ETUDIER

BAM. Organisation


Organisation 1

Si un petit génie me proposait trois vœux, l’un serait sans aucun doute d’être enfin ORGANISEE. Je suis la reine du dernier moment, du rendez-vous pas noté dont on se souvient à la dernière minute, des cours dont on ne connait pas la salle ni même l’intitulé, la reine des « Ah bon ? C’est aujourd’hui ? ». Résultat : je perds beaucoup de temps. Enfin ça c’était avant. Rentrée, nouveau départ et tutti quanti des humeurs qui chaque année accompagnent le début de l’automne m’ont mise au défi d’arriver cette année à être ENFIN organisée. Prévoir à l’avance, planifier, avoir toujours sur moi les infos dont j’ai besoin, les bons numéros, avoir un coup d’avance sur les examens et être au clair avec mon emploi du temps et mes dead line tout en maximisant ma productivité (quitte à travailler X heures, autant qu’elles soient les plus efficaces possible !).

Je vous ai donc concocté un grand article avec un tout un tas d’astuces, de méthodes mais aussi de petits pièges dans lesquels je suis tombée et faciles à éviter qui touchent à tout ce qui fait le quotidien des personnes actives, que vous soyez étudiants, free-lance ou en bureaux.

Ces astuces ont toutes été mises en pratique et marchent en vrai. Je ne vais pas vous mentir, je n’arrive pas encore à les faire toujours rentrer toutes dans mes journées, il y a parfois des ratés mais ce socle de « bonnes » lignes directrices m’a déjà beaucoup apporté ne serait-ce qu’en sérénité : j’ai les idées claires sur mes impératifs à venir, je sais ce que j’ai à faire et comment. Et c’est déjà un grand pas en avant. J’espère que cela pourra vous aider et faciliter votre quotidien. N’hésitez surtout pas à partager vos astuces dans les commentaires, vos méthodes et les petits trucs qui vous rendent la vie plus facile !

Organisation  2

 

BIEN MANGER MEME LORSQUE LES JOURNEES SONT SURCHARGEES

Que ce soit l’après-midi lorsque je rentre de ma matinée à l’hôpital (pas avant 14h) ou tard le soir, je n’ai ni l’envie, ni la force, ni le temps, ni la patience de me faire à manger et encore moins d’aller faire les courses. Pour ne pas tomber dans le « je mange un bol de céréale en guise de souper » ni succomber aux avances de son compagnon de route j’ai nommé « le plat cuisiné », mais au contraire manger de bons petits plats, variés et équilibrés, tout en me faisant plaisir en les cuisinant, je prépare désormais mes repas de la semaine LE WEEK-END. A cette période de l’année (qui en gros englobe toute l’année sauf l’été), ma tâche est grandement facilitée par le fait que je mange de la soupe le soir (avantages : c’est chaud, c’est léger donc la digestion est rapide et le sommeil préservé, c’est bon pour la ligne). Cependant, à la maison, tout le monde n’est pas de ce bord-là, je mange souvent à la maison le « midi » et quand ce n’est pas le cas, j’essaie d’emporter mon repas. Je cuisine donc une viande, des tartes ou quiches salées, des gratins ou purées… que je réserve au frigo. Cette méthode me permet de gagner énormément en temps et en argent : je fais les courses une fois par semaine (hors petites courses d’appoint), j’ai réfléchi à ce que j’allais cuisiner, j’ai fait le point avec mon frigo et n’achète donc que ce dont j’ai besoin et tout ce dont j’ai besoin (finis les « il me manque ceci pour faire cela, oh et cela encore… »). Côté temps, je passe entre 2 et 3 heures en cuisine au lieu d’une heure tous les jours (et plus). En effet, en préparant tout en même temps, il y a toujours quelque chose à faire pendant la cuisson de ceci, la décongélation de cela… pas une seconde de perdue, productivité maximale !

Note : Le petit piège est d’oublier la quiche au four pendant que vous pluchez les légumes de votre soupe (et inversement), soyez vigilants les premières fois après, ce n’est qu’une question d’habitude (et elle se prend vite).

 

Organisation 4

 

SE METTRE AU TRAVAIL (MÊME CHEZ SOI)

« Tiens, ma blogueuse préférée a publié un nouvel article. Et si je remontais mon fil Instagram ? pinterest ? twitter ? facebook ? Allez, un petit truc sucré et je m’y mets… Enfin je vais aller me laver les dents d’abord… »

Oui, à la maison, il y a toujours mieux à faire que travailler comme cette lessive à étendre tiens, je l’avais oubliée celle-là. Pour remédier à ça, pas d’autre solution, il faut vous créer une bulle et être discipliné(e) : vous n’êtes pas à la maison, la machine à laver n’existe pas, vous êtes au travail et dieu sait que vous avez du pain sur la planche !

