Brèves

Médecins de mots


Nos chemins détournés, des médecins de mots - Humeurs - Réflexion - écriture - médecine - Miss Blemish

J’ai toujours eu, de l’écrivain, l’image d’un thérapeute singulier, un thérapeute dont les rayonnages derrière le bureau, les ordonnances et les piluliers seraient – pour tous médicaments – remplis de mots. Tantôt pour exprimer notre trouble, notre détresse comme notre joie dans l’histoire d’un autre qui aurait tout pour s’appeler « moi », tantôt pour nous permettre – juste le temps d’une centaine de pages – de nous noyer dans les méandres obscures d’une autre vie et oublier un peu les nœuds pris à la nôtre.

Alors que je me posais encore une fois la question – mais à quoi rime tout cela dont ? – et que j’interrogeais les cieux sur mes choix passés qui loin des lettres m’avaient portée, je réalisais – cette définition en mémoire – que tout ceci n’était pas aussi étrange que le laissait à penser regards étonnés et « tu sais tu devrais pour un temps laisser ça de côté » qui prétendent l’existence de barrages suffisamment grands pour réduire au silence la mouvance fragile et permanente où affleurent les mots des petites et grandes idées qui créent le Je. Cette mouvance qui, une fois tangible, se veut pressante et en un grand ménage intérieur, catharsis à la violence chuchotée, vient faire irruption sur le papier.

Je réalisais tout à trac que par mes chemins détournés je ne m’étais pas tant égarée. Abandonnant les belles lettres et un futur rempli de manches tachées de craie et de verbe être qui derrière un IL s’écrirait toujours E.S.T, j’avais en fait par la médecine où je rentrais pour apprendre à écouter bien, gagné une manière supplémentaire de soigner par les mots. Des mots qui ne viennent pas de nous mais de l’autre, que l’on ne dit ni n’écrit mais que l’on écoute et reçoit. Il avait suffit de m’éloigner un peu, remonter à la source, débrouiller les idées emmêlées de doutes et de remords – parfois – pour découvrir derrière l’incohérence apparente, le grand écart vécu, un fil ténu, un lien, reliant psychiatre et écrivain. Deux médecins de mots où l’un écoute et parle peu, lorsque l’autre raconte, nous raconte et nous console un peu.

Et toi, y a-t-il des choses auxquelles tu as renoncé pour finalement les découvrir au coeur de ton quotidien ?

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Brève hospitalière


Avant hier en enfilant nos blouses dans ce vestiaire que nous découvrions à peine et ressemblant à pourtant tant d’autres, nous savions que cette fois-ci nous ne les quitterions plus que pour de courtes semaines, de-ci de-là, avant 2017. Je ne sais s’il en est de même ailleurs mais, dans notre faculté, chaque année à un goût de pallier, d’étape. Aucune ne se ressemble et chacune charrie son lot de vertiges.

La première année, la cours des grands, la fac, l’appartement solitaire pour beaucoup, les polycopiés, la foule, l’anonymat, le sentiment de se lancer dans quelque chose qui nous dépasse mais qui ne pourra que nous faire nous surpasser, quelqu’en soit l’issue, plus ou moins heureuse.

La deuxième année, le désenchantement, la réalité des cours et des programmes qui ne s’amenuisent pas avec le concours maintenant derrière soi mais… la fierté d’être arrivés là. L’euphorie que peut engendrer cette phrase, cette réalité : « Désormais la question n’est plus de savoir si vous serez médecin mais quel médecin vous allez être ».

La troisième année, le premier badge, nos noms en lettres blanches sur fond orange. Étudiant hospitalier. Externe pour les plus téméraires. Nos premières blouses fournies par l’hôpital et non achetées par nos soins. Premières gardes. Premiers vrais patients et vraies observations. Premières missions. Première année passée chaque matinée à l’hôpital. Premières semaines de nécessaire respiration loin de la maladie, loin des souffrances. Waouh, on y est.

Et la quatrième année qui débute. Changement de statut, rémunération, « salarié », changement de Securite sociale, « cotiser ».

