Les Sourires de la semaine

Ce qui me donne le sourire quand tu n’es pas là


Ce qui me donne le sourire quand tu n'es pas là - Distance relationship - Miss Blemish

Ces dernières semaines ont été un vrai tourbillon où milles et uns défis ont trouvé à venir se loger, s’imposer, me bousculer. Si nous avons tous notre propre relation – intime, irrationnelle, indécise – avec le changement, la mienne est tiraillée ; bras ouverts pour ceux qui, de soi à soi, nous poussent à embrasser une nouvelle voie – peu importe qu’elle soit dure – que l’on pressent être faite pour soi, mais craintive et vacillante lorsqu’extérieur il vient rompre l’équilibre me confrontant à mes limites tremblantes. J’envisage le changement comme une progression lente, un cheminement là où l’extérieur l’impose souvent en rupture, brutalement. 

Depuis mai, j’avance vers l’été à pas mesurés. Tour à tour, j’embrasse la peine sans l’écarter, sans m’y soustraire, sans l’ignorer mais sans non plus m’en contenter de notre quotidien déserté. Je le questionne, me questionne et monte des stratagèmes pour le déjouer, l’appréhender, l’apprivoiser. Ce sont des rendez-vous, des messages, des projets, des rituels instaurés comme autant de points de repères réinventés, sans doute parfois un peu artificiels mais qui ont le mérite d’exister. C’est un pont fragile tendu au dessus du gouffre créé par le changement subi-non-choisi, en construction. C’est le compromis naissant de sentiments et raison. 

En psychiatrie on définit la maladie par son retentissement sur la vie, par l’empêchement qu’elle produit. Mais juste après le bien-être, juste avant l’empêchement, je me figure un entre-deux vers lequel nous allons et venons au gré des épreuves qui nous déséquilibrent du « juste un peu » qui suffit à créer quelques noeuds au creux sans toutefois nous plonger dans l’effroi qui tétanise et paralyse. Et cet entre-deux, cet espace de fragilité, est difficile à appréhender dans la discrétion qu’y prennent peine et difficulté. Rien ne s’effondre alentour, tout est maîtrisé, et pourtant tout nous bouscule avec plus de force qu’à l’accoutumée. 

Lentement, j’appréhende mon chemin hors de cette zone entre deux-eaux, le quotidien réinventé, réapproprié. J’avais envie de partager avec vous cette réflexion sur ce pas si mal mais pas si bien, sur la nécessité d’embrasser la peine pour la surmonter mais aussi sur toutes ces petites choses-pilliers qui petit à petit m’aident à me réorienter dans cette nouvelle période. Et j’ai très envie de lire tout ce que vous avez peut-être expérimenté autour de cette question pas tellement abordée. 

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Ce qui me donne le sourire quand tu n’es pas là

L’odeur de thé du chèvrefeuille sur les haies bordant le dernier morceau de trottoir menant à l’appartement.

Les cours de yoga, comme un rendez-vous que je reprends de moi à moi. Les muscles qui tirent, travaillent, s’échauffent et enfin s’étirent pour mon corps tout entier en fin de séance si léger.

Ouvrir les volets sitôt levée. Parfois prendre le temps de m’étirer, plus souvent filer directement sous l’eau chaude. Préparer un smoothie et commencer la journée devant les vidéos inspirantes de mes youtubeurs préférés.

Les jours à ciel bleu, le retour des abricots et des cerises sur les étals du marché, les rues pleines d’une odeur de vacances.

Noter tout au long de la semaine tout ce que j’aimerais faire avec toi lors de notre prochain week-end.

Manger ensemble le soir parfois face caméra. Raconter la journée écoulée, retrouver ta voix.

Mettre mon rouge à lèvres préféré d’été – le rouge R07 d’Une que j’espère bientôt vous montrer – chaque matin – celui que tu n’aimes pas – et en faire un nouveau rituel tout doux à sourires et journée qui commence bien.

Parler de nos vacances, en septembre, faire des recherches sans fin et nous imaginer déjà au bord de la mer à vélo.

Retrouver ce rituel chaque soir d’avant de dormir prendre dix minutes pour respirer et apprendre à lentement moins faire corps avec mon anxiété. Redonner sa juste place à chaque chose et en particulier celles qui ont tendance à devenir ces temps-ci si grandes et imposantes. Essayer dans le tourbillon de retrouver l’équilibre des périodes moins riches en challenges à relever.

Ce nouveau sac que j’emmène désormais partout avec moi et qui murmure l’été déjà. Sourire de ce petit bonheur-là que donnent les achats-plaisir qui annoncent souvent que de cet objet on ne se séparera pas.

Sortir quelques stations plus tôt lorsqu’il fait beau. Marcher le nez en l’air et profiter de ces quelques instants volés pour recharger les batteries avant de recommencer à travailler.

N’avoir pas réussi à m’empêcher d’écrire. Sourire de la douceur de cette pause de mi-après-midi à l’heure où le soleil dehors tape sur les pavés et où je chéris la fraîcheur gardée par les murs de notre appartement. Sourire de trouver toujours dans l’écriture une ancre légère et apaisante qui me ramène mieux qu’aucune autre à moi. 

