PRENDRE SOIN DE SOI

Acné


Acné - Estime de soi - confiance en soi - Miss Blemish

Le dimanche qui a précédé le début de mon traitement, je n’arrivais pas à travailler. Il faisait beau alors je suis sortie. Sans fond de teint, correcteur, poudre ni fards, juste moi et mon acné flânant sur les quais de Seine, un appareil photo à la main pour tenter de capturer la douceur de la lumière des après-midis d’automne. Je suis sortie et j’ai affronté le regard des gens me dévisageant parfois parce que c’était la dernière fois que je pouvais avoir ce courage-là, sortir sans me cacher. Mais surtout parce que c’était la dernière fois que j’offrais tel spectacle aussi peu agréable à voir qu’à vivre et que je voulais pouvoir m’en souvenir. En effet, dans la semaine je commencerais mon traitement, celui que j’avais repoussé jusqu’à qu’il soit la dernière cartouche, celui qui nourrissait des peurs que l’insupportable me donnait finalement l’audace de surmonter.

7 ans. 7 longues années à errer entre produits dermatologiques et cosmétiques, homéopathie, compléments alimentaires, antibiotiques, auriculothérapie, pilules, régimes alimentaires (sans lait, sans gluten, sans chocolat, sans charcuterie, sans produits raffinés…) et autres pour qu’enfin je prenne la décision de « franchir le pas » et de dire stop avant que l’acné n’ait ma peau (et cette fois-ci pour de bon).

A cette époque, je venais de rompre avec un homme que j’aimais ou tout au moins auquel je m’étais attachée plus que je ne devrais décemment l’avouer. Beaucoup de personnes de mon entourage, pour ne pas dire toutes, n’ont pas très bien compris ce que j’allais faire avec « lui », nous qui n’avions « rien en commun », et moi qui valais « 100 fois mieux, au moins ! ». C’est là qu’ils avaient tort. A l’époque à mes yeux, je ne valais rien. Peanuts. J’étais cette fille qui se cachait non pas sous une couche mais deux de fond de teint, plus correcteur, poudre et fixateur en plein été. J’étais une fille derrière un masque qui ne s’aimait pas. Je pourrais même dire qu’à l’époque plus que de me dégoûter, l’aspect de ma peau me révulsait. Et il y a eu cet homme que je n’attendais pas, qui débarquait de nulle part et que je n’aurais jamais songé à regarder de cette façon-là, cet homme qui lui en revanche semblait me voir. Il m’a regardé d’une façon qui m’a fait oublier que j’étais cette fille avec de l’acné. Dans ses yeux, j’étais une jolie jeune femme à qui l’on sourit, que l’on veut charmer et au sujet de laquelle on veut tout savoir. Ce n’était pas l’histoire de « faire comme tout le monde » ou de me jeter dans les bras du premier mec « peu regardant », Dieu sait qu’en médecine nombreux sont ceux qui ont tenté leur chance. Non, ça n’était pas non plus « l’amour de l’amour », simplement sa découverte. Le vrai, celui que l’on peut espérer vivre à deux. Cet homme m’a tendu un miroir dans lequel nul vilain petit canard ne se reflétait mais au contraire une femme qu’il dévorait des yeux. Avec lui je me sentais Bien et ça n’avait pas de prix.

Nous nous sommes séparés. Parce que. Le temps, la distance, la vie. Et quelques autres babioles qui n’ont pas ou plus d’importance. Mais en octobre, je ne voyais pas les choses de cette façon-là : si ça n’avait pas marché, c’était simplement dû au fait que j’étais moche. Et ce fut le déclic : jamais plus je ne voulais souffrir à cause de mon acné. Alors je suis montée sur le ring et j’ai commencé mon traitement. Ce traitement qui change ma vie. La peine m’a donné la force de dire « Oui ». Certainement l’aurais-je fait si les choses avaient pris un cours différent, peut-être ai-je seulement gagné un peu de temps.