Plus facile à dire qu’à faire n’est-ce-pas ? D’ailleurs, ne restait-il pas un peu de gâteau au chocolat du week-end ? Promis, après je m’y mets…

Allez, en piste pour quelques astuces qui vous peuvent vous aider à surmonter les difficultés que présente le travail à domicile :

1 – Créez un environnement propice au travail (voir plus bas)

2 – La première étape est toujours la plus dure : s’y mettre

3 – Ecoutez-vous… mais pas trop ! Personne n’a vraiment envie de faire ce truc barbant administratif, commencer ce rapport ou apprendre ces quarante pages de statistiques et pourtant… que ce soit maintenant ou après une sieste de l’autruche* il faudra bien s’y mettre…

*Sieste de l’autruche : sieste motivée par la démotivation et non par un réel coup de barre… (je suis professionnelle dans cette catégorie)

4 – Fixez-vous des objectifs journaliers REALISABLES et respectez-les ! En première année de médecine, j’avais pour habitude de me dire « tu ne mangeras pas avant d’avoir fini ce chapitre ». J’en ai retenu qu’il ne faut jamais sous-estimer l’efficacité d’un estomac en manque de sa dose.

5 – Le coup de barre de l’après-midi : identifiez fatigue/paresse et tenter de lutter, l’envie de dormir est transitoire ! Pour vous aider, essayez d’éviter le sucre en fin du repas du midi, si cela ne suffit pas, prenez un café (et éventuellement un carreau de chocolat noir – excellent aliment pour le cerveau) et si vraiment, vous n’arrivez plus à rien, faites une sieste mais une sieste de 20 minutes et pas une de plus !

Petites aides pour réussir à se lever : ne pas éteindre les lumières pendant votre sieste, se levez d’un bond dès que votre alarme sonne et ne l’éteindre qu’une fois sur vos deux pieds.

6 – Les fringales ! 90% du temps vous n’avez pas faim, vous avez juste envie d’une pause ! Sortez, marchez, changez-vous les idées et buvez de l’eau avant de sauter sur le paquet de biscuits. PIEGE : Manger à chaque pause. Votre cerveau va associer PAUSE à MANGER et les fringales vont se multiplier. Prenez le temps de vous demander : « Ai-je vraiment faim ? ». Souvent la réponse est non.

7 – L’ordinateur, le téléphone & cie : pas d’autre solution il faut soit éteindre, soit s’obliger à n’y toucher que durant vos pauses. Sans ça, déconcentration, travail décousu, oublis, étourderies et démotivation sont quasi assurés. Quand vous travaillez, vous travaillez et quand vous faites une pause, vous décompressez pour de vrai !

8 – Les pauses : faites-en régulièrement. J’ai l’habitude de faire des pauses « récompense », c’est toujours difficile de s’y remettre après mais elles sont néanmoins indispensables à un travail efficace (notre concentration diminue après une longue période passée sans « respirer »). Donnez-vous une heure de « fin de pause » et… tentez de la respecter !

 

CREER UN ENVIRONNEMENT PROPICE AU TRAVAIL

Créer un espace clair et dégagé est absolument nécessaire pour travailler dans de bonnes conditions. Le désordre attire l’œil, dérange et déconcentre lorsque vous avez besoin de focaliser toute votre attention sur ce que vous êtes en train de faire. Le but est donc de créer un espace le plus fonctionnel et neutre possible pour que vous ne soyez pas gênés par ce que vous avez sous les yeux tout en ayant toutes les informations et les outils qui vous sont nécessaires à portée de regard comme de main.

A partir de ce cahier des charges, voici quelques points pour créer un espace dans lequel vous vous sentiez bien :

En premier, identifiez les moments propices à l’accumulation de désordre pour agir à la source. En effet, ranger une bonne fois c’est bien (et nécessaire) mais cela prend du temps, temps que nous n’avons pas forcément pour recommencer tous les trois jours. 

Tous les soirs lorsque vous terminez votre journée, rangez votre bureau de manière à ce qu’il ne reste plus rien en vrac ou d’ouvert. Faites des piles, rangez ce qui ne vous sera pas utile le lendemain quitte à devoir les resortir. S’intaller devant un bureau clair et dégagé le matin est bien plus agréable et moins décourageant qu’une montagne de trucs débordants de toutes parts. 

Ne surchargez pas votre espace de travail : ne gardez que l’essentiel. Un emploi du temps, quelques stylos, votre ordinateur, des post-it à portée de main. Le reste, rangez-le ! Dans les tiroirs de votre bureau ou sur l’étagère lui faisant face… vous n’avez pas besoin d’avoir tout sous les yeux, l’important est de savoir où les trouver lorsque vous en avez besoin.

