ECRIRE

Fragments | Les peines illégitimes


Manger sans gluten en voyage à Copenhague - gluten free travel - Miss Blemish

En matière de chagrin d’amour il semble que plus l’affront soit grand, moins la peine soit légitime aux yeux de ceux qui nous aiment. Pourtant aimer dans l’acte d’ouverture qu’il suppose, la vulnérabilité sur laquelle il repose, nous expose plus qu’aucun autre à la possibilité d’être blessé.e.s. Et cette douleur est d’autant plus grande que l’attaque est injuste ou simplement méchante. Mais parce que l’autre, par ses actes ou ses mots, devient indigne de cet amour, certains supposent que notre peine n’aurait pas de raison d’être. Elle est pourtant doublement motivée. Par la blessure infligée, par la déception d’en découvrir cet autre capable de la donner. Peu importe qu’il devienne par là un qu’il n’y a pas lieu de regretter, un dont on pourrait être reconnaissant d’avoir pu réchapper. Les mots, les gestes comptent. L’espoir d’un nouvel amour auquel on doit renoncer, un deuil. Dans le pari qu’est l’amour nous avions donné à cet autre une importance qui colorait du même fait sa personne, ses opinions et ses dires. La blessure est ainsi plurielle, elle est celle de ses actions mais plus douloureuse encore celle de notre responsabilité à lui avoir donné cette place de laquelle il était si aisé de nous peiner.

me soutenir sur patreon

Laisser un commentaire - 0

Fragments | Un éclat


Fragments - Un éclat - textes courts - miss blemishQuelque chose chez toi m’émeut. Ça me bouleverse, tu vois, je trouve ça beau. Rare, précieux. C’est infime, une intuition au creux du ventre sur laquelle il est difficile de mettre des mots.

Mais cet éclat de toi, tu le protèges et refuses tout ce qui pourrait venir y faire écho. Ainsi, peut-être, ne souffres-tu pas ? Au risque d’être blessé, tu préfères rester caché. Et tu te défends de tes manques imaginaires en mettant la lumière sur mes fragilités. Ça m’éclabousse d’une tristesse poisseuse qui ne part pas au lavage. Elle reste collée à moi des jours durant et j’y pense, souvent. 

Tu dis la fin à l’aube des prémices. Tu ne me vois pas. Tu n’y croiras pas. La réalité se plie à ton désir, elle se recroqueville jusqu’à n’être plus qu’un lambeau décharné. Et la rencontre, elle, n’aura pas lieu.

me soutenir sur Patreon

Laisser un commentaire - 0