Ecrire ces mots, au fil de tous ces bonheurs, dans le métro du matin, du midi, du soir jusqu’à celui qui m’emmène à la gare où tu arrives ce soir…

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Et vous, vous connaissez cette zone entre deux eaux ? Qu’est-ce qui vous donne le sourire lorsque vous vous y trouvez coincé(e)s ?

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Des sourires et des semaines éparpillées


Des sourires et des semaines éparpillées - Slow lifestyle - Miss Blemish

Après les semaines travaillées, les nuits courtes et un examen passé, il y a toujours cette période en creux qui demande autre chose que le quotidien, dans le quotidien. Cette semaine n’a donc ressemblé à aucune autre et me laisse, lundi à ma porte, la sensation confuse d’y avoir été mi-absente à ma vie et présente à moi-même, peu sérieuse pour la bonne cause, en retrait et un peu nostalgique. Une semaine où j’ai laissé ma porte ouverte à la douceur, à la lenteur et aux matins qui s’étirent sous les draps jusqu’à l’heure où vraiment, vraiment, il est plus que temps de sauter d’un jean dans la journée. Et ça fait du bien, de temps en temps, de s’accorder une semaine désordonnée.

Plonger – pieds et poings liés au compte des pages – dans ce livre entre drame et romance, Me before you de Jojo Moyes, qui aborde avec beaucoup de sensibilité le handicap. Retrouver le plaisir de ne plus voir passer les trajets de métro, de presque manquer mon arrêt et de ne plus m’arrêter dans ma lecture que contrainte et forcée. Retrouver l’angoisse de finir trop tôt mêlée à l’envie dévorante de découvrir la suite. Sourire de savoir que son adaptation sort fin juin au cinéma. Sourire plus grand encore, le nez dans la bibliographie de l’auteure, de découvrir qu’il existe une suite – After you – qui ne demande qu’à être dévorée cet été.

Allumer la guirlande colorée, m’endormir entre les pages, ouvrir – petit matin – les fenêtres en grand sitôt levée.

Avoir troqué cette semaine les verres de jus d’orange frais pour ce smoothie découvert chez mon amie G. aussi délicieux que simple et rapide à préparer. La recette ? 1 yaourt au soja, 1 banane et 1 kiwi, moulinés à l’aide d’un pied à soupe ou d’un blender (j’utilise pour ma part la première option) 

Dormir tout l’après-midi. 

Marcher de tout là-bas Bastille jusque chez nous, dans la douceur du soir qui tombe après une après-midi remplie de pluie.

Le délice de la pizza à la burrata de East mamma. Sourire aux feuilles entières de basilic frais posées sur les morceaux épais de tomates San Marzano et au goût si singulier de ce fromage particulier à la saveur fumée.

Sourire à chaque fois que je passe devant ma bibliothèque qui porte tous les numéros de Simple Things de savoir mes mots cachés-bien-gardés au creux des pages du dernier.

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Me demander encore une fois s’il existe une recette pour partager « bien » sa joie. Hausser les épaules et sourire. C’est très bien comme ça.

Voir dans la pluie et les jours gris l’occasion d’une demie-saison qui s’étire pour porter tout ce qui d’habitude n’a pas droit à plus qu’une petite poignée de semaines hors des placards.

Voir dans la pluie et les jours gris une très bonne occasion de rajouter des marrons dans la sauce de mon poulet rôti au vin blanc…

Retrouver les pauses dansantes, tous meubles écartés, pieds nus sur le parquet.

Vendredi soir, préparer les pancakes du week-end en écoutant les conseils inspirants et bienveillants dispensés dans le très chouette podcast Being Boss. Sourire d’avoir enfin trouvé mon moment parfait pour l’écouter. 

Glisser au quotidien un peu de nos balades qui me manquent tant. Trouver cette place tellement étrange sans toi dedans.

La joie d’avoir trouvé ce que j’ai envie de dessiner après des années sans n’avoir plus touché crayons et cartons à dessins. Ressortir mes carnets à pages blanches, enregistrer fleurs, lianes et feuilles que je veux apprendre à tracer et me lancer le défi léger de chaque semaine m’exercer à un dessiner type de végétal jusqu’à le maîtriser.

Trinquer à nos deux ans dans ce petit restaurant, puis deux semaines plus tard encore à cette troisième année qui s’ouvre sur nos défis encore plus grands.

La citronnade et le jus framboise-rose-litchi du paradis du fruit.

La magie de la librairie Shakespeare & cie et la douceur de voir l’amoureux prêt, pour qu’on y rentre, à faire avec moi la queue. Rire de le découvrir trop grand pour les petits passages entre les salles, le front tombé nez-à-nez avec le coussin sur une poutre judicieusement placé…

Sautiller d’un pied à l’autre sur le quai, vendredi soir, en égrénant avec lenteur les huit plus longues minutes de toutes celles passées séparés. Sourire de savoir que je te verrai en premier…

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Doux comme des sourires de printemps


Doux comme des sourires de printemps - Slow lifestyle - Miss Blemish

Sourire ces baskets à mes pieds d’avoir écouté l’amoureux me disant « vas-y prends-les ! » après m’en avoir tant et tant entendue parler. J’ai sauté le pas, je me suis stan smith-isée et je les aime tant que je rechignerais presque à les enlever pour me coucher !