Créer un lieu où vous vous sentez bien, vous allez y passer du temps. Choisissez les couleurs, votre papeterie, l’agencement, l’endroit… de manière à vous sentir chez vous. N’hésitez pas si l’inspiration vous manque à créer un tableau dédié sur Pinterest pour trouver l’ambiance qui vous correspond et vous l’approprier pour la transposer chez vous.

Faites attention à placer votre bureau à proximité d’une fenêtre (si cela est possible). Même par les journées grises, un peu de lumière naturelle est toujours agréable.

Investissez dans de bonnes lampes pour avoir toujours un espace de travail bien éclairé. De la même manière, ne sous-estimez pas l’importance d’une lampe de bureau. Elle vous sera utile lorsque les journées s’étirent et empiètent sur la nuit.

Juste en face de votre place, accrochez une petite phrase qui vous motive pour vous rebooster dans vos bas. La mienne ? Don’t let dreams always be dreams

Organisation 3

 

S’ORGANISER DANS SON TRAVAIL AU JOUR LE JOUR

1 – Faites la liste de tous vos cours, matière par matière, avec devant chacun une petite case à cocher pour pouvoir suivre facilement votre progression en un coup d’oeil.

2 – Bien en vue, un calendrier annuel avec examens et dead line BIEN MIS EN EVIDENCE (façon rouge pétant à paillettes) pour toujours savoir où vous vous situez par rapport à vos échéances

3 – Investissez dans un semainier universel (sic non daté) pour établir votre programme de la semaine chaque semaine et pouvoir surligner vos objectifs au fur et à mesure que vous les remplissez. Cela permet d’être au clair sur ce qui doit être fait, ce qui l’a été, ce qui reste à faire. De plus, si vous êtes encore dans les abysses des cours et du par cœur, cela vous permettra de savoir exactement ce que vous avez à réviser le week-end venu (à savoir tout ce que vous avez vu durant la semaine qui vient de s’écouler).

4 – Prenez le temps chaque week-end de planifier votre semaine en posant les objectifs à remplir pour chaque jour, notez les rendez-vous/impératifs et en tenir compte pour l’avancée de votre travail personnel. Faites des programmes TENABLES (absolument essentiel pour ne pas se démoraliser et garder le cap). Les premières semaines vos programmes seront certainement trop ambitieux mais avec l’habitude vous arriverez à les établir de plus en plus facilement.

5 – Laissez des plages libres pour rattraper l’éventuel retard pris dans l’avancée de votre programme. Pour ma part c’est le samedi, entièrement libre pour terminer mon programme, réviser les cours appris et planifier la semaine à venir.

6 – Ayez un emploi du temps avec impératifs et infos importantes (salles de cours, adresses des rendez-vous, numéro des correspondants…) MIS A JOUR REGULIEREMENT et TOUJOURS à votre disposition : punaisé en face de votre bureau, dans votre agenda dans votre sac, dans votre smartphone, dans vos brouillons e-mail, dans votre ordinateur fixe et/ou portable

Note : pour différencier impératifs pro/perso, j’utilise pour ma part un code couleur très basique (bleu = pro, noir = perso) qui me permet de voir en un coup d’œil qui relève de quoi sur mon agenda.

Note 2 : Surtout ne surchargez ni vos cours, ni vos plannings, ni vos agendas de codes couleurs alambiqués et changeants, vous ne vous en rendez pas compte mais cela demande un travail supplémentaire (et inutile) à votre cerveau tout en étant source de confusion.

7 – Faites des TO-DO list thématiques (exemple : boulot/blog/maison…) et PRIORISEZ

 

APPRENDRE DURABLEMENT

Si ces trois années d’études de médecine m’ont bien permis une chose c’est de tester énormément de possibilités pour apprendre mes cours et ce le plus efficacement et durablement possible. Je vous livre donc quelques astuces et autres petits pièges à éviter ainsi que la technique qui fonctionne pour moi. Il n’y a bien évidemment pas de méthode absolue pour apprendre, chacun a des sensibilités différentes, des manières de faire différentes mais cela pourra peut-être vous donner des pistes que vous n’aviez pas ou vous faire économiser du temps en ne passant pas par les mêmes écueils qui furent les miens.

Lire son cours une première fois pour cerner propos et idées générales. Vous ne pouvez pas commencer fichage/apprentissage sans ce travail préalable d’apprivoisement. Cette première étape vous permet d’avoir une vue d’ensemble, de comprendre la construction du cours ainsi que de commencer votre tri des informations en important/moyennement important/pas important. Par exemple, en bactériologie : l’histoire de la caractérisation de la bactérie = pas important, les maladies provoquées et leur traitement = important +++. Ce travail préalable va vous permettre de gagner un temps précieux, vous avez les idées claires.

