utilité à vos restes de thé infusé.

Infuser les thés parfumés | MES ASTUCES

🌿 Ne pas surdoser le thé par rapport au volume d’eau dans lequel il infusera. Je respecte le dosage suivant : 1 cuillère à café bombée pour une théière. Selon le résultat obtenu avec ce dosage de base il est parfois nécessaire d’ajuster légèrement la dose ou la durée d’infusion mais le plus souvent c’est suffisant. 

🌿 Rincer le thé à l’eau froide avant de verser l’eau bouillante pour éviter qu’il ne brûle et perde sa saveur

🌿 Attendre quelques minutes que l’eau bouillante refroidisse avant de la verser sur le thé

🌿 Respecter la durée d’infusion conseillée du thé (souvent indiquée sur l’emballage ou conseillée en boutique) et retirer les feuilles de thé de l’eau une fois le temps d’infusion écoulé

Comment infuser les thés parfumés ? - slow lifestyle - Miss Blemish

Quelques gestes écolos autour du thé

🌿Préférer si possible le thé en vrac : la majorité des sachets de thé achetés déjà préparés ne sont ni recyclables ni compostables du fait de la présence de plastique dans leur composition.

🌿Garder les boîtes à thé en verre ou en métal pour les recharger avec du thé vendu en vrac en boutique ou en sachets recyclables. Vous pouvez notamment trouver cette option chez Greenma qui propose au moment de l’achat un conditionnement en verre ou en papier kraft, ce dernier vendu moins cher. Cette option est également disponible chez d’autres marques de thé en magasins bio comme conventionnels. 

🌿Pour l’utilisation du thé en vrac, préférer l’utilisation d’une boule à thé en métal inoxydable réutilisable (une boule à thé est souvent utilisable plusieurs années sans présenter de signes d’usure) aux filtres en papier à usage unique. Si certains sont compostables, ils génèrent néanmoins des déchets évitables. 

🌿Récupérer les feuilles de thé utilisées pour les mettre au pied de vos plantes (aussi bien en pot qu’en pleine terre) pour un engrai économique. Vous pouvez faire la même chose avec vos restes de café en poudre déjà utilisés (marc de café) pour les mêmes effets. Si vous faites du compost, vous pouvez les y incorporer également.

🌿Avec les restes de thé froid vous pouvez arroser et nettoyer les feuilles de certaines plantes vertes d’intérieur. Avec un chiffon doux l’humidité enlève la poussière et le thé (surtout vert) permet de les faire briller. 

Mes thés préférés par saison

Printemps-été 

Les jardins de Pam, Coffea – Thé vert à l’abricot, à la pêche et au melon
Mélange oriental, Coffea – Thé vert à la mangue et à l’ananas
Jasmin, Mariage frère – Thé blanc parfumé au jasmin

Automne-Hiver 

Thé mont blanc, Angelina – Thé noir au goût de marron glacé 
Ronde d’automne, La route des arômes – Thé noir noisette-vanille
Rooibos de Noël*, Greenma – Rooïbos aux épices
Vous pouvez retrouver mon article sur mes gestes bien-être d’automne dont ces 3 thés font partie

Et toute l’année, le matin 

Earl grey bio, Le bon marché – Thé noir à la bergamotte
*thé gentiment envoyé par la marque pour test à Noël l’an dernier

En savoir plus sur le thé 

(EN) McKel Hill, diététicienne basée à Nashville et auteure du blog Nutrition Stripped, détaille les spécificités de chaque type de thé (blanc, vert, noir et déclinaisons) dans cet article très complet et récapitule les temps d’infusion de chaque grande famille de thé (de quoi avoir un ordre d’idée si vous avez perdu l’emballage de votre thé). 

Comment infuser les thés parfumés ? - slow lifestyle - Miss Blemish

Et vous quels sont vos thés préférés et astuces autour du thé ?