« Qu’est-ce que tu veux faire ce week-end, je veux dire, à part aller à Cabourg ?  » et s’embrasser dimanche au bord de la mer, sur la digue qui longe la plage de Cabourg.

Avec les températures qui radoucissent, porter enfin cette jolie veste achetée lorsque l’hiver ne semblait plus vouloir s’arrêter.

Danser jusqu’à en avoir le souffle coupé. Parler avec les mains sans s’arrêter. 

Manger de la tarte aux poires debout dans la cuisine baignée par le soleil des premiers beaux jours de printemps, discuter jusqu’à presque l’heure d’y aller passée avec ma maman.

Faire des crêpes pour fêter cette première soirée partagée.

Acheter du linge de maison, comme les « grands ». Rêver de ce miroir rond bientôt suspendu dans mon salon.

Profiter de ces quelques instants où les rayons viennent trouver les garde-corps en fer forgé et les impriment sur le parquet de l’appartement pour prendre ces photos ensoleillées que j’aime tant.

Emprunter dans le train du retour les écouteurs de l’amoureux pour méditer et rire quinze minutes plus tard ensemble en découvrant que pour toute séance en pleine conscience c’est une sieste que j’ai faite !

Vos petits mots qui rythment ma journée de sourires et bonnes astuces à noter.

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Paris juste après la pluie.

Les odeurs délicieuses sur le chemin du midi de la rôtisserie d’à-côté.

La douceur des matins à ciel bleu-rose qui effacent dans un sourire la fatigue des nuits les plus courtes.

Retrouver le plaisir de cocher des cases et lister mes impératifs. Dans cette nouvelle habitude du lundi matin, arriver mieux, peu à peu, à donner à mon temps du relief pour m’y accrocher là où si souvent il glisse entre mes mains.

* Au sujet du temps qui glisse, cette semaine je vous livre sur le joli webzine Saxe – pour lequel j’aime tant écrire – mes astuces pour allier douceur à efficacité lorsque l’on travaille chez soi *

Le bruit épars des voix mêlées et des éclats lorsque depuis la cuisine je prépare le guacamole – point fixe de nos soirées partagées.

Le goût retrouvé des chips à la crevette.

Ce sentiment trouble, heureux et confus que laissent certains rêves et que l’on tente – sans jamais y arriver – de retrouver durant le sommeil qu’il nous reste à grapiller. Cette difficulté à retrouver la trame exacte une fois éveillés alors que le sentiment lui reste indélébile, aussi fort que le chagrin de l’avoir perdu.

Serrer contre moi très fort ces trois semaines qu’il nous reste à partager tout en entier et fermer les yeux sur celles d’après.

Les très bons burgers de l’atelier du burger à Caen. J’ai goûté sourire aux lèvres la version barbecue – boeuf, bacon, fromage à raclette, salades mélangées, tomates confites, oignons – dont aucun des ingrédients ne m’a donné envie de dire « sans ».

Doux comme des sourires de printemps - Slow lifestyle - Miss Blemish

Profiter des jours qui rallongent pour commencer à renouer avec nos ballades du soir qui l’an dernier joignaient nos deux appartements. Sourire à la perspective des pique-niques bientôt sur les quais ensoleillés.

La nostalgie douce de certains détails. Les verres de sirop au cassis des après-midis partagés avec mon arrière-grand-mère. Les salades d’été dans ce petit appartement que nous partagions l’an dernier. Nos premières soirées dans ce qui s’est le plus apparenté à un chez nous.

Sourire à l’idée d’avoir bientôt une très bonne raison de m’envoler vers les Pays-Bas.

Relever les yeux toujours entre ces deux stations qui encadrent la seine.

L’odeur très douce de la crème de Miel aux milles vertus, dont c’est au tube de se voir détourné dans cette grande entreprise qu’est « désencombrer ».

Voir l’appartement se transformer en une joyeuse auberge espagnole le temps d’une courte semaine.

Le délice du duo crème de marrons / chantilly.

La cohue des conversations mélangées-partagées jusque trop tard qui ont le pouvoir de nous faire oublier combien l’on est fatigués.

Ce hasard qui frappe bien des matins de se retrouver avec cette amie dans le même wagon du même métro.

Initier avec patience et douceur certains gestes oubliés, se savoir tout près de grands changements sans aucun autre choix que d’avancer vers eux. Lister tous ces petits bonheurs qui pourront venir s’y loger : un peu plus de temps entre soi et soi, la joie des retrouvailles, la découverte de nouvelles villes, tout pareil mais autrement.

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Et vous, quels sourires ont pavé les dernières semaines passées de votre côté ?

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