Tout de suite commencer l’apprentissage du cours entamé SANS PASSER à la lecture d’un autre cours. Si vous voulez rentabiliser le travail d’approche (qui reste superficiel et insuffisant par lui-même) que vous venez de faire en vous familiarisant avec le contenu de votre cours, vous devez tout de suite le travailler. Que ce soit en le relisant pour surligner les mots-clés (et seulement eux!), en l’apprenant par cœur à l’écrit, par cœur à l’oral ou… autre ! Chacun sa méthode mais une chose est sûre, lire cours après cours sans passer le temps nécessaire sur chacun est le meilleur moyen de perdre un temps précieux en pensant bien faire.

Aparté : mémoire auditive, ma technique

– lecture d’un paragraphe

– apprentissage phrase par phrase

– réciter le paragraphe

– relire le paragraphe pour corriger les erreurs éventuelles

– recommencer jusqu’à ce qu’il n’y ai plus d’erreurs

Ne pas ficher sans avoir d’abord appris son cours : c’est une énorme PERTE DE TEMPS ! Même en ayant bien travaillé votre cours au préalable (plusieurs lecture, mots-clés surlignés..), sans l’avoir appris (avec le temps que cela suppose) il vous manquera :

– une idée claire de la trame du cours et du propos (articulation des paragraphes et des idées clés)

– l’identification des points difficiles que vous avez du mal à retenir

– une vision synthétique

Ficher sans avoir appris, c’est refaire le cours à sa sauce en supprimant des éléments de-ci de-là, en rajoutant des tirets, en retirant quelques verbes et autres articles mais ce n’est pas une FICHE. C’est un cours un rien plus court, en version moins rédigée (et croyez-moi je sais de quoi je parle, j’ai utilisé cette méthode durant toute ma troisième année). En plus de prendre un temps FOU que vous ne pouvez pas vous permettre de perdre, cela ne vous permet pas de boucler le chapitre. L’avoir « fiché » n’a fixé que de grandes idées. Résultat, vous passerez deux à trois fois plus de temps sur un chapitre (si vous en avez le courage car quand on a déjà passé trois à quatre heures sur une fiche il est rare d’être très motivé pour continuer à travailler le même cours) et votre fiche ne vous sera pas plus utile que l’aurait été votre support de cours au moment des révisions (puisque vous avez conservé 90% de votre cours).

Utilité : 0%

FICHEZ donc APRES avoir appris-récité-réappris et CERNE vos erreurs et difficultés. Inutile de ficher ce qui pour vous est évident ! Vous le savez, c’est ancré pour longtemps. En revanche, il y a toujours dans un cours des éléments plus difficiles à apprendre, des valeurs numériques, des détails, des formules…, ce sont ceux-ci qui doivent figurer sur votre fiche car ce sont eux que vous aurez besoin de revoir en priorité lors de vos révisions quand le reste ne demandera qu’une mince relecture.

Ficher utile c’est donc : ne garder que les points difficiles et/ou précis / ne noter que des MOTS CLES / Interdire toute phrase (hors définitions)

Pour apprendre pour longtemps, récitez votre cours à l’écrit après l’avoir appris par cœur (un pour plusieurs jours après) ! Cela vous permet de tester vos connaissances, de vous rassurer (votre travail a servi même si tout n’est pas encore parfaitement su)(n’oubliez pas qu’il faut apprendre, oublier, réapprendre, sûrement réoublier et encore réapprendre pour fixer une information de façon réellement pérenne) et d’identifier les faiblesses de votre apprentissage. Ainsi vous cernez les points sur lesquels vous devez absolument revenir et ce qui ne nécessite pas plus qu’une relecture pour les consolider. Plus que cela, vous vous entraînez aux modalités de l’examen (s’il est à l’écrit), vous vous confrontez à la difficulté de la restitution (souvent on croit savoir et l’on se rend compte une fois face à la feuille blanche que l’on sait trop vaguement encore pour l’écrit – savoir à peu près ne suffit pas lorsque l’on doit rédiger – autant que cela vous arrive chez vous que le jour de l’examen). Ecrire permet de déjouer des faiblesses qui sans cet exercice, auraient pointé le bout de leur nez le jour J : cela permet donc d’améliorer vos résultats et par là même de potentialiser travail et investissement.

Faites des ANNALES – Avantages :

Travailler la fonction « rappel ». Les informations sont en stock, il vous faut maintenant réussir à les trouver du premier coup dans l’énorme bibliothèque de vos connaissances.

– Voir que, malgré votre impression de ne rien savoir, en cherchant, vous avez des choses à dire et mieux ! vous vous souvenez de nombreux éléments. Votre travail n’a pas été vain

– Cela constitue une révision en soit

– Identifier les dernières faiblesses restantes dans chaque cours

Cerner plus précisément ce que l’on attend de vous à l’examen et peut-être modifier la hiérarchie important/moyennement important/pas important que vous aviez fait des infos présentes dans votre cours.