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Changer son alimentation sereinement selon ses besoins et ses envies


Changer son alimentation sereinement selon ses besoins et ses envies - Slow living - Miss Blemish

Cet article sur l’alimentation mûrit depuis longtemps et a connu de nombreuses versions mais il m’a fallu plus d’un an pour trouver l’angle à même de porter ce que je voulais vraiment partager. Cette thématique n’est pas la plus simple à aborder ni pour soi et encore moins dans un article tant elle se lie à nos émotions, notre estime de soi, notre culture, nos habitudes, notre expérience, notre santé, notre propre jugement mais aussi celui ressenti dans le regard d’autrui qu’il s’agisse de la presse, de nos proches, d’inconnus ou de professionnels de santé. Plutôt que de répéter des conseils portant sur le contenu de nos assiettes, j’ai préféré vous parler de changement. Le changement voulu, souhaité et comment essayer pas à pas de le mettre en place sans se décourager, se déprécier ni se comparer. Je voulais un article dans lequel chacun puisse piocher des outils pour mener le changement qui convient à sa situation personnelle et singulière (santé, emploi du temps, envies, besoins, préférences et goûts).

Ainsi dans cet article je ne parlerai d’aucun courant alimentaire ni ne présumerai de ce à quoi devrait ressembler votre assiette. Si je vous donne quelques exemples concrets tirés de mon expérience sur certains points dans un but pédagogique pour mieux les illustrer, à aucun moment cet article n’a pour vocation de promouvoir ces choix particuliers qui – s’ils sont ceux qui me conviennent le mieux aujourd’hui  – ne sont en aucun cas ni meilleurs ni moins bons que ceux que vous pourriez faire pour vous-mêmes. Tout l’objet de cet article est de vous donner des pistes pour mieux vivre les changements que vous avez envie d’initier ou d’essayer et vous donner le plus de chances de les mener à bien indépendamment de leur nature. Et j’espère de tout coeur qu’il vous y aidera :)

Cet article ne se substitue pas à l’accompagnement personnalisé d’un professionnel de santé. Cet article n’a pas pour prétention d’être exaustif mais de débroussailler un sujet épineux en soulevant des points peu souvent présentés dans les médias non spécialisés

Apprendre à connaître son rapport au changement

Avant d’initier un nouveau changement, j’aime observer comment se sont passés les précédents. Dans quelles conditions ils ont été initiés, quelles étaient mes motivations, à quel rythme je les ai introduits, s’ils ont tenu dans la durée et s’ils ont su se fondre dans mon quotidien quitte à être adaptés au fur et à mesure qu’ils étaient testés. J’ai ainsi pu m’apercevoir que les seuls changements qui ont porté leurs fruits pour moi sont ceux qui ont été progressifs et se sont faits par étapes sans frustration, rupture ni grand écart. Ainsi, chaque fois que je ressens le besoin d’adapter ou de changer du tout au tout un domaine, je m’emploie à créer une période de transition suffisamment longue et progressive pour m’habituer pleinement à la nouvelle manière de faire que j’ai envie d’adopter. De procéder ainsi je me soustrais à la frustration que génèrent les interdits et trouve à mon rythme des substituts pour chaque situation. 

Je vous invite donc avant d’entreprendre un changement de fond (sauf urgence indépendante de votre volonté) à vous interroger sur vos changements de mode de vie précédents et d’essayer d’y trouver les clés qui les ont fait tantôt marcher ou échouer pour vous aider à entreprendre le changement du moment de la manière la plus propice pour vous personnellement. 

Envisager le changement sous un angle positif 

Envisager le changement par le prisme de ce qu’il peut nous apporter de positif est un bien plus sûr moteur que l’autodépréciation. Nous avons certainement tous expérimenté des périodes où nous n’étions pas satisfaits de nous-mêmes et prompt à l’auto-critique. Cependant s’il est bon de pouvoir prendre du recul et de réviser ses choix lorsque l’on sent que l’on s’égare, il est très facile de se laisser emprisonner dans des ruminations pessimistes qui empêchent d’avancer. Face à quelque chose qui ne me convient pas, j’essaie donc le plus possible de réfléchir à ce que je pourrais faire pour la changer ou mieux la supporter et de focaliser mon attention sur ce « mieux » visé plutôt que sur le « moins bien » actuel. Et si cette bascule de lecture et de perspective ne change rien factuellement, cette modification d’état d’esprit dont elle est à la source peut nous donner les moyens de mettre en oeuvre le changement plus sereinement et plus rapidement. 