Ma meilleure amie m’a dit un jour : « Ton désamour de toi-même atteint des sommets qui sont les tréfonds de la vie ». Aujourd’hui, je sais qu’elle avait raison. Tout comme lorsqu’elle affirmait : « ça n’aurait pas duré aussi longtemps si ton physique l’avait rebuté comme tu sembles le penser ». Mais avant sans lumière, impossible d’y voir clair (!) et c’est pourquoi je rédige cet article. Parce qu’il se peut que vous n’ayez pas cette amie avec une besace à mots justes et néanmoins terriblement besoin d’entendre ce qui un jour fera sens pour vous aussi. L’acné m’a jetée à terre. Je ne compte pas les fois où j’ai fait mine de ne pas voir des connaissances juste pour ne pas avoir à affronter leur regard. A tel point qu’aujourd’hui où je peux enfin parler d’imperfection au premier sens du terme et non plus comme un méprisable euphémisme je me surprends encore à chercher dans les yeux de mes interlocuteurs des signes de désapprobation, de jugement voire même de dégoût. Mon reflet me surprend encore et j’ai encore si peur de « rechuter » que je n’ose me réjouir entièrement. J’ai acheté la semaine dernière des produits dont je n’ai pas l’utilité car ils sont bien trop forts et abrasifs pour ma peau, le meilleur exemple sans doute pour illustrer le fait que je me sens et me considère encore comme « une fille à boutons ». Mais quelle joie, même si elle ne doit être qu’éphémère, d’avoir si mal dépensé mon argent. Jamais je crois je n’ai été aussi heureuse de voir des flacons inentamés sur les tablars de ma salle de bain.

Et parce que je vis ce changement depuis quelques semaines au quotidien, oscillant entre émerveillement, gratitude et effroi, je peux vous affirmer « l’acné est dans la tête » et non pas seulement « sur » la tête. Dans votre relation aux autres, tout résulte de votre confiance et de l’estime que vous avez pour vous-même, non du nombre de boutons que vous avez sur le visage. La vie ne s’arrête pas plus à l’acné qu’aux autres imperfections physiques si dures pourtant à accepter. Cela ne veut pas dire qu’il ne faille pas chercher des moyens de gommer ces défauts qui nous blessent au plus profond de nous-mêmes, juste qu’il ne s’agit pas là du seul combat à mener. Si d’aventure le physique un jour se faisait raison suffisante à vous évincer alors dites-vous bien que la personne agissant de la sorte vous rend le plus grand des services. Le meilleur à vrai dire, car ni elle ni vous n’auriez rien eu à retirer d’une relation aussi vide de sens.

Souriez, la gentillesse est tellement plus importante que la rectitude du nez ou la courbure des cils. Relevez la tête, arrêtez de vous cacher et allez vers les autres. N’ayez plus peur. Osez. Il y a un grand philosophe qui a dit « toquez, on vous ouvrira » et il se trouve que pour le coup :

La vie lui donne souvent raison

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Première session – Miss B s’essaie au Yoga


Yoga - Brèves - Sport - Beauté - Bien-être - Miss Blemish

Samedi matin, réveil matinal, à peine la première paupière entr’ouverte que mes deux jambes soudain autonomes trouvent leur chemin vers des leggings, les bras vers un sweet-shirt et les pieds vers des ballerines direction « mon premier cours de yoga ». Comme je ne fais pas les choses à moitié, j’ai opté pour un stage de 2h30 en guise de première initiation (on m’avait d’ailleurs un peu menti sur le sujet en me vendant une session de 2h à coup de « mais siiii, viens, ça te fera du biiieeennn »). Autant dire que j’avais plutôt intérêt à aimer sans quoi je risquais de ne pas regretter le voyage.