A défaut d’annales, fabriquez-les ! Après avoir fini d’apprendre un cours, imaginez toutes les questions que l’on pourrait vous poser dessus, notez-les et répondez-y quelques jours plus tard ou au moment de vos dernières révisions.

Apprendre pour longtemps : En première année j’avais une technique banale et bien connue mais efficace. J’apprenais les cours du programme que je me concoctais chaque dimanche soir entre le lundi et le vendredi puis, le week-end je terminais éventuellement mon programme s’il ne l’était pas tout à fait et surtout je révisais tout ce que j’avais appris durant la semaine. Je récitais, répondais à des questions, relisais, réapprenais ce qui était encore faible… Cela avait l’avantage de permettre deux apprentissages de façon très rapprochée de chaque cours et donc de fixer plus durablement les informations avant les grandes révisions.

Révisions :

Voir ce que l’on sait : réciter, faire des annales, répondre à des questions de cours

Se corriger

Revoir son cours : le relire dans son intégralité pour fixer les idées, réapprendre les points faibles pour ne plus se tromper

Ficher éventuellement avec les détails importants, et seulement eux, à ne pas oublier

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Brève hospitalière


Avant hier en enfilant nos blouses dans ce vestiaire que nous découvrions à peine et ressemblant à pourtant tant d’autres, nous savions que cette fois-ci nous ne les quitterions plus que pour de courtes semaines, de-ci de-là, avant 2017. Je ne sais s’il en est de même ailleurs mais, dans notre faculté, chaque année à un goût de pallier, d’étape. Aucune ne se ressemble et chacune charrie son lot de vertiges.

La première année, la cours des grands, la fac, l’appartement solitaire pour beaucoup, les polycopiés, la foule, l’anonymat, le sentiment de se lancer dans quelque chose qui nous dépasse mais qui ne pourra que nous faire nous surpasser, quelqu’en soit l’issue, plus ou moins heureuse.

La deuxième année, le désenchantement, la réalité des cours et des programmes qui ne s’amenuisent pas avec le concours maintenant derrière soi mais… la fierté d’être arrivés là. L’euphorie que peut engendrer cette phrase, cette réalité : « Désormais la question n’est plus de savoir si vous serez médecin mais quel médecin vous allez être ».

La troisième année, le premier badge, nos noms en lettres blanches sur fond orange. Étudiant hospitalier. Externe pour les plus téméraires. Nos premières blouses fournies par l’hôpital et non achetées par nos soins. Premières gardes. Premiers vrais patients et vraies observations. Premières missions. Première année passée chaque matinée à l’hôpital. Premières semaines de nécessaire respiration loin de la maladie, loin des souffrances. Waouh, on y est.

Et la quatrième année qui débute. Changement de statut, rémunération, « salarié », changement de Securite sociale, « cotiser ».

Je suis désormais plus proche de la fin de mes études que du début et je vois à quel point ces années vont passer à la fois douloureusement dans les périodes de marée haute où l’on peine à distinguer l’issue et terriblement rapidement. Pourtant en revêtant cette blouse, en allant voir mes premiers patients de l’année malgré toute la nouveauté que charrie ce nouveau stage et cette nouvelle spécialité qu’il nous faudra dompter en quelques semaines seulement, je me suis découverte incroyablement plus juste. Vous savez, à la bonne place, à la bonne distance. Avec la certitude que ce qui me séparait désormais du médecin que je veux être c’est le calme qu’apportent les connaissances que je n’ai pas encore. Quand il n’y aura plus ses moments de menue panique où mon attention se détourne du patient pour l’inquiétude « mince qu’est-ce que j’ai oublié de demander ? Qu’est-ce qu’il me reste à voir/faire/examiner/penser ? ». C’est normal. C’est déstabilisant. Mais en travaillant, ça n’ira qu’en s’améliorant. En toquant à cette porte d’une main assurée j’ai mesuré tous les progrès réalisés en cette année qui me séparait de nos timides débuts où nous n’osions aller voir un patient qu’à deux externes, en trébuchant.

Alors que j’examinais ma première patiente j’ai su qu’aussi dur que cela soit, qu’aussi fort je sois souvent tentée de déconseiller les soupirants d’aller en médecine, j’étais là où je devais être. Même si les raisons qui m’y ont poussée ne me semblent plus toutes aussi sensées et justes qu’autrefois, même si les raisons qui me font dire qu’ici est ma place sont bien différentes de celles que j’imaginais alors.