S’inspirer et apprendre sans se comparer 

Selon le type de changement choisi, une période d’apprentissage peut être plus ou moins nécessaire pour s’approprier nouveaux ingrédients, substituts des anciens, outils et techniques nouvelles. Ainsi en voulant diminuer ma consommation de produits d’origine animale, j’ai cherché de nouvelles recettes mais aussi des informations pour réapprendre à composer mes assiettes pour qu’elles soient complètes d’un point de vue nutritionnel.
Mais si observer les choix faits par les autres peut nous donner des pistes utiles pour mieux décider comment avancer soi-même, il est rare que la solution du voisin soit également notre solution idéale. Plus encore, il est extrêmement rare d’avoir accès à une vue d’ensemble représentative des choix d’autrui en matière d’alimentation comme dans tout autre domaine. Lorsque l’on en prend conscience il est bien plus facile de ne garder des images/articles/recettes/menus types seulement ce dont on a besoin sans préjuger de notre infériorité face à l’idéal qu’ils nous renvoient. Par ailleurs durant cette période d’apprentissage (et parce que les conseils sont légions et souvent issus de l’expérience personnelle de ceux qui les partagent) je vous encourage à recouper vos informations et garder un esprit critique pour trouver vos réponses parmi celles des autres mais aussi laisser de côté les propositions qui ne vous conviennent pas. 

Interdire les interdits

J’aime beaucoup la philosophie d’Ella Woodward (que vous connaissez peut-être pour son blog Deliciously Ella) qui conseille lorsque l’on veut changer son assiette d’initier le processus en ajoutant ce qui nous semble manquer à notre alimentation plutôt que de retirer ce qui nous semble y être en excès. En prenant l’exemple d’une alimentation plus riche en légumes, elle donne comme piste d’en rajouter une portion à un repas, puis à deux, puis à trois. Ainsi on s’habitue aux nouvelles saveurs, on expérimente des combinaisons, on apprivoise ce nouvel ingrédient sans se priver des autres dont la proportion diminue de fait puisque notre faim n’est pas sans limites. Le changement s’instaure ainsi en glissement sans jamais passer par des extrêmes. 

[Petit aparté : Il y a beaucoup à gagner à envisager nos changements alimentaires sous l’angle d’une rééquilibration plutôt que d’une succession d’interdits car ces derniers sont à la source de troubles du comportement alimentaire par le biais d’un phénomène appelé la restriction cognitive (cet article est technique mais sa dernière partie « Résumé » explique de façon accessible les grandes lignes de cette théorie)(par ailleurs ce site est une source d’information prolixe si cette thématique vous intéresse). Cependant, se défaire de cette approche bien/mal autorisé/interdit est loin d’être simple car nous avons tous des croyances (erronées, enracinées) autour de l’alimentation et pris l’habitude d’associer à chaque aliment une étiquette. Déconstruire nos croyances vis à vis de l’alimentation, c’est devoir revoir tout notre référentiel. C’est se familiariser avec l’idée qu’aucun aliment BRUT n’est bon ou mauvais mais que tous apportent des choses différentes dont nous n’avons pas toujours besoin/envie en proportions égales selon nos activités, nos goûts, notre âge ou notre état de santé. C’est aussi se défaire de l’immédiateté et du catastrophisme que sous-tendent les régimes et réaliser que « l’équilibre alimentaire » ne se fait pas en un repas ni même en une journée mais sur des périodes bien plus longues rendant nos « écarts à l’interdit » dérisoires. Interdire les interdits c’est pouvoir manger de tout, pas forcément dans les mêmes quantités et aux mêmes fréquences selon les périodes, les formes ou son état de santé et réapprendre à (se) faire confiance (à soi comme à ses sensations).]