Je suis donc arrivée à demi-réveillée dans une grande salle très lumineuse, du parquet au sol et nos futurs tapis d’exercice tournés face à une baie vitrée donnant sur un paysage enneigé. Un cadre idéal s’il en est pour cette matinée placée sous le signe du « bien-être ».

Pour une fois en avance, j’ai eu le temps de faire ma petite étude sociologique à grand renfort d’observation toute en discrétion des autres « stagiaires » qui arrivaient par salves, gagnant ce que je devinais immédiatement être « leur » place. Trouillarde et peu désireuse de faire état au monde de ma souplesse digne un manche à balais revêche Confiante et pleine d’entrain, j’avais élu domicile sur le tapis tout au fond à droite dans le petit coin discret de la salle. 20 minutes avant la séance, la moyenne d’âge devait tourner autour de 50 ans, 5 minutes après le commencement du cours elle redescendit vers 40 ans. Nous sommes bien d’accord, toujours en retard ces sales jeunes. Une assemblée donc très hétéroclite : de toutes les tranches d’âges, de toutes les tailles, de tous niveaux et beaucoup de novices comme moi (nous sommes une génération de warriors, rien ne nous fait peur).

10 h, la séance commence. Debout sur les tapis de sol mis à notre disposition par le centre spa, nous callons notre respiration sur celle du professeur. Toute la séance est sur le souffle centrée, c’est là l’objectif de la matinée : prendre conscience de son existence, ralentir son rythme et avec lui calmer notre agitation de gens stressés dans un monde pressé. Ralentir ma respiration m’a demandé un réel effort et une énorme concentration. C’est ce qui m’a je pense posé le plus de « problèmes » durant la séance car ce n’est pas « agréable » de se limiter sur ce point surtout lorsque l’on pratique une activité physique en parallèle. Je me suis crue revenue un instant aux heures glorieuses des cours de natation. Cependant, si le premier quart d’heure fut légèrement éprouvant, en demi-apnée, ma respiration s’est d’elle-même calmée. Le secret (ou plutôt l’astuce que j’ai fini par trouver), c’est de faire une respiration complète (inspiration + expiration) avant chaque mouvement. En effet, les postures de yoga se calent sur l’alternance inspiration/expiration, on ne fait pas les mêmes gestes pendant ces deux temps bien distincts d’où l’importance de respirer profondément avant chaque nouvelle série pour réussir à caler son souffle sur celui du groupe. Cela évite d’être à contre-temps ou en semi-apnée pendant une partie de l’exercice.

Mais quid des postures ? Le mot d’ordre de la session était de s’écouter. Aller à son rythme, s’arrêter si un mouvement s’avérait pénible, oublier la compétition. Dans leur ensemble, j’ai trouvé les postures proposées accessibles. Pas besoin d’être championne en titre de gymnastique acrobatique, l’idée est de s’assouplir en douceur, de gainer et d’étirer sans se brusquer. J’ai eu une nette préférence pour les figures au sol qui ressemblaient beaucoup aux mouvements de kiné quand ils n’étaient pas carrément similaires.

Le stage s’est terminé sur quelques minutes de relaxation et un thé aux épices. Le bonheur.

Au bilan

Une très bonne expérience, cette séance m’a fait du bien. J’en suis ressortie plus calme, sereine et un peu fatiguée. Flagada comme dirait mon grand-mère. Une bonne fatigue, celle de la danse des endorphines.

Et mes petits conseils pour terminer

Ne pas oublier (comme moi) de prendre une petite bouteille d’eau

Zapper le thé du matin et ne pas sauter la case « prendre ses précautions » avant la séance, 2h30 c’est long

Prévoir du multi-couches (débardeur – tee-shirt – sweat)

Et peut-être le plus important : Profiter

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Infos pratiques : J’ai suivi ce stage au centre Source de Cristal, Perrignier (Haute-Savoie), 2h30, 25 €, tapis fourni.

Contact : 04 50 70 65 11

Credit photo : nataraja

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