Je suis désormais plus proche de la fin de mes études que du début et je vois à quel point ces années vont passer à la fois douloureusement dans les périodes de marée haute où l’on peine à distinguer l’issue et terriblement rapidement. Pourtant en revêtant cette blouse, en allant voir mes premiers patients de l’année malgré toute la nouveauté que charrie ce nouveau stage et cette nouvelle spécialité qu’il nous faudra dompter en quelques semaines seulement, je me suis découverte incroyablement plus juste. Vous savez, à la bonne place, à la bonne distance. Avec la certitude que ce qui me séparait désormais du médecin que je veux être c’est le calme qu’apportent les connaissances que je n’ai pas encore. Quand il n’y aura plus ses moments de menue panique où mon attention se détourne du patient pour l’inquiétude « mince qu’est-ce que j’ai oublié de demander ? Qu’est-ce qu’il me reste à voir/faire/examiner/penser ? ». C’est normal. C’est déstabilisant. Mais en travaillant, ça n’ira qu’en s’améliorant. En toquant à cette porte d’une main assurée j’ai mesuré tous les progrès réalisés en cette année qui me séparait de nos timides débuts où nous n’osions aller voir un patient qu’à deux externes, en trébuchant.

Alors que j’examinais ma première patiente j’ai su qu’aussi dur que cela soit, qu’aussi fort je sois souvent tentée de déconseiller les soupirants d’aller en médecine, j’étais là où je devais être. Même si les raisons qui m’y ont poussée ne me semblent plus toutes aussi sensées et justes qu’autrefois, même si les raisons qui me font dire qu’ici est ma place sont bien différentes de celles que j’imaginais alors.

Nous bouclions notre dernière épreuve de rattrapage lorsque mon regard croisant celui d’un autre étudiant de ma promotion, ancien ingénieur reprenant des études et débarqué directement en troisième année, j’ai réalisé qu’aucun rêve, aucun projet ne pouvait être aussi rose que les fantasmes que nous nous faisions de lui et que toujours la route serait longue et laborieuse. Rien ne s’obtient sans mal, rien n’échappe au découragement passager, à la lassitude, aux doutes, à la fatigue, aux crises de larmes parfois. Souvent. A me voir souvent complètement submergée par le doute je m’étais fait l’idée que peut-être je m’étais trompée, que si c’était vraiment ce pourquoi j’étais faite cela ne pouvait me demander tant d’efforts ou être parfois douloureux. Et que si tel était le cas, j’avais forcément commis une erreur. Mais qui rêverait de journées, soirées, week-end passés dans les bouquins sans voir le jour ni le bout du travail à fournir ? Qui a ENVIE de fournir des efforts colossaux ? Qui envisage les sacrifices nécessaires le coeur léger ?

Personne.

J’ai réalisé dans toute la banalité et l’évidence que cela comportait pourtant que les doutes et la lassitude qui parfois nous étreignent ne remettent en rien en cause la justesse de nos aspirations. C’est douloureux d’arriver là où l’on veut, d’autant plus que la montagne est haute. Le souffle manque à certaines étapes mais cela n’enlève rien à la beauté de la vue qui nous attend à l’arrivée. 

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Un an à l’hôpital


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Il fallait sans doute que la pression redescende, que les choses se calment et que je dorme un peu. Beaucoup. Voire même l’essentiel de ces déjà 6 premières journées de vacances. Il faut dire que l’année a été éprouvante et ce d’une manière telle qu’il est difficile de le faire comprendre à ceux qui nous entourent. Difficile de leur dire le poids du travail, la pression, les doutes, la fatigue, la passion, l’envie dévorante de mieux faire, mieux savoir, mieux comprendre sur fond d’yeux cerclés de violet. 