Avancer à son rythme et sans culpabilité 

S’écouter 

Est-ce le point le plus important ? Sûrement et il recoupe beaucoup de notions abordées dans les points de cet article. Tous les conseils ne s’appliquent pas à tout le monde. Et s’il existe pléthore de régimes et courants alimentaires, au-delà de leur intérêt économique certain, je veux croire que c’est aussi parce qu’ils répondent à des conditions différentes et des préférences individuelles. Une personne avec un intestin fragile sera moins confortable avec un régime trop riche en fibres là où une personne avec des intestins plus paresseux y trouvera un mieux. Il existe milles et une spécificités comme celle-ci qui peuvent expliquer pourquoi la solution du voisin n’est pas exactement la vôtre et demande de fait des ajustements. Ajoutez à cela des envies différentes, des sensibilités particulières, une multitude de rythmes de vie et de priorités qui diffèrent et la nécessité d’expérimenter pour soi-même en restant à l’écoute de ses sensations devient évidente. Pour qu’un changement ait une chance de trouver sa place dans votre quotidien, il faut qu’il vous convienne, qu’il réponde à un besoin et apporte un mieux être. Et si pour certains grands syndromes les réponses sont binaires (régime réduit en sel à certains stades de l’insuffisance cardiaque ou de l’insuffisance rénale par exemple), lorsque l’on a la chance d’être en bonne santé les changements tiennent plus de l’ajustement à une sensibilité particulière rendant leurs « commandements » beaucoup plus complexes à trouver. Ce qui explique ce besoin d’expérimenter, d’écouter ses sensations et de composer sa propre recette au sein même des grandes lignes nutritionnelles communes à tous les êtres humains pour trouver ce qui nous convient. 

DEMANDER CONSEIL A UN PROFESSIONNEL

Il existe de nombreuses professions qui ont fait de l’alimentation le coeur de leur métier et pourront à la fois répondre à vos questions, vous aider à identifier vos besoins, vous aiguiller si besoin était vers un médecin et vous soutenir dans vos démarches. 

Ne changer qu’une seule chose à la fois 

Tout changement faisant naître son lot de résistances et d’obstacles, se concentrer sur un seul changement à la fois donne plus de chances de les solutionner sans abandonner ni se sentir submergé. Un changement demande du temps pour être envisagé, voulu puis mis en action et encore plus pour supplanter les anciennes habitudes et s’intégrer dans nos routines. Pourtant, l’envie de changement arrive souvent dans des périodes de trop plein où tout nous semble à revoir. Ainsi il m’est arrivé de vouloir tout en même temps me coucher plus tôt, ne plus utiliser que les escaliers, méditer tous les jours, ne plus manger de produits industriels et/ou raffinés, cuisiner d’avantage, faire du yoga tous les jours… Même s’il est dur dans ces périodes de résister à l’envie de tout initier en même temps, prioriser ces changements est pourtant primordial pour se donner le maximum de chances de réussite sur la durée.

Je vous invite donc à faire la liste des choses que vous souhaiteriez changer, d’en choisir une seule et de concentrer vos efforts sur elle seule jusqu’à ce qu’elle n’en demande plus aucun et vous semble parfaitement naturelle. Fort de ce succès vous serez à ce moment-là pleinement disponible pour l’ajustement (ou le grand changement) suivant.

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Quelques pistes qui pourraient vous inspirer

Observer ses placards

Regarder ce que l’on a l’habitude d’acheter est riche d’enseignement. Changer sa manière de manger c’est aussi changer sa manière de consommer, d’acheter et choisir ses produits. Ainsi en faisant le bilan de la situation actuelle peut-on trouver les premières étapes du changement que l’on souhaite mettre en place. Cela peut-être aussi bête que de préférer la version labellisée d’un aliment, de changer de type de farine, d’acheter certains produits dans un format plus conséquent pour faire des économies ou de préférer les produits non transformés. Mais cette étape peut être un véritable élément déclencheur « catalyseur » de changement, ce serait dommage de passer à côté ! 