Nous bouclions notre dernière épreuve de rattrapage lorsque mon regard croisant celui d’un autre étudiant de ma promotion, ancien ingénieur reprenant des études et débarqué directement en troisième année, j’ai réalisé qu’aucun rêve, aucun projet ne pouvait être aussi rose que les fantasmes que nous nous faisions de lui et que toujours la route serait longue et laborieuse. Rien ne s’obtient sans mal, rien n’échappe au découragement passager, à la lassitude, aux doutes, à la fatigue, aux crises de larmes parfois. Souvent. A me voir souvent complètement submergée par le doute je m’étais fait l’idée que peut-être je m’étais trompée, que si c’était vraiment ce pourquoi j’étais faite cela ne pouvait me demander tant d’efforts ou être parfois douloureux. Et que si tel était le cas, j’avais forcément commis une erreur. Mais qui rêverait de journées, soirées, week-end passés dans les bouquins sans voir le jour ni le bout du travail à fournir ? Qui a ENVIE de fournir des efforts colossaux ? Qui envisage les sacrifices nécessaires le coeur léger ?

Personne.

J’ai réalisé dans toute la banalité et l’évidence que cela comportait pourtant que les doutes et la lassitude qui parfois nous étreignent ne remettent en rien en cause la justesse de nos aspirations. C’est douloureux d’arriver là où l’on veut, d’autant plus que la montagne est haute. Le souffle manque à certaines étapes mais cela n’enlève rien à la beauté de la vue qui nous attend à l’arrivée. 

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Un an à l’hôpital


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Il fallait sans doute que la pression redescende, que les choses se calment et que je dorme un peu. Beaucoup. Voire même l’essentiel de ces déjà 6 premières journées de vacances. Il faut dire que l’année a été éprouvante et ce d’une manière telle qu’il est difficile de le faire comprendre à ceux qui nous entourent. Difficile de leur dire le poids du travail, la pression, les doutes, la fatigue, la passion, l’envie dévorante de mieux faire, mieux savoir, mieux comprendre sur fond d’yeux cerclés de violet. 

Vendredi dernier j’ai raccroché ma blouse sur une année passée à l’hôpital côté soignant. 3 services, 3 stages, 3 équipes avec lesquelles il a fallu composer, s’intégrer, trouver sa place, aussi menue soit-elle. 3 routines qui se sont installées aussi vite qu’on les a vues les unes après les autres se faire balayer par les suivantes, 3 matins pas comme les autres où il a fallu franchir pour la première fois les portes de services qui nous étaient en tous points inconnus. 
J’ai la sensation d’avoir été infiniment chanceuse cette année dans les stages que j’ai choisis. Ce n’étaient jamais ceux qui récoltaient les meilleures critiques des étudiants passés précédemment et pourtant je suis chaque fois arrivée au sein de vraies équipes qui travaillent ensemble et non pas à couteaux tirés. Pour avoir entr’aperçu l’ébauche de tensions médecins-infirmières au cours de mon dernier stage (et ce uniquement pour des problèmes de manque de personnel – 1 infirmière seule le matin pour 12 lits ce n’est pas gérable) je ne peux que confirmer ce que je pressentais sans l’avoir pourtant vécu : une équipe soudée avec une vraie collaboration entre ses différents intervenants est capitale pour le bien être de tous.

Car, si l’on ne s’en aperçoit pas, ou dans tous les cas pas de façon nette, flagrante et pesante au quotidien, l’hôpital est un environnement extrêmement pressurisant. Il a fallu subir le phénomène « cocotte minute que l’on retire du feu » (ou ballon de baudruche crevé comme vous préférez) pour m’en apercevoir pleinement : la pression est redescendue et je me suis retrouvée sur le carreau, lessivée.

Mais en quoi l’hôpital est-il « stressant » ?

Je dirais d’abord par son essence, nous passons notre journée avec des personnes malades qui ont besoin de soins, leurs histoires sont loin d’être simples et en tant que soignant nous sommes les réceptacles de beaucoup de peines, qu’elles soient physiques ou psychiques. Il existe également une certaine urgence permanente dans chaque action. Tout doit être fait vite et bien. Lorsque l’on voit ce que la moindre démarche prend comme temps, il n’y a pas une minute à perdre au démarrage. J’ai passé une grande partie de mon temps à rédiger et faxer des demandes d’examens complémentaires (radio, scanner, IRM et autres joyeusetés) et bien plus de temps encore au téléphone pour négocier ces rendez-vous que je demandais. Parfois c’était très urgent. Souvent il a fallu trouver les mots, les bons arguments pour convaincre l’interlocuteur de prendre mon patient, mon urgence et pas une autre à sa place, souvent j’ai du argumenter avec des personnes qui étaient à quatre étages au-dessus de moi dans la hiérarchie hospitalière et il ne fallait pas se démonter parce que ce que je demandais, mon patient en avait réellement besoin. Du coup on a trouvé des parades comme ne jamais se présenter au téléphone en tant qu’externe mais parler au nom du service en commençant chaque appel par : « Bonjour ! Je vous appelle depuis le service de [nom du service] au sujet du patient X… ».