Vendredi dernier j’ai raccroché ma blouse sur une année passée à l’hôpital côté soignant. 3 services, 3 stages, 3 équipes avec lesquelles il a fallu composer, s’intégrer, trouver sa place, aussi menue soit-elle. 3 routines qui se sont installées aussi vite qu’on les a vues les unes après les autres se faire balayer par les suivantes, 3 matins pas comme les autres où il a fallu franchir pour la première fois les portes de services qui nous étaient en tous points inconnus. 
J’ai la sensation d’avoir été infiniment chanceuse cette année dans les stages que j’ai choisis. Ce n’étaient jamais ceux qui récoltaient les meilleures critiques des étudiants passés précédemment et pourtant je suis chaque fois arrivée au sein de vraies équipes qui travaillent ensemble et non pas à couteaux tirés. Pour avoir entr’aperçu l’ébauche de tensions médecins-infirmières au cours de mon dernier stage (et ce uniquement pour des problèmes de manque de personnel – 1 infirmière seule le matin pour 12 lits ce n’est pas gérable) je ne peux que confirmer ce que je pressentais sans l’avoir pourtant vécu : une équipe soudée avec une vraie collaboration entre ses différents intervenants est capitale pour le bien être de tous.

Car, si l’on ne s’en aperçoit pas, ou dans tous les cas pas de façon nette, flagrante et pesante au quotidien, l’hôpital est un environnement extrêmement pressurisant. Il a fallu subir le phénomène « cocotte minute que l’on retire du feu » (ou ballon de baudruche crevé comme vous préférez) pour m’en apercevoir pleinement : la pression est redescendue et je me suis retrouvée sur le carreau, lessivée.

Mais en quoi l’hôpital est-il « stressant » ?

Je dirais d’abord par son essence, nous passons notre journée avec des personnes malades qui ont besoin de soins, leurs histoires sont loin d’être simples et en tant que soignant nous sommes les réceptacles de beaucoup de peines, qu’elles soient physiques ou psychiques. Il existe également une certaine urgence permanente dans chaque action. Tout doit être fait vite et bien. Lorsque l’on voit ce que la moindre démarche prend comme temps, il n’y a pas une minute à perdre au démarrage. J’ai passé une grande partie de mon temps à rédiger et faxer des demandes d’examens complémentaires (radio, scanner, IRM et autres joyeusetés) et bien plus de temps encore au téléphone pour négocier ces rendez-vous que je demandais. Parfois c’était très urgent. Souvent il a fallu trouver les mots, les bons arguments pour convaincre l’interlocuteur de prendre mon patient, mon urgence et pas une autre à sa place, souvent j’ai du argumenter avec des personnes qui étaient à quatre étages au-dessus de moi dans la hiérarchie hospitalière et il ne fallait pas se démonter parce que ce que je demandais, mon patient en avait réellement besoin. Du coup on a trouvé des parades comme ne jamais se présenter au téléphone en tant qu’externe mais parler au nom du service en commençant chaque appel par : « Bonjour ! Je vous appelle depuis le service de [nom du service] au sujet du patient X… ».

Un rendez-vous représente souvent plus d’un quart d’heure au téléphone entre les mises en attentes, les changements d’interlocuteurs, les faux numéros et l’argumentation a proprement parler. J’ai appris par devers moi que l’enjeu « humain » suffit à rendre la tâche la plus banale stressante. Aujourd’hui je l’explique comme ceci : le rôle de l’externe n’est pas « vital », ce n’est pas lui qui prendra la décision clé, il est rare qu’il se retrouve dans une posture à être seul décisionnaire ou seul à savoir quoi faire et comment le faire mais si l’externe fait mal son travail, le bâcle ou ne remplit pas ses missions, c’est une perte de temps pour le patient et donc une perte de chance ainsi qu’une charge de travail supplémentaire pour l’interne qui pendant qu’il fera ce que devait faire l’externe ne pourra pas se consacrer à d’autres problématiques plus concrètes que de perdre 20 minutes qu’il n’a pas au téléphone. Enfin l’ambiance dans un service n’est pas vraiment à la sérénité : c’est un grand ballet de soignants qui marchent à une cadence élevée, un concert de téléphones qui sonnent souvent longtemps dans le vide, un univers dans lequel j’avais un temps limité, quatre heures chaque matin pour réaliser toutes les tâches qui m’incombaient.