Prendre le temps de manger

Nos habitudes autour des repas ne vont pas toujours dans le sens d’un temps accordé qui soit suffisant. Manger en faisant autre chose, en travaillant, dans les transports, en regardant la télé ou rapidement entre deux rendez-vous a tendance à raccourcir la durée des repas. Reprendre le temps de manger et s’accorder de vraies pauses pour ne faire que ça peut pourtant apporter de réels bénéfices. En effet on trouve parmi les indicateurs renseignant le corps sur la présence ou l’absence de faim la distension de l’estomac qui une fois rempli envoie au cerveau le message d’arrêter de manger. Or il faut une vingtaine de minutes à l’estomac pour composer un tel message. Ainsi en mangeant trop vite prend-on le risque de manger plus qu’à notre faim augmentant ainsi notre apport calorique et générant un inconfort après le repas. 

Quelques pistes pour réapprendre à prendre le temps :

  • poser les couverts entre chaque bouchée
  • ne rien faire en même temps
  • utiliser des techniques de méditation pleine conscience pour être présent à l’acte de manger
  • faire une pause entre le plat principal et le dessert pour ne prendre ce dernier que si la faim est encore présente après cette pause. 

Cuisiner

Si ce n’est pas toujours facile d’en trouver le temps ou de se lancer lorsque l’on sent ses bases fragiles, cuisiner une plus grande part de son alimentation a de nombreux avantages. Celui de choisir exactement ce que contiennent ses plats et se défaire de sucre, sel et additifs en excès dans les plats préparés. Celui de pouvoir apprivoiser de nouveaux ingrédients en testant autant de combinaisons que nécessaire pour trouver la manière dont ils doivent être cuisinés pour nous plaire. Celui d’amener de la diversité dans nos assiettes en proposant des associations peu représentées dans l’offre des plats à emporter. Celui de faire des économies, les produits de base étant souvent moins coûteux que ceux déjà préparés. On peut imaginer une multitude d’étapes pour essayer de cuisiner un peu comme de préparer une fois par semaine les encas qui nous accompagneront au quotidien, en faire un rendez-vous familial ou un moment rien qu’à soit de temps en temps créant l’occasion d’écouter son podcast préféré. Comme pour tous les conseils de l’article, il vous appartient d’expérimenter pour trouver ce qui vous convient dans votre vie telle qu’elle est aujourd’hui. Et d’abandonner ce conseil s’il n’y a pas sa place. 

Si vous peinez à trouver le temps de cuisiner au quotidien, peut-être la technique du batch cooking – qui consiste à préparer tous ses repas de la semaine en une seule session cuisine – pourra vous aider, j’en parle en détail dans cet article Mieux manger au quotidien : le Batch cooking et vous détaille une session dans son entier ici Batch cooking 1 semaine dans mon assiette

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De la lecture 

Si la thématique du changement vous intéresse, ces deux ouvrages qui se consacrent à ce sujet m’ont passionnée :
  • The power of less de Leo Babauta que vous pouvez également retrouver sur son site (en anglais) Zen Habits
  • The power of habit (que je suis en train de lire mais qui est plein de promesses) de Charles Duhigg 
Vous trouverez dans ces livres des appuis scientifiques et des informations complémentaires qui pourront continuer de vous aiguiller. J’espère de tout coeur que cet article vous a apporté quelques pistes à explorer si vous êtes dans une période de changements difficiles à mener et qu’il pourra vous aider à les accomplir plus sereinement, à votre rythme et sans culpabilité. N’hésitez pas à partager vos conseils et votre expérience dans les commentaires, je suis sûre que cela pourra en intéresser et aider plus d’un ! Et si l’article vous a plu, vous pouvez le partager sur Pinterest via l’image ci-dessous :)

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Et vous, quel est votre rapport au changement ?

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