Un rendez-vous représente souvent plus d’un quart d’heure au téléphone entre les mises en attentes, les changements d’interlocuteurs, les faux numéros et l’argumentation a proprement parler. J’ai appris par devers moi que l’enjeu « humain » suffit à rendre la tâche la plus banale stressante. Aujourd’hui je l’explique comme ceci : le rôle de l’externe n’est pas « vital », ce n’est pas lui qui prendra la décision clé, il est rare qu’il se retrouve dans une posture à être seul décisionnaire ou seul à savoir quoi faire et comment le faire mais si l’externe fait mal son travail, le bâcle ou ne remplit pas ses missions, c’est une perte de temps pour le patient et donc une perte de chance ainsi qu’une charge de travail supplémentaire pour l’interne qui pendant qu’il fera ce que devait faire l’externe ne pourra pas se consacrer à d’autres problématiques plus concrètes que de perdre 20 minutes qu’il n’a pas au téléphone. Enfin l’ambiance dans un service n’est pas vraiment à la sérénité : c’est un grand ballet de soignants qui marchent à une cadence élevée, un concert de téléphones qui sonnent souvent longtemps dans le vide, un univers dans lequel j’avais un temps limité, quatre heures chaque matin pour réaliser toutes les tâches qui m’incombaient.

Voilà pour le côté pression. Rajoutez à cela les examens à chaque fin de mois pour une année se chiffrant à plus de 3200 pages de cours à apprendre et apprises (enfin… apprises… de façon si brutale et rapide que pour en garder une trace pérenne et que tout ce travail n’ait pas été réalisé en vain il faudra repasser sur chaque item cet été)(ô joie), les quatre semaines de cours intensives pour boucler le master 1 que nous validons en parallèle et les seulement 3 semaines de vacances qui pour ma part ont été grillées pour réviser avant chacun des gros partiels. Vous avez maintenant  un aperçu de ce qu’a été cette année présentée comme « charnière » par notre vice-doyen.

Mais si ces considérations sont inhérentes à mon vécu de cette première expérience dans le monde médical ainsi qu’à ma place au sein de celui-ci, il est d’autres constatations qui je crois sont encore plus importantes à souligner. Et en premier celle-ci : le gouffre qui sépare les médecins des patients. À l’hôpital, et si vous avez déjà été patient je ne vous apprends rien, le patient… patiente. Il reste une grande partie de sa journée dans sa chambre sans qu’il ne se passe rien, tout du moins en apparence. Le médecin vient lui rendre visite, souvent plusieurs d’entre eux de grades différents, l’externe, l’interne, le chef, à chaque fois cela dure une dizaines de minutes parfois plus (le jour de l’entrée) souvent moins et chaque fois ce sont un peu les mêmes questions pour à peu près toujours les mêmes réponses apportées par les patients. Comment ne pas se sentir désœuvré, abandonné à son triste sort ? Surtout que tous les médecins n’ont pas un comportement irréprochable vis-à-vis du malade, combien de fois en ai-je vu se parler entre eux du malade pourtant présent dans la pièce dans notre jargon qui à tout d’une langue étrangère pour le tout venant ? Pourtant ce que les patients ne voient pas c’est que l’essentiel de ce que l’on fait pour eux ne se passe pas dans la chambre mais en coulisses. Ce sont des heures passées à discuter du cas, analyser les résultats d’analyses, émettre des hypothèses et prescrire les examens pour les confirmer ou les infirmer, se battre donc au téléphone pour obtenir ces examens, attendre la date du rendez-vous, puis les résultats, en fonction des résultats en reparler dans l’équipe, voire même présenter le cas en « staff »* pour prendre l’avis d’autres spécialistes sur la marche à suivre, les examens/traitements/interventions à proposer. Puis une fois une décision de traitement arrêtée, commencer le traitement, surveiller sa tolérance, voir ses effets, vérifier qu’il donne les résultats escomptés… vous l’aurez compris, le champ de bataille c’est le bureau médical, pas la chambre du patient (en tous cas pas dans les services où l’enjeu est diagnostic – dans les services de rééducation/psychiatrie/desintox c’est différent mais ce n’est pas notre sujet)

NB : Staff – réunion rassemblant des médecins de diverses spécialités travaillant au sein du même service ou non au cours de laquelle sont présentés les dossiers posant question.