Voilà pour le côté pression. Rajoutez à cela les examens à chaque fin de mois pour une année se chiffrant à plus de 3200 pages de cours à apprendre et apprises (enfin… apprises… de façon si brutale et rapide que pour en garder une trace pérenne et que tout ce travail n’ait pas été réalisé en vain il faudra repasser sur chaque item cet été)(ô joie), les quatre semaines de cours intensives pour boucler le master 1 que nous validons en parallèle et les seulement 3 semaines de vacances qui pour ma part ont été grillées pour réviser avant chacun des gros partiels. Vous avez maintenant  un aperçu de ce qu’a été cette année présentée comme « charnière » par notre vice-doyen.

Mais si ces considérations sont inhérentes à mon vécu de cette première expérience dans le monde médical ainsi qu’à ma place au sein de celui-ci, il est d’autres constatations qui je crois sont encore plus importantes à souligner. Et en premier celle-ci : le gouffre qui sépare les médecins des patients. À l’hôpital, et si vous avez déjà été patient je ne vous apprends rien, le patient… patiente. Il reste une grande partie de sa journée dans sa chambre sans qu’il ne se passe rien, tout du moins en apparence. Le médecin vient lui rendre visite, souvent plusieurs d’entre eux de grades différents, l’externe, l’interne, le chef, à chaque fois cela dure une dizaines de minutes parfois plus (le jour de l’entrée) souvent moins et chaque fois ce sont un peu les mêmes questions pour à peu près toujours les mêmes réponses apportées par les patients. Comment ne pas se sentir désœuvré, abandonné à son triste sort ? Surtout que tous les médecins n’ont pas un comportement irréprochable vis-à-vis du malade, combien de fois en ai-je vu se parler entre eux du malade pourtant présent dans la pièce dans notre jargon qui à tout d’une langue étrangère pour le tout venant ? Pourtant ce que les patients ne voient pas c’est que l’essentiel de ce que l’on fait pour eux ne se passe pas dans la chambre mais en coulisses. Ce sont des heures passées à discuter du cas, analyser les résultats d’analyses, émettre des hypothèses et prescrire les examens pour les confirmer ou les infirmer, se battre donc au téléphone pour obtenir ces examens, attendre la date du rendez-vous, puis les résultats, en fonction des résultats en reparler dans l’équipe, voire même présenter le cas en « staff »* pour prendre l’avis d’autres spécialistes sur la marche à suivre, les examens/traitements/interventions à proposer. Puis une fois une décision de traitement arrêtée, commencer le traitement, surveiller sa tolérance, voir ses effets, vérifier qu’il donne les résultats escomptés… vous l’aurez compris, le champ de bataille c’est le bureau médical, pas la chambre du patient (en tous cas pas dans les services où l’enjeu est diagnostic – dans les services de rééducation/psychiatrie/desintox c’est différent mais ce n’est pas notre sujet)

NB : Staff – réunion rassemblant des médecins de diverses spécialités travaillant au sein du même service ou non au cours de laquelle sont présentés les dossiers posant question.

Être à l’hôpital était au final une évidence et pas évident du tout. Cette année a été marquée par de nombreux doutes – suis-je à ma place, vais-je y arriver, serais-je un bon médecin, suis-je une bonne externe, fais-je bien mon travail, est-ce ce que je me vois vraiment faire plus tard, aurais-je les qualités nécessaires pour être un bon soignant, ne suis-je pas une usurpatrice, suis-je suffisamment douée/intelligente/vive/perspicace…? Les semaines où je me suis sentie le mieux dans mon travail sont celles que j’ai passées en hôpital de semaine de neurologie car la neurologie « me parle » c’est une logique que je comprends et un domaine qui me fascine, lorsque notre chef nous expliquait des choses c’était tout de suite « évident » (ce qui était loin d’être le cas par exemple en pneumologie où je suis passée après) – et celles que j’ai passées en soins de suite et réhabilitation respiratoire (SSR respiratoire) cette fois-ci pour des raisons totalement différentes à savoir le vrai travail d’équipe où le médecin n’est que l’un des nombreux intervenants et joue le rôle de coordinateur, la longue durée de séjour des patients qui permet de les connaître vraiment, les progrès que l’on constate chaque jour et le bonheur de les voir partir plus autonomes et plus confortables. C’est en médecine interne que je me suis le plus éclatée intellectuellement parlant tant la variété des pathologies présentées par nos patients était riche. C’est aussi en médecine interne que j’ai vécu pour la première fois de voir mourir des patients en salle, dont l’un des miens. 