Être à l’hôpital était au final une évidence et pas évident du tout. Cette année a été marquée par de nombreux doutes – suis-je à ma place, vais-je y arriver, serais-je un bon médecin, suis-je une bonne externe, fais-je bien mon travail, est-ce ce que je me vois vraiment faire plus tard, aurais-je les qualités nécessaires pour être un bon soignant, ne suis-je pas une usurpatrice, suis-je suffisamment douée/intelligente/vive/perspicace…? Les semaines où je me suis sentie le mieux dans mon travail sont celles que j’ai passées en hôpital de semaine de neurologie car la neurologie « me parle » c’est une logique que je comprends et un domaine qui me fascine, lorsque notre chef nous expliquait des choses c’était tout de suite « évident » (ce qui était loin d’être le cas par exemple en pneumologie où je suis passée après) – et celles que j’ai passées en soins de suite et réhabilitation respiratoire (SSR respiratoire) cette fois-ci pour des raisons totalement différentes à savoir le vrai travail d’équipe où le médecin n’est que l’un des nombreux intervenants et joue le rôle de coordinateur, la longue durée de séjour des patients qui permet de les connaître vraiment, les progrès que l’on constate chaque jour et le bonheur de les voir partir plus autonomes et plus confortables. C’est en médecine interne que je me suis le plus éclatée intellectuellement parlant tant la variété des pathologies présentées par nos patients était riche. C’est aussi en médecine interne que j’ai vécu pour la première fois de voir mourir des patients en salle, dont l’un des miens. 

Perdre un patient est très étrange. J’ai eu l’immense chance de ne voir partir qu’un seul de mes patients cette année, lors de ma toute dernière semaine de stage, la semaine de trop sans doute. Certainement beaucoup des personnes dont je me suis occupée cette année sont mortes depuis mais jusqu’à il y a quinze jours je n’avais jamais perdu un patient dont je m’occupais encore, un patient encore dans le service. Avec ce patient j’ai découvert ce que c’était que de se préparer chaque matin à l’éventualité de son décès durant la nuit. J’ai vécu ce choc d’apprendre sa mort un matin par son nom qui ne figurait tout simplement plus au tableau, un choc enrobé de coton, comme anesthésiée, pour me permettre d’achever la matinée qui s’ouvrait entière devant moi. J’ai vécu l’incompréhension de la tristesse diffuse et des larmes qui ne venaient pas pour éclater finalement en sanglots sous la douche, sans comprendre vraiment pourquoi là, pourquoi comme ça, pourquoi pas plus tôt. J’ai ressenti également la culpabilité et le doute derrière ces larmes : sur qui pleurais-je ? Sur moi ou véritablement la mort de mon patient ? Avais-je le droit de le pleurer ? Étais-je légitime dans ma peine ? 

Voilà le genre de questions qu’un soignant à quelque poste qu’il se situe se pose et avec lesquelles il doit composer au quotidien.

Cette année j’ai appris à trouver la juste distance avec mes patients, ni proche, ni trop loin, et je tâtonne encore. J’ai appris à frapper d’une main sûre sur les portes des chambres de ces inconnus dont je devrais pouvoir retracer l’histoire après les trente minutes qui allaient suivre, j’ai appris à me présenter d’une voix claire, à sourire beaucoup, à établir une relation médecin-patient en quelques minutes défi que relèvent tous les soignants tous les jours. Ces stages m’ont soignée un peu de ma crainte du changement, m’ont appris à dire au revoir et à recommencer ailleurs, à me sentir à l’aise avec des inconnus, à aller vers les autres d’un pas plus serein (essayez d’aller tous les jours voir des inconnus et en quelques minutes d’aborder tous les aspects jusqu’aux plus secrets et intimes de leur vie, vous verrez…)

J’ai passé toute l’année dans le même hôpital ce qui fait que je m’y sens aujourd’hui « comme chez moi » et que je ne m’y perds quasiment plus. Je sais quelles personnes appeler pour des avis, je me suis plus d’une fois retrouvée au téléphone avec mes supérieurs des stages précédents, j’ai plus d’une fois croisé des personnes avec lesquelles j’ai travaillé le matin en arrivant à l’hôpital et qu’est-ce que j’ai aimé ça !

Cette année fut incroyablement dense, incroyablement intense et éprouvante. C’était une année charnière effectivement et je suis passablement lessivée. Mais au final, même si les doutes ne sont jamais loin et le découragement toujours prêt à toquer à la porte, je crois que tout ceci n’est pas vain. Ou pas totalement en tous cas.

Et pour finir, cette année en deux chiffres anecdotiques

4 mois – la durée de vie de l’illusion « comme je suis bonasse en blouse » pour la sévère réalité « on dirait un sac à patates avec des boutons pression ».

1 mois – le temps que j’ai mis pour en avoir marre des chignons tous les matins. J’ai donc recoupé mes cheveux.

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