Perdre un patient est très étrange. J’ai eu l’immense chance de ne voir partir qu’un seul de mes patients cette année, lors de ma toute dernière semaine de stage, la semaine de trop sans doute. Certainement beaucoup des personnes dont je me suis occupée cette année sont mortes depuis mais jusqu’à il y a quinze jours je n’avais jamais perdu un patient dont je m’occupais encore, un patient encore dans le service. Avec ce patient j’ai découvert ce que c’était que de se préparer chaque matin à l’éventualité de son décès durant la nuit. J’ai vécu ce choc d’apprendre sa mort un matin par son nom qui ne figurait tout simplement plus au tableau, un choc enrobé de coton, comme anesthésiée, pour me permettre d’achever la matinée qui s’ouvrait entière devant moi. J’ai vécu l’incompréhension de la tristesse diffuse et des larmes qui ne venaient pas pour éclater finalement en sanglots sous la douche, sans comprendre vraiment pourquoi là, pourquoi comme ça, pourquoi pas plus tôt. J’ai ressenti également la culpabilité et le doute derrière ces larmes : sur qui pleurais-je ? Sur moi ou véritablement la mort de mon patient ? Avais-je le droit de le pleurer ? Étais-je légitime dans ma peine ? 

Voilà le genre de questions qu’un soignant à quelque poste qu’il se situe se pose et avec lesquelles il doit composer au quotidien.

Cette année j’ai appris à trouver la juste distance avec mes patients, ni proche, ni trop loin, et je tâtonne encore. J’ai appris à frapper d’une main sûre sur les portes des chambres de ces inconnus dont je devrais pouvoir retracer l’histoire après les trente minutes qui allaient suivre, j’ai appris à me présenter d’une voix claire, à sourire beaucoup, à établir une relation médecin-patient en quelques minutes défi que relèvent tous les soignants tous les jours. Ces stages m’ont soignée un peu de ma crainte du changement, m’ont appris à dire au revoir et à recommencer ailleurs, à me sentir à l’aise avec des inconnus, à aller vers les autres d’un pas plus serein (essayez d’aller tous les jours voir des inconnus et en quelques minutes d’aborder tous les aspects jusqu’aux plus secrets et intimes de leur vie, vous verrez…)

J’ai passé toute l’année dans le même hôpital ce qui fait que je m’y sens aujourd’hui « comme chez moi » et que je ne m’y perds quasiment plus. Je sais quelles personnes appeler pour des avis, je me suis plus d’une fois retrouvée au téléphone avec mes supérieurs des stages précédents, j’ai plus d’une fois croisé des personnes avec lesquelles j’ai travaillé le matin en arrivant à l’hôpital et qu’est-ce que j’ai aimé ça !

Cette année fut incroyablement dense, incroyablement intense et éprouvante. C’était une année charnière effectivement et je suis passablement lessivée. Mais au final, même si les doutes ne sont jamais loin et le découragement toujours prêt à toquer à la porte, je crois que tout ceci n’est pas vain. Ou pas totalement en tous cas.

Et pour finir, cette année en deux chiffres anecdotiques

4 mois – la durée de vie de l’illusion « comme je suis bonasse en blouse » pour la sévère réalité « on dirait un sac à patates avec des boutons pression ».

1 mois – le temps que j’ai mis pour en avoir marre des chignons tous les matins. J’ai donc recoupé mes cheveux.

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